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dimanche 7 juin 2015

Jeffrey Lynn

Né Ragnar Lind à Auburn, Massachusetts, Jeffrey Lynn était instituteur avant de commencer sa carrière d'acteur. Il arrive à Hollywood et fait ses débuts au cinéma en 1938 dans le film Où les étoiles commencent. Il obtient un succès notable en 1938 avec les sœurs Lane dans Rêves de jeunesse. La popularité du film est si grande qu'il est suivi par trois suites : Filles courageuses (1939), Quatre femmes (1939) et Quatre mères (1941) ; Lynn reprend son rôle dans chacun d'eux.
Après le succès de Rêves de jeunesse et de ses suites, Lynn est envisagé pour le rôle d'Ashley Wilkes dans Autant en emporte le vent (1939). Il est considéré comme le favori pour le rôle, en partie en raison de sa ressemblance physique avec le personnage décrit dans le livre. Lynn est largement utilisé pendant les essais des nombreuses actrices postulant au rôle de Scarlett ; il joue Ashley dans la plupart de ces essais. Toutefois, David O. Selznick opte finalement pour le plus expérimenté et populaire Leslie HowardEnsuite, Lynn est engagé dans Les Fantastiques années 20 (The Roaring Twenties) en 1939, un film de gangsters où il retrouve Priscilla Lane, vedette de Four Daughters, ainsi que James Cagney et Humphrey Bogart. Lynn reçoit d'excellentes critiques. Son succès se poursuit avec des films tels que The Fighting 69th (1940) dans lequel il interprète le poète-soldat Joyce Kilmer face Cagney, puis Rendez-vous à minuit (It All Came True) (1940), L'Étrangère (All This and Heaven Too) (1940) et Million Dollar Baby (1941). Sa dernière apparition à l’écran est en vedette invitée dans Murder, She Wrote, en 1987, une suite TV au film Strange Bargain (1949), où il retrouve la co-star d'origine, Martha Scott.





                  


A part avoir fait une apparition dans "Nevada" de Joseph Kane en 1941, le pilleur de diligences Charles Earl Bolles (alias Black Bart) n’avait encore jamais eu les honneurs d'une tête d’affiche d’un western contrairement à ses collègues les frères James, Younger ou autres Dalton. Ce qui fut fait grâce à George Sherman pour son premier western pour la compagnie Universal. Comme habituellement à Hollywood, il ne faut pas y chercher une quelconque vérité historique ou alors très lointaine. En arrivant à la Universal, George Sherman signe ce "Black Bart" pour le producteur Leonard Goldstein qui s’occupera de la plupart de ses films suivants pour le studio. C’est aussi la première collaboration du cinéaste avec la magnifique Yvonne De Carlo, qui acquerra sous sa direction un joli potentiel d’actrice dramatique ; la "série" qui en découlera s’avèrera bougrement réussie ("Sam Bass and Calamity Jane", "Tomahawk"…). C’est Dan Duryea qui se cache sous le masque noir de Black Bart et ce sera l’une des rares fois où il sera propulsé en tête d’affiche, qui plus dans un rôle sympathique et attachant alors qu’il sera plus réputé par la suite pour ses personnages de salauds psychotiques. Sans faire d’étincelles particulières, il n’en est pas moins, à l’image du film en son ensemble, très plaisant tout comme ses partenaires, le méconnu Jeffrey Lynn, son faire-valoir humoristique Percy Kilbride, le génial John McIntire et évidemment la très jolie Yvonne de Carlo qui endosse la défroque de Lola Montès sept ans avant Martine Carol. Alors "Black Bart" n'est certes pas un sommet du genre mais se révèle une bonne bouffée d'air frais. En tout cas, George Sherman, malgré une filmographie en dents de scie, nous aura livré à partir de ce film un beau corpus westernien, tout du moins au sein du studio Universal. Pour son premier western en Technicolor réalisé pour le studio, il nous offre une plaisante réussite : de beaux extérieurs, des acteurs sympathiques, un ton léger, des dialogues pétillants, un rythme alerte lors des séquences d’action pour au final 75 minutes bien agréables. Et puis le joyeux (et gentil) amoralisme de ce "Black Bart" (les personnages principaux sont des bandits et des courtisanes qui accomplissent leur travail sans aucun problème de conscience et même avec un plaisir certain) est tout sauf désagréable. Erick Maurel


   

