.

.

vendredi 15 mai 2015

Sarah

De nuit, Sarah et son mari David font en route pour leur nouvelle maison, un chalet perdu en pleine nature, aux abords de Salamanca, un petit bourg forestier de Pennsylvanie. A la frayeur subite d’une biche qui traverse dans leurs phares, succède l’angoisse sourde provenant du chalet voisin, une bicoque ornée de têtes de cerf et de carcasse de voitures. Leur nouvelle maison est en revanche beaucoup plus cosy et les alentours sont d’un calme intégral. Au réveil de leur première nuit, d’un sommeil royal, ils découvrent pourtant la cuisine ravagée, semble t-il pas un animal sauvage. Les jours qui suivent sont occupés par David à tenter d‘apprivoiser son nouveau job (garde forestier), et par Sarah à s’immerger dans son nouveau quotidien. Les autochtones de Salamanca ne sont guère aimables envers elle. L’unique école est en ruine depuis 20 ans… mais où donc vont les enfants ? Sa question restera sans réponse. Le shérif lui conseille même de garder une arme en permanence à proximité : les animaux sauvages sont dangereux dans le coin, parait-il. Plus tard, le chauffagiste appelé en urgence pour un chauffe-eau en panne, remonte quatre à quatre de leur cave. Il se sentait épié, à travers les planches de ce tunnel mystérieux, creusé à même le sol. Et puis voilà que les corps de deux touristes sont retrouvés écrasés en bas d’un profond ravin, une chute a priori causée par des fauves, en amont, à en croire les profondes morsures… Dupuis avait édité les deux premiers opus... mais il manquait toujours la conclusion. Coucou revoilà notre terrifiante Sarah chez les Humanoïdes associés, un éditeur qui correspond bien mieux au registre de l'épouvante, et qui promet surtout d'éditer enfin le troisième opus. Au passage, la couverture a été refaite (par Jaouen)... 

Mais pour le reste, c'est tout pareil. La Bec’s touch fait toujours effet et rien que d'y penser, vous avez déjà la chair de poule ! Dans la lignée des Sanctuaire, Temps des loups, Pandémonium, Carthago ou autre Bunker (tous au moins scénarisés par Christophe Bec), ce nouveau thriller joue sur le registre des frissons à fond les ballons. Le dessinateur Stefano Raffaele (Fragile) dont le style réaliste s’avère idoine à la mise en relief d’une telle histoire, n’abuse pourtant pas des ficelles du genre, maintes fois éprouvées au cinéma. Le simple contexte suffit à générer l’effroi : la région est sauvage, les autochtones semblent cacher un secret, la protagoniste principale trimbale de vieux démons… Surtout, qu’est-ce donc que ce monstre tapi dans les souterrains ? Car les auteurs ne font aucun secret sur la nature de l’ennemi : dès la deuxième planche, une créature sanguinaire surgit des profondeurs d’une mine oubliée. Une fois cette problématique posée, il faut ensuite attendre la dernière planche pour la revoir en entier, apercevant la plupart du temps juste deux yeux rouges à travers des planches… Entre deux, l’intrigue adopte un rythme lent, jouant sur la tension sourde et l’ambiance nécessairement lénifiante. On pense à Shining et plus globalement à l’œuvre entière de Stephen King… Avec peu de dialogues, la nature sauvage et la solitude prennent logiquement une grande importance. Bref, le suspens est d’emblée à son comble et les conditions du frisson sont amplement réunies dans ce premier tome. Hou !


  •     


Christophe Bec, passé docteur es-épouvante depuis sa trilogie à succès Sanctuaire, poursuit son récit riche, très riche (trop riche ?) en… épouvante. En effet, à l’image du premier opus, ce second volet de Sarah agglomère plusieurs mystères terrifiants qui auraient pu chacun faire l’objet d’une intrigue frissonnante à part entière. Primo, l’enfance de Sarah fut en proie à un psychopathe pédophile de la pire espèce (comme en témoignent ses souvenirs en flashback). Elle en a hérité d’un dédoublement de personnalité, une caractéristique psychologique toujours très angoissante. Secundo, la région est peuplée par une tribu (famille ?) de créatures griffues terrifiantes, dont on a enfin le nom : les thérias. Ces derniers infestent notamment un vaste réseau de galeries souterraines, en lien avec la mine d’or locale. Tertio, les habitants taisent un sordide secret : il n’y a plus un seul enfant depuis qu’ils les ont jadis tous inhumés, apparemment en raison de leurs profils monstrueux. Quatro, les voisins de Sarah sont infâmes : le père est obsédé sexuel, la mère d’une obésité ultime engraisse et dépérit sur une baignoire, sans parler du fiston… Bref, sur le papier, ça fait beaucoup. Sans compter que si ce second tome délivre pas mal d’infos, il manque encore le liant entre tous ces faits. Dans le rendu, en revanche, c’est parfaitement effrayant, honorant avec bonheur le registre de l’épouvante. La gestion du suspens est impeccable, de longues séquences visuelles ajoutent beaucoup à l’atmosphère oppressante, et les encrages réalistes de Stefano Raffaele sont efficaces. A suivre dans un 3ème et dernier volet attendu depuis 3 ans, mais cette fois-ci bel et bien promis à court terme par les Humanoïdes associés qui viennent de rééditer les deux premiers tomes...

Réputé pour être l’un des chefs de file de l’effroi en BD, Christophe Bec conclut ici, avec des explications relativement cohérentes, une trilogie d’horreur au scénario tout de même particulièrement tarabiscoté. On ne doutait cependant pas un seul instant de cette complexité, étant donné la quantité de phénomènes mystérieux et épouvantables auxquels nous étions confrontés depuis deux tomes. En effet, comment relier les meurtres sanglant de campeurs à la présence de « sasquatchs » en forêt ? L’immonde vie des voisins, au réseau de galeries souterraines empruntées par une créature aux yeux rouges ? L’omerta du village, à l’absence d’enfants à Salamanca ? Sans oublier le sérial-killer qui a jadis torturé Sarah, responsable de son dédoublement de personnalité, et qui revient brouiller les pistes… Bec charge vraiment la barque avec le come-back de ce psychopathe pas piqué des vers, au beau milieu d’une intrigue déjà particulièrement chargée en terreur. Mais bon, considérons cela comme un challenge jusqu’au-boutiste. L’accumulation d’ahurissantes énigmes d’horreur pure auront été l’intérêt premier de cette série, qui a maximisé à chaque séquence les effets de suspens. Sur tous ces aspects, le dessin réaliste de Stefano Raffaele se sera montré digne et l’italien n’oublie pas de terminer à grand renfort d’éviscérations, de giclées de sang. Hématophobiques s’abstenir…
Source : http://www.planetebd.com/bd/series/sarah/2600.html

1 commentaire:

  1. http://uploaded.net/file/koqegu4y/071214047Sar.T1.cbr
    http://uploaded.net/file/gue43dkc/071214047Sar.T2.cbr

    RépondreSupprimer