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samedi 1 août 2015

Jesse Hibbs

Jesse Hibbs est un réalisateur américain, né le à Normal (Illinois) et mort le à Ojai (Californie). Jesse Hibbs réalisa une douzaine de films de 1953 à 1958. Après L'Étoile brisée, il s'exila à la télévision et y travailla jusqu'en 1970, sur plusieurs séries télévisées, notamment Gunsmoke, Bonanza, Laramie, Perry Mason, Les Mystères de l'Ouest ou Les Envahisseurs.
Il fut également acteur de 1927 à 1933, et assistant-réalisateur, à partir de 1937, pour quelques grands cinéastes, John Ford (Dieu est mort), Leo McCarey (Ce bon vieux Sam) ou Anthony Mann (Winchester 73).Il mourut de la maladie d'Alzheimer. Réalisateur de second unit très apprécié et malgré ce que certains pensent de lui, une collaboration très présente avec l'acteur Audie Murphy. Il dirigera même son autobiographie filmée : L'enfer des hommes (1956).  Spécialiste du western, il sera assistant réalisateur sur des westerns assez élogieux puisque Winchester'73 en fait parti, et sera amené à signer beaucoup de séries pour le compte de la télévision américaine (Bonanza, Rahwide, Wagon train). Ses westerns à petit budget sont très recherchés et appréciés des aficionados que nous sommes, en effet nous aimerions découvrir des surgeons comme: Seul contre tous ou bien Montagne jaune. Les westerns pour lesquels il obtint un large crédit de notre part sont très connus Les forbans et L'homme de San Carlos entres autres. James (westernmovies).

Après les deux ratages constitués par la mauvaise cuvée de George Sherman (War Arrow et Border River), le studio Universal relève un peu la tête en ce début d’année 1954 sans pour autant nous proposer un western indispensable. Sans génie et comportant un certain nombre de conventions, Ride Clear of Diablo n’en est pas moins est une série B très plaisante qui nous permet en outre de faire connaissance avec le réalisateur Jesse Hibbs qui, avec une petite filmographie constituée de seulement onze films, œuvrera surtout dans le domaine du western, tournant principalement avec l’acteur Audie Murphy. C’est d’ailleurs Hibbs qui, l’année suivante, mettra en scène ce dernier alors qu’il interprète son propre rôle dans un film basé sur sa vie de soldat et de héros de la Seconde Guerre mondiale : L'Enfer des hommes (To Hell and Back). Avant de passer derrière la caméra, Jesse Hibbs aura été footballeur avant de devenir assistant réalisateur auprès, entre autres, de John Ford et Anthony Mann (avec ce dernier pour Winchester 73, sur le tournage duquel il a rencontré Dan Duryea) ; on aurait pu rêver pire comme formation ! Chevauchée avec le diable (traduction fantaisiste puisque "Diablo" dans le film est le nom d’une ville) est le deuxième film du cinéaste et son premier western.

Il n’était aucunement gênant de dévoiler d’emblée au sein du sujet le nom des coupables puisque le spectateur est mis au courant dès la première séquence du film. Les "bad guys" sont les notables de la ville, aussi bien représentants du pouvoir exécutif que législatif, d'où une petite réflexion (guère novatrice) sur la corruption des personnalités haut placées. Connaissant cette donnée, nous avons ainsi toujours de l’avance sur le héros vengeur joué par Audie Murphy, sa candeur nous semblant du fait encore beaucoup plus flagrante. Car si l’acteur n’endosse plus à cette occasion la défroque d’un bandit malgré lui ou d’une victime du destin, son personnage n’en reste pas moins toujours aussi gauche et naïf, ce qui nous le rend une nouvelle fois assez attachant, avec la possibilité de pouvoir aisément s’identifier à lui. Maladroit avec les femmes, crédule comme ce n’est pas permis, la vérité ne lui sera révélée qu’à la toute fin du film lors d'un dénouement assez inattendu, grâce au personnage joué avec truculence par un Dan Duryea déchainé. 


