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mardi 30 juin 2015

James Whitmore

James Whitmore est un acteur américain, né le à White Plains, État de New York, et mort le à Malibu en Californie, à l'âge de 87 ans.
Acteur de théâtre à ses débuts, il obtient un Tony Award en 1947. Il est surtout connu pour ses nombreux seconds rôles dans des productions hollywoodiennes qui lui valurent notamment deux nominations aux Oscars, en 1950 pour Battleground, puis en 1976 pour Give 'em Hell, Harry!. En 2007, il joue le rôle de Milton dans l'épisode 21 (Un homme au tapis) de la saison 7 des Experts.
L'acteur américain James Whitmore a été vu dans des dizaines de seconds rôles à Hollywood et nommé aux Oscars à deux reprises.
Passé par le théâtre et vainqueur d'un Tony Award en 1947, Whitmore avait entamé une carrière au cinéma et décroché une nomination à l'Oscar du second rôle en 1950 pour le film de guerre "Bastogne" ("Battleground" en version originale). Après plusieurs rôles à la télévision dans les années 50 ("Rawhide", "La quatrième dimension"...) il avait aussi incarné le président de l'assemblée dans "La planète des Singes" face à Charlton Heston.
Sa seconde nomination aux Oscars, en 1976, avait été obtenue grâce au film "Give 'em Hell, Harry!", dans lequel il était le président des Etats-Unis Harry Truman. Il avait aussi tenu un émouvant rôle de prisonnier âgé dans "Les évadés" (1994) où il donnait la réplique à Tim Robbins et Morgan Freeman.




                 

Le Grand Secret (Above and Beyond) est un film américain réalisé par Melvin Frank et Norman Panama, sorti en 1952.
Encore un faux film de guerre, ou le personnage principale n'est pas Robert Taylor, mais la très Hollywoodienne Eleonor Parker, qui tient la narration par sa voix en off...et, ou le grand secret de la 1er bombe atomique passe au second plan par rapport à la vie de famille du couple de héros ! Un mauvais film ancien à la morale douteuse et honteuse !!! 
"Le grand secret" est un film de guerre avec Robert Taylor. Mais ce n'est pas un film de guerre au sens strict. En effet, il n'y a ici ni combat ni gloire. Il s'agit en effet, de raconter le lancement de la première bombe atomique sur Hiroshima le matin du 6 août 1945. Le film est très difficile à supporter car la tension ne cesse jamais. En effet, les contraintes de longs mois de préparatifs, les tâches exténuantes, sont accentuées par le fait qu'il est impossible de parler de tout cela et tout spécialement de la mission pour le colonel Tibbets (Robert Taylor). Le film n'est pas cinématographiquement un mauvais film. Mais il n'apporte rien au spectateur sinon de donner le point de vue du gouvernement américain de 1952 sur le lancement de la bombe. On ne voit jamais un Japonais. Le film n'est donc qu'une longue justification du massacre instantané de 70 000 personnes (hommes, femmes et enfants) et de la lente agonie de 50 000 autres par quelques pilotes, politiciens et scientifiques ...


   

Tout cela est très difficile à supporter, et le glamour d'Eleanor Parker semble jouer constamment faux dans cette justification macabre éhontée. Et si le film pose des questions, il ne conteste jamais la décision finale de lancer la bombe. Ce film est donc aujourd'hui quasiment insupportable à voir, même pour un spectateur français. Pourtant, tout le talent d'Hollywood est là. Mais pour moi, rien y fait. Robert Taylor n'est ici qu'un boucher, au mieux un bourreau. Et finalement à vouloir se prendre pour Dieu, l'Humanité est devenue inhumaine ce 6 août 1945. Le pire est peut être la scène finale où la femme du colonel Tibbets (Eleanor Parker) se décide à se jeter dans les bras de son mari, fière de l'execution de 70 000 innocents par ce dernier. Consternant ...Source : http://hollywoodclassic.hautetfort.com/archive/2012/11/26/le-grand-secret-above-and-beyond-1952.html


               

Chuka le redoutable (titre original : Chuka) est un film américain de Gordon Douglas et Richard Jessup, sorti en 1967.
Cet excellent et atypique western est interprété de main de maître par d'excellents acteurs aux premiers rangs desquels figurent le sergent Hansbach (le formidable Ernest Borgnine), puis Chuka, joué par un Rod Taylor taillé dans le roc, et enfin le colonel Stuart Valois magistralement incarné par John Mills, et dans une moindre mesure, James Whitmore dans le rôle de l'éclaireur Trent. Les relations entre le sergent et l'éclaireur Chuka sont très tendues au début. Puis, un combat d'anthologie aux poings éclate entre les deux protagonistes qui engendre par la suite un respect mutuel. Le film est plein de rebondissements, ce qui sous-tend l'action en permanence. La musique qui accompagne l'histoire renforce particulièrement l'intensité des moments dramatiques, notamment lors de l'attaque du fort par les Arapahoes. Voilà un western méconnu qu'il faut absolument posséder dans sa vidéothèque.
 Un western assez statique mais pas inintéressant. Peu d'action mais de la psychologie dans ce fort isolé d'où personne ne sort et où les tensions naissent. Il y a une attente dans la première partie qui s'apparente à un huit-clos et et il y a l'attaque qui survient par le moyen d'une flèche. Le film s'accélère. Tout se passe à l'intérieur. Il n'y a pas d'attaque mais la tension est là. Les hommes sont seuls devant le danger imminent. Quelques respirations salutaires viennent par le biais des deux femmes. Les secrets surgissent, les zones d'ombre des soldats. Il y a du "désert des tartares". C'est fort mais ce n'est pas un western classique. La fin, on la connaît..... Car elle est décrite au début!!!!


