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samedi 23 mai 2015

Roger Corman

Roger Corman est un cas à part dans l'histoire du cinéma, à la fois réalisateur, producteur, découvreur de talent, acteur, scénariste etc. Son principe est simple, pourquoi faire cher quand on peut faire fauché ! A l'arrivée de nombreux films, des ratés (complètement), des moyens (en grand nombre), et quelques réussites assez nettes.
Il est né à Detroit en 1926, quelques années plus tard ces parents s'installent à Beverly Hills où Corman poursuit des études d'ingé en physique et thermodynamique, deux ans avant son diplôme, pour la fin de la guerre, il s'engage dans la marine. Il revient rapidement terminer ses études, se fait engager à la General Electric, où il restera... 4 jours. Son attirance pour le cinéma est telle qu'il préfère tout laisser tomber, il se fait embaucher comme garçon de course à la Fox. En un an il devient lecteur de scénario. Manquant de références, il prends des cours de littérature à Oxford, passe quelques mois à Paris (au début des années 50) et revient en Californie où il se met à travailler pour des agences littéraires.Voyant l'extrême médiocrité des scénarios qu'il a entre les mains, il en écrit un. La vente du scénario à Allied Artists lui rapporte 2000$, grâce auxquels il produit son premier film, "Monster From the Ocean Floor", il obtint gratuitement un sous-marin pour le film en téléphonant à l'aerojet General (fabriquant de sous-marins monoplaces) et en leur expliquant que l'impact publicitaire de son film serait énorme ! 



                  


Avec l'argent que lui rapporte le film (une part des 110000$) il produit un policier avec 50000$ ("The Fast and the Furious") avec Dorothy Malone, plutôt que de céder la distribution à des compagnies connues, il choisit d'en faire profiter deux amis, James H. Nicholson et Samuel Z. Arkoff, ceux-ci sont partant, l'A.I.P (American International Picture) est fondée.
Corman va enfin pouvoir réaliser. Ces trois hommes vont réinventer le film d'exploitation, en choisissant comme cible, le public adolescent. Je passe sur le reste des magouilles Cormaniennes, pour me pencher sur ces films en tant que réalisateur. D'abord en 1955 ce seront deux westerns "Five Guns West" et "Apache Woman" (le second est intéressant parce que Corman y traite de son sujet favoris, les marginaux, les rejetés). Avant de faire pour AIP son premier film fantastique, il réalise pour une compagnie de la nouvelle Orléans "Swamp Women", film assez minable (dans les combats sous l'eau on voit très nettement les rebords de la piscine). Toujours en 1955 il réalise "The Day the World Ended" où après une guerre atomique, les derniers survivants s'entre-tuent pour une femme, sont massacrés par une bête à trois yeux, etc. Fin 55 et début 56 Corman tourne ses deux derniers westerns (trouvant le genre épuisé il préférera se consacrer au fantastique, entre autre) le second "The Gunslinger" est plutôt réussi (tourné en 6 jours, ce qui est beaucoup pour Corman).


               


Roger Corman est un homme plein de ressources. Le jour où il apprend que les nouvelles d’Edgar Allan Poe sont libres de droit, il en tourne une demi-douzaine. Et quand il n’a pas un Edgar Allan Poe sous la main, il torche un scénario « à la Edgar Allan Poe », pourquoi se faire chier, et ça donne L’Halluciné, un film bien trop minable pour son casting mais qui fait honneur à son réalisateur, décidément le roi du bricolage. 
La seule raison d’être du film, c’est que le tournage du Corbeau, d’après Poe, a pris un peu d’avance. Du coup, ok les mecs, personne ne bouge, on écrit vite fait un truc et on se le tourne en 3 jours. Vincent Price s’est cassé, mais il reste Nicholson et Karloff, ça suffira bien.
Le costume de Nicholson avait déjà servi, 9 ans plus tôt, sur les épaules de Marlon Brando incarnant Napoléon dans Désirée. Un costume d’occase, les acteurs d’un autre film et quelques plans piochés dans des coupes de montage d’autres productions AIP, s’il y avait un Oscar de la Meilleure Comptabilité, il serait pour Corman.Connu comme étant l'un des premiers films importants de Jack Nicholson, il est de plus représentatif de l'écurie Corman. Ainsi, Jack Hill, Coppola, Dick Miller, Boris Karloff, Monte Hellman sont quelques-uns des grands noms ayant participé plus ou moins au film, pour un résultat certes imparfait, mais assez intéressant.



 
   

Filmé dans des très beaux décors naturels (ou des matte-painting quand l'occasion et les moyen s'y prêtent), on suit la folle aventure de ce André Duvalier, à la recherche d'une femme l'ayant sauvé sur une plage déserte.
Et il y a une chose qui est assez périphérique au film qui le rend très intéressant ; Jack Nicholson, qui a le rôle titre, est habillé comme pouvait l'être Napoléon, et quand on sait qu'il fut choisi par Stanley Kubrick plusieurs années plus tard pour faire ce film sur l'empereur français qui ne fut jamais réalisé, on éprouve une certaine frustration en le voyant, car il aurait vraiment eu la gueule de l'emploi.



