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dimanche 12 juillet 2015

Jack Nance

Du banané et inquiet d’Eraserhead au mécano fan de free-jazz de Lost highway, Jack Nance était une figure familière du Lynchland. Le réalisateur évoque son ami et comédien fétiche, décédé le 30 décembre 1996.Je connaissais Jack depuis vingt-cinq ans. Nous avons été présentés par un metteur en scène de théâtre de San Francisco avec qui Jack avait travaillé. On m’avait conseillé de prendre Jack pour Eraserhead et notre première rencontre s’est déroulée à l’American Film Institute, en 71. C’était intéressant, malgré ces circonstances banalement professionnelles, nous nous sommes tout de suite entendus, ça a fait tilt. Je l’ai enrôlé immédiatement, c’était la première recrue d’Eraserhead et je crois qu’il était le seul qui pouvait jouer ce rôle. J’estime avoir eu de la chance de le rencontrer et de le connaître, c’était un de mes meilleurs amis et je n’arrive toujours pas à croire à sa disparition.
Je crois à l’action du Destin dans notre rencontre, nous étions faits pour travailler ensemble. Il avait tout ce que je recherche chez un acteur, sans parler de ses qualités humaines. C’était une personne qui pensait et ressentait les choses profondément.  


                 


Il était passionnant d’observer son visage, même quand il était muet et vous regardait fixement : on pouvait deviner tout ce qui traversait son cerveau et sa conscience, c’était comme plonger son regard dans une rivière profonde.
Je tenais à la présence de Jack dans chacun de mes films ­ le seul où il n’apparaît pas est Elephant man. Et puis dans Twin Peaks/le film, sa scène a été coupée au montage. Dans Lost highway, il n’a qu’une seule scène (le collègue mécano qui aime le free-jazz à la radio) mais il y est mémorable. Sa performance que je préfère, c’est dans Sailor & Lula : encore un rôle court mais extraordinaire. Je ne désespérais pas de trouver encore une histoire où il aurait de nouveau tenu un rôle important.
A part moi, il a aussi joué dans un grand nombre de films et de pièces. Il adorait travailler mais il n’était pas assez motivé sur le plan des relations, il ne jouait pas le jeu des mondanités. Il se fichait de l’argent, il se fichait de la gloire, il se fichait d’à peu près tout, sauf du travail. Les gens ne se rendaient pas compte qu’un acteur formidable était chez lui, en pantoufles et robe de chambre, en train d’attendre des coups de fil qui ne venaient pas. Ceux qui ont pris la peine d’aller le chercher ne l’ont pas regretté ; ceux qui auraient aimé travailler avec lui mais ne l’ont pas fait, eh bien trop tard pour eux. Il a quand même tourné dans The Whore de Nicholas Roeg, Barfly de Barbet Schroeder, Hammett de Wim Wenders…


                               


Derrière une histoire somme toute simple, celle d’un homme dépassé par les événements qui se réfugie dans un monde imaginaire avant de commettre l’irréparable, David Lynch a dissimulé une multitude de sous-couches qu’il donne en patûre au spectateur, le laissant maître de toute interprétation. Son film n’est pas à comprendre mais à ressentir, et chacun est libre d’y discerner les reflets qu’il désire. Ainsi est-ce que l’entièreté du film ne serait pas un seul et même rêve d’Henry dans lequel se mêlent des peurs inconscientes telles celle de la paternité, des tabous de la religion (sexe hors mariage, adultère, meurtre) ou encore un désir d’émancipation? De plus, Henry et Mary sont les seuls personnages avec une identité, la famille de la belle, qu’il n’a sûrement jamais rencontré, s’appelle X, Henry semble être constamment en vacances, et à cela s’ajoute l’extrème difformité du bébé. En outre, le réalisateur lance-t-il un appel à reconsidérer les relations humaines? Henry vit dans un monde où la communication n’existe plus (le film comporte environ trois cent répliques) et dans lequel la seule solution aux problèmes se trouve dans un univers imaginaire. Le dîner chez les beaux-parents, qui ressemble plus à un interrogatoire, en est un bel exemple et la grand-mère prostrée dans son fauteuil est le reflet du futur qui les attend tous, sec. Le présent est aseptisé, les sentiments aux abonnés absents. Le père de Mary ne pense qu’au dîner qui refroidit alors que l’avenir de sa fille se joue, et quand la voisine, s’invitant chez Henry, lui demande où est sa femme, lui de répondre qu’elle doit être repartie chez ses parents. Nous vivons les uns avec les autres, mais qui se soucie de qui?
Lynch critiquerait-il également l’industrialisation qui, avec la mécanisation, utilise les hommes et transforme littéralement leur cerveau en matière première? 


