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samedi 18 juillet 2015

Miles

D'abord paru en 1989 du vivant de Miles , cette autobiographie indisponible depuis de nombreuses années a été rééditée en 2007 chez In-Folio,la traduction a été revue et corrigée et les amateurs de jazz et de musique tout court se régaleront de cette plongée dans l'univers totalement décalé , hors normes de ce génie absolu de notre siècle
Disparu en 1991 (on fêtera les vingt quatre ans de sa disparition le 28 septembre prochain) Miles Davis était une légende vivante et un personnage Totalement hors du commun.
l'autobiographie qu'il co-signe avec Quincy Troupe ami de longue date et originaire comme Miles de Saint-Louis (Missouri) est a la hauteur de la démesure du personnage
Sans état d'âme ni concession aucune avec lui -même ni encore moins avec son époque ou ses contemporains Miles Davis au fil des pages de ce livre époustouflant traverse les décennies en inventant a la fois une musique inoubliable qu'il nous a légué pour toujours mais aussi en créant un monde dans lequel il se protège jusqu'à en devenir inaccessible.
De la découverte du jazz a son ascension et les rencontres avec tout ceux qui l'auront accompagné, aimé, trahi, ou soutenu,ce fils de la bourgeoisie noire du Missouri (son père était dentiste) se révèle ici comme l'un des génies les plus torturé de notre siécle.


   

De sa découverte du jazz aux enregistrements mythiques ( 'Birth of the cool' - 'Kind of Blue' - "Bitches 's brew '),des musiciens de légende qu'il aura cotoyés ( Coltrane ,Monk ,Dizzie Gillepsie , Charlie Parker , Mingus ,Chet Baker  , Stan getz ,Art Blakey ,Bud Powell , Billie Holliday) , aux femmes de sa vie (Betty,Cecily ,Frances, Marguerite, jackie,Juliette (gréco ), irène ) des clubs de jazz légendaires et disparus aux festivals il sera l'un des pionniers pour faire sortir le jazz des clubs enfumés , de la drogue et de l'alcool qu'il aura consommé jusqu'a frôler la mort a de nombreuses occasions  de son amour des belles choses (maisons, voitures , vêtements)  aux problèmes de santé qui auront  paralysé sa carrière a plusieurs reprises , de son aversion au peuple blanc  a son perfectionnisme légendaire et constant  Miles était une énigme et un véritable mythe .Ce livre passionnant de bout en bout nous dévoile une (petite) partie de l'iceberg Miles Davis.
Une autobiographie qui ne bien entendu ne s'adresse pas uniquement aux amateurs du genre (le jazz) tant le personnage reste fascinant et démesuré .Monstre sacré et personnage incontournable de notre époque Miles Davis aura tout osé (le virage de l'éléctrique), il aura envers et contre tous bouleversé les codes et les genres lui qui affirmait pourtant a son ami John Coltrane autre génie et météorite de son temps" La véritable musique est le silence, les notes ne font qu'encadrer ce silence." Source : http://jimboland.hautetfort.com/archive/2011/07/23/miles-l-autobiographie.html



                 


Quincy Troupe fut l’ami de Miles Davis et aussi son biographe. L’un ne pouvait aller sans l’autre. Miles Davis eut peu d’amis. Prétendre à ce titre était plus facile quand on était, comme lui, né à Saint-Louis dans le Missouri, et d’assez bonne composition pour supporter le bonhomme. En langage diplomatique, on caractérisera l’amitié de Miles Davis « d’exigeante et difficile », comme le fait Quincy Troupe au début de ce Miles Davis que vient de publier le Castor Astral.
La vision d’un proche n’est pas superflue quand il s’agit de mieux connaître un personnage aussi complexe et paradoxal. A la fois adulé et antipathique, ordurier et magnétique, son autorité, son intransigeance ont toujours découragé la familiarité, raréfié l’entourage et, donc, tari les anecdotes. Toutefois, en ouvrant ce livre, ce n’est pas la corde du voyeur en mal de sensationnel que l’on sent vibrer en soi, mais simplement le vain et éternel espoir d’approcher un secret de fabrication, celui de cette géniale musique. Premier éclairage intéressant et, semble-t-il, original : l’auteur insiste sur la culture purement allemande qui serait celle de Saint-Louis, ville fondée par des Français puis contrôlée par des Allemands qui vit naître Miles Davis. D’un côté la Nouvelle-Orléans, ville de Louis Armstrong, et de l’autre Saint-Louis. Point n’est besoin d’insister sur le monde qui sépare ces deux grands trompettistes. La culture française pour le jovial Armstrong, la culture allemande, où montrer ses émotions est considéré comme fruste, presque grossier, pour l’austère Miles. Défions-nous des simplifications aussi tentantes qu’abusives, mais il y a là un point à méditer.