   


Voici un western peu connu car il n'était pas passé à la télévision depuis fort longtemps et qu'il n'existe pas à ce jour de DVD avec sous titres français. C'est bien dommage car il est magnifique,passionnant et contient une des plus belles scènes d'amour de tout le cinéma. Ce n'est guère étonnant. Gordon Douglas est capable du pire comme du meilleur et pour l'insolite,il est vraiment fort. Pour peu qu'on lui mette une contrainte,ici l'interdiction de tourner en plein air ,et le voilà qui crée une atmosphère d'enfermement comme personne. On trouve dans ce film toutes les scènes que l'on attend dans un western avec une bagarre phénoménale et quelques tirs au revolver d'anthologie. Les 3 acteurs principaux sont irréprochables avec une mention particulière pour Rod Taylor qui a ici son plus beau rôle,,,Mesdames ,si vous aimez cet homme ;foncez vous ne serez pas déçues. Je le comparerais volontiers à un autre western du même niveau avec Victor Mature comme vedette,je vous laisse chercher,il est signé Anthony Mann. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-50586/critiques/spectateurs/recentes/

lundi 29 juin 2015

Sam Jones

Samuel Jones, dit Sam Jones, né le à Jacksonville en Floride et mort le , était un contrebassiste, violoncelliste et compositeur de jazz.
Il a joué avec Tiny Bradshaw, Les Jazz Modes, Kenny Dorham, Illinois Jacquet, Dizzy Gillespie (1958-59) et Thelonious Monk. Il est plus connu pour son travail avec Julian Cannonball Adderley (1959-65), mais il a aussi travaillé plusieurs années avec Oscar Peterson et Cedar Walton et enregistré avec Bill Evans dans les années 1950. Sa carrière s'est principalement déroulée sur la scène jazz de New York.
Le père de Sam Jones est pianiste, mais Sam étudie la guitare et joue de la batterie durant sa scolarité. Il s'initie à la contrebasse (1945), fait ses débuts de musicien, et dirige une formation de rhythm'n'blues (1947-1948). Il vient s'installer à New York en 1949. Il est engagé en 1953 à Cincinnati comme contrebassiste par Tiny Bradshaw, avec lequel il enregistre. A partir de cette époque, Sam Jones entre dans le milieu du be-bop, c'est ainsi qu'il intègre le groupe Jazz Modes de Julius Watkins et Charlie Rouse (1955). 



                              

Il joue ensuite avec les Jazz Prophets, groupe que vient de monter Kenny Dorham après son passage dans les Jazz Messengers. C'est avec le quintette des frères Adderley (1956-1957) que Sam Jones commence à se faire connaître. Il joue par la suite dans les formations de Dizzy Gillespie (1958-1959) et de Thelonious Monk (1959). En 1960, il enregistre sous son nom, à la contrebasse et au violoncelle (« The Soul Society »). Il retourne pour un bon moment dans le nouveau sextette des frères Adderley (1959-1966). Lorsque Ray Brown quitte le trio d'Oscar Peterson, Sam Jones lui succède (1966-1970). A dater de ce moment, il joue le plus souvent en musicien indépendant, accompagnant de nombreux pianistes tels que Bobby Timmons, Wynton Kelly, ou Duke Jordan. En 1977, il dirige conjointement et furtivement une grande formation avec Tom Harrell. Il meurt le 15 décembre 1981 des suites d'un cancer.
Source : http://www.universalmusic.fr/sam-jones/biographie

dimanche 28 juin 2015

Békame

Autour de l'histoire de Bilel, rentré clandestinement en France on suppose, pour retrouver son frère et poursuivre avec lui le voyage vers l'Angleterre, c'est l'univers de Sangatte que l'on découvre.Cette découverte est terrible.On fait le constat qu'un lieu créé pour permettre à tous les candidats en partance pour l'Angleterre et finalement bloqués dans ce coin de France, ce lieu pour améliorer à court terme leur quotidien, se révèle finalement un piège.C'est l'endroit idéal pour que les passeurs et escrocs de tous bords profitent abominablement de ces êtres si fragiles et si désespérés.En leur prenant leurs papiers et en les obligeant à travailler clandestinement, en abusant d'eux au propre et au figuré, c'est encore un peu d'humanité et de liberté dont on les dépouille.Cette violence de tous les jours, entre désespérés, est vue au travers du prisme de la vie du jeune garçon et c'est d'autant plus douloureux et difficile à supporter.Pas de grands effets dans le scénario ou le dessin, les deux collent à la réalité.Une réalité que l'on suppose observée par le journaliste Aurélien Ducoudray lors de ses reportages à Sangatte.Une réalité bien rendue par un dessin qui s'attache aux situations, aux lieux désaffectés, à la retranscription vivante sans être trop détaillée ou précise du quotidien des lieux et des gens.On est touché par ce reportage saisissant et par l'évolution du petit Bilel qui subit de plein fouet les évènements et dont le destin pourrait basculer du côté des exploiteurs par simple amour fraternel.Un récit fort et bien illustré, pour ceux qui auraient encore des doutes que parfois le remède, s?il n'est pensé sur la durée peut se révéler pire que le mal. Source : http://www.bdfugue.com/bekame-t-1



                            


Aurélien Ducoudray et Jeff Pourquié concluent ici un diptyque plein d’humanité sur le thème des migrants clandestins. A l’origine, Ducoudray a eu envie de faire revivre une expérience de photographe de presse : le témoignage de ces gens – maghrébins, afghans, « bronzés » de tout pédigree – déracinés, spoliés et bringuebalés de hangars de squats en arrières de camions. En creux, le scénariste ne cherche pas à moraliser ou à dénoncer : il décrit principalement le quotidien misérable des clandestins de Sangatte et des passeurs qui instrumentalisent ce problème inextricable et hélas durable. Au final, le récit dépasse largement le cadre du docu-fiction. On s‘attache incroyablement aux personnages, on entre en empathie avec la trajectoire serrée qui façonne leur parcours de vie, on vibre à leurs côtés à chaque séquence tendue. Au final, l’aventure de Bilel/Békame ressemble à un véritable thriller social, riche en enseignements et en humanité. Pour transmettre les émotions et partager les ambiances sordides, la mise en scène bénéficie surtout d’un traitement graphique ad hoc. Légèrement torturé dans ses traits, mais toujours d’une grande justesse et d’un réalisme froid, complété d’une colorisation subtile, sombre et néanmoins marquée, le dessin de Pourquié est au diapason de ce quotidien en ruine, sub-urbain et désespéré. Un sacré beau boulot ! Source : http://www.planetebd.com/bd/futuropolis/bekame/-/23635.html

Gary Merrill



Gary F. Merril est un acteur américain, né le et mort le dans sa maison du Maine des suites d'un cancer, à l'âge de 74 ans.
Gary Merrill était originaire de Hartford dans le Connecticut, avait suivi des cours d'art dramatique à Broadway avant de faire ses débuts sur scène en 1937 dans la pièce The Eternal Road. Il fit la connaissance de Bette Davis pendant le tournage de Ève, et l'épousa peu de temps après. Le couple adopta deux enfants et divorça en 1960.




