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dimanche 2 août 2015

Howard da Silva

Howard da Silva est un acteur américain né le à Cleveland, Ohio (États-Unis), mort le à Ossining (New York).
Dans les années 1950, il fut une des cibles du maccarthysme et inscrit sur la liste noire du cinéma.
Depuis le début de la décennie avec Sur la piste des Mohawks (Drums Along the Mohawk), Le Premier rebelle (Allegheny Uprising) et Le Grand passage (Northwest Passage), le 18ème siècle n’avait plus été abordé dans le domaine du western. Unconquered, tiré d’un roman de Neil Swanson sur la révolte de Pontiac en Virginie contre les Britanniques, nous replonge dans une époque qui n’avait encore pas connu la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, toujours à l’aide d’un Technicolor rutilant et d’une débauche de moyens considérable. Nous nous trouvons devant un beau spectacle foisonnant, et parfois passionnant malgré les défauts habituels qui entachent une majorité des films du réalisateur : une certaine lourdeur dans le traitement et la caractérisation des personnages, un certain kitsch de l’imagerie et une propension à faire durer les scènes dialoguées plus qu’à l’accoutumée. Mais, comme pour The Plainsman, ces défauts se transforment ici en qualités tout au moins durant la première heure : la description des personnages, aussi typée soit-elle, fonctionne parfaitement, la plastique du film est sublime grâce au violent contraste des couleurs et au scintillement des costumes, enfin l’étirement des séquences ne s’avère ici jamais gênante et permettant au contraire de mieux nous familiariser avec les personnages, d’autant que les dialogues sont de bonne qualité.


                 


Après Une Aventure de Buffalo Bill (The Plainsman), Pacific Express (Union Pacific) et Les Tuniques écarlates (North West Mounted Police), Unconquered est le quatrième et ultime western parlant de Cecil B. DeMille et à cette date le plus gros budget qu’il ait eu à sa disposition. Au final, nous nous trouvons devant un corpus assez cohérent dans sa stylistique et dans la façon qu’a le cinéaste de narrer une histoire ; soit un ensemble de quatre films très représentatifs de la manière de travailler de Cecil B. DeMille, homme de spectacle avant tout mais aimant prendre son temps pour délayer ses intrigues, décrire son univers coloré. Si The Plainsman demeure le plus homogène, le plus équilibré et le plus harmonieux de ses westerns, les suivants auront eu au moins le mérite de nous faire voyager à des époques et des lieux différents et assez dépaysants ; par ailleurs le réalisateur n’a pas lésiné sur les moyens pour nous en mettre plein la vue, son talent de conteur et de peintre ayant accompli le reste sans pour autant éviter les lourdeurs caractéristiques de son cinéma à grand spectacle. Alors bien évidemment que tout ceci est d’une naïveté confondante ! Mais l’art de conteur du cinéaste, son brio à mélanger histoire et romance, épique et intimisme, nous ramène en quelque sorte à l’enfance, époque où nous jubilions devant un héros comme Holden, brave, courageux, noble et honnête, où nous ne nous offusquions pas - bien au contraire - de ce que Paulette Goddard soit toujours parfaitement bien maquillée y compris lorsqu’elle se retrouve en haillons, où nous ne nous scandalisions pas lorsque l’on nous présentait des Indiens les plus vindicatifs et sanguinaires qui soient… Cela faisait partie du spectacle hollywoodien et, en ce qui me concerne, cette candeur ne me gêne pas plus que cela aujourd’hui encore. D’ailleurs, dans tous les "pré-westerns", que ce soient ceux de Ford ou de Vidor, les Indiens ont toujours été, plus que des "méchants", des trouble-fêtes dont on comprenait les motivations mais avec qui les colons devaient se battre s’ils voulaient pouvoir vivre en paix. 