                            
                         
Mais le film en lui-même a aussi ses qualités propres, ne serait-ce que par l'interprétation de Boris Karloff, vraiment royal en hôte du château qui se révèle plus sombre qu'il le laisse paraitre, et une meilleure réalisation que d'habitude pour un film de Roger Corman. Le tournage ayant été beaucoup plus long qu'auparavant, il y a eu plusieurs réalisateurs officieux (Coppola, Hill, Hellman, et même Jack Nicholson), ce qui expliquerait la débauche de moyens et la grandeur des décors.
Concernant le dvd paru chez Wild Side, je soupçonne l'édition d'être recadrée (ici, il est proposé en plein écran, mais à plusieurs reprises, les têtes dépassent du cadre, ou alors, c'est anormalement zoomé), mais ça n'empêche pas que j'y ai passé un bon moment, pour un film assez mystérieux, proche de ce que Corman faisait avec les adaptations d'Edgar Allan Poe.
Source : http://www.senscritique.com/film/L_Hallucine/critique/4762567


                            
 

Grand film malade, La poursuite des tuniques bleues (1967) bénéficie pourtant d’un script admirable aux nombreuses implications psychologiques et philosophiques. Se situant durant les quelques jours qui suivent la fin de la guerre de Sécession, l’histoire se concentre sur une affaire d’évasion de soldats sudistes qui continuent à piller et violer des femmes malgré la paix qui vient d’être signée. Poursuivie par un major qui cherche à venger sa femme, victime des fuyards, la troupe sème la terreur alors même que la guerre est achevée. S’inspirant des films radicaux de Sam Peckinpah, La poursuite des tuniques bleues présente donc un panel de personnages tous plus détestables les uns que les autres, uniquement obsédés par leurs petites vengeances personnelles. Assoiffés de pouvoir et de violence gratuite, les protagonistes de ce long-métrage présentent donc une image particulièrement sévère de l’espèce humaine et s’inscrivent pleinement dans le renouveau du western des années 60.
Malheureusement, ces belles intentions ne suffisent aucunement à faire de cette œuvre bancale une réussite. D’abord produit et réalisé par Roger Corman, le film a tout bonnement été stoppé au bout de quinze jours de tournage, pour être ensuite repris par Phil Karlson et une toute autre équipe technique. Ces aléas ont eu pour conséquence de faire de ce A time for killing une œuvre malade et hybride. Formellement assez classique mais truffé de faux raccords et cadré avec les pieds, le métrage s’embourbe également dans une course poursuite qui n’a guère d’intérêt, alors même que les relations entre les personnages pouvaient donner lieu à des séquences d’affrontement psychologique passionnantes. 


   

Parcouru de quelques fulgurances éparses, ce western de transition ne sait pas vraiment où se situer dans l’évolution récente du genre, ce qui se répercute dans son casting très hétéroclite. Si le vieillissant Glenn Ford incarne un héros assez traditionnel qui s’inscrit dans la lignée des westerns des années 50, George Hamilton et Harry Dean Stanton représentent davantage le nouvel Hollywood des années 70, avec un jeu plus intériorisé (les fans d’Harrison Ford pourront également chercher l’acteur qui apparaît ici moins d’une minute à l’écran dans son premier emploi crédité au générique). Tous ces éléments disparates font de La poursuite des tuniques bleues un film intéressant sur le plan thématique, mais totalement loupé à l’arrivée. Un grand film malade, je vous disais.


                               

Film produit par la Columbia, avec Georges Hamilton plus présent que Ford dans le film, la délicieuse Inger Stevens; il nous conte l'histoire de détenus sudistes s'échappant d'un Fort nordiste en tuant les sentinelles; ils sont pourchassés par l'officier Glenn ford dont la femme (Inger Stevens) est enlevée par les fuyards (George Hamilton en tête); la fin de la guerre n'a pas été officiellement prononcée, et les deux parties pensent toujours combattre pour la cause, jusqu'au moment où l'une des deux apprenant l'arrêt des hostilités garde le silence sur la nouvelle, faisant du combat une affaire personnelle...
beaucoup de violence, d'émotions, de psychologie aussi, et de magnifiques paysages dans ce must de la Columbia !! Incontournable !
Source : http://forum.westernmovies.fr/viewtopic.php?t=877

4 commentaires:

  1. https://ww7zwisavv.1fichier.com/
    http://uptobox.com/ad48jvdkpwoh?

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  2. Excellentissime article sur Roger Corman, cinéaste dont les films restent quand même mal connus en France, du fait de leur faible diffusion en salles jadis, de même qu'en location.

    La période la plus intéressante reste vraiment 1957-1959 où les meilleurs de ses films reposent quand même sur de grands scénaristes tels que Matheson, Griffin et Beaumont.

    En outre, Corman savait donner du rythme, du suspens, de l'intérêt à des intrigues relativement basiques pour en faire, au final, des films totalement distrayants !

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    1. Merci de l'attention, Tinterora , ça fait plaisir !
      A bientôt !

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    2. Une attention nécéssaire et bien récompensée au vue de la qualité de tes articles !

      Amcialement !

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