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vendredi 31 juillet 2015

Donna Reed

Donna Belle Mullenger est née le à Denison, Iowa. Elle est l'aînée d'une famille de cinq enfants. Son élection comme « Reine du Campus » de son lycée à 16 ans lui vaut de faire la une du Los Angeles Times. Sa grande beauté attire alors l'attention de nombreux agents et responsables de studios. Une belle carrière d'actrice démarre.
L'agence Feldman Blum engage la jeune Donna Reed et, après un essai pour le cinéma jugé remarquable, la prestigieuse MGM lui fait signer un contrat. Elle fait des débuts remarqués au cinéma, en 1941, avec des seconds rôles comme dans le thriller Shadow of the Thin Man (Rendez-vous avec la mort) avec William Powell et Myrna Loy, ou dans la comédie musicale Babes on Broadway (Débuts à Broadway) mettant en vedette Mickey Rooney et Judy Garland. Peu de temps après, elle décroche une succession de rôles de plus en plus importants dans des films grand public, tels que Calling Dr Gillespie (Le jeune Dr Kildare, 1942) et See Here, Private Hargrove (1944). En 1945, elle se distingue dans son rôle de Gladys Hallward dans l'adaptation cinématographique du roman d'Oscar Wilde Le Portrait de Dorian Gray, succès du box-office malgré des critiques mitigées.
Après plusieurs années passées aux studios MGM, associée au jeune premier Robert Walker ou dirigée par John Ford, Reed est prêtée aux films Frank Capra Liberté pour It's a Wonderful Life (La vie est belle, 1946).


                               

Ce film, devenu ensuite l'un des favoris de la télévision américaine à Noël, et où Reed joue le rôle de l'épouse de James Stewart (Mary Hatch Bailey), n'obtient pourtant qu'un succès d'estime au box-office. Dans son film suivant, elle doit rivaliser avec Lana Turner. Puis elle partage la vedette de films mineurs avec Alan Ladd ou John Derek, joue avec Randolph Scott dans un western et John Wayne dans une comédie dramatique et sportive, s'essaie même au film de pirates avec Le Pirate des sept mers.
L'actrice connaît alors une relative traversée du désert de plusieurs années. Cependant, en 1953, elle fait un retour remarqué lorsqu'elle est choisie pour le rôle important d'Alma, la prostituée du bastringue dans From Here to Eternity (Tant qu'il y aura des hommes). Mettant en vedette des acteurs talentueux tels Burt Lancaster, Montgomery Clift, Deborah Kerr et Frank Sinatra, le film remportera 8 Oscars, dont celui de meilleur second rôle pour Reed. Donna tourne ensuite une comédie avec Jerry Lewis et Dean Martin, un thriller avec Dana Andrews, revient au western pour Bataille sans merci de Raoul Walsh face à Rock Hudson, et mis en scène par John Sturges Coup de fouet en retour au côté de Richard Widmark. Avec Elizabeth Taylor, elle participe à La Dernière Fois que j'ai vu Paris réalisé par Richard Brooks d'après F. Scott Fitzgerald. Elle interprète ensuite Sacagawea face à Charlton Heston dans la superproduction Horizons lointains et l'épouse de Benny Goodman dans un biopic. Le suspense La Rançon, tourné en 1956, fera l'objet d'un remake avec Mel Gibson et Rene Russo. Mais dès 1958, le policier Le crime était signé avec Stewart Granger, blacklisté à Hollywood, la classe dans les has been. Wiki.

Marqué au fer (Branded) et Le Souffle de la violence (The Violent Men), réalisés par Rudolph Maté, nous avaient laissé une agréable impression mais c’était surtout grâce à de solides scénarios et une bonne interprétation d’ensemble. La mise en scène en revanche ne nous avait guère enthousiasmés. Horizons lointains vient nous prouver, effectivement, que ce grand chef opérateur n’était qu’un bien piètre réalisateur même si l’on peut compter quelques petites pépites à son actif, notamment dans le domaine du film noir. C’est un comble qu’une des expéditions les plus épiques de l’histoire américaine ait accouché d’un film aussi peu ample et vigoureux, aussi mollasson et intempestivement bavard, le souffle de l’aventure étant irrémédiablement absent d’une œuvre dont c’était pourtant la vocation première. Bref, on l'aura compris : sans un scénario qui tient la route et sans une troupe de comédiens motivée, Rudolph Maté, pas assez doué, est incapable de parvenir à sauver les meubles d'une quelconque entreprise. Pour The Far Horizons, sa mise en scène se révèle aussi terne et dénuée d’inventivité que quasiment tout le reste. L'expédition de Lewis et Clark avait déjà lointainement inspiré Howard Hawks pour La Captive aux yeux clairs (The Big Sky) ; on retrouve dans les deux films les mêmes paysages, les mêmes costumes, les mêmes embarcations, voire les mêmes personnages (celui de l’Indienne dans le film de Hawks aurait d’ailleurs pris pour modèle Sacajawea, le personnage réel mis en scène dans The Far Horizons), et certains plans sont vraiment ressemblants comme ceux de la file d’Indiens sur les berges ou bien les hommes en train de hâler le bateau lorsque le lit de la rivière est trop bas... le tout cette fois en Technicolor. Les paysages sont magnifiques et dépaysants mais l'on reste à cent coudées au-dessous du film de Howard Hawks qu’on aurait bien rêvé du coup voir en couleurs.