                             
 
Les Hommes-grenouilles (titre original : The Frogmen) est un film américain réalisé par Lloyd Bacon et sorti en 1951.
Ce film doit beaucoup à l'aide active du ministère de la dèfense et de la marine des U.S.A! En cette annèe 1951, la Fox voulait rendre justice à ces "Hommes grenouilles" et nageurs de combat qui avaient oeuvrès durant la seconde guerre mondiale! C'est à Lloyd Bacon, homme à tout faire de la Warner signant comèdies musicales et films noirs, que revient la tâche de rèaliser ce bon film de guerre! Le casting nous offre quand même de solides acteurs comme Richard Widmark ou Dana Andrews, et dans les rôles secondaires Jeffrey Hunter et Richard Wagner à leurs dèbuts! Nous restons tout du long dans les mâchoires carrèes des uniformes de guerre même en slip de bain! Des profondeurs, des bulles et des palmes, il s'agit ici de relater des missions dèlicates d'après des histoires vraies au moment de la guerre contre les Japonais! Allez couper les câblages anti sous-marin par exemple pour faire sauter une base au sud du Japon! Bacon agit en bon contremaître de la commande qu'on lui a passè et certaines scènes - comme la rèception des hommes grenouilles sortant de l'eau via le bateau - demeurent très spectaculaires! Un classique à redècouvrir... 
Un petit film de guerre où le réalisateur s'appuit sur les gros moyens que la navy a du mettre à sa disposition. 



   

A l'époque en plus de l'hommage cela à du faire un bonne pub aux nageurs de combats pour le reste il y a bien une ébauche de scénario avec comme fil conducteur l'art du commandement mais on sent que c'est pour meubler.
 Richard Widmark, Dana Andrews et Gary Merrill réunis dans un film sans la moindre présence féminine, le fait que le corps d'armée évoqué soit méconnu donnent un semblant d'intérêt à cette oeuvre qui rend hommage à ces hommes en uniformes (mais souvent en slip de bain!!!). La Fox a mis la gomme aussi au niveau des moyens mais certainement pas au niveau de la réalisation, sans personnalité et originalité, en mettant un tâcheron derrière la caméra et de l'écriture scénaristique qui donne lieue à aucune intensité et à des personnages qui sont trop peu consistants. Bon alors je finis ou pas sur un jeu de mots pourri et trop attendu, allez tant pis : on laisse sans regret ces hommes-grenouilles prendre l'eau.



                            


A l’image de cette tentative pas évidente de résumer son intrigue, L'Aventurier du Rio Grande est un western assez complexe et dont le principal défaut pourrait être cet émiettement du scénario que l’on devine à travers ce pitch. Après avoir été accueilli assez tièdement, cette œuvre de Robert Parrish a fini par acquérir au fil des années le statut de film culte ; notamment grâce à Bertrand Tavernier qui a toujours placé ce film très haut dans son panthéon personnel, n'ayant pas arrêté de le clamer haut et fort avec son enthousiasme coutumier et sa passion communicative. On sait que les deux cinéastes furent de très grands amis mais ce ne serait pas une raison pour remettre en doute le réel et sincère amour que le réalisateur français portait au film. The Wonderful Country fut au milieu des années 80 diffusé en première partie de l’émission La Dernière séance présentée par Eddy Mitchell ; il dut à cette occasion en décevoir quelques uns, à commencer par les amateurs d’action puisque le film en est quasiment dépourvu. A l’exception de l’escarmouche finale avec les Indiens, superbement réalisée, d’un dynamisme tel qu'il nous fait dire que même si Parrish a été avare de séquences mouvementées, ce n’est pas par inaptitude mais par volonté de ne pas en faire plus. L’essentiel ne se situe pas à ce niveau, pas plus d’ailleurs qu’au niveau de l’intrigue, les personnages primant ici sur tout. « The Wonderful Country est le film le plus proche de ce que je voulais réaliser […] C'est l'histoire d'un homme qui est presque un animal et qui tente de devenir un tout petit peu plus humain. Il essaie de comprendre ce qui se passe autour de lui et recherche une certaine intégrité morale. Il y parviendra grâce à une femme et aussi - voici le deuxième thème - grâce à l'amitié d'un groupe de paysans mexicains. J'ai voulu dans ce film nier le nationalisme. » On devine bien à cette description que l’action passera au second plan, et ce n’est pas forcément un mal en l’occurrence : la construction de ce western assez atypique en une succession de multiples rencontres ainsi que le semblant de désinvolture dans l’écriture (on a parfois du mal à saisir les tenants et aboutissants de certains éléments de l’intrigue) finissent par faire de cette œuvre un western au ton unique, même si pas entièrement équilibré et carrément déstabilisant à la première vision.


   


Mise en chantier par Robert Parrish dès le début des années 50, l’adaptation du roman de Tom Lea (qui aura un tout petit rôle dans le film, celui du barbier) aurait dû faire de Gregory Peck l’interprète de cet aventurier mexicain désabusé. Le comédien et le réalisateur annoncèrent même que pour l’occasion ils allaient fonder une compagnie indépendante pour produire le film au Mexique. Finalement, et au bout de presque une décennie complète, ce sera donc Robert Mitchum qui obtiendra le rôle et qui coproduira le film. Il a toujours aimé dire que c’était son rôle préféré par le fait d’avoir été assis et couché pendant une bonne partie du tournage, son personnage se cassant la jambe dès le départ et la convalescence durant un bon tiers de la durée du film. S’il était évidemment ironique quant à la cause, il n’en demeure pas moins que le plus sérieusement du monde il a confirmé son amour pour ce western à de nombreuses reprises. Malgré une carrière phénoménale et un très grand nombre de personnages inoubliables à son actif, son Martin Brady est effectivement un des plus attachants, la nonchalance coutumière du comédien faisant merveille d’autant qu’il laisse cette fois de côté son ironie habituelle. 


                             


Il faut dire que la description des protagonistes est ce que réussit le mieux le scénariste Robert Ardrey, auteur entre autres des excellents scénarios de Madame Bovary de Vincente Minnelli ou des Trois Mousquetaires de George Sidney. Martin Brady est un homme tiraillé entre deux pays et ne se sentant pas nécessairement à sa place ni dans l’un ni dans l’autre ; c’est un aventurier à la recherche de ce Wonderful Country dont il ne sait pas encore de quel côté du Rio Grande il se situe. Peut-être ni d’un côté ni de l’autre, mais auprès de gens bienveillants qui peuplent le film et le parcours de son antihéros. Car il s’agit bien d’un parcours initiatique que celui de cet aventurier fatigué, blasé et rongé par le doute, qui va aller de rencontres en rencontres, ne pouvant s’arrêter là où il se sent bien, chaque fois rattrapé par son destin, sa vie cahotante lui ayant laissé un fond de tristesse indéfinissable.
Ayant commis un assassinat très jeune, celui du meurtrier de son père, notre principal protagoniste a dû dès lors s’exiler au Mexique puis est devenu une sorte de tueur à gages pour des semi-dictateurs. Traversant le Rio Grande afin de prendre livraison d’une cargaison d’armes pour ses "maîtres", il pense ne pas s’éterniser aux USA d’autant qu’il a toujours sa tête mise à prix. Cependant dès son arrivée en ville, il se casse la jambe et est contraint de prolonger son séjour dans son pays natal. Là, il fait d'abord ample connaissance avec le médecin qui le soigne, un homme foncièrement bon, superbement interprété par un des plus grands seconds rôles du cinéma américain (malheureusement trop peu connu), le génial Charles McGraw. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/l-aventurier-du-rio-grande-parrish

