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samedi 11 juillet 2015

Dan Duryea

Dan Duryea est un acteur américain, né le à White Plains (État de New York), et décédé le à Hollywood (Californie). Il est de ces acteurs qui ont marqué le cinéma du fait de leurs présences, acteur grand, un rire de hyène. Il était l'un des mémorables "bad guys" d'Hollywood, Dan Duryea commence dans le polar mais passe sans difficultés dans l'univers western movies, à notre grand plaisir, des rôles de sadiques, de lâches, de tueurs, mais toujours cette présence imposante, quelques rôles de "gentils" Chevauchée avec le diable, 6 chevaux dans la plaine ou Chasseur de primes, vieillissant dans The bounty killer, abattu froidement dans ce western par l'acteur Peter Duryea son propre fils. Un de ces acteurs les plus doux dans la vie hors plateau, il décèdera à l'âge de 61 ans. Il est considéré par les aficionados comme étant avec Warren Oates les 2 meilleurs "bad guys" du cinéma américain. James.


                           

1948-1952 furent les cinq années fastes en terme de réussite dans la carrière westernienne du prolifique réalisateur George Sherman qui, à cette occasion, aurait largement mérité plus d’enthousiasme à son égard dans les diverses histoires du cinéma voire même dans les différentes anthologies du genre. Si ce n’est pas le cas, c’est peut-être aussi que, fait rarissime dans les annales hollywoodiennes, n’ayant jamais donné la moindre interview il est toujours resté méconnu et obscur pour la plupart des journalistes et historiens du cinéma. Mais, grâce au DVD, cette reconnaissance tardive est enfin en train d’avoir lieu et ce n’est que justice ! Cette période bénie fut entamée avec Bandits de grands chemins (Black Bart) avec déjà le trio Dan Duryea, John McIntire et Yvonne De Carlo, tous très convaincants. River Lady, dans un ton assez approchant (jovial et sérieux à la fois), sera donc le suivant à peine trois mois après. Puis viendront d’autres excellents westerns, tous tournés pour la Universal, tels La Fille des prairies (Calamity Jane and Sam Bass), le superbe Tomahawk (probablement son chef-d’œuvre), le naïf mais sympathique Sur le territoire des Comanches (Comanche Territory) ou encore le très intéressant Au mépris des lois (The Battle at Apache Pass). C’est ensuite, dès 1954, que la carrière de Sherman se gâtera malgré encore quelques réussites éparses.Les bucherons remplacent les cow-boys, leurs montures sont des troncs d’arbres qu’ils transportent par voie d’eau debout dessus, le convoyage du bois ayant du coup pris la place de celui du bétail ; exit les saloons à terre (quoique, la pittoresque Florence Bates en tient un et n’est pas la dernière à pousser à la consommation ses clients qui tombent comme des mouches, assommés par l’alcool) au profit des bateaux-maisons de jeux. Mais autrement, les intérieurs douillets et cossus, les bagarres hargneuses à poings nus, les jeux de cartes qui se finissent en eau de boudin, les chanteuses de cabaret gouleyantes, les beuveries et les coups de feu… tous ces éléments sont de la partie. Nous sommes donc bel et bien dans un western ; un peu trop à l’Est peut-être mais avec tous les ingrédients du genre auxquels on ajoute un aspect documentaire non négligeable et loin d'être inintéressant sur la vie des bucherons avec de superbes images de ces hommes au travail. C’est néanmoins la double romance qui bénéficie de la plus grande importance au sein de ce scénario bien écrit par D.D. Beauchamp et William Bowers, les talentueux auteurs de la majorité des westerns de Sherman à cette époque. 


   

On se met aisément à la place de Rod Cameron qui ne sait plus où donner de la tête et se retrouve devant un dilemme cornélien, à savoir décider vers qui reporter son amour entre Yvonne De Carlo et Helena Carter ; on comprend aisément que ce soit très difficile pour lui d’en favoriser l’une plus que l’autre ! En attendant qu’il prenne sa décision, les amateurs d’action seront nécessairement lésés et donc probablement déçus d’autant que la grande scène de bataille tant attendue, celle qui doit opposer les hommes de Rod Cameron à ceux de Dan Duryea au cours d’un face à face homérique, n’est pas à la hauteur de nos espérances.En effet, si George Sherman nous aura habitués à parfaitement gérer ses séquences mouvementées, le climax de River Lady semble au contraire bâclé, la mort d’un des protagonistes principaux étant tout aussi vite expédiée que l’ample bataille convoitée. Point de rythme, des cascadeurs fatigués et un manque de vigueur flagrant rendent cette scène très décevante. Et puis, que ce soit le réalisateur ou le studio, ceux-ci ne nous avaient guère habitués à utiliser durant de nombreuses séquences en extérieurs autant de transparences aussi ratées ! Le budget aurait-il été restreint ?