         

Dans la réalité, Meriwether Lewis, capitaine de l'armée américaine, devint secrétaire du président Thomas Jefferson en 1801. Il planifia une expédition qui devait explorer les territoires à l'Ouest du Mississippi et trouver un passage pour arriver jusque sur les côtes de l'Océan Pacifique. Avec son ami, le Lieutenant Clark, ils partirent de St Louis (Missouri) en mai 1804 et atteignirent les côtes de l'Oregon en novembre 1805. Lewis, en plus de commander la troupe, accomplit un travail de naturaliste tandis que Clark s'occupa de cartographier les régions traversées. Un voyage qui dura presque un an et demi avec une seule perte à déplorer parmi les soldats qui constituaient la troupe. Cette dernière, en empruntant une route plus au sud, regagna sa base de départ en mars 1806 pour arriver à bon port seulement six mois plus tard. Lewis fut ensuite nommé gouverneur de la Louisiane mais se suicida peu après, en 1809. C'est Clark qui fut responsable de la publication de leur journal de bord écrit durant l'expédition, qui comptait effectivement l'Indienne Sacajawea (également nommée "Birdwoman") ; non seulement elle guida les troupes mais œuvra aussi en tant que "diplomate" auprès des diverses tribus indiennes rencontrées au cours de leur périple.


                  


Contrairement à sa situation dans le film où elle tombe amoureuse de Clark, elle fut accompagnée durant tout le voyage par le trappeur canadien Toussaint Charbonneau qu'elle avait épousé avant le départ et qui, contrairement à sa description dans le film, était loin d'être antipathique. Les historiens ou les lecteurs du journal de Lewis & Clark édité encore de nos jours diront que les faits relatés dans le film sont assez éloignés de la réalité. Mais on sait ce que pense Hollywood de la véracité historique et nous ne nous en offusquerons pas une fois de plus. L'essentiel aurait été de bénéficier d'un film épique à l'image de cette grandiose aventure, ce qui est fort loin d'être le cas. Comme les scénaristes ont décidé de consacrer la majeure partie du film à la romance qui se fait jour entre Charlton Heston et Donna Reed, c'est l’aventure qui en pâtit. Cette histoire d'amour n'étant à aucun moment convaincante, le film devient assez vite totalement insignifiant, se contentant entre deux scènes de bavardages interminables entre nos deux tourtereaux de nous montrer de très beaux paysages photographiés assez correctement. Si seulement les auteurs avaient profité de cette romance entre un Blanc et une Indienne pour aborder avec intelligence ou sensibilité la question des affaires indiennes, les thèmes des relations inter-raciales ou de la place de la femme dans la société... 


                               


Aujourd'hui surtout réputé pour ses westerns, John Sturges avait pourtant déjà plus de 20 films à son compteur lorsqu'il tourna Backlash, qui n'est seulement que sa deuxième incursion dans le genre si l'on ne prend en compte ni le médiocre The Walking Hills (Les Aventuriers du désert) ni le superbe Bad Day at Black Rock (Un homme est passé), étant donné que l'intrigue des deux films se déroule à peu près à la date de leur tournage, c'est-à dire-dans la deuxième moitié du XXème siècle. On a eu un peu trop tendance à lire à propos de Coup de fouet en retour qu'il s'agirait de l'un des premiers "sur-western", à savoir un western à tendance psychologique et psychanalytique. A posteriori, c'est tout à fait exagéré : d'une part puisqu'il y eut déjà auparavant bien d'autres titres (et non des moindres) à aborder des thématiques identiques - celles de la recherche du père, du problème de conscience qui se pose lorsque la vérité se fait jour et qu'elle va à l'encontre de ce à quoi l'on s'attendait, etc. (je n'en dirai pas plus afin de ne pas trop dévoiler l'histoire) -, de l'autre puisque tout simplement Backlash est avant tout un film de série B rempli d'action et de retournements de situations mais dont l'axe psychanalytique ne tient quand même à pas grand chose. A vrai dire, la vérité cachée qui est à l'origine de la quête de notre héros relève plus d'un "whodunit" à la Hitchcock que d'une réflexion psychologique pointue et passionnante. Bref, il ne faudrait simplement pas s'attendre à un grand western "adulte" au risque d'être fort déçu : rien que pour ce début d'année 1956, des films comme La Prisonnière du désert (The Searchers) de John Ford, La Loi de la prairie (Tribute to a Band Man) de Robert Wise ou L'Homme de nulle part (Jubal) de Delmer Daves pouvaient se targuer d'aller bien plus loin dans cette voie de la maturité. Quoi qu'il en soit, Backlash (un titre anglais qui claque bien), sorte d'enquête en milieu westernien, est un film qui file à toute vitesse et qui s'avère très agréable à regarder ; seulement pour un western Universal produit par Aaron Rosenberg (on se rappelle surtout de ceux d'Anthony Mann avec James Stewart), on pouvait espérer mieux surtout que, concernant John Sturges, nous en étions restés sur le formidable Fort Bravo, un western MGM d'une toute autre envergure.



           


« My father was killed at Gila Valley, and I'm going to find the man who murdered him » dira Jim Slater, le personnage interprété par le toujours aussi talentueux Richard Widmark. Voilà le départ de l'intrigue de Backlash et son enjeu principal. Au départ, un groupe de six détenteurs de la somme non négligeable de 60 000 dollars : après un raid indien, cinq morts sont enterrés dans les ruines d'une cabane brûlée et un survivant s'est échappé avec le butin. Jim Slater n'a plus qu'une idée en tête : retrouver et tuer le traitre, celui qui était censé chercher du renfort lors de l'assaut du groupe par les Apaches mais qui a préféré prendre la poudre d'escampette. On connait le nom de trois des cinq hommes morts mais le mystère reste entier concernant les deux autres, trop mutilés et donc impossible à identifier. Un fuyard, cinq morts dont trois identifiés ! Qui des trois est le survivant entre le fils d'un grand rancher texan, le père de Jim Slater ou le mari de Karyl Orton ? C'est cette quête de la vérité et de l'argent disparu qui va faire voyager nos deux personnages principaux de l'Arizona au Texas. Coup de fouet en retour est un western qui débute de la plus belle des manières : le thème musical principal composé par Herman Stein est une pure merveille, intense, dramatique et tourmenté. Dans sa représentation du western, c'est un thème presque aussi définitif que celui écrit par Hans J. Salter pour Les Affameurs