           

Aucun jugement, des faits historiques relatés avec plus ou moins d’honnêteté ; mais avec DeMille, plutôt moins, ses Indiens cruels nous étant décrits avec un pittoresque qui met parfois mal à l’aise, presque comme des demeurés.
Néanmoins cela participe aussi de la volonté du cinéaste à vouloir constamment mélanger le souci d’authenticité et le kitsch le plus extravagant ; il s’agit de sa patte, reconnaissable entre toutes, avec aussi sa tendance à l’emphase et son découpage assez théâtral en actes et en scènes toutes d’importantes longueurs. Paradoxalement, alors que la première heure me semble parfaite en ce sens, d’une belle fluidité, la partie plus épique et la plus mouvementée en terme d’action me parait parfois se trainer et manquer singulièrement de vitalité, et ce à partir de la séquence de torture dans le camp indien. Car si B. DeMille n’a pas son pareil pour nous offrir de superbes tableaux par son génie du cadrage, du gros plan, du positionnement de ses acteurs et de la disposition des couleurs, je ne lui ai presque jamais trouvé un sens du rythme qui me convienne, d’où ses scènes d’action qui m’ont presque toujours déçu hormis dans The Plainsman qui est pour moi, rappelons-le, un modèle du genre.


                            

Reginald Le Borg est un cinéaste d’origine autrichienne. Il a commencé par étudier la musique avec Arnold Schoenberg puis il est parti faire des études en France à la Sorbonne, avant de travailler à la mise en scène de spectacles musicaux en Allemagne dans les années 20 aux côtés de Max Reinhardt. Autant dire que le cinéma n’était pas sa vocation première. Il ne s’en cachera d’ailleurs jamais, disant avoir tourné uniquement pour gagner sa vie et non par passion pour son métier. A Hollywood, il commence par superviser les scènes d’opéras incluses dans les films de la Fox et de la Paramount avant de devenir réalisateur de seconde équipe à la MGM. Une fois passé à la Universal, on lui confie tout d’abord la réalisation de nombreux courts métrages musicaux avant qu’il ne se spécialise surtout dans le fantastique (Le Fantôme de la Momie - The Mummy’s Ghost) ou le film d’aventures de série Z (la série des Joe Palooka). Il réalisera cinq westerns dont ce Wyoming Mail (Dangereuse mission) qui sera son premier essai dans le genre. « Je n'ai jamais fait attention à ce que je tournais » disait le cinéaste avec une grande lucidité ; en effet, le western qui nous concerne ici vient malheureusement nous le confirmer. Et pourtant le pitch de départ s’avérait pour le moins alléchant. Il n'est pas évident d’essayer de rendre claire une histoire qui a priori aurait dû être limpide mais s’avère emberlificotée comme ce n’est pas permis, faute à un scénario mal construit et mal écrit au cours duquel plus on avance et plus on a du mal à savoir qui est qui et à comprendre les motivations des uns et des autres. Certains pourront croire que c’est fait exprès mais je n’en crois rien ; il s’agit simplement d’un scénario écrit en deux temps trois mouvements et qui de ce fait est devenu inutilement compliqué. C'est d'autant plus dommage que le thème du train comme transport postal n'avait fait l'objet que de très peu de westerns et qu'il était intéressant de voir comment son choix pouvait être compromis, comment il pouvait fonctionner et quels problèmes il pouvait rencontrer. 



   

Pourquoi ce gang souhaite-t-il empêcher la voie ferrée d'être le nouveau vecteur de transport du courrier, après les échecs successifs du Pony Express et de la diligence ? Nous n'en saurons pas grand chose non plus. Ce n'est plus seulement décevant mais frustrant d'être laissé ainsi sur la brèche par des auteurs paraissant s'être moqués comme d'une guigne de leur intrigue. Il y avait aussi des idées très sympathiques comme le repaire "troglodyte" des brigands dans une grotte à flanc de falaise que l'on atteint en montant par des échelles posées à différents paliers successifs. Malheureusement, le décor aussi est très mal exploité par la mise en scène de Reginald LeBorg d'une totale indigence. Il en est de même pour les séquences de prison qui auraient pu apporter un attrait et une tension supplémentaires mais qui, devant la pauvreté du budget, s'avèrent aussi ternes que le reste. Que nous reste-t-il pour étancher notre soif de série B trépidante comme la Universal savait si bien les produire ? Exceptée la sculpturale Alexis Smith (que l'on avait plus l'habitude de rencontrer au sein des productions de la Warner) qui nous octroie quelques sympathiques chansons (mais déjà entendues ailleurs) et des dialogues assez piquants lors de sa rencontre avec le personnage interprété par Stephen McNally, il n'y a pas grand chose !  Sources : http://www.dvdclassik.com/

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