          
           
Les amateurs du comédien cabotin et de son rire de hyène en auront pour leur argent, car ici il s'en donne à cœur joie. Face à Audie Murphy, il fait des étincelles d’autant plus que D.D. Beauchamp lui a concocté de savoureux dialogues, des répliques cinglantes et pleines de verve. Whitey s’amuse de l’imperturbable sérieux de son "adversaire", de son incroyable aplomb ; c’est pour cette raison qu’il se laisse d’abord arrêter sans faire de vagues, pour voir jusqu’où ce frêle homme de loi va pouvoir aller. Ce duo "lawman / outlaw" se révèle éminemment sympathique et même assez réjouissant, le roublard Whitey (« Je ne connais qu'une seule loi, celle du plus malin ») riant de toutes les situations dans lesquels il se trouve. Puis, se prenant d'amitié pour Clay, respectueux de sa ténacité inébranlable, il finira par rejoindre son camp et l'aider à éclaircir la vérité qu'il connait lui aussi, comme nous, depuis le début. En plus de ce très bon duo d'acteurs, le reste du casting est plutôt bien choisi et assez homogène. 


                                 

On y trouve les trognes très connues de Jack Elam ou Denver Pyle mais aussi la ravissante Susan Cabot qui en avait fini pour un temps d'endosser les rôles d'Indienne. Cette classique histoire de vengeance n'est guère surprenante mais hormis quelques moments de flottement, quelques invraisemblances (cet ingénieur nommé shérif du jour au lendemain) et un manque flagrant d'intensité dramatique, l'intrigue est plutôt très bien ficelée par George Zuckerman, le futur auteur de deux films de Douglas Sirk : La Ronde de l'aube (The Tarnished Angels) ainsi que de Ecrit sur du vent (Written on the Wind). Pas mal d'humour, des situations assez réjouissantes et un final auquel nous ne nous attendions pas. Une intrigue qui nous réserve aussi pas mal de chevauchées et de fusillades, toutes très efficacement mises en scène par un Jesse Hibbs qui arrive sans problème à imposer un bon rythme à son film. Du très bon travail d'artisan consciencieux qui nous donne l'occasion d'apprécier entre autres une superbe poursuite à cheval, Audie Murphy caracolant à cru sur un magnifique étalon blanc, une fusillade finale sacrément bien fichue et quelques nerveux pugilats du plus bel effet, Audie Murphy se révélant à l'occasion sacrément dynamique. Le réalisateur réussit même de très beaux mouvements de caméra comme ce plan séquence qui voit Audie Murphy et Denver Pyle descendre une colline à pied tout en discutant, la caméra opérant un travelling arrière en les précédant.


                             

Au sein de la courte filmographie de Jesse Hibbs (seulement onze films), Walk the Proud Land arrive en neuvième position. Le cinéaste mettra un terme à sa carrière cinématographique deux ans plus tard, toujours avec son acteur de prédilection en tête d'affiche, Audie Murphy. C'était déjà Hibbs qui, l’année précédente, avait mis en scène le comédien alors qu’il interprétait son propre rôle dans un film basé sur sa vie de soldat et de héros de la Seconde Guerre mondiale, L'Enfer des hommes (To Hell and Back). Avant de passer derrière la caméra, Jesse Hibbs fut footballeur avant de devenir assistant réalisateur auprès, entre autres, de John Ford et Anthony Mann. Dans le domaine du western, il avait débuté par le très plaisant Chevauchée avec le diable (Ride Clear at Diablo) qui voyait la rencontre jubilatoire entre Audie Murphy et Dan Duryea. Puis ce fut, avec John Payne, Seul contre tous (Rails into Laramie) avant qu'il ne tourne Les Forbans (The Spoilers), une cinquième adaptation du célèbre roman de Rex Beach avec le duo Rory Calhoun/Jeff Chandler, une version assez terne surtout si on la compare avec celle de Ray Enright qui mettait en scène un duo de stars bien plus prestigieuses, John Wayne et Randolph Scott. Si la critique a toujours fait la fine bouche vis-à-vis du réalisateur, Walk of the Proud Land fut au contraire généralement plutôt bien accueilli du fait qu’il s’agissait d'un western pro-Indien assez inhabituel par sa quasi-absence d'action et la non violence de son héros principal. John Philip Clum a d'ailleurs réellement existé ; sa vie de "missionnaire laïc" a été racontée dans un livre sorti en 1936 et écrit par son propre fils, celui-là même que l'on entend en voix off lors du prologue. Le très intéressant scénario des duettistes Gil Doud - La Brigade héroïque (Saskatchewan) de Raoul Walsh - et Jack Sher - Shane - est principalement basé sur cette biographie. Si ce personnage passionnant n’est jamais apparu dans aucun autre film, c’est probablement pour la simple raison qu’il n’a jamais accompli d’actes héroïques autres que par la parole ou par l’écrit, jamais par l'usage des plus "glorieuses" armes. Et c’est bien dommage qu’il ait été autant laissé de côté car au vu de sa personnalité un peu "hors du commun", il y avait de quoi faire. Heureusement, les auteurs lui ont rendu un bel hommage au travers de cet Homme de San Carlos. Venant de l’Est, ce pied-tendre, membre d’une communauté ecclésiastique, fut mandaté par le Président Ulysses S. Grant pour prendre la direction d’une réserve Apache, lui qui n’avait encore jamais vu d’Indiens de sa vie mais qui les considérait tout de même comme des citoyens à part entière. 