         
   

Ces hommes qui survivent sur une planète sacrifiée: Henry vit dans un monde post-apocalyptique (sur l'un des murs de sa chambre est accrochée une photo de champignon atomique) dans lequel il fait tout le temps nuit et les orages et autres intempéries, maintenant omniprésents, se font entendre tout au long du film. De plus, la seule forme de nourriture qui reste est synthétique et la nature semble avoir disparu avec le soleil. Le bébé d’Henry étant une victime des radiations qui ont provoqué des mutations, il en va de même pour la femme du radiateur, ce qui équivaudrait à dire que même les rêves, et à travers ce personnage le paradis, sont contaminés. Cette apparition serait-elle l’ange gardien qui va conduire Henry sur le chemin de l’émancipation? Elle représente, en opposition à la famille et au mariage, un idéal, terre de plaisirs partagés, et les dangereux embryons empoisonneurs de vie, elle les écrase avec un sourire complice. Cela dit, Lynch nous rappelle que le chemin est long et semé d’épreuves pour accéder au bonheur surprême. 


                 

Ainsi quand Henry monte sur la scène où la belle se produit pour la rejoindre, il sera décapité et c’est la tête du bébé qui apparaîtra dans le trou béant lui rappelant que non content de lui faire perdre la tête, c’est encore et toujours lui qui se dresse sur le chemin de son bonheur, ce même bébé qui pleure dès que son père ose s’éloigner de son chevet et semble le narguer depuis sa couche. Le message est clair et le dernier sacrifice désormais inéluctable.De la cryptique introduction au poulet en période de menstruation en passant par la chienne et ses chiots, les spermatozoïdes, ou encore le "bébé", la création est omniprésente, et à travers elle Dieu. Seulement Dieu a maintenant une usine de crayons à papier et règne sur un monde déjà mort où il ne contrôle plus les destinées humaines. Ainsi quand Henry décide de se libérer de sa croix, Dieu, malgré ses efforts, ne peut rien y changer. Source :http://archive.filmdeculte.com/culte/culte.php?id=190


                              



Un film noir de la meilleure veine, d'après un roman de Charles Williams. Pour son sixième long-métrage, vingt et un ans après Easy Rider, Dennis Hopper s'appuie sur des éléments dramatiques et des personnages archétypaux, afin de proposer une quintessence du genre. Ambiance moite et lourde de désirs, femmes fatales, héros manipulateur et manipulé, perversion sophistiquée... Tout en soignant le style, Hopper prend le temps de poser les jalons d'une intrigue qui nous titille les sens, la curiosité, et nous captive jusqu'à la pirouette finale, ironie du sort tout à fait jubilatoire. Côté acteurs, Virginia Madsen et Jennifer Connely volent la vedette à Don Johnson (Miami Vice). La première est parfaite en garce sexy et démoniaque. La seconde révèle une sensualité renversante, entre pureté juvénile et séduction ambiguë. Un polar sulfureux et machiavélique signé Dennis Hopper !!! Il fait chaud dans un patelin perdu en Amérique, la température monte quand un homme mystérieux arrive en se faisant embaucher comme vendeur de voitures ayant en tète de piquer le magot dans la banque du village. Séducteur, il se partage et se perd entre deux femmes belles et désirantes comme des diables, l'une, 19 ans, employée dans l'entreprise qui est persecuté par un homme curieux et l'autre, femme du patron à la beautée vénéneuse qui a des idées tordantes dans sa tète et manipulatrice. Un film noir qui fait penser au vieux cinéma du genre avec une belle musique sur fond de blues, une atmosphère de haute température, une intrigue bien mené, Dennis Hopper était un cinéaste bourré de talents qui n'a pas une grande filmographie comme réalisateur mais quelques pépites comme celui-ci. 




Il offre à Don Johnson son meilleur role au cinéma (l'acteur a eu plus de succés dans les séries), à Virginia Madsen et Jennifer Connelly de beaux personnages féminins due essentiellement à leurs physiques avantageuses. A noter aussi un excellent William Sadler.Dans cet hommage au polar noir des annèes 50, l'acteur-rèalisateur Dennis Hopper recence les vices cachès et les nèvroses de l'Amèrique profonde à travers la chronique brûlante d'un trou perdu du Texas! Don Johnson, beau gosse blasè, dèbarque au milieu des brumes de chaleur et ne tarde pas à attiser la convoitise de la machiavèlique et bandante Virginia Madsen, blonde hyper-sexy à la sensualitè torride, et de la toujours sublime Jennifer Connely, brune romantique au passè trouble! Filmèe dans un paysage fantôme balayè par le vent et parcouru de dècapotables roses et vertes, l'èpopèe sombre de ce trio explosif oscille de braquage de banque en liaison torride ou le piège se referme sur le voyageur sans bagages que ces deux femmes manipulatrices entraînent dans un engrenage de mort, d'èrotisme dans une très belle photographie d'Ueli Steiger! Excellent et foutrement vènèneux... Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-6355/critiques/spectateurs/recentes/?page=3

4 commentaires:

  1. http://revivelink.com/?t9ohu2
    https://gfcozq0mx3.1fichier.com/

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  2. Merci pour cet excellent film noir de Denis Hopper que je recherchai depuis un bail ! En naviguant dans la rubrique du grand Miles, je suis tombé dessus + la bo Hot Spot ! J'en profite pour te féliciter pour ton blog trés Jazz, films noirs, chapeau ;)

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  3. Merci Sam , La dite B.O. ici : https://mega.nz/#!jNBQlJIA!6W9q7bIBuSSo0ghMN3v2HekwJvLmrRu7fRNRA7CHEOQ
    A bientot !

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