                                

Il nous met immédiatement dans l'ambiance et la première séquence, qui nous plonge directement dans l'action, s'avère remarquable. Pourquoi, alors que Jim et Karyl sont réunis à l'endroit où les cadavres sont enterrés, le frère d'une des victimes cherche-t-il à les tuer ? Nous ne le saurons jamais mais qu'importe ; ce personnage aura permis d'emblée de nous offrir une scène magistrale, presque aussi réussie que les meilleures séquences de Fort Bravo et qui rappelle fortement la dernière séquence de Winchester 73, l'affrontement dans un duel à mort en un endroit désertique, rocheux et montagneux. Où Sturges nous démontre qu'il n'avait rien perdu de son génie de l'appréhension de l'espace et de la topographie ! Une séquence pleine de suspense, parfaitement découpée et sublimement filmée. Le film de John Sturges partage d'ailleurs d'autres similitudes avec le premier western de l'association Mann/Stewart. La construction du récit par Borden Chase (scénariste des deux films) est assez similaire, même si dans Backlash les personnages principaux resteront les mêmes jusqu'au bout alors que dans Winchester 73 c'était le fusil du titre qui passait de main en main. Mais, dans les deux westerns, le film passe d'un endroit à l'autre d'une manière assez théâtrâle, dans celui de Sturges au fur et à mesure des indices récoltés par les deux personnages. Alors que cela semblait très fluide dans le film de Mann, la structure du récit parait parfois ici un peu artificielle, une sorte de jeu de piste un peu schématique et systématique empêchant le spectateur d'y être totalement immergé et le film de prendre l'ampleur qu'il aurait méritée. Sources : http://www.dvdclassik.com/

jeudi 30 juillet 2015

Stan et Bill

Stan Getz & Bill Evans est un album du saxophoniste Stan Getz et du pianiste Bill Evans enregistré en 1964 et publié en 1973.
Les titres qui composent cet album ont été enregistrés au Rudy Van Gelder's studio à Englewood Cliffs (New Jersey), le 5 mai (pistes 4-6) et le 6 mai (pistes 1-3, 7-8).
Ni Stan Getz, ni Evans n'étaient satisfaits du résultat. Ils s'étaient donc opposés à la publication de ces plages. Ce n'est qu'après une action en justice que le producteur Creed Taylor a pu éditer ce disque.
Cet album, produit par Creed Taylor, n'a donc été publié pour la première fois qu'en 1973 sous forme de LP par le label Verve Records (V6 8833). Il a été réédité en cd avec des pistes additionnelles.
Le coffret The Complete Bill Evans on Verve offre de nombreux titres inédits (essentiellement des prises alternatives) enregistrés lors ces sessions. Selon les archives de Verve Records, il y aurait eu, le 22 avril, quelques jours avant ces deux sessions, une première séance pendant laquelle aurait été enregistré 3 titres : Come Sunday, Theme From "The Carpetbaggers et Six-Nix-Pix-Clix. Les numéros de matrices des titres existent (64VK329 à 64VK331), mais les bandes semblent avoir été perdues. Ces bandes réapparaitront peut-être, 5 titres « perdus » de la session Alone ont été retrouvées après la publication de l'intégrale Verve. Le personnel de cette session était : Bill Evans, Stan Getz, Gary Burton (vibraphone), Chuck Israels (contrebasse) et Joe Hunt (batterie).


   

But Beautiful / The Bill Evans Trio Featuring Stan Getz est un album du pianiste Bill Evans et du saxophoniste Stan Getz enregistré en 1974 et publié en 1996.
Les titres qui composent ce disque ont été enregistré en public au Singer Concertzaal de Laren (Pays-Bas), le 9 août 1974 (pistes 1, 2, 9, 10), et durant le festival Jazz Middelheim à Anvers (Belgique), le 16 août 1974 (autres pistes).
Cet album a été publié pour la première fois en 1996 par le label Milestone (MCD 9249-2).
Stan Blues. Le morceau n'avait pas été prévu durant le « filage » précédant le concert. Bill Evans, vexé de se voir imposer ce blues, s'arrête de jouer au bout de quelques mesures et, selon le témoignage de la productrice Helen Keane fait signe du regard à Gomez de ne pas prendre de solo.
The Peacocks. À la fin du morceau, Stan Getz joue en solo Happy Birthday to You. Ce 16 août, Bill Evans fêtait son 44e anniversaire.
D'autres titres ont été enregistrés lors de ces deux concerts. Ces bandes, d'excellente qualité, circulent dans le milieu des collectionneurs. Il n'est pas impossible qu'elles soient un jour éditées.



   

Listing complet des titres enregistrés par la Nederlandse Omroep Stichting lors du concert du 9 août 1974 au Singer Concertzaal de Laren :
En trio : Waltz for Debby (6:20) - Turn Out the Stars (5:10) - 34 Skidoo (7:33) - See-Saw (6:22) - The Two Lonely People (7:58) - TTT (4:35)
En quartet : Stan's Blues (5:32) - Grandfather's Waltz (7:45) - But Beautiful (4:50) - Funkallero (8:30) - The Peacocks - (5:49) - You and the Night and the Music (4:08)
Listing complet des titres enregistrés par la Radiodiffusion Belge lors du concert du 16 août 1974 à Anvers :
Emily (5:26) - Lover Man (7:50) - Funkallero (6:18) - The Peacocks (6:47) - You and the Night and the Music (7:24) - But Beautiful (6:22). Wiki.

mercredi 29 juillet 2015

George Sidney

Réalisateur de 28 longs métrages, George Sidney débute sa carrière à la Metro Goldwin Mayer, dont son père est à l'époque l'un des dirigeants. Il y sera coursier en 1932, puis responsable du département des projections tests dès 1937 alors qu'il n'a que 21 ans. C'est à la même période qu'il commence à signer quelques courts métrage, toujours pour le compte de la MGM. Deux d'entre eux seront couronnés d'un Oscar : Quick ‘n a wink en 1940 et Of pups and puzzles en 1941.
Fort de ces récompenses de la profession, George Sidney passe au format long en 1941 avec la comédie romantique Free and Easy. Puis il se lance dans la comédie musicale, genre qui fera sa réputation, avec notamment Le Bal des sirènes en 1943 ou Escale à Hollywood en 1945 avec Gene Kelly.
En 1948, George Sidney change de registre et signe le film de cape et d'épée Les Trois mousquetaires avec à nouveau Gene Kelly et Lana Turner, considéré comme l'un de ses chefs d'oeuvre. Un genre qu'il retrouve quatre ans plus tard pour une adaptation de Scaramouche, non sans avoir auparavant fait le détour par une nouvelle comédie musicale, le légendaire Showboat avec Ava Gardner, en 1951. 



                           


Nouvelle comédie musicale en 1953 avec Embrasse-moi chérie pour lequel le cinéaste tente pour la première fois l'expérience d'une projection en trois dimension.
Plus jeune président de l'histoire de la prestigieuse Directors Guild of America (DGA) de 1951 à 1959, George Sidney quitte la MGM pour la Columbia en 1956, mais reste fidèle au musical avec Tu seras un homme, mon fils dont Kim Novak est la vedette tout comme dans Un Seul amour (1957) qui ne connaît pas le succès escompté. Une Kim Novak encore une fois en haut de l'affiche aux côtés Frank Sinatra Rita Hayworth dans La Blonde ou la rousse toujours en 1957.
1963 voit le retour du metteur en scène au sein de la MGM, après avoir signé Bye bye Birdie pour la Columbia. Il y réalise notamment L'Amour en quatrième vitesse avec Elvis Presley en 1964. George Sidney s'éloigne alors petit à petit de la réalisation pour se consacrer à d'autres activité, dont la présidence de la DGA qu'il reprend de 1961 à 1967.



                


Ceux pour qui le Musical rimerait seulement avec élégance, délicatesse et intelligence (Vincente Minnelli pour faire plus court) peuvent détourner les talons et fuir au plus vite. Car Bathing Beauty est au contraire un monument ‘kitchissime’ de mauvais goût assumé à tous les niveaux. Dire qu’il aura fallu sept scénaristes pour arriver à pondre ce script est peut-être d’ailleurs le gag le plus drôle du film. Se rendront vite compte pourquoi, ceux qui ne sont pas effrayés par l’humour pachydermique de Red Skelton, les sourires ‘colgates’ et figés d’Esther Williams, les nombreuses chansons sud américaines vociférées par Carlos Ramirez et jouées par Xavier Cugat, les multiples airs virtuoses jouées par la trompette endiablée d’Harry James, les leçons d’orgue électronique octroyées par Ethel Smith, etc...
Ceux qui ont réussi à passer l’épreuve de cette énumération et qui demeurent toujours en notre compagnie ne devraient pas regretter de s’être rendus à ce bal grotesque puisque le chef d’orchestre de ce divertissement, destiné avant tout à soutenir le moral des troupes américaines pendant la Seconde Guerre mondiale, n’est autre que George Sidney, réalisateur qu’il faut absolument continuer à réévaluer, la preuve flagrante de son talent éclatant une nouvelle à la vision de ce Bal des sirènes au pitch pourtant aussi ténu que la grâce et la finesse d’un Red Skelton en tutu dansant Casse-noisette, un papier de bonbon collé aux pointes ! A ce propos, son numéro, aussi lourd soit-il, est, avouons-le sans honte, franchement hilarant (c’est tout de même Buster Keaton qui serait à l’origine de nombreux gags). L’histoire est tellement lâche que d’innombrables interludes musicaux viennent la court-circuiter à la moindre occasion.


   

Qu’à cela ne tienne, l’homme qui réalisera plus tard des chefs-d’œuvre aussi mémorables que Kiss me Kate, Les Trois mousquetaires ou Scaramouche s’en donne déjà ici à cœur joie. Sa mise en scène débridée et constamment inventive s’avère brillante et atteint une sorte d’apothéose lors du fameux ballet nautique final. Il se permet ici (comme déjà dans d’autres numéros auparavant, notamment ceux du trompettiste Harry James) des mouvements de caméra et de grue, des raccords, des travellings absolument étonnants. Il fallait oser ; Sidney a très bien fait de foncer tête baissée sans peur du ridicule et de nous offrir une comédie musicale aussi dynamique. A ce niveau de kitsch, ça en devient carrément jouissif d'autant plus que la palette de couleur d’Harry Stradling éclabousse l’écran nous en mettant plein les mirettes, et qu’Esther Williams est décidément toujours aussi belle. That’s Entertainment ! Source : http://www.dvdclassik.com/critique/le-bal-des-sirenes-sidney


