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jeudi 6 août 2015

Greta Garbo

Greta Garbo est la troisième enfant d'une famille de paysans qui a quitté la campagne pour venir s'installer à Stockholm, dans un quartier pauvre et populaire. Le père de Greta Garbo meurt alors qu'elle n'a que quatorze ans, l'obligeant à quitter l'école et à travailler.
Elle trouve d'abord un emploi en tant qu'assistante chez un coiffeur puis en juillet 1920, Greta obtient un emploi de vendeuse au rayon chapeaux d'un grand magasin de Stockholm (le PUB). Greta y pose alors parfois comme modèle pour des publicités. C'est en tournant dans une petite publicité qu'elle fait ses armes en tant qu'actrice, épisode suivi par un court métrage publicitaire en 1920 dans lequel elle se fait remarquer par le réalisateur Eric Petscher qui lui offre un petit rôle dans le film "Peter le vagabond" en 1921.
Elle entre à l'Académie royale d'art dramatique de Stockholm en 1922 et y étudie jusqu'en 1924. C'est là qu'elle rencontre l'un des plus grands réalisateurs suédois de l'époque, Mauritz Stiller, qui lui enseigne les techniques cinématographiques et lui confie un rôle majeur dans son film "La légende" de Gösta Berling, d'après Selma Lagerlöf en 1924. Cette rencontre est déterminante : Stiller, séduit par la jeune Greta, devient son mentor. En novembre 1923, il fait changer le nom de Greta Gustafson en Greta Garbo.



                                


Si quelque chose lui déplaisait lorsque Garbo tournait, elle disait qu'elle voulait rentrer en Suède (« I want to go home »), menace qui lui a valut de voir chacun de ses vœux exaucé par ses employeurs. Garbo était connue pour ne tourner qu'à studio fermé, refusant les visiteurs lorsqu'elle jouait. Puis, son apparition dans "Mata Hari" en 1932 la consacre séductrice. Son interprétation de la dame aux camélias dans "Le Roman de Marguerite Gautier"(Camille) en 1937 est considérée comme la meilleure de tous les temps. Après maintes tragédies, elle se retrouve face à Melvyn Douglas dans la comédie "Ninotchka" en 1939. En référence à une scène dans un bistrot parisien où l'héroïne part d'un éclat de rire, le film est lancé avec le slogan « Garbo rit ! » (« Garbo laughs! »), une première dans sa carrière. Greta Garbo a été l'une des stars les plus adulées des années 1920 et 1930, mais aussi l'une des plus secrètes. Fuyant la publicité et les ragots, elle rend célèbre l'une de ses tirades de Grand Hôtel même dans sa vie publique : « Je veux être seule » (« I want to be alone »). Elle n'accorde ni autographe, ni interview (sauf au tout début de sa carrière), n'assiste à aucune première et ne répond pas à ses fans. Cette prédilection pour le secret ne fait que confirmer le surnom qu'elle a gardé toute sa vie : « La Divine » ; belle, lointaine et inaccessible. Après l'échec relatif de son dernier film, "La Femme aux deux visages" (Two Faced Woman) en 1941, Garbo met un terme à sa carrière, au faîte de sa gloire. Source : http://www.arte.tv/fr/biographie/933446,CmC=933184.html


                         