           

Pour qu’ils soient enfin reconnus comme tels, il souhaita en toute confiance leur laisser la plus grande autonomie possible en s'auto-gouvernant, pensant ainsi leur faire retrouver leur dignité. Ces idées humanistes furent évidemment vues d’un sale œil par l’armée américaine qui fut évincée de la réserve sans plus attendre, par la plupart des civils qui avaient peur pour leur sécurité ainsi que par quelques Indiens bellicistes qui ne supportaient toujours pas cette soumission aux hommes blancs. Malgré tous ces obstacles, Clum réussit à mener à bien son projet et, plus fort encore, à arrêter Geronimo sans effusion de sang. L’armée ayant repris les rênes, relançant par là-même les guerres indiennes durant une bonne dizaine d’années, Clum se lança dans le journalisme, s’installant à Tombstone pour créer le "Tombstone Epitatph" au sein duquel il ne cessa de prendre la défense des Indiens. Il fut le premier maire de la ville, se prenant d’amitié pour le shérif qui n’était autre que Wyatt Earp. Non seulement il le soutint au sein de son journal contre les Clanton, mais c’est également lui qui narra le fameux règlement de comptes à OK Corral en 1881.


                 

A la lecture de cette courte biographie, on se rend compte de l’importance qu’eut John Philip Clum dans l’histoire de l’Ouest : un homme intègre et honnête se battant contre la politique d’extermination des Indiens prônée par l’armée, qui essaya de faire admettre le statut d'autonomie pour les Apaches et qui parvint à faire signer à Geronimo un acte de reddition, le tout sans violence. Ce dernier succès fut d’autant plus retentissant que ni l’armée ni la justice n’avaient réussi à le remporter malgré les millions de dollars dépensés chaque année pour y arriver. Un succès qui fera des jaloux et qui poussera John Clum à "démissionner". Tout cela est parfaitement narré au sein du film de Jesse Hibbs qui n’est d'ailleurs pas sans une certaine virulence envers l’armée américaine, représentée ici par un Morris Ankrum qui campe un Général va-t-en-guerre assez haïssable. Loin de ses personnages de fines gâchettes ou de hors-la-loi, Audie Murphy interprète avec honnêteté et sobriété cet agent aux affaires indiennes. Après son rôle de lâche dans le superbe film de John Huston, The Red Badge of Glory (La Charge victorieuse), le comédien prouvait une nouvelle fois, malgré les nombreuses critiques négatives lancées à son encontre (notamment concernant ses talents d'acteur dramatique), non seulement qu'il s’était souvent révélé convaincant mais qu’il fit également des choix de carrière assez courageux en acceptant d’endosser cette fois-ci la défroque de ce tendeerfoot qui n’a jamais tenu une arme et qui ne savait même pas se battre...


                           