                             

Qui était donc cette Dame? - George Sidney
Je ne connaissais rien d'autre du réalisateur que ses 2 chefs d'œuvre de cape et d'épée et c'est plutôt une comédie réussie.
Le postulat, c'est un peu La Totale à l'envers. D'ailleurs, on retrouve Janet Leigh quasiment dans le même rôle que tiendra Jamie Lee Curtis dans True Lies.
Le film a le mérite de pousser jusqu'au bout de son idée de départ (se faire passer pour un agent du FBI pour justifier une infidélité). On peut regretter que le rythme ne soit pas aussi soutenu qu'on pourrait l'espérer et je suis toujours un peu réservé sur le jeu de Tony Curtis mais Janet Leigh, Dean Martin et James Whitmore dans un rôle secondaire s'en sortent bien mieux.
Who Was That Lady? n'est pas une grande comédie mais c'est très drôle. Ce film est une véritable partie de rigolade. Les seules vraies critiques que je peux me permettre sont le manque de rythme et une fin pas très travaillée. Je ne suis pas un spécialiste du pitch, mais pour faire bref, c'est l'histoire d'un séducteur qui se fait surprendre en flagrant délit par son épouse. Pour se sortir du pétrin et sauver son mariage, il fait appel à son meilleur ami, scénariste, qui lui conseille de se faire passer pour un agent du FBI... Méfiez-vous des amis qui ont de la suite dans les idées! Ils ne savent pas toujours arrêter...
 Encore un film qui, pour notre plus grand plaisir, repose sur les péripéties d'un duo d'acteurs: Si Tony Curtis est toujours aussi bon comédien, Dean Martin lui est encore supérieur et complètement cinglé dans ce rôle de l'emmerdeur. Mais la grand surprise du film vient des seconds rôles: Janet Leigh est tout simplement magnifique et James Whitmore (décédé le 6 février 2009) excellent.


          

Une très belle musique jazzy signée André Prévin accompagne ce divertissement. A noter un générique d'ouverture (visuellement) assez original où on entend même Dino chanter. George Sidney a réalisé une comédie de mœurs et d'espionnage où des coureurs de jupons font des câlins même aux hommes... A voir!
Tony Curtis cabotine bien sûr & évidemment un peu; mais étant rattrapé par son talent, nous suivons le déroulement de ce film peu vieilli... La phrase-clé est bien entendu : " Mon profil gauche sera meilleur. "
Ne demandez jamais à un auteur de télévision de vous inventer une histoire pour vous sortir du pétrin. Car d'un singulier, vous glisserez vers des pétrins pluriels, et seule, la bonne humeur vous sauvera, alors... La paire Curtis/Dean fonctionne correctement, mais il n'y a pas la même alchimie que pour la paire Lewis/Dean ! Et ton Curtis à toi, c'est qui, Joyce ? Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-18258/critiques/spectateurs/

mardi 28 juillet 2015

Peter Vaughan

Né le 4 Avril 1923, Wem, Shropshire, Angleterre.
Avec plus de trente-cinq films et cinquante téléfilms à son actif, Peter Vaughan est l'un des acteurs britanniques les plus célèbres. Il a travaillé avec de grands réalisateurs comme Terry Gilliam, Charles Sturridge, Nick Hytner, Antonia Bird, James Ivory, Nic Roeg, Ken Russell, Bob Rafelson, Karel Reisz et Bille August. Il joue, entre autres, dans des films de Terry Gilliam comme Bandits, bandits, Brazil, ou le film avorté ''L'Homme qui tua Don Quichotte''. Il joue dans de nombreuses séries anglaises comme Chapeau melon et bottes de cuir, notamment dans le rôle d'un psychanalyste, un de ses rôles les plus marquants est dans la série télévisée Amicalement vôtre avec Tony Curtis et Roger Moore, où il joue le rôle du cruel Schubert dans l'épisode Un enchaînement de circonstances.

Toujours actif à 90 ans, il joue Mestre Aemon dans Game of Thrones.



                                


Time Bandits, où l'histoire d'une bande de nains, spécialistes de l'invention d'arbres pour la création divine, qui veulent s'improviser brigands temporels en "empruntant" à Dieu la carte temporelle. Ce bout de papier leur indique où sont ces étranges passages qui permettent de voyager entre les époques et les lieux, c'est donc tout en fuyant l'Être suprême qui veut récupérer sa carte que cette bande de joyeux lurons se précipite hardiment et presque au hasard dans les dédales de l'aventure.
Or pendant ce temps là, vers 9h environ, chez les cousins anglais des familles modernes de monsieur Hulot, Kevin va se coucher en rêvant de chevaliers. De son placard débarque alors ces mini faucheurs d'escarcelles aux voix de crécelles, l'entrainant dans cette folle épopée. C'est l'occasion pour Terry Gilliam de placer ses amis (ayant des problèmes d'érection et se faisant dépouiller par un fantastique Robin des bois) ou ses acteurs fétiches (saccageant des villes en regardant des spectacles de marionnette ou alors se roulant dans la poussière avant de décapiter le Minotaure), le tout de manière un peu foutraque mais plein d'émerveillement et de bonne volonté à l'image d'un enfant ! Car Time Bandits c'est la thématique du rêve, de l'enfant encore pur et innocent qui ne peut pas comprendre/entrer dans la logique du monde adulte (lié intimement au Mal caricatural du film), c'est des effets spéciaux très cheap mais qui dans cette optique naïve passent à merveille : les tableaux qui nous sont offerts sont soignés, tournant en dérision avec gentillesse de nombreuses figures célèbres (Titanic, Napoléon, Agamemnon ...). Le film pourrait alors tomber dans la facilité de la répétition mais en introduisant à bonne escient le Mal, le coté subversif des nains et en jouant sur la diversité des tableaux, on ne s'ennuit pas et on suit cette aventure avec plaisir. À noter que la fin est particulièrement savoureuse, se départant de toute morale, faisant la part belle au rêve et nous permettant d'apercevoir une dernière fois Sean Connery, un retournement de situation bienvenu qui laisse le sourire aux lèvres.