Juste après avoir tourné Comme tu me veux (As you desire me), Greta Garbo s’était retirée en Suède pendant plusieurs mois. La MGM, craignant qu’elle ne veuille mettre un terme à sa carrière, lui fit une proposition alléchante de contrat où elle avait droit de regard sur le choix du réalisateur et des acteurs. C’est ainsi qu’au tout début du tournage de La Reine Christine elle fit remplacer Laurence Olivier par John Gilbert, acteur avec lequel elle avait souvent tourné et qui était en disgrâce depuis l’avènement du parlant (ce fut d’ailleurs son avant-dernier film). Le scénario de cette histoire (très) romancée d’une Reine de Suède au XVIIe siècle est signé Salka Viertel, ami de Garbo tout comme le directeur de la photographie. De même, "La Divine" avait Rouben Mamoulian en grande estime. La Reine Christine fut donc un film sur mesure pour Greta Garbo où tout était selon son désir et, en contrepartie, elle nous gratifia de son plus beau rôle au cinéma, merveilleusement portée par le talent de Mamoulian. Elle incarne avec une telle présence cette femme de tête qui refusait de sacrifier sa vie à son destin que les autres acteurs ne peuvent faire que de la pâle figuration à côté d’elle. De nombreuses scènes sont mémorables et merveilleuses : l’auberge où elle est prise pour un garçon, les scènes d’amour avec John Gilbert (« Je mémorise cette pièce ») et bien entendu cette scène finale, célébrissime, sans aucun doute l’un des plus beaux plans de toute l’histoire du cinéma : un zoom avant jusqu’au très gros plan sur le visage de Garbo à l’avant du navire qui l’emporte, avec un éclairage d’une pureté absolue. Mamoulian aurait dit à Garbo : « je voudrais que ton visage soit une feuille de papier vierge sur laquelle chaque spectateur pourra écrire ce qu’il ressent » et effectivement son visage est presque inexpressif tout en semblant porter toute la détresse du monde avec volonté et résignation. En fait, ce visage, on peut lui prêter tour à tour tous les sentiments possibles et imaginables. Quel acteur/actrice pourrait aujourd’hui faire un tel plan et exprimer tant de sentiments sans en montrer un seul ?


         


De la mise en scène, il n'y a pas grand-chose à dire. Elle est convenable. C'est tout. Par-ci, par-là. quelques traits humoristiques, comme le lever de la reine, dont la camériste est remplacée par un vieux valet de chambre qui aide Christine à passer sa culotte et à mettre ses bottes, car elle adore se vêtir, d'habits de cavalier; la rencontre de l'ambassadeur d'Espagne et de la Souveraine dans une modeste auberge dont ils partagent ensuite l'unique chambre, ne manque pas de piquant, d'autant plus que Don Antonio ignore qu'il est en présence d'une femme. Revoir Garbo dans la Reine Christine chantait Léo Ferré à propos de la mélancolie...Comme il avait raison puisque ce film est d'un romantisme achevé et que la douleur lui est associée. Mais,plus encore que romantique,ce film est un symbole de grandeur et la scène dans laquelle Christine laisse entrer son peuple dans son palais en est l'apogée. Qui d'ailleurs mieux que Garbo ,suédoise née à Stockolm aurait pu tenir le rôle de la première Reine de ce grand pays? Habillé en homme,elle prend sans problème l'allure d'un garçon et habillée en femme l'allure d'une Reine froide et glacée en apparence et bouillonnante à l'intérieur d'elle-même.


                               


Merci à Mamoulian pour ce témoignage si précieux. Peu importe que l'aspect historique soit trahi,le cinéma lui ne l'est en aucune façon puisque ce film est peut-être le meilleur de Garbo et que Mamoulian fait partie des grands. Curieusement la fin de ce beau film sera aussi le symbole de la carrière de cette comédienne qui abdiquera à sa manière son rang de vedette. Tourné en 1933,il ne vieillira jamais ;le réalisateur à le don de faire ressortir ses comédiens en utilisant parfaitement les meubles ou les objets qui les entourent et à ce titre les caresses que leur prodigue Garbo avant de quitter la” chambre merveilleuse” sont révélatrices. Greta Garbo, sous les traits de la Reine Christine, n'a rien perdu de son charme étrange et sauvage. Avec son nez droit, ses yeux profondément enfoncés dans les orbites, ses cheveux rejetés en arrière, sous les vêtements masculins, elle évoque assez bien Hamlet. On ne se lassera jamais d'analyser l'âme de «la Garbo» comme ils disent aux Etats-Unis. C'est sur elle. vous n'en doutez pas, que repose tout le film. Elle en est l'attraction principale. Heureusement, car sans elle il n'en resterait rien. A certains endroits sa face de Pierrot lunaire aux long cils touffus prend des expressions profondéments dramatiques et qui émeuvent. John Gilbert n'évite pas le ridicule en ambassadeur d'Espagne, sans doute parce qu'il manque d'élégance sous le pourpoint et que son jeu est lourd et sans grâce. Seuls, Ian Keith et Lewis Stone forcent l'attention par leur gestes sobres. La Reine Christine p'ajoute rien à la gloire de Greta Garbo, ni à la réputation de Rouben Mamoulian. L'une et l'autre auraient pu se dispenser d'entreprendre ce travail, d'autant plus qu'au printemps les rives du Pacifique ont, paraît-il, un charme à nul autre pareil, qui incite au repos.Louis RENARDI .



