.

.

lundi 6 juillet 2015

René Clair

René Clair signe son premier film en 1923, Paris qui dort, qui frappe par son influence surréaliste. L'année suivante, le poète Francis Picabia et le musicien Erik Satie lui passent commande pour un petit film diffusé pendant l'entracte de leur ballet. C'est Entr'acte (1924), qui lui vaut pour un temps des intentions avant-gardistes. Il n'en est rien. Ses films suivants dévoilent au contraire un cinéaste soucieux de se détacher des contingences de la recherche formelle et préférant se consacrer à un cinéma intuitif et spontané. Le cinéma de René Clair parle des bonheurs simples de l'existence et laisse à d'autres le soin de disserter sur les perspectives de l'Art et les vicissitudes de la condition humaine. Ses deux premières comédies, Un chapeau de paille d'Italie (1927) et Les deux timides (1928), donnent en partie le ton à son oeuvre. Le cinéma est à l'orée du parlant ; René Clair s'en accommode mieux que beaucoup de ses contemporains. Cette nouvelle dimension stimule son imagination. Il réalise alors ses plus beaux films. Dans Sous les toits de Paris (1930), les idées neuves se bousculent et René Clair invente le cinéma moderne. Attachant une grande importance au montage, il ne se contente pas de coller le son à l'image : il joue avec l'un et l'autre, les utilise à contretemps (images sans dialogues) et en extrait une intensité qui ajoute à la poésie des histoires. 



                             


Avec la comédie musicale, René Clair introduit la nouveauté et porte le genre à des sommets rarement atteints par la suite (Le million, 1930 ; A nous la liberté, id.). Bien qu'adulé par le public français, il connaît l'échec en 1934 avec Le dernier milliardaire. Le réalisateur croit à la fin de sa carrière en France et s'exile. Pendant près de dix ans, il réalise trois films en Angleterre et sept aux Etats-Unis. Chacun d'entre eux connaît des fortunes diverses, mais aucun n'est accueilli avec le même enthousiasme que les films de la période française. Célébré comme le chantre du cinéma à la française par une critique qui n'attend que son retour, il revient à Paris en 1946 et tente de renouer avec son passé dans Le silence est d'or (id.). Pétri de charme, le film évolue dans le Paris canaille et gouailleur cher au coeur de l'auteur, celui qu'il décrit dix ans plus tard dans Porte des Lilas (1957). Au début des années cinquante, Clair fait débuter Gérard Philippe dans La beauté du diable (1949) et Brigitte Bardot dans Les Belles de nuit (1952). Les grandes manoeuvres (1955), premier film en couleur tourné par le réalisateur, ressort indiscutablement du lot des films tournés pendant cette période, même s'il n'atteint pas la perfection et la fraîcheur de ses films de l'avant-guerre.Source : http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=8392

C’est arrivé demain fait partie des films que René Clair a tourné à Hollywood, pendant son exil aux Etats-Unis. Il s’agit d’une histoire comme il les aime, qui joue avec les frontières de la réalité. Ce conte fantastique met en scène un jeune journaliste qui reçoit le journal du lendemain des mains du vieux documentaliste du journal. Par ailleurs, il tombe amoureux d’une jeune femme qui fait un numéro de voyance avec son oncle dans un cabaret. Le traitement de l'histoire est fort bien fait avec une bonne dose de comédie, René Clair n’ayant visiblement aucun mal à diriger des acteurs américains. Malgré quelques circonvolutions, l’histoire est bien enlevée, élégamment rendue dans cet univers de fin du XIXe siècle. Linda Darnell est charmante et Dick Powell particulièrement vif. Il y a beaucoup d’humour, certains personnages secondaires étant franchement burlesques. La leçon de cette amusante fable est (comme on pouvait s’y attendre) qu’il n’est pas toujours bon à un homme de connaître son avenir. Si l’on peut lui reprocher un petit manque de profondeur, C’est arrivé demain est fort agréable, un plaisant divertissement. Et encore un de ses petiits bijous cinématographiques comme seul René Clair pouvait les réaliser. Il faut bien dire que le film possède plusieurs atouts : la réalisation élégante et très bien rythmée d'un René Clair en grande forme, une très bonne distribution dont fait notamment partie la très sexy Linda Darnell (que ce soit dans une robe fin XIXème siècle que dans un costume masculin), mais surtout un très bon scénario. Ce dernier, qui a certainement inspiré la série "Demain à la une", est prodigieux. Les auteurs Dudley Nichols et René Clair ont eu l'intelligence de ne pas baser l'histoire sur le suspense de qu'est que le héros va ou non se faire tuer, puisque c'est ce dernier cinquante ans plus tard qui raconte lui-même l'histoire, mais plutôt par quelle pirouette scénaristique ils vont réussir à nous faire avaler que le héros s'en sorte alors que le journal du lendemain dit qu'il va mourir, et là c'est certainement la grande réussite de ce film. 





