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vendredi 12 juin 2015

Freddie Francis

Né le 22 décembre 1917 à Londres, Freddie Francis débute comme photographe dès l’âge de 16 ans, clapman l’année suivante sur The Marriage of Corbal de Karl Grüne photographié par Otto Kanturek. Premier assistant opérateur tout au long des années trente, il passe ensuite sept ans au service cinématographique de l’armée, puis, au sortir de la guerre en 1947, il participe avec Osmond Borradaille et John Wilcox aux prises de vues en extérieur de The Macomber Affair de Zoltan Korda (chef opérateur Karl Strüss).  De retour en Angleterre, Freddie Francis travaille alors en tant que cadreur principalement aux côtés d’opérateurs prestigieux comme Christopher Challis (La Renarde ; Les Contes d’Hoffmann de Michael Powell) et Ossie Morris (Moulin Rouge et Plus fort que le diable de John Huston ; Monsieur Ripois de René Clément). Il devient chef opérateur en 1955 avec Commando en Corée mais on le retrouve encore opérateur seconde équipe en 1956 sur Moby Dick. Dans un entretien avec les Cahiers du Cinéma en 1999, il déclarait : « Michael Powell était un grand briseur de règles, en matières de couleurs, de plans... Une sorte de chasseur... Je le considère comme un mentor. J’ai appris grâce à lui qu’il faut se jeter dans les films comme dans le grand inconnu. Il y avait en lui quelque chose de brutal, qui se retrouve d’ailleurs dans ses œuvres. » 


                 

Grand admirateur du travail d’américains comme Gregg Toland et Stanley Cortez, Freddie Francis s’est affirmé rapidement comme un des plus brillants opérateurs britanniques, particulièrement en noir et blanc avec le jeune cinéma anglais : « J’étais devenu le chouchou de la nouvelle vague anglaise » dira-t-il plus tard ; Jack Clayton (Les Chemins de la haute-ville ; Les Innocents) et Karel Reisz (Samedi soir, dimanche matin ; La Force des ténèbres). On lui doit aussi le noir et blanc sec et contrasté de Temps sans pitié de Joseph Losey. Il a reçu un premier Oscar en 1960 pour ses images d’Amants et fils de Jack Cardiff. La célèbre et redoutée critique américaine Pauline Kael écrivait alors dans les colonnes du New Yorker : « Je ne sais pas d’où sort cet opérateur Freddie Francis. Mais on doit retenir que cette année, chaque fois qu’un film anglais est regardable, c’est à lui qu’on le doit et toujours avec un réalisateur différent. » Source : http://www.afcinema.com/Freddie-Francis.html


                 
                         
Réalisé par le souvent sous-estimé Freddie Francis, Nightmare constitue un bon exemple de « psycho thriller », évidemment inspiré par les grands classiques de l’épouvante à twist que furent Psychose ou Les diaboliques mais néanmoins suffisamment original pour emporter l’adhésion. La Hammer proposa d’ailleurs plusieurs films sur ce modèle comme par exemple Hurler de peur ou Paranoïaque. Production Hammer atypique loin des monstres du bestiaire traditionnel (vampires, loups-garous,…) ayant assuré la renommée de la compagnie, Nightmare se révèle décidément très intéressant et parfois même passionnant. La principale qualité du film de Francis réside bien sûr dans le script très travaillé de Jimmy Sangster. Si les quarante premières minutes se conforment aux clichés du « psycho thriller » en détaillant la sombre machination visant à pousser une jeune fille à commettre un meurtre (pas de surprise ici, le spectateur comprend rapidement la direction que va suivre l’intrigue), la seconde moitié se montre nettement plus originale en multipliant les retournements de situation surprenants. Evidemment, Nightmare brode un peu avec le vraisemblable lors de la succession finale de pirouettes « capilotractées » mais, comme il s’agit d’une caractéristique du genre et que Sangster amène tous ces twists avec beaucoup de talent nous ne ferons pas le difficile et prendrons l’ensemble comme un honnête divertissement horrifique bien ficelé.
Dés la première séquence, un passage intriguant et angoissant situé dans un asile psychiatrique qui se révèle en réalité un cauchemar assaillant la jeune héroïne, Nightmare accroche le public et entame un jeu macabre dans lequel les apparences s’avèrent trompeuses, amenant le spectateur a constamment remettre en question la « réalité » des images proposées. Un travail splendide pour une construction scénaristique d’une belle richesse témoignant de l’inventivité d’un Sangster n’hésitant jamais à pratiquer la surenchère afin de maintenir l’intérêt.



         

Au niveau de la mise en scène, Francis se montre pour sa part franchement efficace et même inspiré, tirant admirablement parti d’un noir et blanc riche et oppressant. Optant pour un métrage ramassé et sans fioriture, le cinéaste quitte rarement les personnages principaux et sa caméra les suit dans des intérieurs menaçants. Une séquence particulièrement réussie nous montre une des protagonistes, cadrée en plongée, explorer une pièce déserte. Une porte claque et la jeune femme se trouve filmée en contre-plongée, la peur se lisant sur son visage. Simple mais effectif, à l’image du métrage dans son ensemble que l’on aurait tort de limiter à une belle « mécanique » angoissante. Le vétéran John Wilcox, responsable de la photographie, utilise, de son côté, les ombres à bon escient pour épaissir davantage l’atmosphère et donner une personnalité à ce Nightmare . Visuellement, le métrage s’avère donc de toute beauté et s’inscrit résolument dans le peloton de tête des plus grandes réussites esthétique de la Hammer. 


