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mercredi 24 juin 2015

Edgar George Ulmer

Ulmer est né à Olomouc, alors dans l'empire austro-hongrois, à présent dans l'actuelle République tchèque. Il grandit à Vienne, où il travailla ensuite comme acteur de théâtre et décorateur alors qu'il étudiait l'architecture et la philosophie. Il fit des décors pour le théâtre de Max Reinhardt, puis assista F. W. Murnau et collabora avec Robert Siodmak, Billy Wilder, Fred Zinnemann, et Eugen Schüfftan, inventeur de l'effet Schüfftan. Il déclara avoir aussi travaillé sur Le Golem (1920), Metropolis (1927), and M le maudit (1931), mais rien ne le prouve. Ulmer arrive à Hollywood avec Murnau en 1926 pour l'assister sur L'Aurore (1927).
Cinéaste mystérieux et mythomane a officiellement signé une quarantaine de films alors qu'il en revendique 128. Dans un entretien avec Peter Bogdanovich, il rappelle qu'il tourna deux courts westerns à son arrivée à Hollywood. Ulmer est crédité comme co-réalisateur des Hommes le dimanche mais Billy Wilder, scénariste du film, minimise son rôle : Robert Siodmak en serait le seul responsable, Ulmer n'ayant fourni que ses économies et... la caméra ! On retiendra donc comme premier film qu'il réalise en Amérique, Damaged Lives (1933), film à sensations à petit budget, exposant les ravages des maladies vénériennes. Tourné à Hollywood, avec un passage médical fourni par l'American Social Hygiene Association, pour le Canadian Social Health Council. Son film suivant, Le chat noir (1934), avec Bela Lugosi et Boris Karloff, fut produit par le studio Universal. Faisant preuve de l'expressivité visuelle qui sera la marque de fabrique d'Ulmer, le film est le plus grand succès de l'année pour le studio.


                              

Mais Ulmer entretient une liaison avec la femme du producteur indépendant Max Alexander, neveu du dirigeant du studio Universal Carl Laemmle. Le divorce de Shirley Alexander et le mariage avec Ulmer qui suivit l'ont exilé des grands studios hollywoodiens. Ulmer ne réalisera plus que des séries B pour des maisons de productions marginales. Sa femme, Shirley Ulmer, est scripte sur quasiment tous ses films et participe également à quelques scénarios. Leur fille Arianne fait des apparitions sur des films comme The Light AheadA la frange de l'industrie américaine du cinéma, Ulmer se spécialise alors d'abord dans les "films ethniques", notamment Natalka Poltavka (1937), Cossacks in Exile (1939) et les yiddish The Light Ahead (1939), Americaner Shadchen (1940). Le plus connu d'entre eux étant le Yiddish Green Fields (1937), co-dirigé avec Jacob Ben-Ami. Puis il se réfugie finalement dans la niche du mélodrame à petits budgets avec des scripts rudimentaires et des acteurs de la compagnie Producers Releasing Corporation (PRC). Le thriller qu'il réalisa pour eux, Detour (1945) lui valut des louanges pour cet exemplaire film noir fauché, et fut même sélectionné par la Bibliothèque du Congrès parmi le premier groupe de 100 films américains méritant un effort particulier de conservation. En 1947, Ulmer tourne Carnegie Hall avec l'aide du chef d'orchestre Fritz Reiner, parrain de sa fille, Arianne. Le film montre des interprétations de plusieurs grands noms de la musique classique dont Reiner, Jascha Heifetz, Arthur Rubinstein, Gregor Piatigorsky et Lily Pons. Ulmer put enfin tourner deux films aux budgets plus conséquents, Le Démon de la chair (1946) et L'Impitoyable (1948). Source : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/ulmer/ulmer.htm


                             


L’Impitoyable ne déçoit en rien les attentes et s’impose comme l’un des meilleurs films de Ulmer, loin des bandes fantastiques et excentriques qui firent sa réputation et pourtant parfaitement représentatifs de son art et de son univers, car il existe une vision cohérente qui se détache de l’ensemble de l’œuvre du cinéaste, malgré ses apparences foutraques et disparates.
Les grands films de Ulmer sont des paraboles humanistes marquées par une approche spiritualiste.
Ainsi L’Impitoyable s’ouvre-t-il sur un verset de l’Evangile selon Marc :
« Quel profit en effet aura l’homme d’avoir gagné le monde entier et perdu son âme ? »
L’Impitoyable est une fable sur l’arrivisme et ses conséquences (auto)destructrices. L’un des meilleurs exégètes de Ulmer, Jacques Lourcelles parle de « morality play ». C’est aussi, comme souvent avec Ulmer, un film sur la fatalité, le personnage central de L’Impitoyable étant montré comme un être pathétique, ambitieux pathologique obéissant à des forces obscures qui le dominent et le pousseront à sa perte. Le film suit les destins croisés de deux amis de l’enfance à l’âge adulte. Lors d’une soirée mondaine au cours de laquelle Horace W. Vendig vient de faire une donation de 25 millions à des œuvres de charité (« pour la paix de son âme ou pour échapper aux impôts ? », s’interrogent cyniquement des banquiers présents à la réception) celui qui fut son ami Vic Lambdin présente le richissime homme d’affaires à sa nouvelle compagne. 


   



S’ensuit une conversation et une série de flash-back adroitement amenés qui dresse le portrait de Vendig, qui toute sa vie usera de son pouvoir de séduction auprès des femmes pour accéder à toujours plus d’argent et de pouvoir, trahissant ses amis et détruisant ses adversaires… A la virtuosité du récit vient s’ajouter l’élégance de la mise en scène, qui démontre que Ulmer était un excellent cinéaste quand il bénéficiait de moyens confortables, soignant particulièrement la direction artistique et les costumes de son film, description crédible du monde luxueux de la haute finance. L’interprétation est remarquable : les nombreux personnages de cette saga balzacienne existent avec panache le temps d’une ou deux scènes, et Sidney Greenstreet se taille évidemment la part du lion en milliardaire sudiste. Le premier flash back montre une scène de noyade qui révèle dès l’enfance la véritable personnalité de Vendig ; le film se conclura par une scène paroxystique au bord de la mer, confirmant l’importance, symbolique et dramatique de l’élément aquatique dans toute l’œuvre de Ulmer, à l’instar de son maître Friedrich W. Murnau. Source : http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2015/01/12/limpitoyable-de-edgar-g-ulmer/


                               


En apparence, ce n'est pas un western qui paye de mine et pourtant le résultat va au-delà de nos espérances. Comme un grand nombre de films d'Edgar G. Ulmer, la mise en scène et le montage sont parfois approximatifs mais bizarrement c'est ce qui fait son charme et puis il y a quelques trucs qui faut absolument garder en tête. D'abord qu'Ulmer sait très bien faire sentir l'ambiguïté dans les rapports entre les personnages dont aucun ne peut laisser indifférent. Ensuite, parce que quelques séquences valent plus que le coup d'oeil comme celle de l'agonie au début du film (magnifique!), la scène du cabaret ou encore la douche qui ne laissera aucun oeil masculin indifférent. Et pour finir, Arthur Kennedy, qui avait déjà prouvé à de très nombreuses reprises qu'il était un très brillant acteur de second rôle, est absolument parfait dans le rôle principal. La fin est prévisible, c'est dommage, mais elle est réalisée de manière à la rendre très poignante. Un très beau western, inhabituel et injustement méconnu, qui mérite plus que jamais qu'on s'y arrête. Un film poignant, tant les sentiments sont mis à nu dans celui-ci; les personnages sont avant tout humains, et le démontrent tout au long de celui-ci : la scène par exemple où Arthur Kennedy (méconnaissable par ailleurs avec sa barbe et ses atours mexicains) accompagne son ami blessé au courd d'un vol, dans ses derniers moments, où ce dernier lui dit avoir très peur de la mort et demande à Arthur de le rassurer; Arthur,plein de compassion lui dit que Saint Pierre en personne viendra le chercher car il ne mérite pas un sort final sévère; il s'agit d'une scène réelleent émouvante... autre temps fort : Arthur voyant la brutalité avec laquelle son hébergeur, un péon mexicain traite sa femme, vient consoler celle-ci en lui disant que la vie n'est pas toujours dure, que des enfants qui naissent peuvent égayer un ménage, etc... c'est une sorte d'histoire tragique où se mêlle la difficile réalité des choses, avec le rêve de personnages pourtant très lucides...
le résultat est un film très réaliste, associant l'aventure quand même et le coté dramatique du destin qui accompagne le "bandit" du titre; pour résumer, c'est le récit d'un bandit mexicain qui se réfugie dans une ferme où l'homme violent du ménage avec lequel il sympatise quelque peu convoite l'argent que celui-ci a dérobé lors d'un hold up, et dont la femme malheureuse se détache pour se rapprocher d'Arthur...