Une comédie fantastique qui procure énormément de plaisir.  Une petite merveille! Même s'il est moins réussit que "Ma femme est une sorcière", force est de constater qu'on se laisse complètement emporter par cette histoire très originale tout comme l'est la mise en scène de René Clair. En effet, il a ajouté un charme fou au film en plaçant l'histoire du film à la fin du XIXème siècle en faisant un usage très savant des éclairages et des décors. L'interprétation n'est pas en reste non plus, le couple que forme Dick Powell avec la très belle Linda Darnell fonctionne à merveille et la présence de Jack Oakie ajoute une touche d'humour aussi étonnante que bienvenue. Il est à noter que les scénaristes du film n'ont pas fondé le suspense de celui-ci sur le fait de savoir si le personnage principal va mourir ou non en montrant le personnage de Dick Powell 50 ans après les événements, ce qui aurait crée un suspense artificiel qui aurait nuit au film, mais plutôt par quelle pirouette scenaristique les auteurs vont réussir à ne pas faire mourir le héros tout en respectant la prédilection du journal. Et de ce côté-là on ne peut qu'applaudir à l'ingéniosité des scénaristes. Une bonne réussite. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-8231/critiques/spectateurs/



                

Premier film en couleurs de René Clair, "Les Grandes Manœuvres" est inspiré des souvenirs d'enfance du réalisateur qui vécut à proximité d'un régiment de cavalerie. Les Grandes Manœuvres arrive tardivement dans la filmographie de René Clair. C'est un film de l’avant-catastrophe : tout le drame se joue à la veille de la guerre de 14, dans le suivi de ce compte à rebours qui verra Armand partir pour les grandes manœuvres, et Marie-Louise connaître l’apocalypse de l’amour.
D’un film a l’autre, de l’après à l’avant, il aura fallu à René Clair toute une vie de cinéma pour remonter le temps, aux origines du choc. Car le choc, jamais filmé, aura été la guerre, à l’issue de laquelle, le jour de l’armistice, Clair fête ses vingt ans. Vingt ans bien amers qui se fêtent sur la dépouille de tant d’amis disparus. Ce passé qui ne passe pas, ce point obscur dans l’œuvre de Clair, c’est ce temps mort, ce temps de la mort qu’il ne voudra jamais mettre directement en scène. Après "La Beauté du diable" et "Les Belles de nuit", ce film marque la troisième collaboration en dix ans de son auteur avec Gérard Philipe. En effet, lui seul pouvait interpréter un Don Juan en uniforme, prêt à tout pour gagner son pari et finalement pris à son propre piège, tel le Valmont des "Liaisons dangereuses" qu'il composera quatre années plus tard avec moins de légèreté ? La digne Michèle Morgan est souveraine dans son rôle de femme inaccessible mais fragile et on remarquera à ses côtés la débutante Brigitte Bardot, mutine et fleurie, à qui le costume sied à merveille.





 "il est aussi important pour moi de vous avoir connu que d'avoir les yeux clairs"...ècrivait Gèrard Philippe à Renè Clair! Après l'avoir dirigè dans "La beautè du diable" et "Les belles de nuit", son cinèaste fètiche lui confie le rôle d'un officier playboy cantonnè dans une petite ville de province du dèbut du siècle! Le comèdien joue de toutes les facettes de son charme pour composer un menteur professionnel, qui a parlè avec ses camarades de règiment qu'il sèduirait Michèle Morgan, une divorcèe à la fois belle, pathètique et douloureuse! Tantôt fragile ou hautain, il s'attache à faire sentir l'èvolution de son personnage qui finit par succomber à la proie! Un classique un poil soporifique mais l'un des grands succès des annèes 50 avec de grands seconds rôles comme Yves Robert ou Brigite Bardot! Jolie musique de George van Parys...
Un grand classique du cinéma francais qui selon moi justifie tout à fait son statut. Car Les Grandes manoeuvres est sans aucun doute ce que fait de mieux le cinéma francais.



                              


En l'ocurrence des films historiques particulièrement soignés, avec de très beaux costumes et de très beaux décors. On sent René Clair très appliqué derrière sa caméra, ce qui permet à l'ensemble d'être en grande osmose. Alors, bien sur, c'est très classique, mais parès tout, à quoi cela servirait t'il de se priver de ce beau cinéma, aux dialogues d'un rare raffinement et à l'interprétation tout simplement éblouissante, avec un Gérard Philippe au charme incroyable, une Michèle Morgan et un Yves Robert tous les deux impeccables, un Jean Desailly toujours aussi brillant, une Brigitte Bardot insouciante et bien d'autres? Regardez le, vous passerez un très beau moment de cinéma, savant de manière particulièrement subtile et intelligente passez de la comédie au drame, de la joie à la mélancolie. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-4115/critiques/spectateurs/

1 commentaire: