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vendredi 19 juin 2015

Ciné - Télé

Titre original : "Murder by Television" Whodunit américain de Clifford Sanforth avec Bela Lugosi, Bela Lugosi (!), June Collyer, Huntley Gordon et Hattie McDaniel, une poignée d'années avant d'obtenir son oscar pour son rôle de nounou dans "Autant en emporte de le vent".
Ce film nous rappelle que la télévision, au moins en tant que prototype, existait déjà bel et bien en ce milieu de décennie 1930, d'autant que la première chaîne télé mondiale, la BBC anglaise, allait sous peu proposer ses tout premiers programmes, en 1936.
Amusant de constater combien, dans le film, la nature exacte de la télévision reste floue, teintée d'une science-fiction alors tout à fait légitime, voire d'un soupçon de magie qui aujourd'hui nous échappera peut-être.


   

Network : Mon dieu ! Comment un film de 1976 qui traite de la perversité de la télévision peut-il être toujours aussi pertinent aujourd'hui ? Ce drame, proche de la dystopie (je suis sûr que vous savez ce que ça veut dire), est d'une puissance rarement atteinte par des films du même genre. Pourtant, vu son âge, le film n'aurait pu survivre que grâce à l'impressionnant jeu des acteurs, mais Sidney Lumet (le réalisateur) et Paddy Chayefsky (le scénariste) ont décidé d'y aller à fond, jusqu'à donner une fin particulièrement noir et quitte à exagérer un peu. En Parlant des acteurs, on ne peut être que patois face à de telle performances: Peter Finch crève l'écran dans son rôle de présentateur qui tombe dans une sorte de folie proche de l'hystérie, hystérie atteinte lors de ses shows; William Holden réussit à interpréter un personnage qui tente de garder son humanité du mieux qu'il peut malgré ce qu'il traverse; Faye Dunaway est géniale d'immondice, aussi cynique que démagogue, tout comme son collègue joué par Robert Duvall. Même Ned Beatty et Beatrice Straignt méritent leurs nominations (récompensée pour Straight) alors qu'il n'apparaissent que dans une seule scène chacun. Le premier déborde de perversité (dans le vrai sens du terme) et de mégalomanie, tandis que la deuxième est d'une justesse incroyable face à la situation. Bien sur, il y a d'autres personnages mais ils ne sont pas spécialement mis en avant. Ce que je veut dire, c'est que ce film, à la fois drôle, sombre et tragique, mérite sa place auprès des plus grands films de l'histoire,. Figure sur la liste des 500 meilleurs films de tout les temps d'Empire (publié en 2008) et le Top 100 des meilleurs films américains de l'American Film Institute.


   

Franchement,ce cinéma de contestation des années 70 me manque terriblement.La satire mordante de Sidney Lumet sur la télévision,et la collusion entre médias/politique/argent,est jubilatoire du début à la fin.Elle se révèle juste,et se démarque par une liberté d'expression qui laisse rêveur.Car il s'agit là de critiquer pleine face ces conglomérats audiovisuels,vampires des points d'audience,dont la seule foi est celle du racolage.Leur moralité s'arrête là où commençe le profit.S'il faut mettre un prédicateur maboul(énorme Peter Finch)en prime time pour faire grimper l'intérêt national,qu'on le fasse!Mais si celui-ci critique le système capitaliste et les pétro-dollars,là rien ne va plus.Ainsi,vogue une chaîne d'information,aux dirigeants aussi volatiles que ses téléspectateurs également pointés du doigt pour leur attirance envers le sensationnel.Dans cette jungle,une programmatrice aux dents qui rayent le parquet,ne peut cacher le vide de son existence frigide(Faye Dunaway,exaltée,oscarisée,magnifique).