vendredi 26 juin 2015

Sherlock

Le cinéma s’est naturellement saisi du personnage de Sherlock Holmes : ce premier art de masse ne pouvait que se lier intimement à un personnage littéraire aussi phénoménal, qui déjà bien avant lui, divertissait les foules londoniennes. Pourtant, de Basil Rathbone à Jeremy Brett, chaque incarnation d’acteur gravée dans la pellicule, mais aussi gravée dans un même espace, dans une même époque, douée des mêmes comportements, n’a eu de cesse de définir presque au singulier l’idée d’une personnalité élémentairement persuadée de sa toute puissance, capable d’identifier le monde, de débusquer le général sous le particulier.   Lorsque, pendant dix ans, de 1984 à 1995, la production Granada met en œuvre des moyens financiers colossaux pour bâtir l’immense décor de la rue de Baker Street et adapter une intégrale des œuvres du canon, ce n’est pas tant le personnage qu’elle ressuscite qu’un très beau cliché du Londres de la toute fin du XIXe siècle. Dans cette extraordinaire mise en images des aventures de Sherlock Holmes, Jeremy Brett qui le campe, construit un personnage beaucoup plus convaincant que les précédents : au Sherlock Holmes positiviste, vient enfin s’adosser son double dilettante, dandy, dépressif, cynique, cocaïnomane. Mais son interprétation accuse le poids des ans : à l’âge de l’acteur, Sherlock Holmes s’est retiré de Londres et élève des abeilles.




                 
Suite ici : https://www.dailymotion.com/video/x2bi5v_sherlock-holmes-1x01-partie-2_shortfilms


Pourquoi le cinéma renonce-t-il à considérer avec sérieux les  personnages populaires, à  travailler l’épaisseur du personnage, son feuilleté, à lui accorder cette densité psychologique et romanesque dont il gratifie tant Hamlet et Nigel Barton. Car que doit faire le cinéma, si ce n’est nous mettre en relation avec le désir d’un personnage, qui se met en mouvement vers un but, qu’il n’atteindra peut-être pas, dont le séparent maint obstacles, mais qui vaut de se risquer, et qui vaut pour nous spectateur, de le suivre, d’accompagner la ligne et le mouvement de son désir. On doit à Steven Moffat et à Mark Gatiss d’avoir eu le don, en s’appuyant sur les témoignages d’Arthur Conan Doyle, de rendre à Sherlock Holmes toute sa complexité car ce Sherlock Holmes n’est pas tout à fait celui que l’on croit. 




   

Les créateurs et scénaristes ont compris que ce que Sherlock Holmes met lui-même discrètement en crise, est le concept d’identité. Au personnage rationaliste, vient se doubler un esthète décadent froid et insensible, dépressif, cynique, sociopathe, capable en cas d’ennui profond de passer à l’acte,  et Londres, sous l’ère de la Reine Victoria ou de David Cameron, dévoile toujours une autre face  : aux gentlemen qui allaient s’encanailler dans les fumeries d’opium et aux ladies qui vampirisaient leurs nourrissons, succèdent de nos jours, d’éminents professeurs de médecine qui manipulent et terrorisent les bêtes et les hommes, des traders qui portent les valises de la mafia chinoise, ou une "royal lady" qui donne la cravache pour se faire battre. Ce dédoublement n’est en fait qu’une étape et déclenche une effusion radicale du devenir de son identité. 



                


Les six épisodes, que comptent pour l’instant « Sherlock », répondent à la question cruciale de la vraie identité de Sherlock Holmes. Cette nouvelle réincarnation de Sherlock Holmes, tout en envahissant de nouveau l’imaginaire collectif, nous pose finalement la problématique suivante : Et si l’identité de ce nouveau Sherlock Holmes était d’autant mieux assurée qu’elle accepte de s’éprouver comme multiple ? Quand un « beau meurtre » (« A nice murder », Mrs Hudson in « A Study in pink »,) le réveille de sa léthargie, le met en mouvement jusqu’au plus profond de toutes ses fibres, ce sont toutes les potentialités de son être qui se déploient face à la caméra. Il ne s’y révèle pas un mais multiple. Les deux saisons de la série nous plongent dans le monde de Sherlock, à travers le filtre de sa conscience, nous révèle le monde à travers ses yeux ou plutôt à travers son regard en perpétuel quête d’affaires étonnantes. 


   

« Don’t be boring » assène Sherlock aux désespérés qui franchissent son seuil et qu’il congédie s’ils ignorent l’injonction. « Sherlock » est donc bien ce voyage dans le désir de son personnage, dans le monde transfiguré par son désir d’aventures, d’un voyage, dont nous spectateurs, nous revenons toujours plus conquis, plus riches, mais surtout riches d’un désir de tout connaître de Sherlock Holmes. Et puisque le cinéma est l’art du mouvement, de l’image-mouvement comme dit Deleuze, il est donc à la fois l’art le plus apte à épouser le mouvement qu’est le désir de Sherlock, à incarner le mouvement de la pensée de Holmes, et à révéler la nature multiple et toujours en devenir de Sherlock Holmes. Dans ses clartés et ses ombres.  On sait très bien qu’il faut se méfier des agents littéraires jaloux. On connaît tout d’Ulysse, d’Hamlet, de Roméo et Juliette, d’Harpagon, de Tartuffe, et d’un malade imaginaire bien portant du nom d’Argan,  qui  croyait mourir sur scène, mais que savons-nous de leurs agents littéraires, Homère, Shakespeare et Molière ? De ceux qui prétendent les avoir inventés, aucun manuscrit n’a été retrouvé. Shakespeare et Molière sont des comédiens et on connaît la force des acteurs pour nous faire croire à leurs jeux. 



                 

Arthur Conan Doyle était médecin, mais au vu des errances, des lubies, des fausses pistes dont fait preuve son collègue et ami,  John Watson, sait-on jamais si derrière ces apparences de garant des représentations et du conservatisme victoriens, Conan Doyle,  ne nous refait pas le coup ? S’il prétend avoir inventé Sherlock Holmes, les faits plaident pour la version contraire.  Cette idée  simple a été soutenue par Pierre Bayard dans sa contre-expertise de l’enquête du Chien des Baskerville : les grands auteurs de fictions sont en fait des personnages historiques. Il faudrait  donc inverser le sens commun : c’est le personnage qui existe et l’auteur une invention. Dans ce cas-là, le cinéma s’inverse en documentaire d’investigation : Mais qui donc était vraiment Sherlock Holmes ? Et c’est bien le rêve que caressent Steven Moffat et Mark Gatiss : piéger le spectateur par  l’illusion réaliste : Sherlock Holmes est de retour parmi nous. Les trois épisodes de la saison 2 insistent particulièrement sur son statut de célébrité qui alimente la presse à scandale et les fantasmes des lecteurs. 


   


Dans « The Scandal in Belgravia », Sherlock Holmes se couvre d’une casquette prise dans une loge pour protéger son visage de la mitraille des photographes. Il peste les jours suivants de se voir ainsi affublé et livré au public dans tous les tabloïds. Watson lui fait remarquer qu’il est devenu une célébrité au même titre que David Beckham ou Susan Boyle, comparaisons qui n’ont rien pour l’enchanter. Pourtant, il pourrait l’être car Susan Boyle est une chanteuse et David Beckham un footballeur qui existent bel et bien dans le monde de Sherlock Holmes mais aussi dans le nôtre, dans le monde réel. Mais Sherlock Holmes conteste le rapprochement de Watson entre eux et sa personne pour une raison : il ignore qu’il est un être de fiction. L’analyse est à rapprocher du mythe de la caverne de Platon : Qui sont les ombres, le personnage fictif, ou ces deux gloires réelles, éphémères, et mortelles? La renommée de Sherlock Holmes est telle qu’une forme d’existence finit irrésistiblement par lui être attachée, au point de brouiller les frontières. On devine toute la jouissance et la jubilation intellectuelle des deux scénaristes et de Benedict Cumberbatch d’être les nouveaux artisans de cette passion phénoménale et irrationnelle qui affole le public.




                


Cependant, qu’ils se souviennent, quand ils décideront d’arrêter la série, du traumatisme collectif lorsque Conan Doyle a annoncé la mort de Sherlock Holmes dans les Chutes de Reichenbach, sans prendre en compte le fait que, pour un certain nombre de lecteurs, elle ne relevait pas simplement de la fiction et que son élimination s’apparentait donc à un véritable meurtre. Pour se conformer à la doxa, on respectera donc le canon qui établit Arthur Conan Doyle dans son identité d’auteur et Sherlock Holmes dans celle de personnage fictif. Mais de deux choses, l’une : ou Sherlock a existé et il est mort, ou Sherlock n’a jamais existé et il est toujours vivant. Dans les deux cas, l’unique recours est le cinéma. C’est peu de dire que Sherlock et le cinéma ont des affinités électives. Comme le cinéma, Sherlock Holmes, est à la fois clair et obscur. Clair, puisque le monde devient signifiant, visible quand il l’explique ; obscur parce que toute sa personnalité est tendue vers ce monde de mystère, de violence et de crimes ; de même que le cinéma met en scène des mouvements, (l’Anglais qui, a gardé la proximité étymologique move/ movie, l’exprime mieux que le français) qui relèvent d’une pensée qui peut et doit rester cacher, pliée à l’intérieur du visible, mais elle-même invisible au spectateur et  à son prétendu auteur.


   

La lumière de Sherlock Holmes n’est pas celle de l’entendement et de la raison, mais celle de son mouvement vers l’aventure criminelle. Sherlock Holmes, c’est une force qui va. Un acteur sait qu’il joue Sherlock Holmes ce que Sherlock Holmes ne sait pas. Le spectateur a conservé l’étonnement, voire l’émerveillement procuré par le contact de cette réalité doublement illusoire. Rien de plus claire que cette dissociation entre l’acteur et son personnage, rien de plus trouble que cette fusion entre ces deux artistes complets, Sherlock Holmes et Benedict Cumberbatch, chacun à leur manière, illusionnistes, esthètes, mystiques (?), car de ce glissement inévitable de l’acteur eu personnage et réciproquement, naît cette entité nommée Sherlock. A ce moment, l’acteur n’incarne rien d’autre que son personnage. Tel qu’il est donné à voir au spectateur dans le film, tel que je l’aperçois  dès le premier instant, par son vêtement, sa posture, le décor : il est déjà le personnage et n’échappe pas plus à cette condition qu’à celle d’être lui-même. Le corps de l’acteur qui donne vie au personnage, devient le lieu de passage qui donne la possibilité aux spectateurs, de voir vivre Sherlock Holmes, à défaut de pouvoir vivre dans le monde de Sherlock Holmes. Et cette circulation existe aussi dans l’autre sens : elle permet à Sherlock Holmes de sortir de l’univers cinématographique pour rejoindre notre monde. Bien sûr, les choses qui se jouent ici se passent au niveau de l’inconscient  et ce passage est facilité par la création d’un monde spécifique dédié à Sherlock Holmes, où l’existence particulière du personnage est soutenue avec force par un monde artificiel dont les moyens technologiques et artistiques bien réels.


                

Il est alors significatif que le tout premier épisode « A Study in pink » fasse référence explicitement à la toute première aventure,  A Study in scarlet. Sherlock Holmes y appréhende très clairement le mystère comme une affaire esthétique, la réalité comme un artefact et les références à l’art dans l’ensemble de la série sont constantes. « Sherlock » revendique très clairement ce même parti pris. Si le personnage est pris dans la toile d’une mise en scène, d’une mise en relation avec les autres personnages, d’un projet narratif et intellectuel, on ne songerait pas à le séparer du souci esthétique constant qui se diffuse de part en part dans la mise en œuvre du film, habite le plan qui l’encadre, la lumière qui l’éclaire, la mise en scène qui le met en mouvement, le décor qui l’entoure, la musique qui l’accompagne. « Sherlock » est une œuvre totale où chaque détail, modifie l’ensemble de manière globale.  Chacun d’entre eux, n’est pas une partie d’un tout et son changement modifierait le tout, modifierait notre conscience de spectateur, modifierait le monde de Sherlock Holmes. Modifierait peut-être le désir de Sherlock Holmes.
Sherlock Holmes est revenu pour élucider le monde, comme la magie cinématographique dont il ne vient pas, mais dont il partage l’essence. C’est en cela que, « Sherlock »,  de continuités en bifurcation, de fidélités  en émancipations par rapport au Canon, d’avatars en doubles décalés, et dans ses connexions incessantes et joueuses avec l’œuvre de Conan Doyle, révèle  enfin Sherlock Holmes dans sa multiplicité.
Source : http://sherlockanalysisinfrench.blogspot.fr/2013/04/where-do-i-start-page-test.html

jeudi 25 juin 2015

Magali et Federico

Fellini parle de sa ville natale Rimini, station balnéaire d'Emilie-Romagne, entièrement reconstruit en studio. L'idée du film lui était venue pendant sa cure à Manziana, en 1967, alors qu'il écrivait le livre, La mia Rimini. Amarcord n'est pas de l'Italien, mais du patois qui signifie "Je me souviens" et La Gradisca, selon un des épisodes du film, pourrait vouloir dire "Goûtez-y".
Chronique tendre mais sans complaisance de la petite bourgeoise catholique fasciste sans esprit.
Le fascisme est en quelque sorte une ombre menaçante qui ne demeure pas immobile derrière notre dos, mais qui grandit souvent au-dessus de nous et nous précède. Le fascisme sommeille toujours en nous. Il y a toujours le danger de l'éducation, d'une éducation catholique qui en connaît qu'un but : conduire l'homme à une dépendance morale, réduire son intégrité, lui dérober tout sentiment de responsabilité pour le garder dans une immaturité qui n'en finit pas. Dans la mesure où je décris la vie dans un petit endroit, je représente la vie d'un pays et présente aux jeunes gens la société dont ils sont issus. Je leur montre ce qu'il y a eu de fanatisme, de provincial, d'infantilisme, de lourdeur, de soumission et d'humiliation dans le fascisme de cette société là.(Federico Fellini, Amarcord, éditions Diogene, Zurich, 1974, p319).
Pour la rendre supportable et s'en moquer, Fellini accentue dans des scènes fantasmées la démesure de la mise en scène fasciste et la ralentit : ainsi la statue de fleurs semble prononcer le mariage impossible entre le gros copain de Titta et celle qu'il aime ainsi le ballet où la Gradisca s'offre au prince. 



   

Il fait ainsi du fascisme une baudruche vide et fragile, probablement comme le désir des hommes. Rien n'est immuable, donné, certain, le tout est d'apprécier la chance quand elle passe ainsi du marchand ambulant qui dit avoir un harem d'amantes ou de Titta qui se rêve seul au cinéma avec La Gradisca.
Titta ne peut rien apprendre à l'école, les professeurs y étant désespéramment mesquins. Il se rattrape partout là où la sensation prédomine. L'apprentissage passe par le corps, la confrontation physique aux autres (à l'oncle Téo), aux saveurs, aux sons, aux lumières (l 'apparition du paquebot géant, Le Rex).
La fin du film offre l'une des séquences récurentes de Fellini. Une place vide qui fait prendre conscience que plus rien ne sera plus comme avant. La noce est douchée par la pluie, tout le monde s'en va. Les manines sont revenues mais La mère et la Gradisca ont disparue. L'unité de la petite ville qui avec ses charmes et ses horreurs avait éduqué Titta se désagrège.



                 


Réalisé de 1968 à 1969, ce film représente pour nous le tournant décisif de Fellini, la charnière, le pivot. Il a étonné le monde entier par sa beauté monstrueuse. Il symbolise aussi l’abandon définitif d’un cinéma qui avait encore des attaches avec le réalisme, le néo-réalisme, le psychologisme à la Bergman. Voici pourquoi il a tellement désarmé la critique qui n’a pas pu le classer. En effet, le Satyricon étonne, fascine, dégoûte, bref, ne laisse personne indifférent. Il avait évidemment été précédé de diverses approches : on pense à Le tentazioni del Dottore Antonio et Toby Dammit car il y a bien sûr une continuité dans l’œuvre de Fellini. Cependant, le Satyricon apparaît bien comme le film significatif de la santé retrouvée de Fellini. On sait qu’une maladie et une dépression, à la suite entre autres de l’abandon définitif du Voyage de G. Mastorna avaient profondément affecté Federico Fellini qui recouvra toutes ses forces et tout son dynamisme à l’occasion de Toby Dammit, film qui précède le Satyricon d’un an. Mais Satyricon semble l’hyperbole réussie de l’abandon du projet du Voyage de G. Mastorna. C’est un voyage, non pas dans l’espace ou le futur, mais dans l’Histoire et le cœur de la Terre, dans le ventre de la « planète Mère » (terme de Robert Benayoun, in Positif, N° 111, Décembre 1969).
Nous sommes en présence de nos ancêtres, mais tellement proches et tellement lointains à la fois. Fellini a déclaré d’ailleurs qu’au départ, l’Antiquité romaine lui était aussi étrangère que les habitants de la planète Mars, ce qui nous paraît encore être une boutade au vu de la merveille de précision et d’érudition qu’est le Satyricon. L’œuvre de Pétrone, dont finalement l’identité n’est pas encore réellement confirmée, et ne le sera sans doute jamais, est respectée dans ses épisodes les plus célèbres (le banquet de Trimalchion, le rapt des trois lascars par Lichas de Tarente, la matrone d’Ephèse et le festin mortuaire et anthropophage de la dépouille d’Eumolpe) sous sa forme actuelle, c’est-à-dire les fragments épars qui ont été retrouvés. Mais Fellini y a rajouté ses propres fantasmes, liés à l’androgynie, au corps de la femme et même à l’homosexualité de façon tellement crédible qu’on a parfois du mal à distinguer ce qui est de Pétrone et ce qui est de Fellini.



   

Finalement, peu importe ! Le film est un chef-d’œuvre immortel au même titre maintenant que le livre lui-même. On a pu dire qu’il ne respectait pas les données historiques puisqu’on remarque çà et là des éléments étrangers. Mais qu’importe encore car on ne connaît pas avec certitude l’époque à laquelle a été écrit le Satiricon : premier siècle après Jésus-Christ vraisemblablement, dans les environs de Naples, au moment approximatif de l’éruption du Vésuve qui ensevelit Pompéi, selon des sources autorisées. Alors pourquoi n’y voit-on jamais la marque du christianisme naissant, diront certains, sinon de façon très allégorique ? D’autre part, dans sa préface à l’édition du Satiricon de Pétrone, Certes, mais Fellini y découvre aussi un parallèle avec notre monde actuel, et cela n’est pas non plus contestable (Satyricon a été réalisé dans la mouvance de 1968 et à ce titre reste prophétique même en 1992). « Faut-il déceler ici la marque de l’état de dépérissement de notre culture et l’annonce de sa mort prochaine, pressentie par Valéry dès 1919 ? » (D'après La cultura nel mondo, mai-août 1971, article de Philippe Hourcade, “Libres propos sur le Satiricon de Fellini", N° 3-4, p. 13 à 19).


