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vendredi 21 août 2015

Jean et Cary

1933 : Howard Hawks participe à la réalisation de Viva Villa avec William A.Wellman et Jack Conway. Le tournage a lieu au Mexique et, entre deux prises, le renard argenté s’ennuie : les courses automobiles, parties de cricket et jeunes starlettes dont il raffole tant sont plutôt rares au cœur de la pampa ! Passionné d’aviation, il découvre une petite ville et un aérodrome à quelques kilomètres du plateau : les pilotes, au service d’une société aéropostale, rivalisent d’intrépidité et vivent sans se soucier du lendemain. Leur seul objectif est d’assurer les livraisons, de profiter de chaque instant, et peu importe le risque pourvu qu’ils aient l’ivresse. Réputé pour son caractère aventurier, Hawks décide de porter le destin de ces hommes à l’écran et, dès son retour en Californie, rédige un premier scénario intitulé Pilot number 4. Mécontents de ce script (qui tient plus du reportage que du drame hollywoodien classique), les studios refusent de le produire. Patient, Howard Hawks se tourne vers d’autres projets et met en scène quelques métrages qui accroissent sa notoriété. Parmi ceux-là, nous retiendrons surtout L’impossible monsieur Bébé (Bringin Up Baby, 1938) où il collabore pour la première fois avec Cary Grant. Cette "screwball comedy" connaît un beau succès public et place Hawks sous les feux de la rampe. Toujours attaché à son projet d’aviation, il contacte Jules Furthman et lui demande d’enrichir le scénario de Pilot number 4. L’écrivain imagine une intrigue basée sur l’intégration dans le groupe d’un nouveau pilote au passé douloureux : ce dernier (MacPherson) est en conflit avec un des mécaniciens de la base qui l’accuse d’être responsable du décès de son frère. A cette première intrigue, Furthman en ajoute une autre dont l’origine tient dans le triangle amoureux Geoff-Bonnie-Judy : Geoff est séduit par Bonnie mais la belle Judy - mariée à MacPherson et avec laquelle il vécut une relation amoureuse quelques années plus tôt - fait son apparition. Ce triangle déchaînera les passions et donnera naissance à certaines scènes savoureuses. En fin dialoguiste, Furthman se permet aussi d’arroser son texte de répliques parfois drôles et souvent percutantes. Au final, le travail effectué est excellent tant dans la richesse des dialogues que dans la construction des intrigues. Hawks le sait et sa collaboration avec Furthman ne s’arrêtera pas là puisqu’ils signeront ensemble To have and have not (Le port de l’Angoisse), The big sleep (Le grand Sommeil), et Rio BravoHarry Cohn, qui cherchait un projet où il pourrait réunir Cary Grant et Jean Arthur, est séduit par ce nouveau jet de Pilot number 4 et par la personnalité de Hawks. Il accepte le financement mais demande un nouveau titre… Only angels have wings voit enfin le jour. 1939 : Hawks ne vit plus avec son épouse, Athole, alors internée dans un hôpital psychiatrique. Depuis quelques mois, il est ivre d’amour pour la belle Slim. Sur le plan professionnel cette année est également cruciale puisqu’elle marque le début d’une série de huit films dont le succès critique et public reste tout simplement ahurissant : Only angels have wings (1939), His Girl Friday (1940), Sergeant York (1941), Ball of fire (1941), Air Force (1943), To have and have not (1944), The big Sleep (1946) et Red River (1948) offrent au réalisateur ses dix plus belles années créatrices et consacrent sa légende. V.O.:


   
           
Le tournage de Only angels démarre dans le ranch Columbia de North Hollywood. Le décor est grandiose, Joseph Walker (It’s a wonderful life, The Lady from Shangaï) est en charge de la photo, Furthman réécrit les dialogues au jour le jour et Hawks règne en maître sur le plateau. Mais avant le premier clap, l’équipe entre en pré production et, comme souvent chez Hawks, la préparation consiste essentiellement en une phase de casting intense. Bien que la tête d’affiche soit déjà choisie (Grant-Arthur) ce "film de groupe" nécessite des seconds couteaux de qualité. Pour interpréter le rôle de Bat Mac Pherson le mal aimé, Hawks pense à Richard Barthelmess. Cet acteur avec lequel il collabora neuf ans plus tôt (The Dawn Patrol) fait partie de cette génération glorifiée par le muet et disparue lors de la sonorisation du cinématographe. Son visage marqué par les cicatrices et son charisme évident donnent de la profondeur au personnage chez qui l’action prime sur l’éloquence. Son interprétation tout en intériorité impressionne, le public et la critique ne s’y trompent pas et félicitent ce très beau "come-back" artistique. Malheureusement, ce rôle sonnera le glas de la carrière de Barthelmess qui s’engagea ensuite dans la Navy pour participer à l’effort de guerre.