               

A l'inverse,un vétéran terre à terre ouvre les yeux sur cette ère moderne de la TV,lui dont la carrière fut bercée d'idéalisme journalistique(William Holden,brillantissime et empli de compassion)."Network" reste remarquablement d'actualité.La TV,on y revient toujours.Ses rouages sont programmés pour influencer quiconque la regarde.Un pamphlet impressionnant,aux dialogues remarquablement écrits et aux performances d'acteur mémorables.Le nec.
Network a eu 4 oscars en 76; au vu de son phénoménal scénario et de ses acteurs, c'est amplement mérité. Un journaliste télévisé du réseau UBS annonce son suicide en direct à l'antenne, aprés avoir appris son licenciement pour cause de mauvais audience, aprés 25 ans de bons services. Désemparé, il sombre rapidement dans une folie mystique, et est finalement instrumenté par UBS comme prédicateur fou du journal télévisé, transformant le journal en un divertissement sensationaliste. Avec l'histoire de cette homme, Sydney Lumet conte - voire prédit - la dérive des médias américains vers la télé poubelle, et la facile manipulation du public par ces mêmes médias pour qu'ils ne se révoltent pas ...


               

La télévision déjà principal instrument de contrôle des masses populaires. Bien sur, tout cela quitte à détruire de nombreuses vies dans les rouages de ces réseaux. Ce qui impressionne surtout dans Network, c'est la maitrise de Lumet pour raconter son histoire. Le scénario - trés complexe - passe comme une lettre à la poste, avec en dessert quelques scènes d'anthologies. Les discours de Beale par exemple, capables de vous vendre alternativement le libéralisme comme sauveur ou destructeur absolu de la démocratie. Et puis cette scène extraordinaire où Jensen bat Beale à son propre jeu et le retourne complêtement. Peut etre la scène la plus impressionante visuellement que j'ai vu depuis 1 an. Network est donc une oeuvre magistrale, indispensable à voir : pour son scénario exceptionnel, ses acteurs (Faye Dunaway!), et surtout son actualité mordante car étrangement visionnaire, à la lumière de ce que sont devenus les médias et la société 'globalisée' d'aujour d'hui. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-46077/critiques/spectateurs/star-5/?page=3


                                      
                                             

En 1982, Tobe Hooper est un réalisateur horrifique reconnu et apprécié de tous. Il a signé des films devenus cultes comme Massacre à la tronçonneuse, Massacre dans le train fantôme ou Le crocodile de la mort. Seulement, Steven Spielberg, charmé par sa maîtrise cinématographique, vient lui proposer un nouveau projet : réaliser un film portant sur les poltergeists. Au visionnage de l’œuvre (réellement réussie), on peut constater un véritable déchirement entre deux personnages et deux passions différentes. Hooper, en réalisateur horrifique, tente de créer une ambiance morbide, semblable à celle qui a fait sa gloire. Mais il est vampirisé par son producteur et n’a que très peu de marge pour se débattre. Spielberg veut mêler la patte de Hooper à un film pour grand public, désireux de ne pas voir son métrage censuré trop durement par la commission de censure. De cette dualité naît Poltergeist, un film fantastique familial, agrémenté de quelques scènes très proches de l’univers de Hooper. Ainsi, on remarquera ces splendides moments que sont le déchirement du visage par l’un des scientifiques ainsi que cette scène finale dans une piscine emplie de cadavres ressurgissant de sous terre. La force du métrage tient dans son script considérable, signé par Spielberg himself. Un quartier résidentiel frappé par des événements étranges, véritable cocon de la famille américaine touché en plein cœur par des choses inexplicables. Il est forcément question de l’éclatement de cette cellule familiale face aux événements qui les assaillent. Cependant, le métrage ne se trompe pas de voie et laisse de côté la dimension sociale et dramatique  pour se plonger davantage sur le côté fantastique. 