                           

La Légende de Gösta Berling (Gösta Berlings saga) est un film suédois réalisé par Mauritz Stiller, sorti en 1924. En Suède au XIXème siècle, plusieurs femmes se perdent pour un prêtre défroqué…
Dramatisant des oscillations entre déchéance et rédemption typiques des récits de Selma Lagerlöf, La légende de Gösta Berling est une foisonnante saga dont les articulations ne sont pas toujours claires et où les coïncidences dramatiques abondent. Précisons que les nombreuses coupes pratiquées par les différents distributeurs n’aident pas à la compréhension. Il n’empêche : à le découvrir aujourd’hui sur grand écran, on comprend aisément que La légende de Gösta Berling ait été et soit encore considéré comme le chef d’œuvre terminal du cinéma muet suédois. Il s’agit aussi du chef d’œuvre baroque de cette école d’esprit globalement classique. De même que l’inspiration visuelle (c’est le plus beau des quatre films de Mauritz Stiller que je connaisse), le souffle hugolien de la narration ne faiblit jamais. Une séquence comme la fuite nocturne du traîneau poursuivi par les loups sur le lac gelé est à faire figurer dans toutes les anthologies du cinéma muet. La légende de Gösta Berling est également illuminé par la présence d’une étoile alors naissante : Greta Garbo.


                 


 Tourné d’août 1923 à janvier 1924 avec des moyens de superproduction, Gösta Berlings saga est le dernier film suédois de Mauritz Stiller avant son départ pour Hollywood où s’était déjà transféré son grand rival et ami Victor Sjöström. Ce dernier avait réalisé plusieurs adaptations d’oeuvres de Selma Lagerlöf, prix Nobel de littérature en 1909, notamment le célèbre Körkarlen - La charrette fantôme, et l’auteur aurait souhaité que ce soit lui qui se charge de l’adaptation de son premier roman, publié en 1891. En effet, l’année précédente, Stiller avait considérablement modifié l’intrigue et les personnages de la nouvelle En herrgårdssägen pour son film Gunnar Hedes saga. Elle autorisera néanmoins l’adaptation de Gösta Berlings saga mais le regrettera par la suite, reprochant notamment au réalisateur d’avoir inclus une scène de rixe dans une église, lorsque le jeune pasteur, soumis à un examen de bonne conduite, conquiert d’abord son assistance par un sermon des plus inspirés pour ensuite se la mettre violemment à dos en renvoyant aux notables de la petite ville l’accusation d’alcoolisme proférée à son égard.
 Cette scène très animée (et drôle) est caractéristique du versant léger et humoristique de cette vaste fresque au romanesque échevelé qui voit le fougueux Lars Hanson (Gösta) croiser la route de nombreux personnages puissamment caractérisés, dont se détachent tout particulièrement plusieurs figures féminines inoubliables.


               

Il y a d’abord la Commandante, Margareta Samzelius née Celsing, vigoureusement campée par Gerda Lundequist. Ce personnage bigger than life, capable de précipiter un homme à terre d’un coup de coude, justifierait un film à elle toute seule. On la voit successivement : femme de tête à la beauté rayonnante qui mène tout son monde à la baguette ; puis, brisée dans son orgueil, tourner la meule dans la cabane de sa mère à l’agonie ; ensuite, mégère exaltée, incendier le domaine d’Ekeby pour en chasser les cavaliers qui le laissent dépérir ; enfin, vieille femme apaisée, céder Ekeby à un Gösta enfin remis sur le droit chemin.
Trois autres femmes auront croisé le chemin tortueux de l’instable et orgueilleux héros. A la pure et pieuse Ebba (Mona Mårtenson) succède l’orgueilleuse Marianne Sinclaire (Jenny Hasselquist), reniée par son père pour avoir embrassé Gösta sur un coup de tête, et défigurée par la petite vérole. Enfin la jeune Greta Garbo prête à l’impétueuse Elizabeth Dohna une sensualité épanouie et joyeuse qu’on ne retrouvera pas dans ses rôles ultérieurs.
(http://www.avoir-alire.com/la-legende-de-gosta-berling-la-critique)

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