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jeudi 28 mai 2015

Stacy Keach

Fils de la comédienne Mary Cain et de l’acteur Walter Stacy Keach, le jeune Stacy Keach Jr baigne dès son plus jeune âge dans le milieu artistique. Afin de suivre les pas de ses géniteurs, le futur comédien entame des études d'art dramatique à l’Université de Berkeley et à la prestigieuse université de Yale, dont il sort titulaire d’un Master of Fine Art. C’est sur les planches new-yorkaises, avec la pièce satirique MacBird! (1967)que Stacy Keach prononce ses premières répliques. Le spectacle est un tel succès qu’il réitérera l’expérience l’année suivante, avec The Niggerslovers, une comédie où il donne la réplique à Morgan Freeman alors à ses débuts. Vont suivre les classiques shakespeariens Le Roi Lear et Macbeth, qu’il défendra à de nombreuses reprises, et qui lui apporteront succès et récompenses.  Côté cinéma, le natif de Savannah (Géorgie) ne démérite pas non plus. Avec à son actif une filmographie de plus cinquante films, il témoigne à chacun de ses passages d’un charisme et d’une prestance qui contribuent fortement à sa singularité. C’est en 1968 qu’il décroche son premier rôle au cinéma, dans Le Cœur est un chasseur solitaire de Robert Ellis Miller



                  


Deux ans plus tard, on l’aperçoit dans Brewster McCloud, sous la direction de Robert Altman, puis dans le sublime La Dernière chance (1972), où il livre une prestation remarquée, en boxeur déchu, qui tente par tous les moyens de retrouver la gloire. Il apparaît également dans le drame Les Flics ne dorment pas la nuit (id), et dans le très violent Ordure de flic, qui donnera plus tard lieu à un remake tout aussi brutal, avec le jeune Casey Affleck dans le rôle principal. L'année suivante, l’acteur se voit proposer le rôle principal dans le terrifiant L’Exorciste, mais refuse de prendre part au projet. Avec sa moustache soigneusement taillée (il la garde pour tous ses rôles, afin de dissimiler les stigmates d’une opération chirurgicale), Stacy Keach ne passe pas inaperçu. Il multiplie les apparitions et participe à des nombreuses productions, le plus souvent dans des rôles secondaires. En 1980, il rejoint son frère James Keach, lui-même acteur, dans le western Le Gang des frères James. Il joue également dans le film de science-fiction de John Carpenter Los Angeles 2013 (1996), et quelques années plus tard dans le troublant American History X, où on le découvre en impitoyable et détestable chef néo-nazi.   Marc-Emmanuel Adjou


                               


Doc Holliday est un western américain de Frank Perry sorti en 1971. La démystification des mythes d’un Ouest glorieux avait déjà été entamée par Sam Peckinpah dans les années 60 avec des chefs-d’œuvre crépusculaires, nihilistes, mais profondément romantiques malgré tout dans leur manière d’être filmés, par l’utilisation d’une musique ample ou de couleurs automnales de la photographie et enfin par la sympathie que nous éprouvions pour des ‘héros’ pourtant fatigués et peu fréquentables. Cela eut pour résultats Coups de feu dans la Sierra (1962) ou La horde sauvage (1969). Le western italien enfonça le clou, montrant un Ouest désormais sale, violent, dominé par le cynisme, en totale opposition avec la vision hollywoodienne assez idéalisée des décennies précédentes. Les Américains poursuivirent, en ce début des années 70, la mode du déboulonnage en règle de personnages vus peu de temps auparavant sous un angle totalement différent : Custer dans Little Big Man d’Arthur Penn, John McCabe dans le film homonyme de Robert Altman, le juge Roy Bean dans Juge et hors-la-loi de John Huston. Frank Perry (qui avait fait ses classes auprès de Lee Strasberg à l’Actor’s studio avant de passer à la réalisation avec David & Lisa en 1962, recevant du même coup le prix de la meilleure première œuvre au Festival de Venise) s’attaque, quant à lui en 1971, à Doc Holliday. Le véritable John H. Holliday est né en 1852. Il fait des études de dentiste et vient se fixer à Dallas, ville dont l’air lui est recommandé pour ses problèmes de santé (il est tuberculeux). Après avoir pratiqué le métier qui lui avait été inculqué (d’où son surnom de Doc), il préfère devenir joueur professionnel. Lors d’une rixe, il abat un homme et doit fuir à Denver. 


   
   
En 1877, il fait la connaissance de Wyatt Earp tandis que Kate Elder devient sa maîtresse. Il sauve la vie de Earp et, peu de temps après, se rend à Tombstone pour aider ce dernier à assainir la ville. Il meurt de tuberculose en 1887 après avoir encore écumé quelques villes au jeu pendant une dizaine d’années. Ce personnage mythique peut se vanter d’avoir eu, en à peine 50 ans, de nombreux interprètes d’exception pour le faire revivre à l’écran. Dès 1939, c’est Cesar Romero dans Frontier Marshall de Allan Dwan (1939) ; puis Walter Huston dans Le Banni de Howard Hughes (1941), Victor Mature dans My Darling Clementine de John Ford (1946), Kirk Douglas dans Règlements de comptes à OK Corral de John Sturges (1957), Jason Robards dans Sept secondes en enfer du même John Sturges (1967), Val Kilmer dans Tombstone de George Pan Cosmatos (1993) et Dennis Quaid dans le Wyatt Earp de Lawrence Kasdan (1994). L’idée de Frank Perry et de son scénariste, le journaliste new-yorkais Pete Hamill, était très intéressante sur le papier : prendre le contre-pied des films précédents narrant le fameux Gunfight et les faits qui l’ont déclenché en ne montrant de cette histoire que le côté non glorieux. 