   

Grâce à des maquillages et des effets spéciaux remarquables, le film tient toutes ses promesses et parvient, à certains moments, à nous faire sursauter. La faute également au génie de Goldsmith et des ingénieurs sonores qui ont ciselé le film au scalpel. Un reproche majeur peut pourtant être formulé à l’égard de ce qui reste un des meilleurs films fantastiques de ce 20ème siècle. Le montage est souvent très abrupt et on reste fréquemment dans un sentiment d’inachevé. Enchaînant des fondus assez maladroits, le réalisateur n’a pas respecté la cohérence filmique et passe trop souvent du coq à l’âne. M’enfin (comme dirait l’autre), y a pas là non plus de quoi fouetter un chat et on se laissera bercer agréablement par cet excellent moment de cinéma… Aussi passionnants soient-ils, les phénomènes paranormaux et autres apparitions spectrales n’auront jamais été aussi intenses que dans Poltergeist. Pourtant, ce n’est pas ça qu’il manque au cinéma. Même l’ « Electronic Voice Phenomenon » a été développé dans La Voix des morts et sa suite. Mais pour un Ring qui comporte encore quelques séquences réellement glaçantes (un fantôme qui sort d’une télé, tiens tiens !), combien d’Amytiville remakés ou d’An American Haunting complètement ridicules doit-on se taper ?


               

En un peu moins de deux heures, Poltergeist dit le principal (et bien plus encore), nous en met plein la vue et nous offre un véritable rollercoaster de sentiments. Qui dit mieux ? Je ne vais pas m’attarder sur les questions de paternité du film puisque si Poltergeist fonctionne si bien encore aujourd’hui, c’est grâce aux deux cinéastes derrière : Tobe Hooper et Steven Spielberg. Loin du film de terreur pure (comme l’est La Maison du diable de Robert Wise), Poltergeist fonctionne du tonnerre car le mélange qu’il propose, aussi bien au niveau des émotions que du style opposé des deux metteurs en scène, en font une œuvre unique et donc fascinante. S’il est amusant pour le cinéphile averti de reconnaître quel artiste est derrière quelle scène (Oh ! Des spectres lumineux qui virevoltent dans le salon…ça c’est du Spielberg. Hey ! Un type voit son visage partir en lambeau en se regardant dans un miroir, ça c’est du Hooper tout craché !), il est surtout éreintant d’entrer dans le drame qu’est en train de vivre cette famille. Car si le film est si intense dans ses scènes cauchemardesques, c’est parce qu’on ressent tout le désarroi de ces personnes devant faire face à l’inexplicable. Voir la tronche totalement déconfite du père devant les appels de détresse de sa fille ou les larmes de la mère sentant son enfant, qui est alors dans l’autre monde, traverser son propre corps, sont des instants très émouvants. C’est dans ces moments intimes et terriblement humains que le film est le plus touchant. 


               

Mais Poltergeist, non content d’être un sacré drame, est un putain de film de fantômes ultime ! Amusants au début (Carol Ann qui fait des glissades sur le sol de la cuisine), fascinants par la suite (les experts en restent bouche bée) et carrément cauchemardesques sur la fin (les morts qui jaillissent du sol), les esprits frappeurs s’en donnent à cœur joie ! Le film ne se contente pas de suggérer, il offre du spectacle. Pas n’importe lequel, puisque chaque phénomène, aussi saugrenu soit-il parfois, marque le spectateur de manière indélébile (la scène du clown a provoqué à elle seule bien des phobies). Et lorsqu’on entame le générique final, on est réellement soulagé que le calvaire de la famille Freeling prenne fin. Il y aurait tant et tant de choses à dire sur le film et autour. La musique monumentale de Goldsmith, l’enfoiré de promoteur symbole d’un capitalisme puant, le casting impeccable, la présence de l’unique et excentrique Zelda Rubinstein, les suites qui n’arrivent pas à la cheville de l’original, la disparition tragique de la petite Heather O’Rourke sur le tournage du troisième opus,…. Autant d’éléments qui ont renforcés l’impact du film jusqu’à nos jours. En matière de maisons hantées et d’apparitions spectrales au cinéma, on a rarement fait mieux que Poltergeist. Rire, émerveillement, effroi, tension, compassion, soulagement. Jamais vu un film de fantômes aussi prenant ! Source : http://www.cinemafantastique.net/Poltergeist.html

1 commentaire:

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