Au sein de la courte filmographie de Jesse Hibbs (seulement douze films), L’Etoile brisée arrive en toute fin, le cinéaste mettant à cette occasion, avec son acteur de prédilection en tête d'affiche, un terme à sa carrière cinématographique. C'était ce cinéaste qui, deux ans plus tôt, avait réalisé Walk the Proud Land (L’Homme de San Carlos) avec déjà Audie Murphy (qui tournera six fois avec le réalisateur), généralement plutôt bien accueilli à l’époque du fait qu’il s’agissait d'un western pro-Indien assez inhabituel par sa quasi-absence d'action et la non-violence de son héros principal. Sans atteindre des sommets, il s'agissait d'une honorable réussite. L’année précédente, Jesse Hibbs avait mis en scène le comédien alors qu’il interprétait son propre rôle dans un film basé sur sa vie de soldat et de héros de la Seconde Guerre mondiale, L'Enfer des hommes (To Hell and Back). Avant de passer derrière la caméra, Jesse Hibbs fut footballeur avant de devenir assistant réalisateur auprès, entre autres, de John Ford et Anthony Mann. Dans le domaine du western, il avait débuté par le très plaisant Chevauchée avec le diable (Ride Clear at Diablo) qui voyait la rencontre jubilatoire entre Audie Murphy et Dan Duryea. Puis ce fut, avec John Payne, Seul contre tous (Rails into Laramie), avant qu'il ne tourne Les Forbans (The Spoilers), une cinquième adaptation du célèbre roman de Rex Beach avec le duo Rory Calhoun / Jeff Chandler, une version assez terne surtout si on la compare avec celle de Ray Enright qui mettait en scène un duo de stars bien plus prestigieuses, John Wayne et Randolph Scott. Si la critique a toujours fait la fine bouche vis-à-vis du réalisateur, son petit corpus westernien nous a pourtant octroyé, à défaut de grands films, quelques oeuvres pour la plupart très divertissantes ; c'était le cas pour L'Homme de San Carlos, ça l'est à nouveau, sur un ton plus léger, pour L'Etoile briséeL’Etoile brisée, s’il comporte de nombreux éléments humoristiques, ne peut pas être considéré ni comme une parodie ni même comme une comédie, comme l’étaient par exemple d’autres films Universal tels Frenchie (La Femme hors-la-loi) de Louis King ou La Belle aventurière (The Gal Who Took the West) de Frederick de Cordova. Si le ton d’ensemble est bon enfant, l’intrigue signée Borden Chase s’avère assez sérieuse sans cependant aucune gravité. Les principaux éléments faisant penser à une comédie sont les relations qu’entretiennent Audie Murphy et la magnifique Gia Scala avec leurs dialogues piquants et pleins de sous-entendus, ainsi que les quiproquos qui découlent de la mascarade mise en place par obligation par ce couple se faisant alors passer pour d'honnêtes gens alors que par derrière ils trament un hold-up. 



        
 
Mais que ceux qui n’apprécient pas particulièrement le mélange comédie et western se rassurent, il n'y a rien de lourd ici et pas même de gags. Ce sont avant tout les situations qui prêtent à sourire, comme par exemple aussi la maturité du jeune garçon qui rend certaines séquences assez cocasses. Quoi qu’il en soit, avec ce western au ton plutôt léger, les spectateurs de l’époque ont dû se sentir revenir quelques années en arrière tellement le film détone au milieu des autres sorties de 1958 en ce qui concerne le genre : une bouffée de fraîcheur bienvenue alors que la période avait tendance à se prendre un peu trop au sérieux - sans que ce ne soit nécessairement un jugement de valeur, le plus beau western de cette année étant d’ailleurs on ne peut plus grave, le très beau Gunman’s Walk (Le Salaire de la violence) de Phil KarlsonAprès un générique bercé par un thème musical doux et lyrique, le dernier film de Jesse Hibbs démarre sur les chapeaux de roue, le cinéaste filmant avec rythme et efficacité une poursuite à cheval entre deux hommes dont on ne connait évidemment encore pas les identités. La séquence se termine assez abruptement dans tous les sens du terme puisque stoppée net par la chute accidentelle du poursuivant en bas d’une vertigineuse falaise. 


                              

Le survivant (Audie Murphy, dont on devine d'emblée qu’il n’est pas du bon côté de la loi) arrive dans une petite ville fluviale représentée par une très jolie toile peinte - dommage, et pour cause, que le cinéaste n’ait pas pu exploiter un tel charmant décor ; en effet, nous ne verrons quasiment jamais le fleuve malgré le fait que par exemple l’habitation du juge se situe à bord d'un bateau. On croise sans plus tarder le personnage pittoresque et haut en couleur du juge interprété par un Walter Matthau qui semble s’être bien amusé à incarner ce bras de la justice alcoolique, braillard et sectaire mais néanmoins profondément humain. Dans le genre, nous avions déjà remarqué ses talents de comédien dans L’Homme du Kentucky (The Kentuckian) de Burt Lancaster et le chef-d’œuvre d’André de Toth, La Rivière de nos amours (The Indian Fighter) ; il confirme ici ses débuts remarqués, volant à plusieurs reprises la vedette à ses collègues de travail. Il faut dire que ,hormis Audie Murphy et Gia Scala (merci au passage à la costumière et au maquilleur de l’avoir ici aussi bien mise en valeur), le reste du casting est vraiment sous-exploité à l’image d’Henry Silva, moins inoubliable qu'habituellement, de la charmante Joanna Moore (la mère de Tatum O’Neal), ou alors carrément sacrifié comme l’excellent Leo Gordon, "utilisé" ici guère plus longuement qu’un simple figurant (c’était malheureusement déjà le cas dans L’Homme qui en savait trop d’Alfred Hitchcock, version 1956). Sources : http://www.dvdclassik.com/

1 commentaire:

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