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mercredi 22 juillet 2015

George Stevens

Acteur dès l'âge de cinq ans, George Stevens passe par différents métiers du cinéma (gagman, photographe) avant de débuter dans la réalisation. En 1930, il signe plusieurs courts métrages, notamment pour la série The boy friends. Tourné vers la comédie, George Stevens signe son premier long métrage en 1933 avec The Cohen and Kellys in trouble, avant de connaître un premier succès avec Alice Adams (1935), interprété par Katharine Hepburn. Réalisateur de comédies musicales, il s'impose en dirigeant Fred Astaire dans Sur les ailes de la danse (1936) puis dans Demoiselle en détresse (1937). En 1939, George Stevens réalise un film d'aventures, Gunga Din, avant de revenir à la comédie, avec notamment La femme de l'autre et Plus on est de fous. Incorporé durant la Seconde Guerre Mondiale dans le service cinématographique de l'armée américaine, le cinéaste filme plusieurs événements majeurs de la fin du conflit, comme l'ouverture du camp de concentration de Dachau. De retour aux Etats-Unis, il se dirige vers des sujets plus dramatiques avec Une place au soleil (1951), L'homme des vallées perdues (1953) et Géant (1956), une saga familiale servie par une distribution impressionnante : aux côtés de Rock Hudson et d'Elisabeth Taylor, James Dean y interprète son dernier rôle, celui de l'ouvrier devenu roi du pétrole. Ces trois films assoient définitivement la réputation du cinéaste. En 1959, il adapte à l'écran Le journal d'Anne Frank avant de se consacrer à La plus grande histoire jamais contée, celle de Jésus (interprété par Max von Sydow). Source : http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=10369





                              

Shane a été le western au plus grand succès commercial des années 50 : 9 millions de dollars en Amérique seulement et 6 nominations aux Oscars, succès bien plus grand que les désormais classiques par excellence que sont La Prisonnière du désert de John Ford ou Rio Bravo de Howard Hawks. Il a même longtemps été considéré aux Etats-Unis comme le plus grand western hollywoodien. On ne peut pas dire que sa cote d’amour en France ait été la même : une partie de la critique française en a même fait l’archétype du faux bon western et cette réputation lui colle encore aujourd’hui à la peau ; Yves Kovacs dans son ouvrage intitulé "Le western" résume assez bien la pensée d’un grand nombre à son propos en le qualifiant de "film pesant et compassé devenu le prototype du western académique." Objectivement, force est de constater que, des deux côtés de l’Atlantique, on a beaucoup exagéré ! Shane n’est ni un chef-d’œuvre ni encore moins un mauvais film ; il ne méritait pas un tel mépris et aujourd’hui un tel purgatoire, loin s’en faut. Un an avant Shane, Fred Zinnemann réalisait avec Le Train sifflera trois fois le premier "sur-western" comme l’a surnommé la critique, tentative d’intellectualisation du western traditionnel visant surtout à approfondir la psychologie des personnages. Belle et louable initiative de faire entrer un genre considéré comme peu sérieux dans son âge adulte. Mais souvent à cette occasion, une certaine pesanteur de la mise en scène ou un ton sentencieux sont venus gâcher en partie ce que le western possédait de plus important, le rythme, la vigueur et surtout la spontanéité. High Noon en est un parfait exemple car sa trop grande austérité et le message un peu trop appuyé ont fait de lui un film décharné, sec et en fin de compte assez ennuyeux (sans pour autant être honteux, attention !). 


   

Il n’en est pas de même pour cet western unique qu’est L’Homme des vallées perdues. Unique par le fait qu’il mélange simplicité du ton et subtilité psychologique, qu’il oscille constamment entre d’une part, une naïveté et un manichéisme assumés, et d’autre part une violence et un réalisme qui ont clairement influencé Sam Peckinpah, Sergio Leone et Clint Eastwood, ça ne fait aucun doute.
Le fait que le film soit vu à hauteur d’un enfant de 10 ans justifie le côté "bigger than life" de l’intrigue et des personnages, cette vision quelque peu idéalisée de l’Ouest. Joey, à cet âge, a besoin de se représenter et de croire en des héros purs et durs ; d’un autre côté, "les méchants" doivent aussi l’être de la tête aux pieds. Son regard porté sur le monde nous donne donc à voir des personnages archétypiques mais cette approche mythique que l’on pourrait effectivement trouver simplificatrice ou caricaturale, est amplement légitimée par l’idée qu’ont eue Stevens et ses scénaristes de mettre leur caméra à hauteur de Joey (de nombreuses contre-plongées sont utilisées en cours de film). 