                 


Quoi qu’il en soit, la réussite est quand même au rendez-vous et le convaincant duo Yvonne de Carlo / Rod Cameron peut cette fois faire montre de son talent dans un honnête divertissement, ce qui n’était pas le cas de leurs précédentes rencontres au sein du laborieux Salomé (Salome, Where She Danced) et du minable La Taverne du cheval rouge (Frontier Gal) tous deux réalisés par le médiocre Charles Lamont. Cette fois-ci le scénario est bien écrit, les dialogues savoureux, l’interprétation d’ensemble de qualité et la mise en scène plutôt bien enlevée. Plus bavard que remuant mais vraiment plaisant à suivre puisque les personnages sont bien croqués et psychologiquement assez fouillés dans l’ensemble. Le bucheron joué par Rod Cameron (c’était d’ailleurs son métier précédent avant qu’il ne devienne comédien) n’est pas un héros comme ceux que l’on a l’habitude de rencontrer (il en sera de même dans le très bon Fort Osage de Lesley Selander) : il s’agit d’un homme modeste et pas ambitieux pour un rond, fidèle en amitié (celle qui le lie au personnage interprété par Lloyd Gough est assez bien vue), foncièrement honnête mais pas benêt pour autant ; simplement un peu naïf quant à sa fiancé, lui faisant aveuglément confiance, ce dont se moquera Beauvais, son rival, interprété avec talent par Dan Duryea toujours impeccable dans la peau de charmantes et viles canailles :
Sequin (Yvonne de Carlo): « He trusts me. »
Beauvais (Dan Duryea) : « He must have learned about women in kindergarten. »
Source : http://www.dvdclassik.com/critique/le-barrage-de-burlington-sherman


                             
Night Passage est un des rares westerns de série A produits par Universal, studio surtout réputé à l’époque pour ses séries B, parmi les meilleures du genre tout du moins durant la première moitié de la décennie. Le film avait très bien marché en salles à l’époque et notamment en France. Aujourd’hui, il est plus ou moins retombé dans l’oubli. S’il ne s’agit certes pas d’un grand film, de là à le trouver mauvais il y a une sacré marge que je ne franchirais pas. Mais les raisons de cet ostracisme sont finalement assez simples : ce western aurait dû être la sixième collaboration westernienne entre Anthony Mann et James Stewart, sauf que le cinéaste a quitté le plateau en début de tournage pour cause de scénario trop incohérent à son goût. Du coup, en total désaccord avec James Stewart, Mann s’est définitivement brouillé avec son acteur de prédilection et c’est un réalisateur de télévision habitué aux tournages rapides et au respect des budgets alloués qui a pris sa succession, signant ainsi son premier long métrage de cinéma avant de tourner ensuite principalement pour les productions Disney. Ceux qui au vu des noms prestigieux réunis au générique - à savoir Borden Chase au scénario, Aaron Rosenberg à la production, William H. Daniels à la photo et Dimitri Tiomkin à la musique - s’attendaient à voir un film du niveau de ceux de la prestigieuse collaborationMann / Stewart auront été automatiquement déçus car James Neilson a beau avoir accompli ici un honnête travail, il ne possède évidemment pas le génie de son prédécesseur sur le tournage. Il est donc certain que si on aborde ce western en ayant en tête ceux d'Anthony MannLe Survivant des monts lointains n’a aucune chance de convaincre en comparaison à quelque niveau que ce soit. Mais franchement, existe-t-il beaucoup de westerns, aussi prestigieux soient-ils, qui arrivent à rivaliser avec ceux de cette inégalable série ? Cela étant dit, essayons de juger ce western sans penser aux sublimes Winchester 73Les AffameursL'AppâtJe suis un aventurier ou L'Homme de la plaine. Vous verrez, cela passera probablement beaucoup mieux !




           
Un homme au passé trouble à qui on offre néanmoins une mission de confiance, ses relations mystérieuses avec un bandit et le fait qu’il semble avoir eu autrefois une aventure avec celle qui est devenue entretemps la femme de son patron... On reconnait bien ici la patte torturée de Borden Chase et l'on se dit d'emblée que le personnage de Grant devrait aller comme un gant à James Stewart qui, dans les cinq westerns d’Anthony Mann, se révélait déjà parfait dans la peau de protagonistes jamais tout blancs, psychologiquement fragiles et parfois au bord de l’implosion, capables même de brutaux accès de violence. Grant McLaine est bien dans la continuité de cette lignée de personnages "manniens". Mais la raison principale qu’a eue le grand comédien de vouloir l’interpréter est que Grant était un joueur d’accordéon ; lui-même étant accordéoniste à ses heures, c’était une aubaine que de pouvoir ainsi dévoiler aux spectateurs cette corde à son arc, inconnue du grand public. Ce sera néanmoins un professionnel de l’instrument qui le doublera lors de la postsynchronisation.

