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vendredi 8 mai 2015

Live in Düsseldorf, 1960

L’impresario américain Norman Granz avait déménagé en Suisse en 1959. C’est de là qu’il coordonnait ses fameuses tournées JATP (Jazz At The Philharmonic) désormais plus populaires en Europe qu’aux USA. C’est ainsi qu’il monta deux plateaux de all-star en 1960. Le premier réunissait Ella Fitzgerald, Roy Eldridge et le trio de Jimmy Giuffre et le quintet de Shelly Manne ; le second, le quintet de Miles Davis, le trio d’Oscar Peterson et le quartet de Stan Getz.
 À cette époque, le saxophoniste résidait lui aussi en Europe, à Copenhague, en compagnie de son épouse suédoise Monica. La tournée de 1960 du JATP 2 allait passer par Vienne, Zurich, Amsterdam, Stuttgart, Berlin, Hambourg, Francfort, Munich, Karlsruhe, Nuremberg… et Düsseldorf où deux concerts furent organisés. Après être apparu au côté de John Coltrane à l’Apollo (Miles Davis avait fait défection), Stan Getz se retrouva ensuite au Reinhalle (aujourd’hui rebaptisé Tonhalle) au même programme que le trio d’Oscar Peterson. Son quartet se composait du pianiste suédois Jan Johansson et des deux accompagnateurs de Peterson, le bassiste Ray Brown et le batteur Ed Thigpen.



                                 


Ce concert inédit, révélé aujourd’hui par Delta Jazzline, permet de découvrir ce pianiste légendaire, Jan Johansson, peu connu en dehors de la Scandinavie (il mourut à 37 ans), mais qui est devenu une référence majeure de tous les pianistes scandinaves, notamment parce qu’il fut un pionnier de l’utilisation des musiques traditionnelles autochtones dans le répertoire du jazz. Getz venait d’enregistrer sur Verve l’album « At Large » avec lui en janvier 1960.
 « Je suis fatigué de l’esprit de compétition et de la pression qui règnent aux États-Unis, déclarait alors Stan Getz. Ici c’est tellement plus relax. J’ai l’intention de recharger les batteries et de retrouver une harmonie intérieure ». Neuf mois après ce concert de Düsseldorf, refait à neuf, le saxophoniste repartirait aux États-Unis. Il enchainerait avec « Stan The Man », puis le célèbre « Focus », avant de surfer sur la crête de la bossa nova…



                


Getz signe un contrat avec la maison de disques de Norman Granz en 52. Il réunit dans un seul 78 tours intitulé Stan Getz plays. Getz part en tournée mais il est arrêté pour possession d'héroïne. Cela fait déjà 9 ans qu'il en consomme, ainsi que des médicaments et de l'alcool. À Seattle, il est arrêté après le braquage d'un drug store et tente de se suicider. Sauvé à temps, il est condamné à une courte peine de prison et démarre une désintoxication. À 27 ans, il croit pouvoir commencer une nouvelle vie. Il fait partie des musiciens de Chet Baker, Duke Ellington, Count Basie, Oscar Peterson...
Il fait la connaissance d'une aristocrate suédoise, Monica Silfverskiold, et obtient un divorce au Mexique pour pouvoir l'épouser. Pour échapper au fisc américain qui le poursuit, Getz et sa famille partent s'installer au Danemark. Aux États-Unis, le jazz modal, incarné par Miles Davis et John Coltrane, prend le pas peu à peu sur le jazz progressif. Coltrane remporte un énorme succès avec My Favorite Things. Cette petite "révolution" a échappé à Getz alors en Europe.



   

Sources : https://scribium.com/anne-de-morel/a/stan-getz-the-sound/
http://www.francemusique.fr/emission/open-jazz/2014-2015/stan-getz-le-concert-inedit-de-1960-dusseldorf-01-14-2015-18-02

1 commentaire:

  1. http://www.qobuz.com/es-en/album/live-in-dusseldorf-1960-stan-getz-quartet/3614593700994

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