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lundi 13 juillet 2015

Le défunt peut attendre

C'est un vrai plaisir que de suivre cette intrigue qui papillonne joyeusement d'une situation et d'un genre à autre. On passe ainsi de la satire décalée avec ce Ciel fonctionnant comme une administration (idée que reprend avec plus de brio encore Powell dans Une Question de Vie ou de Mort, toute comme l'esthétique dépouillée et onirique du Paradis là aussi en plus aboutit et inventif) au récit à la Capra lorsque notre naïf boxeur se mue en milliardaire soudainement préoccupé du bien d'autrui, à la comédie romantique et au film sportif. Robert Montgomery et sa bouille sympathique reste égal à lui-même et très attachant dans ses différents changements de directions, balloté d'un univers et d'un corps à l'autre sans jamais perdre son allant.Tout n'est pas réussi pour autant, la partie lorgnant sur le policier est un peu laborieuse, l'histoire d'amour plutôt jolie ne convainc pas totalement la faute à une Evelyn Keyes un peu transparente et Alexander Hall n'exploite vraiment pas toute les possibilités visuelle qu'offre le script en allant au plus simple (Joe qui reste toujours sous les traits de Montgomery dans le regard des autres comme le sien lorsqu'il s'observe, dans le miroir les apparitions/disparitions de Mr Jordan sans idées le moindre épisode de Code Quantum est plus inventif sans parler du Powell/Pressbuger et sa féérie visuelle).
Cependant le rythme enlevée, la prestation tout en douceur de Claude Rains en mentor bienveillant, quelques seconds rôles excellents (Jack Gleason en entraîneur farfelu irrésistible et nominé à l'Oscar) et des situations drôllissimes (la réaction des assassins à la réapparition de Montgomery supposé mort assassiné quelques minutes plus tôt) offre un moment des plus agréables. Le film marquera pas mal les esprits à sa sortie avec un Oscar du meilleur scénario adapté et des nominations pour Alexander Hall et Robert Montgomery et connaîtra une suite en 1947, Down to earth toujours filmé par Alexander Hall mais où on retrouve uniquement Jack Gleason et Edward Everett Horton.


   

Un remake réalisé et joué par Warren Beatty verra le jour en 1978 (avec Julie Christie en fiancée, James Mason reprenant le rôle de Mr Jordan et Jack Warden en entraîneur pas vu mais ça donne très envie !) sous le titre Heaven can wait ce qui par inattention peur laisser croire que c'est une relecture du Lubitsch du même titre. Il y aura même une troisième version plus récente avec Chris Rock vraiment à oublier par contre.
LE DEFUNT RECALCITRANT a du mal à cacher ses origines théâtrales et si le film essaie ici ou là d'aérer le récit (l'accident d'avion, l'entraînement de boxe, les candidats corporels...), une grande partie du métrage sera localisée dans quelques décors intérieurs et la réalisation d'Alexander Hall ne donne d'ailleurs pas l'impression de s'être donner du mal à dynamiser les prises de vues. Reste donc l'idée de départ, les divers rebondissements et aussi, et avant tout, les acteurs qui vont assurer le spectacle. La version de 1978, avec Warren Beatty, réussira un peu mieux à s'affranchir de son origine théâtrale en proposant pourtant un scénario assez proche de celui du DEFUNT RECALCITRANTMais LE DEFUNT RECALCITRANT s'avère tout de même amusant. Ayant entraîner de longues années son corps, Joe Pendleton doit donc s'en remettre aux envoyés du ciel pour lui trouver très rapidement une solution. Et celles qu'on va lui proposer seront surtout dictés par les décès avoisinant. Les propositions sont donc restreintes et ce n'est que la gentillesse du boxeur envers une jeune femme qui a maille à partir avec le milliardaire qui va sceller son choix. 