                  
                
Ce qui a pour résultat à l’écran un Wyatt Earp cupide, démagogue, obsédé par le pouvoir et sans scrupules (« s’il n’y avait pas de salauds, tu serais au chômage Marshall »), un Doc Holliday avare de paroles, un peu vulgaire, assoiffé de reconnaissance et malade (« il n’a peur de rien car il n’a rien à perdre »), une Kate Elder putain jusqu’au bout des ongles, aucunement glamour et même affublée d’un vilain plombage… Mais en voulant aller trop loin dans la noirceur, le scénariste fait du Gunfight final un meurtre collectif prémédité par Wyatt Earp, ce qui est tout aussi abusif historiquement que celui, long et plein de suspense représenté par John Sturges dans son chef-d’œuvre de 1957. Comme on peut le constater, même Frank Perry n’a pas tout à fait respecté la vérité historique malgré ce qui nous avait été laissé entendre (de plus, Kate et Doc se connaissaient bien avant ; Virgil Earp était devenu Marshall et non son frère Wyatt…) et malgré sa volonté d’un plus grand réalisme. Mais enfin, pourquoi pas cette vision plutôt que celles de Ford ou de Sturges puisque ni les unes ni les autres ne correspondent pas plus à la réalité même s’il est vraisemblable que Frank Perry s’en rapproche d’un peu plus près ? Certes, rien à redire là dessus ! Source : http://www.dvdclassik.com/critique/doc-holliday-perry
Bonus :
   


Un film qui est sans aucun doute l'ancêtre de toutes les séries policières à tendances réaliste apparue ces dernières années de la plus ancienne Hill Street Blues ou à la récente et acclamée The Wire . Le film adapte un classique de la littérature policière The New Centurions de l'ancien policier passé écrivain Joseph Waimbaugh. L'expérience de ce dernier donnait à ces écrits une véracité crue et un style direct qui nous faisait vivre la réalité du terrain comme rarement. La transposition de Richard Fleischer suit fidèlement cette voie en nous faisant suivre le quotidien d'une patrouille de flics en uniformes dans les quartier chaud de LA. L'accent étant mis sur Roy, un jeune bleu joué par Stacy Keach et Kilvinsky, un vétéran chargé de le former incarné par le grand Georges C. Scott. Pas de vraie intrigue directrice si ce n'est le cheminement psychologique de Roy qui sous la houlette du charismatique Kilvinsky, se fait la main jusqu'à devenir littéralement "accro" à la rue et à son ambiance. Demandeur en sensation forte au point de délaisser sa famille, il faudra une blessure pour provoquer un premier traumatisme. Fleischer trouve le ton juste pour aborder tout ces thèmes, sans appuyer outre mesure et maintenant constamment le côté routinier de la vie de ses flics. Point d'héroïsme à attendre dans l'authenticité dégagé par les deux personnage principaux. Keach est excellent en flic perdant pied progressivement et Scott en vieux briscard comme chez lui dans la rue perd grandement de sa superbe quand la retraite venue il s'avère totalement inadapté à la vie de tout les jours.


   


L'ambiance urbaine sent bon l'asphalte et le bitume avec un Fleischer qui nous offre toutes les situations possibles auxquels peuvent être confronté ses flics de proximité : du plus sordide avec un bébé maltraité au comique pur avec un hilarant alpaguage de prostituée, en passant par la bavure policière où les opérations peu glorieuses comme la fouille de poubelles de bookmaker. Le livre de Joseph Waimbaugh (au passage à quand une vraie bonne réédition seule une poignée de ses oeuvres sont disponibles en France) offre un cadre narratif restreint laissant la part belle à la psychologie dans ce film en avance sur son temps et constamment passionnant. C'est cet aspect qui rend le film si singulier par rapport à d'autres polar "réalistes" de l'époque comme Serpico ou French Connection qui cédaient malgré tout à un certain spectaculaire ou à une dramaturgie plus marquée.


                             


Au rayon des rares défauts on reprochera peut être le côté elliptique qui ne fonctionne pas toujours (Keach sur le terrain en un clin d'oeil après avoir été grièvement blessé, l'échange entre Scott et la femme de Roy qui suppose qu'ils se sont déjà rencontré mais nous n'y avons pas assisté ) et que le tout s'avère un poil moins prenant passé le la disparition de Kilvinski. De plus le début du film laissaient à supposer à une trajectoire parallèle entre le perso de Keach et les deux autres bleu joués par Erik Estrada (futur héros de la série Chips ) et Scott Wilson et finalement cette idée ne sera reprise qu'à la toute fin en revenant sur la situation de chacun. Hormis ces broutilles, du très bon Fleischer, carré et efficace, et le final inattendu s'avère aussi bref que poignant. Source : http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2010/12/les-flics-ne-dorment-pas-la-nuit-new.html

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