                  

Les séquences de cauchemar possèdent en outre une véritable qualité et dégagent l’onirisme fantastique requis, Francis réussissant des passages très convaincants sans que le spectateur ne puisse trancher sur la véracité des faits proposés. Rêves, hallucinations ou événements réels ? Les différentes interprétations coexistent et le scénario, malin, n’en réfute aucune avant les dernières minutes de projection.
L’intrigue complexe de Sangster nécessitait un casting concerné pour rendre vraisemblable certaines séquences pouvant, en de mauvaises mains, faire basculer le métrage dans le comique involontaire et le ridicule. Heureusement, les interprètes sont toujours crédibles et Jennie Linden, remplaçant Julie Christie, livre une performance mémorable de jeune fille à la fois paniquée et hystérique, susceptible de plonger dans la folie ou de devenir une meurtrière à la moindre fêlure de sa raison. Julie Linden a quasi exclusivement travaillé pour la télévision (notons parmi ses rares apparitions sur les grands écrans Dr Who and the Daleks et Women in love de Ken Russell) mais se sort remarquablement de ce rôle difficile. Moira Redmond, David Knight et la plupart des seconds rôles sont tout aussi convaincants et ce casting solide concourt lui aussi à la réussite de Nightmare. Notons d’ailleurs la belle caractérisation des personnages, en particulier celui de Janet, que le film va pourtant évacuer de l’intrigue durant sa seconde moitié, reprenant la construction particulière de Psychose et déplaçant le centre d’attention d’une protagoniste à une autre. Source : http://www.cinemafantastique.net/Meurtre-par-procuration.html
Bonus :


                  
                 

La Hammer Films reste la maison de production la plus connue dans le domaine du fantastique britannique. Un peu moins renommée, la Amicus n'en a pas moins produit un grand nombre de films qui partageaient assez souvent les mêmes acteurs et techniciens. C'était ainsi le cas de Peter Cushing ou Christopher Lee qui apparaissent justement dans LE TRAIN DES EPOUVANTES. Après le succès de ce film, très vite, la Amicus prend l'initiative de produire d'autres films à sketches. La plupart fort réussis et regroupant pléthore d'acteurs à la réputation déjà acquise (Vincent Price, John Carradine, Donald Pleasence, Ingrid Pitt…). Citons ASILUM, LE CAVEAU DE LA TERREUR, FRISSONS D'OUTRE-TOMBE, HISTOIRES D'OUTRE-TOMBE ou l'ultime film de la maison de production, LE CLUB DES MONSTRES. Milton Subotsky, l'un des deux fondateurs de la Amicus, signe d'ailleurs le scénario de pas mal des films du studio dont celui du TRAIN DES EPOUVANTES.
Toute première anthologie d'horreur produite par la Amicus, LE TRAIN DES EPOUVANTES met en scène cinq histoires reliées par une sixième dont la chute prévisible assez rapidement n'en reste pas moins savoureuse. Peter Cushing interprète le rôle du docteur Schreck qui raconte chacune des histoires. Autant dire que l'acteur fait partie de ceux qui apparaissent le moins sur la totalité du métrage, ce qui peut paraître assez étonnant puisque le film fait partie d'un coffret au nom de Peter Cushing.
Les deux premiers sketches sont des mises en bouche assez moyennes mais qui ont le mérite de donner essentiellement le ton dans le compartiment du train. 



               
Suite ici : http://www.videoscourtesclic.com/VidCourtVK/index.php?NumFilm=1949

C'est donc une histoire de loup-garou un peu expédiée et un segment narrant les mésaventures d'une famille face à une plante peu commode qui nous sont proposés. L'histoire de la plante étant assurément la plus faible mais elle nous permet surtout de découvrir Bernard Lee dans un rôle différent de celui qui aura fait sa célébrité, c'est à dire M, le patron de James Bond dans tous les films de la franchise jusqu'au décès de l'acteur.
Le troisième sketch est déjà un peu plus enlevé avec son côté musical affirmé. Un musicien copie la musique d'une divinité vaudou pour connaître le succès. Ce qui provoquera des mésaventures, certes peu horrifiques mais en tout cas très sympathiques ! On notera que le personnage principal passe à un moment près d'une affiche portant le nom du film mais aussi en tant qu'acteur celui du docteur Schreck !



                              

S'ensuit l'une des meilleures histoires du film où un critique d'art (Christopher Lee) ne supporte pas les humiliations répétées d'un artiste d'avant-garde. Michael Gough (CRIMES AU MUSEE DES HORREURS) joue comme à son habitude avec brio un peintre facétieux qui n'aurait peut être pas dû pousser le bouchon trop loin. Un sketch tour à tour humoristique, dans la partie qui égratigne le critique d'art, et horrifique dès qu'une vengeance en appelle une autre bien plus insolite.
Le cinquième sketch met en avant un Donald Sutherland au tout début de sa carrière. Jeune docteur d'une petite ville aidé par un médecin plus âgé, il doit bien se rendre à l'évidence que sa femme n'est autre qu'une vampire. Encore une fois, l'horreur et l'humour se partagent le sketch surtout dans la chute tout aussi amusante que machiavélique. Source : http://devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=573&NamePage=train-des-epouvantes--le--dr--terror-s-house-of-horrors-

1 commentaire:

  1. http://fboom.me/file/70032d55d47f3/ni6gh4mr.part1.rar
    http://fboom.me/file/787721199c9f1/ni6gh4mr.part2.rar
    http://www.opensubtitles.org/fr/subtitles/4645307/nightmare-fr
    http://dfiles.eu/files/97ot5zyyc

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