   


Au même titre que ''Le cavalier noir'' (Baker-1960) ou ''le phare du bout du monde'' (Billington-1971) et une petite dizaine d'autres mais cependant en moins bien ,ce film inclassable fait partie de l'histoire du cinéma. En plus, alors que ''La nuit du chasseur ''est le rôle le plus marquant de Robert Mitchum, ''Le bandit''est le plus étonnant de la carrière d'Arthur Kennedy''. C'est dire son originalité. Ni vraiment un western,ni vraiment un drame,ni une comédie mais plutôt un conte philosophique et moral sur le comportement oeuvre étrange mérite le détour pour ceux qui accepteront de rentrer dans son ambiance fort dérangeante. Le scénario n'est pas original, mais suffisamment bien fait pour qu'on ait peur en permanence des réactions de Santiago,victime à tous moments de ses nombreux démons. Tantôt menteur, tantôt extrêmement sincère et même paternaliste, Santiago donne à Maria et à Manuel une leçon de vie; le tout dans un film aux couleurs un peu irréelles, même délavées qui en accentuent le coté poème douloureux. Les deux grande faiblesse de cette oeuvre tienent d'une part dans l’invraisemblance du scénario, visiblement conçu pour mettre en valeur des dialogues se voulant profonds et d'autre part dans le jeu totalement caricatural de Eugène Iglésias ce que je n’arrive pas à m'expliquer . Seul Ulmer doit le savoir ...Un beau sujet de discussion en tous cas. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=56033.html

11 commentaires:

  1. https://nou2epqcug.1fichier.com/
    http://uptobox.com/swugw9kleooz

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  2. terriblement intéressant, comme toujours !

    Pou Ulmer, le film qui m'aurait intéressé de lui était ce road movie tourné avec des moyens dérisoires mais que l'on dit si bon ! Une idée ?

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  3. Je donne ma langue au chat (noir !) , ou alors détour,peut-être ...
    http://lazlokovaks.blogspot.fr/2014/02/detour.html

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    1. splendide ! Et, surtout, pas la peine de donner un de tes membres à qui que ce soit !

      Merci car, manifestement, je l'avais manqué !

      A noter que j'ai vu un ou deux films S.F de lui dans sa dernière partie de carrière et, franchement, je n'ai pas trop aimé...

      Encore un grand merci en tout cas !

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  4. Merci à toi , Tinte, à bientôt !

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  5. Bonsoir Corto.
    Très bon choix ce poste Ulmer , je prends les 2 .
    L'impitoyable est une vrai belle réussite.Quand on western , connais pas donc a voir.
    Sinon du même Ulmer , je cherche le film noir 'murder is my beat' de 55...
    Merci beaucoup
    radisnoir

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    1. Dur dur , je n'ai trouvé que cette possibilité : http://www.priceminister.com/offer/buy/360922843/murder-is-my-beat-de-edgar-g-ulmer.html

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    2. bonjour
      Je ne connaissais pas l'existence de ce dvd.Malheureusement , poins de sous-titres.
      Tant pis , un titre de plus qui restera dans la trééés longue liste de 'peut être un jour'.
      Merci pour cette recherche ,et bonne journée.
      radisnoir

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  6. Salut Radis, je vais voir ça mais en attendant : VACANCES !!!
    A bientôt !

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