 
           


Voilà un Terry Gilliam bien fou comme on l'aime. En fait, ce Time Bandits m'a semblé être un mélange entre "The lord of the rings" et "Alice in Wonderland". On y retrouve pas mal des thèmes habituels de Terry (le spectacle, l'illusion, les chevaliers, la quête, le combat entre le bien et le mal, l'animation, ...). Le scénario m'a pourtant laissé sceptique sur la première demi heure : en effet, tout est un peu décousu, les premiers voyages installent juste le concept mais on ne sent pas de lien réel avec la vraie histoire. Les objectifs principaux ne commenceront d'ailleurs à être définis qu'à partir de ce moment là, et ce au travers de l'introduction des méchants. Dès lors, tout sera plus fluide, plus connecté, même si ça reste une sorte de road movie temporel. Les personnages sont chouettes, peut-être aurait-il été intéressant d'individualiser les bandits plutôt que de le construire comme un collectif. Un peu plus de sacrifices du côté des gentils aurait été agréable aussi (il reste tout de même une fin vraiment étrange où l'on ne sait pas trop si l'on doit se réjouir pour le petit Kevin ou pas). 


                

La fin fonctionne sur le principe de Deus Ex Machina, mais en même temps il ne pouvait en être autrement. C'est d'ailleurs l'une des rares fois où ce concept se justifie pleinement. Puis, le côté humoristique désamorce un peu cette facilité narrative (ce n'est pas juste le bonhomme qui arrive de nulle part, sauve la mise et repart aussi vite, non, la scène est longue, truffée de dialogues et les nains doivent encore se racheter). La mise en scène est inventive. Gilliam utilise un peu de numérique et beaucoup de trucages réels. C'est très inventif, et le résultat est à la hauteur de l'ambition du scénario. C'est un bel hommage au cinéma à effets spéciaux aussi, avec pas mal de techniques diverses. La photographie m'a plu aussi : quelques jeux de lumière intéressants, beaucoup de poussière aussi. La scène des cages est vraiment bien fichues. Puis Gilliam sait vraiment bien utiliser le montage pour faire passer ses idées. Enfin, les acteurs jouent le jeu avec grande joie. Le gosse, en plus, n'agace pas. Bref, un très chouette film à ranger à côté de "The witches" dans sa dvdthèque. Source : http://www.senscritique.com/film/Bandits_bandits/critique/53785242



   


La Maîtresse du Lieutenant français (The French Lieutenant’s Woman), 1981, de Karel Reisz, avec Meryl Streep et Jeremy Irons. Scénario d’Harold Pinter, dramaturge et prix Nobel de Littérature en 2005. Pinter était le scénariste de The Servant (Losey, 1964). D’après l’œuvre de John Fowles. Si le film était seulement un émouvant mélodrame, ce serait déjà une belle réussite, tant les décors, costumes, images et comédiens sont impeccables. Mais le scénario, en plus, est un petit bijou d’écriture. Deux histoires d’amour sont menées en parallèles, se relançant mutuellement dans leur intensité, chacune faisant écho à l’autre, approfondissant les caractères, les sentiments développés : deux comédiens mènent une relation amoureuse, tandis qu’ils tournent un film (en costumes d’époque victorienne) dans lequel ils vivent une vraie passion. Les personnages de la femme, celle qui aurait été la maîtresse d’un militaire français, est joué par une Meryl Streep absolument ensorcelante, tout comme la version moderne de comédienne au travail, quelqu’un de carré, de libre. Elle entend bien que son aventure (extraconjugale) ne dépasse pas la durée du tournage. Son partenaire est-il vraiment épris d’elle ou du personnage extrêmement romanesque qu’elle joue ? Rêve et réalité, romantisme et modernisme, comédie et vérité, passé et présent, tout se confronte sans ne jamais s’opposer, pour évoquer, avec une distance subtile grâce au procédé narratif, des destins profondément humains et intemporels. Très beau film. 


 
           

Deux films en un avec deux acteurs remarquables Meryl Streep et Jeremy Irons, et une mise en abyme quant à leur histoire d'amour dans la vraie vie d'aujourd'hui et dans celle du film d'époque qu'ils sont en train de tourner ... Spoiler : L'intrigue est celle de deux acteurs amants de nos jours, dont la liaison semble arrivée à bout de souffle, et qui jouent un film d'amour situé à l'époque Victorienne, sur le destin d'une femme rejetée par la "bonne" société pour une mauvaise réputation qui lui colle à la peau, alors qu'elle n'a rien fait qui justifie ce rejet. Elle, Sarah Woodruff, une très jolie femme, est considérée comme "la maitresse d'un lieutenant français" parti au loin et qu'elle attend désespérément, cheveux aux vents, sur les côtes de Cornouailles, alors qu'il n'en est rien. Spoiler : Elle n'est qu'une institutrice sans noblesse, rejetée par la société victorienne, seule et dépressive. 