   

La tête de la Gorgone de Corfou que l’on aperçoit à l’arrière-plan, parmi les homéristes pendant le banquet de Trimalchion, avec ses yeux globuleux, a sans doute comme signification, puisque Fellini adore les signes, la pétrification de tous les acteurs du film, à la fin, sur l’île. Transformés en pierres, peints “à fresque” sur des murs en ruines. A cet égard, le Satyricon se termine un peu comme Intervista. Arrivés dans cette île inconnue, le narrateur — Encolpe — atteste qu’”un jeune grec leur raconta...”. Musique. Images : celles de l’eau de la mer, de l’île au loin, des murs recouverts des portraits de Giton, de Triphène, etc., tous les protagonistes de cette histoire comme si le mystère demeurait entier et que Le Satiricon de Pétrone ne pouvait livrer son secret. Que nous raconta donc ce jeune grec ? Sans doute ces fragments d’histoire que nous venons de voir, ou alors une autre histoire puisque l’œuvre antique de Pétrone nous est parvenue morcelée, dispersée. Nous disposons actuellement entre le tiers et le trentième estimés de l’œuvre de Pétronius Arbiter selon Gérard Zwang.


                               

Mais cette fin interrompue est encore une mise en abyme : on ne peut l’oublier tant elle pose question et renvoie à l’origine, à la naissance, comme la fin de La Dolce Vita, la fin d’Intervista ou celle des Notti di Cabiria. On sait que Fellini aima ce côté inachevé de l’œuvre de Pétrone qui lui laissait une porte ouverte pour son Satyricon. Car on a déjà dit que Fellini avait horreur des fins même s’il a bien fallu en trouver une qui n’en soit pas une pour le Satyricon. « Pourquoi n’avoir pas tenté au contraire de restituer intact le livre de Pétrone et même de le compléter, afin de servir notre héritage humaniste ? Telle n’a pas été en l’occurrence l’ambition de Fellini : ce n’est pas un copiste, et peut-être aussi a-t-il pensé que le désir de restaurer intégralement les œuvres du passé n’était que pure utopie, vaine nostalgie d’époques irrémédiablement révolues : ces pans de ruines où sont peints les principaux personnages du film, certes reconnaissables mais devenus étrangers, énigmatiques désormais, et qui s’éloignent de nous, m’inciteraient à le croire. » (D'après La cultura nel mondo, mai-août 1971, article de Philippe Hourcade, “Libres propos sur le Satiricon de Fellini", N° 3-4, p. 13 à 19) Source : http://www.iletaitunefoislecinema.com/memoire/2141/fellini-satyricon

mercredi 24 juin 2015

Bernard Fox

Bernard Fox est un acteur britannique né le 11 mai 1927 à Port Talbot (Royaume-Uni); il est la cinquième génération de sa famille à poursuivre une carrière dans le théâtre. Pendant la guerre il a servi dans la marine royale.  En 1952, il est apparu dans "Reluctant Heroes", "Simple Spymen", et "Dry Rot". Après avoir quitté la troupe, il a été vu dans d'autres productions de Londres, telles que "Misalliance", "Saturday Night at the Crown", et une version musicale de "The Bells at the Irving Theater".
En Angleterre, il est apparu dans des films comme "Star of lndia" (1954), "Blue Murder at St. Trinians" (1958), et "The Safecracker" (1958). La saison britannique de la télévision 1958-59, il a joué dans "Three Live Wires", une sitcom quelque peu semblable aà la série américaine "Sergeant Bilko". Le premier travail assigné de Hollywood de Bernard a été exécuté au Civic Playhouse dans une production de "Write Me a Murder". De nombreuses apparitions à la télévision suivirent dont "Danny Thomas Show", "Dick VanDyke Show", et "Andy Griffith Show". Sans compter le rôle du Dr. Bombay sur "Bewitched", Bernard Fox était le colonel Crittenden, un rôle semiregulier dans "Hogan's Heroes".  Après "Bewitched", Bernard Fox a continué de tenir le premier rôle dans le film TV de 1972, "The Hound of the Baskervilles", dans lequel il a été parfaitement moulé en tant que Dr. Watson.
Les films cinématographiques de Bernard Fox incluent, entre autre, "Strange Bedfellows" (1964), "Star!" (1968), "Big Jake" (1971), "Herbie Goes to Monte Carlo" (1977) de Walt Disney, et "Private Eyes" (1980).  L'expérience et la connaissance que Bernard Fox a gagné au cours des années a prouvé sa valeur inestimable : son one-man show, "Music Hall Memories", a été joué avec succès autour des universités, conventions, groupes privés, et dans de grands rassemblements, tels que le festival Britannique-Américain de Santa Fe en Californie. Bernard Fox a eu un rôle plus récent dans le grand film "Titanic" de James Cameron.  Herbie J. Pilato



               


Avant la récente et célébrissime version de James Cameron, Atlantique, latitude 41° fut longtemps considéré comme la vision la plus juste du naufrage du paquebot. Cela s’explique par la profonde passion pour le sujet des initiateurs du film qui contribuèrent à défricher des informations encore méconnues sur les causes du drame. William MacQuitty, producteur à l’initiative du projet, resta profondément marqué par le départ du Titanic du port de Belfast en 1911 auquel il assista enfant. De même, l’historien spécialiste de l’histoire navale Walter Lord consigna la somme d’informations et de témoignages récoltés au fil de longues années de recherche dans son récit documentaire La Nuit du Titanic (A Night to Remember en VO et également titre original du film) paru en 1955 et dont le succès relança l’intérêt pour le naufrage et rendra possible son illustration via l’adaptation.
C’est cette rigueur et ce souci de réalisme qui guident une production dont les rares incohérences sont surtout dues à des faits encore inconnus à l’époque (l’épave du Titanic ne sera retrouvée qu’en 1987), la plus manifeste étant lorsque le paquebot coule tout droit à la verticale sans que la coque ne se casse en deux James Cameron corrigera ce dernier point et quelques autres dans sa version, mais il est indéniable qu’il emprunte énormément au film de Roy Ward Baker. Certaines scènes sont absolument identiques : le directeur de la White Star Line Ismay se dissimulant dans une barque à la vue d’un second qui n’ose l’en chasser, l’instant cocasse où en plein chaos un agent réprimande des passagers pour la destruction du matériel de la compagnie... Dans sa volonté romanesque, Cameron faisait découvrir essentiellement le paquebot à travers le regard de son couple dont les milieux opposés permettaient d’explorer les différences sociales régnant sur le Titanic. A Night to Remember exprimait déjà cette idée, mais mise en œuvre sous la forme de film choral. Cela annonce en quelque sorte les schémas qui feront les beaux jours des films catastrophes des années 70, mais l’approche est plus subtile ici.