                

Par la suite, nombre de chefs-d’œuvre divers et variés que seront La Nuit du chasseur de Charles Laughton, Les Contrebandiers de Moonfleet de Fritz Lang ou Du silence et des ombres de Richard Mulligan, exploiteront cette vision mais avec encore plus de maîtrise et un peu moins de schématisme. Mais n’accablons pas plus George Stevens avec de telles comparaisons, il ne le mérite pas surtout que son western reste néanmoins de haute volée. Revenons-y et tentons de faire ressentir au lecteur le ton tout à fait original qui parcourt ce film. Shane fait irruption au moment opportun dans la vie de cette famille ; cavalier solitaire et las, venant de nulle part, habillé d’un vêtement de daim clair et immaculé et portant des armes scintillantes. Il représente le modèle parfait du héros rêvé par les petits garçons. Ce "chevalier rédempteur" repartira d’ailleurs tel qu’il était venu après s’être acquitté de sa tâche "divine" : "l’homme sans nom"’ de Leone et "l’étranger" de Pale Rider ne sont pas bien loin. Sur un très beau thème de Victor Young (peut-être le plus beau de sa carrière au milieu d’une partition tout de même inégale), le générique le voit arriver sur son cheval par la gauche de l’écran et, devançant de 15 ans le cinéma de Leone, en immense plan d’ensemble, sa minuscule silhouette traverse doucement l’écran de part en part la caméra fixant sans bouger cette vaste étendue, Shane n’étant qu’un minuscule point au milieu de cette immensité. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/l-homme-des-vallees-perdues-stevens


                

Troisième et dernier film de James Dean, sorti un an après sa mort et regroupant à ses côtés Liz Taylor, Rock Hudson et un Dennis Hopper encore tout jeune sous la houlette du grand George Stevens, Géant est un incontournable des années cinquante. Considéré désormais à la fois comme une curiosité et un film culte, il a été dès sa sortie un événement majeur dans l’histoire du cinéma américain. Adapté du roman d’Edna Ferber qui n’avait pas convaincu le milieu texan et certaines compagnies pétrolières, entouré par la disparition prématurée de sa star étincelante et adoubé du plus gros budget jamais dépensé par la Warner à l’époque (5,4 millions de dollars), ce géant de plus de trois heures était attendu avec impatience dans toutes les sphères sociales et économiques. Pari gagné par la major: si le film souffre un peu de sa longueur, il sera son plus gros succès (35 millions de dollars) jusqu’à la sortie des Superman dans les années soixante-dix. Géant est nommé neuf fois aux Oscars en 1957 dont ceux de meilleur film, meilleur réalisateur (que George Stevens remportera) et meilleurs acteurs dans un premier rôle pour James Dean et Rock Hudson (coiffés par Yul Brynner pour sa prestation exemplaire dans Le Roi et moi). Ressortis sur nos écran seulement en cette fin d’année 2003, le film avait été restauré en 1996 pour son quarantième anniversaire et comme projet pilote pour la mise sur le marcher d’un nouveau procédé Technicolor.
Comme son nom l’indique Géant est un véritable colosse imposant, de par son budget, son ampleur médiatique, sa longueur de métrage, mais également de par sa situation géographique, sa construction et les thèmes qu’il aborde. Comme le fera plus tard Sergio Leone dans Il était une fois en Amérique, George Stevens occupe ses 3h21 à suivre l’évolution d’une famille sur plus de vingt-cinq ans, portant un œil critique et même parfois très pessimiste sur les changements socio-économiques et physiques d’un Etat, d’un pays.


   

Sur fond de western décadent mêlé de soap-opéra ancêtre de Dallas, il passe en revue tous les problèmes de sociétés de l’époque: le racisme, la différence de sexe, de classes et de génération, la course à la réussite, le rêve américain. Jouant de manière intelligente entre ces différentes strates, son côté réflexif apparaît comme novateur pour une époque où les problèmes raciaux et féministes faisaient à peine surface. Assez contemplatif dans son ensemble, laissant parfois l’intrigue au second plan, Géant se place désormais comme LA référence visuelle du début de l’industrialisation texane. Puits de pétrole à perte de vue entre lesquels broutent des troupeaux de vaches, ranch perdu au milieu de vastes étendues arides, Liz Taylor portant la main à la patte coiffée d’un triangle de tissu sali, James Dean sous son stetson allongé en bas de cadre soulignant l’étendu du paysage: ces images du Texas donnent une impression d’immensité à présent tellement familière…



                

Pour son premier film hors contrat, George Stevens avait décidé de s’occuper lui-même de son casting. La question principale reposait sur le choix des trois personnages que sont Jodan et Leslie Benedict, et Jett Rink, qui traversent plus de vingt ans d’histoire et doivent donc porter les marques physiques du temps. Contrairement à l’habitude hollywoodienne qui se veut de faire appel à des acteurs confirmés d’âge mur que l’on rajeunit, le réalisateur a ici préféré prendre le contre-pied en utilisant des jeunes gens de moins de trente ans (24 pour James Dean et Liz Taylor et 28 pour Rock Hudson) et de les vieillir par la suite. Si James Dean et Liz Taylor ont eu parfois quelques difficultés à se mettre dans la peau d’adultes dans la fin de leur quarantaine, Rock Hudson est quant à lui parfaitement remarquable et tout à fait juste en texan vieillissant. Cette idée quelque peu novatrice, qui s’est avéré être l’un des éléments déterminants dans le succès du film, lui a permis de créer le couple improbable Taylor – Hudson. Mal assorti mais très réaliste, il reflète parfaitement le décalage qui existe entre Jordan et Leslie Benedict, celui-là même qu’ils essayent de combler tant bien que mal. Face à un mari viril taillé dans le roc, symbole de la masculinité et de l’esprit étroit que l’on prête généralement aux texans, Leslie, sous les traits d’une Liz Taylor encore fraîche, va agir comme un élément purificateur qui amènera Jordan à regarder le monde avec des yeux neufs. Source : http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Geant-2069.html

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