                             

Elle va croiser par hasard, sur le port anglais de Lyme, la route du richissime Charles Smithson, collectionneur de fossiles marins qui va s'attacher à elle, l'apprivoiser, et lentement lui redonner goût à la vie, (malgré sa maladresse notamment "intime"), pour finalement l'épouser. Dans le film, il est le "fort" et elle la "faible" ... Spoiler : Les deux époques sont très adroitement mêlées et la narration des deux histoires en quasi simultané est extrêmement bien faite. Deux fins donc à ce double film. Une fin heureuse dans l'époque Victorienne, et une fin malheureuse de nos jours. Film extrêmement romanesque et portés par deux grands acteurs. Réalisé en 1980 par Karel Reisz, ce film eut un grand succès, à la fois critique et commercial. Ce film a reçu 12 Nominations et 3 prix pour Meryl Streep : L'Oscar, le Golden Globe et le Bafta Awards / Orange British Academy Film Awards 1982 (édition n°35), de la Meilleure Actrice. A voir, pour les âmes romanesques ... Mery Streep, comme d'habitude, y est éblouissante ! Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-26653/critiques/spectateurs/star-5/

dimanche 26 juillet 2015

Lucio Fulci

Dans la jungle du cinéma populaire italien, une poignée de films parviennent à s’extraire de l’anonymat, parfois grâce à leurs qualités exceptionnelles, souvent grâce à leur singularité au sein d’un système de production très opportuniste. Les films les plus fameux de Lucio Fulci bénéficient de l’aura réservée aux films malsains et vénéneux, et dépassent par leur excès non seulement les frontières du bon goût mais aussi celles des films de genre italiens routiniers.Si Lucio Fulci (1927-1996) tourna beaucoup (quarante ans de production, cinquante-six films pour le cinéma et la télévision), au gré des modes du cinéma populaire italien, élève de Visconti et Antonioni, débutant comme assistant et scénariste de Steno (Stefano Vanzina) pour Un Americano a Roma, travaillant avec Totò, réalisant de nombreuses comédies pour le tandem Franco et Ciccio ou Adriano Celentano, il trouva dans la violence et l’horreur ses marques de cinéaste, au point de développer une approche de plus en plus personnelle du fantastique. Cadeau : 


                             
           


Ses caractéristiques sont une atmosphère putride et onirique, des espaces déconnectés, des dimensions parallèles et des récits aléatoires, permettant ainsi le rapprochement vers Poe, Lovecraft mais aussi Artaud. Ses plus belles réussites se situent dans deux genres distincts, appartenant à deux périodes de la filmographie du cinéaste : le thriller morbide et le fantastique gore. Son premier film « cruel » est le western Le Temps du massacre (… Tempo di massacro, 1966) avec Franco Nero, puis Liens d’amour et de sang (Beatrice Cenci, 1971), véritable film maudit. Liens d’amour et de sang est l’adaptation méconnue d’une affaire criminelle du 17ème siècle qui inspira à Stendhal l’une de ses chroniques italiennes et fut déjà portée plusieurs fois à l’écran (notamment par Riccardo Freda). Le film de Fulci, très anachronique, survient en pleine vague du western italien ; il en adopte les tics visuels, alliés à un style expressionniste dégradé. Le cinéaste assouvit ses pulsions sadiques en insistant sur les scènes de torture. Cette histoire cruelle mêlant inceste et parricide offre l’occasion à Fulci, qui deviendra quelques années plus tard le spécialiste du « gore » transalpin, de réaliser peut-être son chef-d’œuvre. Beatrice Cenci connut une distribution française confidentielle, amputé de scènes importantes. Source : http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2012/07/13/lucio-fulci-le-poete-du-macabre/


                               

En 1975, Lucio Fulci n’est pas encore "Lucio Fulci". S’il a déjà livré des œuvres remarquées dans divers genres tels que le western, avec l’intéressant Le Temps du massacre, ou le giallo, avec des variations telles que Les Salopes vont en enfer / Le Venin de la peur ou La Longue nuit de l’exorcisme, il n’est pas encore l’auteur des opéras gore qui feront sa renommée. Le réalisateur sort alors de deux succès, Croc Blanc avec Franco Nero et sa suite, que l’on peut également rattacher au western. Le fait que Fulci ne soit pas a priori un spécialiste du genre est justement ce qui fait la force et la faiblesse de 4 de l’Apocalypse. Car nombreux sont les amateurs de western, hollywoodien ou spaghetti, qui ne trouveront pas ici ce qui les attire habituellement. La plupart des ingrédients traditionnels sont absents - peu de combats au revolver, et encore placés en début de film - ou détournés - le motif traditionnel de la vengeance, élément de base du spaghetti. 4 de l’Apocalypse devient dès lors plus intéressant quand on le considère comme une étape dans la construction du style Fulci que comme un simple western. Le script est tiré de nouvelles de l’auteur américain Francis Brette Harte dont les nouvelles, parmi lesquelles The Outcasts of Poker Flat et The Luck of Roaring Camp, sont souvent situées dans des villes champignon ou des campements jouxtant les exploitations minières. Cet assemblage de nouvelles peut expliquer la structure en épisodes très road movie du film. En effet, Fulci ne s’intéresse pas à une intrigue qui évoluerait vers une conclusion ; en ce sens, la confrontation finale en décevra plus d’un. Là ou d’autres auraient achevé l’histoire sur un duel léonien donnant à l’ensemble une portée mythologique, Fulci montre son "héros" abattant sa Némésis à terre et désarmée, devenant ainsi ce qu’il avait juré d’abattre. 4 de l’Apocalypse s’apparente donc à un western spaghetti quelque peu hors norme. Il est intéressant de voir comment Fulci détourne le genre pour lui insuffler ses propres obsessions, qu’illustreront ses classiques à venir. 