   

Sans se focaliser longuement sur aucun personnage (même si la star Kenneth Moore est plus légèrement mise en avant en 2e officier Charles Lightoller), cela s’exprime de manière plus diffuse à travers quelques vignettes sur les espérances des émigrants pauvres partis chercher fortune dans le nouveau monde, en opposition aux nantis plus préoccupés d’être les premiers à profiter du luxe du Titanic. Les scènes de joyeuses et poignantes séparations des classes populaires parties chercher fortune, la liesse de la 3e classe, répondent ainsi au ton guindé et à l’ennui de la 1ère classe. Baker effectuera le même genre de parallèle au moment du naufrage avec les passagers de 3e classe piégés dans les sous-sols, tandis que les nantis ont accès aux barques et que certains se permettent des remarques malvenues sur le confort. Baker, comme Cameron plus tard, cherche par ces procédés à dépeindre cette réalité des rapports de classe et à quel point le naufrage du Titanic représente par ses manquements et son désastre la fin de ce mode de pensée, la chute d’un monde. Le Titanic, symbole de cette toute-puissance, entraîne donc dans les abysses les dernières cendres du XIXe siècle, la Première Guerre mondiale à venir deux ans plus tard déclenchant l’ère moderne.


               


Hormis quelques apartés, la première partie du film se consacre méticuleusement à dépeindre les éléments menant au désastre final, autant dus au hasard malheureux qu’à une arrogante inconscience : l’avalanche de télégrammes de passagers futiles empêchant l’envoi de celui (crucial) signalant la présence d’iceberg, la démonstration de force du paquebot dont la vitesse trop grande empêchera d’éviter l’obstacle fatal (ce dernier point étant plus explicite chez Cameron). La reconstitution dans son ensemble et le naufrage constituent un tour de force technique qui conserve toute sa puissance aujourd’hui. La production négocia de pouvoir filmer la façade et certains intérieurs du RMS Asturias, paquebot laissé à l’abandon par l’International Mercantile Marine Company (ancien propriétaire de la White Stare Line). Une façade fut repeinte afin de le rendre semblable au Titanic tandis que l’autre, désormais détruite, fut récréée en matte painting par des étudiants au Beaux-Arts, un effet de miroir rendant l’illusion invisible lorsque l’on passe d’un côté à l’autre. Ces images seront notamment utilisées lors du grand départ au port de Southampton, et d’autres recyclées du Titanic de 1943 produit par l’Allemagne nazie - dont les scènes en mer calme où celle montrant la salle des machines. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/atlantique-latitude-41-baker
Bonus :


   


The Hound of the Baskervilles est un téléfilm américain de Barry Crane, sorti en 1972.
Ce film fait partie d’un ensemble de 3 épisodes pilotes, qui devaient servir de point de départ à une série de téléfilms policiers ayant comme personnages principaux respectivement Sherlock Holmes, Hildegarde Withers (avec Eve Arden) et Nick Carter (avec Robert Conrad). Les pilotes n’ayant pas eu le succès escompté, la série fut abandonnée.
Version sympathique de la fameuse histoire, ce téléfilm, à défaut d'être passionnant, vaut par une excellente distribution: Stewart Granger (bien que devenu trop âgé et trop empâté depuis la glorieuse époque de Scaramouche ou Le prisonnier de Zenda) était né pour jouer Sherlock Holmes et, de fait, il se coule dans le rôle avec beaucoup d'aisance. Bernard Fox passe sans coup férir de l'hilarant Dr Bombay de "Ma sorcière bien aimée" à un Dr Watson amusant sans être abruti. Sans oublier un William Shatner inattendu dans le rôle du méchant. Le scénario condense habilement le roman en un peu plus d'une heure mais, hélas, les décors de la lande (un studio minuscule) sont vraiment très pauvres (ce qui nuit considérablement à l'atmosphère gothique du récit). 
Le générique de début m’a bien plu avec Sherlock Holmes en ombre chinoise sur les murs de la ville. Juste un petit soucis avec la vision d’un deerstalker et d’une pipe calabash.



   

Si Stewart Granger a l’air taillé pour le rôle – il n’a pas eu l’air de se forcer pour interpréter Holmes – par contre, son âge joue contre lui. Énervant qu’à l’époque, nous ayons toujours droit à des acteurs de plus 50-60 ans en lieu et place de deux jeunes plein d’entrain.
Bernard Fox – qui enfile le rôle du docteur Watson – est différent de son rôle de l’hilarant Dr Bombay dans « Ma sorcière bien aimée ». 
L’histoire avec Sir Hugo est racontée par notre ami Watson et la voix de dessin animé du doubleur gâche l’intensité dramatique. 
Si Sherlock Holmes est habillé normalement pour la ville, il enfilera la macfarlane pour la lande. Mauvais point à lui lorsqu’il sortira un « Élémentaire Watson ».
La plus grosse erreur dans ce film vient en fait des décors ! Londres est toute propre, les cochers ont les dents ultrabright et on n’a pas l’impression de se balader dans les rues d’une Londres victorienne. Idem pour la lande où là, c’est encore plus flagrant ! Décors peinturlurés et pas de profondeur dans le paysage… Une lande reproduite dans un tout petit studio, petit budget et ça fout tout le film en l’air ces décors peints à l’arrière des acteurs.


                               


Le déroulement du film s’éloigne du récit original et ce n’est pas plus mal d’innover un peu. Le docteur Mortimer est plus jeune que dans les autres films, il boite comme House et a une mégère pour épouse.
Avantage : on suspecte des tas de gens parce que tous avaient un bon mobile pour zigouiller le Charles Baskerville.
Mais c’est bien dommage qu’ils soient passé à côté d’une scène qui, habituellement, vous fout le trouillomètre à zéro quand le chien poursuit Sir Henry… ou plutôt un homme portant ses habits. Mention très bien au commandant Kirk, téléporté depuis sont Enterprise dans la lande désertique de carton mâché. William Shatner est inattendu dans le rôle de George Stapleton.
Un méchant comme on les aime ! Un sourire vicieux, des petits yeux cruels et on se demande bien comment le beau Kirk peut être aussi diabolique. Dommage qu’il n’ait pas un rôle plus important dans ce téléfilm, il méritait qu’on le voit plus à l’écran.
L’adrénaline est manquante, pas de hurlements sur la lande, la nuit, peu de drague entre Sir Henry et Béryl, peu de tension, peu de suspense car Holmes dévoile assez vite le secret des bijoux de la couronne. Malgré le fait qu’ils aient pris des libertés avec le récit originel, ils font l’impasse sur certaines scènes importantes et palpitantes qui ajoutent du mystère, des questions et des battement de cœur additionné de dressage de poils sur les bras... Source : https://thecanniballecteur.wordpress.com/tag/stewart-granger/