En revanche, c’est bien l’acteur que nous entendons chanter les très belles mélodies écrites par Ned Washington et Dimitri Tiomkin, Follow the River et You Can't Get Far Without a Railroad ; Tiomkin, de plus en plus inspiré au fil des années, nous délivre à cette occasion une superbe partition peu avare en souffle et en lyrisme. Le scénario est tiré d’un roman de Norman A. Fox, déjà auteur de quelques histoires ayant donné lieu à de très divertissantes séries B réalisées avec une certaine efficacité par Nathan Juran - Le Tueur du Montana(Gunsmoke) -, Lesley Selander - La Furieuse chevauchée (Tall Man Riding) -, ou encore Rudolph Maté - Les Années sauvages (The Rawhide Years). Le film de James Neilson navigue d’ailleurs dans les mêmes eaux qualitatives mais sans l’humour et le pittoresque du film de Maté par exemple. Le Survivant des monts lointains est un western bien plus sérieux, à l’image de ses trois protagonistes principaux interprétés par James Stewart, Audie Murphy et Dan Duryea.



              
Le Grant McLaine de James Stewart est un homme qui, licencié de son travail de "protecteur" des travailleurs du rail pour avoir été soupçonné de complicité avec des voleurs de train, vit désormais de son instrument de musique. Il se déplace ainsi de camp en camp pour faire danser au son de son accordéon les ouvriers afin de leur faire oublier leurs difficiles conditions de travail, devenues d’autant plus laborieuses depuis qu’ils ne touchent plus leur salaire, les travailleurs étant systématiquement dévalisés par un gang qui ne cesse de les harceler. S’il semble de prime abord tout à fait charmant et sans histoires, on comprend par la suite que Grant connait très bien le bandit Utica Kid puisqu’il en parle comme d’une connaissance intime avec la fiancée de ce dernier ; mais on ne sait pas encore pourquoi il l’a autrefois aidé à fuir au lieu de l’arrêter, et ce n’est pas moi qui vous dévoilerai le fin mot de l’histoire. 

On comprend ensuite que Grant a eu des relations avec celle qui est devenue la femme de son patron ; et que s’il s’occupe avec autant de sérieux du jeune garçon dont il vient de sauver la vie, c’est peut-être avant tout pour retrouver Utica Kid puisqu’il a appris que le jeune Joey s’était enfui alors qu’il était prisonnier de la bande dont il sait qu’Utica fait partie. Bref, les motivations soutenant ses actes tendent toutes vers les retrouvailles avec ce brigand tout de noir vêtu et à la réputation de tireur d’élite : la première apparition de ce dernier en contre-plongée est d’ailleurs magnifique, pleine de panache et de classe. Utica Kid, c’est Audie Murphy, excellent dans le rôle du personnage probablement le plus ambigu du film : avec son visage poupin et son sourire enjôleur, il se révèle finalement assez suicidaire, lui qui n’arrête pas de titiller son inquiétant patron sans avoir l’air de le craindre le moins du monde. On sait également qu’il s’est amouraché d’une fille douce et aimante qui en est follement éprise en retour. On ne cesse ainsi de se demander de quel côté de la barrière il se situe ; et lorsque nous apprendrons les liens qui l'attachent à Grant, leurs relations deviendront quasiment la thématique principale du film. Les séquences qui réuniront les deux comédiens, tous deux emportant l’adhésion du spectateur, se révèleront toutes bien écrites et plutôt émouvantes même si l'on aurait souhaité qu’elles le soient bien plus.
                    
Le troisième larron est donc le chef de la bande interprété par un Dan Duryea qui avait déjà croisé James Stewart dansWinchester 73 puis Audie Murphy dans Chevauchée avec le diable (Ride Clear of Diablo) de Jesse Hibbs. Si Duryea fut l’un des comédiens qui nous offrit les bad guys les plus réjouissants car parmi les plus sadiques - il était également inoubliable dans Quatre étranges cavaliers (Silver Lode) d’Allan Dwan -, il cabotine peut-être un peu de trop dans le film de James Neilson, le cinéaste n’ayant peut-être pas eu le caractère suffisamment trempé pour le tempérer dans son jeu quelquefois outré. Quant à tous les seconds rôles, ils s’en sortent plutôt bien même si l’on aurait préféré que celui dévolu à l’excellent Jay C. Flippen soit de plus grande importance. 

Le Joey de L'Homme des vallées perdues (Shane) a bien grandi, Dianne Foster est charmante et l’on peut croiser Jack Elam et Olive Carey au détour d’une séquence. Seule Elaine Stewart semble un peu perdue au milieu de tous ces comédiens chevronnés, ces vétérans habitués du genre. Malgré un casting intéressant, la psychologie des personnages est malheureusement tracée à gros traits ou mal exploitée, et les zones d’ombre demeurent quand même trop restreintes, ce qui fait aussi que ce film de prestige - financièrement parlant - n’est pas entièrement satisfaisant et même assez décevant surtout avec Borden Chase à l’écriture. Quoi qu’il en soit et malgré le fait que le cinéaste n'arrive pas lui non plus à insuffler assez de souffle et d'ampleur à cette histoire, l'intrigue fonctionne plutôt bien même si sans réelles surprises ou alors ces dernières sont délivrées sans efficacité ni puissance dramatique suffisante.
Suite et source : http://www.dvdclassik.com/critique/le-survivant-des-monts-lointains-neilson

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