                             


Lorsqu’il apparaît dans le récit, Mac Pherson est accompagné de sa jeune femme, la belle Judy, dont le passé est lié à celui de Geoff (Cary Grant). Dans l’esprit de Hawks, elle est l’incarnation de la beauté et doit irradier la base de Barranca de sa sensualité. Pour résumer, Hawks cherche une "femme fatale" ! A ce sport le bel Howard est loin d’être maladroit et il saura, tout au long de sa carrière, faire preuve d’un œil acerbe en donnant leur premier grand rôle à de futures stars. Parmi celles-ci, citons Lauren Bacall, Joanne Dru, Angie Dickinson ou encore Rita Hayworth. C’est cette dernière qui hérite du rôle de Judy Mac Pherson et la légende raconte qu’elle aurait séduit le réalisateur en investissant toute sa fortune dans une robe de grand couturier ; elle serait ensuite allée à sa rencontre dans un restaurant en vogue de Sunset Boulevard ! Mais comme souvent, cette histoire née dans la bouche de Hawks a été démentie et à priori c’est simplement en faisant un casting que le réalisateur la remarqua. Mais peu importe les potins, seule la performance compte et celle que Rita Hayworth livre dans Only Angels marquera les esprits : son regard mystérieux, ses poses suggestives et sa classe naturelle inondent la pellicule de sensualité et clouent le spectateur au siège velouté des salles obscures… A 21 ans, elle crève l’écran et, à l’instar de Hawks, commence à bâtir sa légende.



                            

Aux côtés de Barthelmess et Hayworth, l’équipe d’aviateurs est composée d’excellents comédiens parmi lesquels Sig Ruman (que l’on retrouvera dans le rôle du colonel Ehrhardt de To be or not to be de Lubitsch), Allyn Joslyn (excellent Les Peters) ou encore Thomas Mitchell qui jouait la même année dans Stagecoach de Ford (le docteur Josiah Boones). Il interprète ici le rôle du Kid et malgré le nombre relativement restreint de scènes auxquelles il participe on se souvient de lui grâce à son célèbre lancer de pièces. Ce petit gimmick pensé par Hawks permet d’identifier le personnage avec facilité et de s’y attacher. Pour l’anecdote on peut se souvenir que le personnage de Gino (George Raft) utilisait le même artifice pour se faire remarquer dans Scarface !! A côté de ces seconds rôles de qualité, on gardera à l’esprit les interprétations du couple vedette Grant/Arthur. On a souvent reproché à Jean Arthur d’être passée à côté du film en refusant d’écouter les conseils d’Howard Hawks. Cependant, s’il est vrai que son entente avec ce dernier ne fut pas des meilleures, il est ridicule d’affirmer que sa performance est mauvaise. Son énergie, sa gouaille et son sourire apportent au film une forme de féminité assez remarquable : en opposition à Hayworth, Arthur séduit par son caractère enjoué et sa sensibilité. Son personnage annonce celui de Hildy Johnson (His Girl friday) et de nombreuses autres héroïnes de la filmographie du réalisateur : belle, impétueuse, intelligente, il ne manque à la jeune Bonnie qu’un soupçon de classe et de mystère pour correspondre à l’archétype de la femme Hawksienne inspiré par la belle Slim (que le renard argenté épousera en décembre 1941). Source : http://www.dvdclassik.com/critique/seuls-les-anges-ont-des-ailes-hawks



                 