                       

Toute légende qui se respecte possède sa part de mystère. La retraite de Miles en 1975, les années de silence qui ont suivi jusqu’en 1980, avec les problèmes physiques – on a maintes fois évoqué le Sida -, la probable dépression, les orgies, la drogue, alimentent mystère et légende. C’est précisément au cœur de ces sombres années que Quincy Troupe a rencontré Miles pour la première fois, en 1978. C’était à New York. Il l’avait maintes fois aperçu au cœur de la nuit, dans des bars, des clubs. Seul, affublé de lunettes noires qui ne masquaient en rien son regard menaçant, ou bien dans les rues de Manhattan, fonçant au volant d’une Ferrari rouge. Il l’avait bien croisé plus de vingt ans auparavant, en 1956, dans un club de Saint-Louis appelée le Peacock. Mais son comportement ce soir-là, ordurier et cassant avec un couple de Blancs envahissants, ne l’avait pas incité à faire plus amplement connaissance.
Le premier contact entre les deux hommes, dans une soirée chez un certain Leo, ne fut évidemment pas très chaleureux - comment pouvait-il en être autrement avec Miles ? - mais pas dissuasif non plus, la curiosité de Miles Davis ayant été aiguisée par ce Quincy Troupe qui se disait poète. Il faut dire, et on le découvre au fil de l’ouvrage, que ce personnage n’est pas banal. Poète reconnu et maintes fois primé, professeur d’université mais aussi basketteur professionnel (en France !)… Signalons du reste qu’un passage du livre relatif à la seule conférence jamais donnée par Miles sur sa musique, nous apprend qu’il était sensible à tous les bruits, au point d’inclure par exemple le bruit d’un dribble de basket dans sa musique ! Mais revenons à Quincy Troupe, ce personnage lui aussi pétri de contradictions, sensible au côté cool, à l’allure, à la classe, au « style » ; un peu beau gosse frimeur, donc, mais aussi un militant de la cause noire qui alla vivre dans les quartiers noirs de Los Angeles au plus fort de la tension et des émeutes.


   

Cet intéressant personnage se montra ce soir-là aussi impressionné que circonspect, sentant chez le musicien la violence latente d’un boxeur. On peut comprendre sa timidité. Enhardi par ces premiers échanges, il osa se montrer plus familier : une erreur qui lui valut une humiliation et le priva de contacts avec Miles pendant sept ans ! Cette rencontre avortée lui avait néanmoins permis de ressentir cette force diabolique, cette impression de puissance, aussi présentes chez l’homme que dans sa musique. Et puis il avait été exposé au charme de Miles, ce charisme étrange émanant de la bulle où il semblait enfermé, focalisé sur son propre univers mental, cette aura qui devait magnétiser tant de mélomanes et attirer dans ses orchestres tant de musiciens majeurs. Bref, il avait été envoûté pour la vie ; il était dit que l’histoire des deux hommes n’allait pas s’arrêter là et que le hasard finirait par réconcilier deux êtres aussi dissemblables, mais également originaux, et qui avaient tant à partager. Le hasard prit la forme, en juin 1985, d’une interview pour le magazine Spin avec, tenant le micro, notre poète entre temps devenu journaliste. Un journaliste à dreadlocks, accessoire capillaire qui faillit mettre fin à l’interview et tuer dans l’œuf une grande amitié quand Miles s’avisa de vouloir y toucher. La réaction musclée de l’interviewer sidéra le musicien, mais modifia aussi son attitude : en lui interdisant d’enfreindre son espace vital, Troupe venait de gagner son respect. Il était convenu que l’entretien ne dépasserait pas une heure et demie ; pourtant, voici nos compères passant l’après-midi à visionner des cassettes de combats de boxe, Miles cuisinant pour Quincy et lâchant par-ci, par-là de précieuses informations sur ses problèmes avec Wynton Marsalis, son intention de quitter Columbia, ses projets de funk-rock, en bref : des scoops ! Source : http://www.citizenjazz.com/Quincy-Troupe.html


2 commentaires:

  1. http://www.lameca.org/dossiers/actualite_edition/quincy_troupe/
    https://www.infolio.ch/livre/miles.pdf
    http://electric-miles.net/documents/EMP%20Dossier%20peda.pdf

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  2. http://www.priceminister.com/s/miles+davis+quincy+troupe#xtatc=INT-601

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