                              

La comédie se teinte donc d'un parfum romantique arrosée d'un humour à base de quiproquos (Joe donne l'impression de parler seul, son ancien entraîneur est mis dans la confidence...). Pour compliquer le tout, la mort du milliardaire n'avait rien d'accidentelle et la menace d'un nouveau décès pèse toujours ! Le film est surtout tenu par les acteurs avec en tête d'affiche Robert Montgomery. Pas vraiment un habitué du genre fantastique, il apparaîtra surtout dans des comédies dramatiques, des thrillers ou des films de guerre. Ainsi, on le verra dans JOIES MATRIMONIALES d'Alfred Hitchcock ou LES SACRIFIES de John Ford avec John Wayne à ses côtés. Il interprétera aussi le détective Philip Marlowe dans LA DAME DU LAC qu'il réalisera par la même occasion. Et pour le côté people, il est le père d'Elizabeth Montgomery passée à la postérité pour son rôle de Samantha dans la série MA SORCIERE BIEN AIMEE. Dans le rôle d'un dirigeant de l'univers bureaucratique des cieux, on retrouve le prestigieux Claude Rains. Enfin, comme ingrédient purement comique, l'entraîneur du boxeur est joué par l'amusant James Gleason. Le reste du casting étant plus anecdotique. Toutefois, on pourra aussi noter l'apparition furtive de Lloyd Bridges dans le rôle du pilote de l'avion céleste. Sources : http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1416 et http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/


                  

Le Ciel peut attendre (Heaven Can Wait) est un film américain de Warren Beatty et Buck Henry sorti en 1978. Nommé neuf fois aux Oscars, le film remporte une statuette pour la direction artistique. Aux Golden Globes, le film reçoit trois récompenses. C'est un remake du film Le Défunt récalcitrant (Here Comes Mr. Jordan) (1941). Un grand classique , film presque culte dans les années 80, mais un peu oublié depuis. Et pourtant cela reste un grand film par le choix et l'écriture de ce scénario très original et très astucieusement traité. La destinée, le choix de son avenir, les couloirs de la mort, tous ces thèmes ont rarement été traités avec autant de finesse. Une approche iconoclaste, ni religieuse , ni matérailiste. C'est intéressant , amusant et amène à se poser de bonnes questions. Quelle est notre destinée,? peut-on changer son destin? Tout cela est traité sur le mode de la comédie, et sur fond de football américain, il faut apprécier et comprendre les enjeux, pas facile dans la culture française, mais on s'y fait vite. Warren Beatty est très bon , jouant très juste et prouve ainsi qu'il n'a pas fait la carrière qu'il aurait pu faire. Mason est formidable dans ce second rôle en " Dieu", ou D.R.H. de l'antichambre de la costumes et les coiffures des actrices sont un peu datées ( les bouclettes et les permanentes de Julie Christie ), mais cela rajoute au côté comédie louffoque. Beaucoup d'émotion aussi, et au final notre héros est à la recherche des sentiments vrais, en opposition déjà à la mondialisation et la rentabilité à tout prix. 



           

Rien n'a vraiment changé. Une belle suprise , un film qui reste un marqueur du cinéma.Warren Beatty est aussi bon derrière que devant la caméra.  Scénario très originale et surprenant. Le film est réussi ils ne sont pas tombés dans l'ennuie, le film comporte un rythme très spéciale et le scénario très fantastique colle parfaitement. L'acteur principale ajoute du piment au film (Warren Beatty) et le film marque, on s'en souvient. Avec une scène merveilleuse en guise de scène finale. Petit bémol quelques inutilités parfois mais heureusement c'est très rare. Comédie injustement méconnue qui marie sans tomber dans le ridicule un questionnement existentiel, un message socio-politique et une histoire d'amour à l'eau de rose. Le tout pouvait faire craindre le pire mais, si on accepte les "bons sentiments", on passe toute la durée du film ou rires et sourires. (Si on préfère Rambo à Woody Allen, je pense qu'on s'ennuie). Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-36570/critiques/spectateurs/star-4/

1 commentaire:

  1. http://turbobit.net/e9g1tp0ks6qv.html
    https://j839ydjupx.1fichier.com/

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