La Justice des hommes (The Talk of the Town) est un film américain réalisé par George Stevens, sorti en 1942. Cela commence comme un pur drame, on découvre cary Grant avec ce côté sombre et inquiétant de son jeu d’acteur, puis on glisse rapidement dans la comédie, et Cary Grant fait du Cary Grant, mais on est pas vraiment enclin à regarder une comédie, les pointes d’humour sont distiller à petite dose. On pourrait croire que George Stevens voulait faire un film noir, un film à message, mais que les producteurs ne l’on pas suivi et on transformer son film, car avec ce couple vedette on ne pouvait pas casser les codes. A remarquer la prestation de Ronald Colman, excellent donnant à son personnage étriqué plus de profondeur et volant bien souvent la vedette à Cary Grant. Ce qu’il en reste : un film méconnu qui est plaisant à découvrir, même si l’intrigue est très basique, mais après tout, ce n’est que prétexte à passer un bon moment en présence de Jean Arthur. On sera indulgent avec ce film: les USA entraient en guerre, ce n'était pas le moment d'être trop critique vis à vis de la justice, tout en restant dans un ton suffisamment léger pour faire oublier les soucis du moment aux américains . A noter Jean Arthur dans un rôle habituellement réservé aux blondes... La connaissance théorique ne vaudra jamais la connaissance pratique, ici dans le domaine de la justice, pour pouvoir bien exercer !!! Et pour faire passer le message, le réalisateur et les scénaristes n'y vont pas avec des charentaises mais avec de bonnes grosses talonnettes bien lourdes. A part le trio principal et un ou deux personnages secondaires, ce ne sont qu'enfoirés, qui ne vivent qu'enfoirés et qui ne respirent qu'enfoirés présentés avec autant de nuances qu'il y a de neurones dans le cerveau d'un candidat de télé-réalité et tout en n'ayant pas le courage d'aller jusqu'au bout de la dénonciation ayant l'air de présenter les fléaux de l'ostracisme et du lynchage comme étant uniquement locaux (pour ces thèmes, il vaut mieux se rabattre sur le très réaliste "L’Étrange incident" !!!), ben oui l'Amérique est un pays formidable et en plus comme on est en pleine guerre donc se remettre en cause..., niveau rebondissements on y va aussi avec autant de délicatesse qu'un mammouth et le développement scénaristique et psychologique du triangle amoureux entre les protagonistes est très mal foutu ; ce qui achève de ne pas convaincre un seul instant. Bref à part les trois acteurs principaux, dont le géant Cary Grant qui se fait totalement éclipser par Ronald Colman, il y a rien à voir sauf du crétinisme.
Le carton de présentation du film met en vedette Cary Grant et Jean Arthur, alors que dans The talk of the town, c'est un trio qui mène la danse et Ronald Colman ne peut être laissé de côté.



          

Cette comédie de Georges Stevens fait penser aux films de Frank Capra. C'est un film patriotique, sur les États-Unis et sur leur loi. Les américains sont un peuple libre et c'est ce que veut scander le film aux spectateurs. Un homme de loi rigide, change par amour et par amitié. L'un des principaux intérêt du film, c'est justement l'introduction de l'amitié. Ce ne sont pas seulement d'éventuels sentiments amoureux envers Nora Shelley (Jean Arthur) qui font changer Michael Lightcap, mais aussi l'amitié qui l'unit à Leopold Dilg (Cary Grant). Ce dernier lui fait voir qu'il y a une autre loi, autre que celle des livres, qui peut avoir droit au chapitre. Une loi plus humaine.
Le film est un jeu entre ses deux hommes et ce qui les oppose, Jean Arthur faisait office d'arbitre et de touche sensuelle. C'est une actrice brillante et très particulière. Son timbre de voix peut sembler agaçant mais c'est aussi ce qui fait son charme. Elle est pétillante, sensible et forte à la fois.


                               

The talk of the town est un film assez classique et un peu long. On sent que Georges Stevens nous titille avec ces revirements de situation à répétition. Il veut que le suspense soit intenable, même si chacun sait que le film est destiné à bien se terminer. On ne tue pas Cary Grant ! Mais le réalisateur est habile. On apprécie sa gestion de l'espace, ses mouvements de caméra aussi bien que les répliques qui s'envoient les trois acteurs.
L'handicap du film est peut-être de ne pas être une pure comédie car il y a le "drame" juridique qui persiste en toile de fond. Ce n'est pas une comédie aussi légère tel qu'on pouvait en voir dans les années 40. Georges Stevens n'est pas aussi à l'aise dans ce genre que ne pouvait l'être Frank Capra. On retrouve des échos de Mr Smith goes to Washington dans The talk of the town, mais la puissance dramatique de James Stewart est ici remplacée par le talent comique de Cary Grant. Du coup The talk of the town est un peu entre deux genres. Ce n'est pas une comédie féroce comme on le voudrait et ce n'est pas un drame humain aussi touchait qu'on pourrait l'espérer. Source : http://www.senscritique.com/film/La_justice_des_hommes/critique/13357678

1 commentaire:

  1. https://1fichier.com/?qkq4u0fyer
    http://uploaded.net/file/7sob4jtq

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