   

On l’a dit, la rigueur du script lui importe peu, il se préoccupe bien plus de créer des ambiances oniriques, versant par moments dans le fantastique. Voyez par exemple comment le départ de Stuby et Bunny hors de la ville est montré de différents points du vue, comme si les morts rencontrés par Bud et auxquels il a décidé de tenir compagnie les observaient. On remarquera également que certains paysages désertiques évoquent étrangement, par exemple, l’Enfer tel que Fulci le dévoilera à la fin de L’Au-delà. Car c’est bien d’un voyage vers l’outre-monde dont il s’agit ici, l’itinéraire des quatre compagnons prenant l’apparence d’un voyage vers la mort : la poussière du désert qui les recouvre peu à peu leur donne l’apparence de cadavres ambulants - une première approche du zombie chez Fulci ? - et la superbe chevelure rousse de Lynne Frederick a tôt fait de se muer en tignasse blonde sans vie. Mais Fulci n’oublie pas non plus d’introduire des motifs gore que l’on croise très peu dans le genre spaghetti. 



                  

Dès l’ouverture, les impacts de balle se font sanglants. Mais le point culminant est atteint lors de la séquence de torture du shérif, partiellement dépecé par Chaco qui l’achève en plantant son étoile dans le cœur. Et bien évidemment, on n’oubliera pas la séquence de cannibalisme - même si celle-ci est involontaire.Les performances d’acteurs sont inégales, comme souvent chez Fulci. Fabio Testi s’en sort sans aucun doute le mieux en campant un antihéros contraint d’assurer la survie du groupe que le destin l’a amené à diriger. D’individualiste superficiel, il apprendra à assumer des responsabilités, si ce n’est celle de devenir père, qu’il abandonnera pour achever sa vengeance, non sans avoir restauré le sens de la solidarité dans une communauté de mineurs.  L’air de rien, un personnage qui tranche agréablement avec les clichés du spaghetti. Plus classique mais néanmoins réjouissant, le Chaco campé par Tomas Milian, qui par bien des aspects évoque Charles Manson, incarne ici le mal absolu, sans motif ni justification. Son aspect démoniaque est accentué par des détails mystérieux tels que ses tatouages faciaux apparaissant sans raison. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/4-de-l-apocalypse-fulci


                             


L’Emmurée vivante (Sette note in nero, 1977) demeure un des meilleurs films de Lucio Fulci. C’est un thriller paranormal à l’esthétique de roman-photo dans lequel le spécialiste de l’horreur à l’italienne néglige les scènes sanglantes pour construire une intrigue autour des hallucinations d’une jeune femme, témoin involontaire d’un meurtre énigmatique. À la manière de Blow Up d’Antonioni, des « gialli » de Dario Argento ou Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg, le film est une enquête policière dans laquelle l’héroïne doit trouver le sens des images mentales terrifiantes qu’elle a aperçues au volant de sa voiture lors de la traversée d’un tunnel de montagne. Le film illustre la thématique fulcienne de la superposition d’univers disjoints, du point de rencontre entre le rêve et la réalité, le passé et le présent, le monde des morts et celui des vivants. Une fois n’est pas coutume, Fulci bénéficie de bons acteurs au générique, Jennifer O’Neill et Gabriele Ferzetti, mais aussi Gianni Garko abonné des westerns italiens parodiques et Marc Porel déjà dans La Longue Nuit de l’exorcisme.L’Emmurée Vivante donc… Nous ne nous avancerons pas au point de dire que cet opus fait partie de ses plus éclatantes réussites, notre connaissance de la filmographie de Fulci se limitant à quelques cinq films. Reste que certains éléments sont dignes d’intérêt et justifient la vision de ce long-métrage. A commencer par un casting détonnant, qui voit la célèbre Jennifer O’Neil se frotter au Giallo. Sacré dépaysement pour l’actrice de Rio Lobo (Howard Hawks) et du mythique Un Eté 42 (Robert Mulligan), tournés 6 ans plus tôt. Et sacrée surprise pour le spectateur que de découvrir la star - qui fit fantasmer des millions de spectateurs chez Mulligan - dans cet environnement hostile, en proie à des visions délirantes, des traumatismes effrayants et des terreurs enfouies. 


   

Convaincante malgré un doublage italien forcément perturbant (mais qui d’une certaine manière participe au charme du genre), elle porte le film sur ses épaules même si le reste de la distribution s’en sort plus qu’honnêtement : Gabrielle Ferzetti - aperçu dans l’Aveu de Costa-Gavras et Il Etait une fois dans l’Ouest de Sergio Leone - et Marc Porel, acteur suisse déjà remarqué chez Henri Verneuil (Le Clan des Siciliens) et Luchino Visconti (Ludwig, L’innocent…) font ainsi d’honorables seconds rôles. Reste que malgré cette réunion de talents, c’est bien le style Fulci qui donne au film sa force et son empreinte si singulières. Loin de certaines fulgurances gore de quelques-uns de ses films les plus fameux (Zombi 2), le film s’attache plus à la psychologie de ses personnages qu’à des effets sanguinolents outranciers - même si, en introduction du film, une étonnante scène de suicide donne à voir un crâne explosant dans sa chute le long d’une falaise, scène dont vous aurez du mal à vous défaire tant sa force fait même oublier le grotesque des effets spéciaux employés… Suspense psychologique donc, L’Emmurée Vivante suit les visions et les interrogations de son héroïne via le style propre à Fulci : musique synthétique outrageusement "Bontempi", zooms manuels constants sur les (très beaux) yeux de Jennifer O’Neill, lumière blanche et crue, jeu sur les couleurs rougeoyantes des décors, esthétique fortement empreinte de l’époque mais aussi rebondissements scénaristiques répétés. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/l-emmuree-vivante-fulci