Il ne s’agit pourtant pas d’une comédie, l’émotion venant même parfois effleurer cette histoire plutôt bien menée même si assez convenue dans l’ensemble. En effet, la romance entre Dan Duryea et Yvonne de Carlo fontionne assez bien ; le personnage de Lola Montès n’apparaît ainsi pas comme un faire-valoir romantique mais comme un personnage bien écrit et qui a tout à fait sa place au sein de cette histoire d'hommes. George Sherman remplit son contrat sans génie mais avec maîtrise et efficacité : les scènes d’action sont bien menées, filmées sans trop de transparences, bien montées et bénéficient d’une partition assez échevelée ; Yvonne de Carlo nous octroie deux scènes de danses hispaniques très plaisantes… Pour le reste, rien de mémorable, peu de prouesses, quelques baisses de rythme mais le film aura eu le mérite de nous faire passer 80 petites minutes bien agréables en compagnie de personnages qui ne le sont pas moins.


                               


Chaînes Conjugales n’est que le sixième long métrage de Joseph Mankiewicz mais il y fait preuve d’une maîtrise du scénario et de la réalisation exceptionnelle. Alors qu’elles sont sur le point de prendre un bateau qui va les isoler du monde pour la journée, trois femmes reçoivent une lettre d’une amie qui leur annonce qu’elle part avec le mari de l’une d’elles. Toutes trois vont faire le point sur leur mariage, réfléchir à l’état de leur relation. Chaînes Conjugales est donc avant tout un film sur le mariage, sur les rapports entre hommes et femmes et la façon dont chacun peut gérer ses légères frustrations ou le sentiment de légère instabilité. Mankiewicz traite ce sujet sans manichéisme, tout n’est pas mauvais et tout n’est pas idéal, chacun doit composer. Comme toujours avec ce réalisateur, tout passe par les dialogues, profonds, riches et résultant d’une fine observation des caractères. L’originalité est l’ajout d’une intrigue presque policière, on ne sait absolument pas lequel des trois maris est parti, et aussi l’utilisation de la quatrième femme, la voleuse de mari, en voix off pour jouer le rôle de narratrice (ce procédé a été maintes fois copié depuis). Il faut souligner le jeu très solide des acteurs, non seulement des trois femmes, toutes trois parfaitement différentes sans être trop typées, mais aussi des trois hommes, très consistants eux aussi dans leur personnage. Mankiewicz en profite pour dresser un portrait de l’Amérique moyenne en cette fin des années quarante, d’égratigner le snobisme et le culte de l’argent ; il livre une attaque en règle contre la publicité (radiophonique à l’époque) et contre une certaine détérioration du langage. Chaînes Conjugales montre un parfait équilibre, un déroulement parfait, un contenu étoffé ; c’est toujours un plaisir de le voir et de le revoir.




   


Le plus tragique du film consiste en ce que le personnage le plus libre, Addie Ross reparte sans personne. A peine entrevue, bras et épaule dénudés avec une cigarette qui la désigne comme une femme phallique avec sa capacité à capter un homme, elle accentue la vie des autres. A la fin, elle casse son verre et s'en va. Addie Ross veut tout le pouvoir, elle n'est pas humaine et repart sans rien. Les autres cherchent le phallus, l'objet du désir et tentent de le garder, jusqu'au moment où ils en laissent une part à l'autre pour échapper à la solitude. Celle qui est libre est celle qui perd, les autres doivent supporter les chaînes conjugales (le titre américain qui désigne les trois femmes par leur statut d'épouse porte la même connotation). 


                              

Puisque la liberté conduit à la solitude, Mankiewicz magnifie le couple et le mariage Les trois femmes sont pourris d'envie à l'égard de l'insaisissable, bon cadeau au bon moment, mais finalement non culpabilité perpétuelle des femmes il veut les magnifier. Fermière militaire, instituteur avec réclame employée avec employeur, figures compliques mais le couple est compliqué. Le bonheur est toujours inquiétude mais inquiétude beaucoup plus pour les femmes. Elles n'ont aucun patrimoine sauf celui donné par le mariage, comment négocier une part de liberté sans que la virilité de leur mari soit niée (Mr. Manleigh), celles qui n'ont pas négocié leurs charmes à temps, la mère, la bonne, vivent seules. Source : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/mankiewicz/chainesconjugales.htm

3 commentaires:

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  2. Ce 'bandits de grands chemins' m'a l'air très bien.
    Merci Corto pour ce film avec la charmante Yvonne de Carlo.
    radisnoir

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