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mercredi 6 mai 2015

L'homme aux complets

Dès son premier film Whisky à gogo (1949), Alexander Mackendrick s’était avéré un des réalisateurs les plus virulents et politisés du studio Ealing dans ce récit de résistance alcoolisée d’un village écossais face à l’envahisseur anglais. Cette facette se ferait plus brillante encore avec cet excellent Homme au complet blanc où il fait montre d’une plus grande maîtrise et signe l'un de ses chefs-d’œuvre. Mackendrick avait longtemps envisagé de traiter d’un film sur le domaine de l’invention et de la science, où il évoquerait les travers du monde de l’industrie. Sa première idée serait d’évoquer l’arme atomique mais il ne trouverait jamais le ton idéal dans les scénarios envisagés. L’étincelle viendra en lisant la pièce inédite et dormant dans les tiroirs de son cousin Roger MacDougall, qui lui offre la trame et le cadre idéal à ses attentes même s’il la remaniera considérablement (au point de décevoir les spectateurs de théâtre connaissant le film quand la pièce sera enfin jouée en 1954) et y inventera quasiment le personnage d’Alec Guinness. Le résultat donnera une fable visionnaire et cinglante sur le capitalisme moderne.
L’histoire nous dépeint les soubresauts que causera dans l’industrie du textile l’invention du chimiste Sid Stratton (Alec Guinness) qui invente rien moins que le tissu inusable et insalissable. Le ver est dans le fruit dès l’ouverture, nous montrant un Stratton exploitant en sous-marin les ressources des usines où il est engagé à des postes bien plus modestes afin de poursuivre ses recherches. Les grands patrons de l’industrie nous sont alors déjà montrés au mieux comme des incompétents découvrant sans en connaître la teneur le laboratoire secret de Stratton et les énormes dépenses qui en découlent. Au pire, et derrière cette stupidité, ce sont de vils calculateurs dont chaque action n’est motivée que par le profit, à l’image de l’odieux Corland (Michael Gough), fiancé intéressé délaissant Daphné (Joan Greenwood) dès que la possible association commerciale avec son père (Cecil Parker) sera caduque. 


   
         

Stratton est ainsi un électron libre et rêveur uniquement préoccupé par ses recherches, et qui ne trouvera pas plus sa place parmi les ouvriers. Mackendrick place d’ailleurs cette classe populaire dans des stéréotypes complémentaires à ceux des nantis. Les riches sont refermés sur eux-mêmes et avec comme seul souci l’argent, les ouvriers sont certes plus compétents dans leur domaine mais font montre d’un même repli avec une obsession syndicale et des formules gauchistes prémâchées, à l’image du tea time imposé à Stratton par une collègue. Mackendrick n’aura pas été cherché bien loin l’inspiration pour les figures de l’usine, le patron interprété par Cecil Parker étant tiré du patron d’Ealing, Michael Balcon, et l’ouvrier syndicaliste sur Sidney Cole, producteur du film et très porté sur les droits des travailleurs au sein du studio. La catastrophe est donc déjà en marche même si Stratton trouvera une interlocutrice plus attentive avec Daphné, le personnage le plus lucide du film et sachant écouter et comprendre la portée de ses recherches.


                


Alec Guinness est une fois de plus formidable dans son interprétation de ce personnage naïf, obsessionnel et touchant dans son autisme qui le détache complètement des réalités du monde qui l’entoure. Mackendrick, tout en le rendant très attachant dans sa nature quasi enfantine, n’en est pas moins critique envers son héros qui ne mesure pas les conséquences de son invention, uniquement obnubilé par le résultat. Son attitude noble sera ainsi baignée d’une légère ambiguïté lorsqu’il refusera les pots de vin offerts par les industriels du textile pour enterrer son invention, la vraie vertu incorruptible le disputant à son caractère obsessionnel. Il se révèle d’ailleurs incapable de communiquer avec le monde extérieur, ne pouvant expliquer la nature de ses recherches que dans un charabia scientifique incompréhensible et inaudible pour les patrons qui n’auront de cesse de le congédier, et il faudra la vulgarisation et l’appel du profit de Daphné envers son père pour qu’il y trouve enfin un intérêt.

Auparavant une scène de comédie au timing et à l’ironie irrésistibles nous aura montré l’étendue de l’immobilisme et de la notion de classe paralysant l’Angleterre d’alors. Cecil Parker, recherchant activement l’auteur des dépenses cachées de son usine, congédie dans le même temps celui qui en est l’auteur et cherche à le voir, par pur snobisme. Il finira par le soutenir enfin le temps de quelques gags réjouissants alors que l’usine est transformée en blockhaus vivant au rythme des explosions causées par les expériences de Stratton. Pourtant, dès que le résultat s’illustrera à travers un costume blanc immaculé et faisant de Stratton une figure pure et innocente, l’entité de l’industrie en constituera le parfait négatif avec le cortège funèbre des magnats menacés et plus particulièrement Sir John Kierlaw (Ernest Thesiger) arborant une allure de vautour. Un même et bien humain égoïsme va finalement lier nantis et classe populaire, la satisfaction personnelle prenant le pas sur le progrès et l’intérêt collectif quand les deux s’associeront pour détruire cette invention qui menace leurs revenus... Source : http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2014/09/lhomme-au-complet-blanc-man-in-white.html


               

Un film très intéressant sur le contexte social des Etats-Unis des années 50 mais aussi sur l'évolution et le rôle de la figure masculine à l'aune des mutations de la décennies à venir. Certaines réflexions anticipent même beaucoup (sans l'égaler) le Strangers When We Meet de Richard Quine où on peut faire un parallèle des crises personnelles que traversent Kirk Douglas et Gregory Peck dans les deux oeuvres, même si chez Quine les problématiques regardent plus vers le futur que L'Homme au complet gris où elle sont très ancrées dans un contexte socio-économique d'après guerre. Nunnaly Johnson scénariste chevronné signe bien évidemment le script de ce qui est une de ses rares réalisation. Celui-ci est adapté du roman éponyme de Sloan Wilson , en grande partie autobiographique autant dans sa description du monde de l'entreprise (notamment son expérience en tant qu'assistant du directeur de la US National Citizen Commission for Public Schools) que dans son passé de soldat durant la Deuxième Guerre Mondiale.
On suit donc le destin de Tom Rath (Gregory Peck) modeste employé de bureau et père de famille qui se trouve à la croisée des chemins. Son épouse (Jennifer Jones) lui reproche sa passivité et son manque d'ambition qui force la famille a une existence précaire. Un échange très dur en début de film amorce une introspection de notre héros où l'on découvrira progressivement à quel point l'expérience de la guerre à changé l'homme qu'il était. Au détour de plusieurs flashback où ressurgissent les souvenirs enfouis on découvre ainsi certains des pires moment de l'existence de Rath (mise à mort cruelle pour survivre, pertes parfois terribles des compagnons d'armes) mais aussi des plus beaux comme un belle romance avec une italienne qui saura apaiser ses angoisses morbides.


   

L'occasion de changer de statut se présente enfin avec un important poste en relations publiques. Le récit met alors en parallèle l'ascension annoncée de Gregory Peck et le dur réveil de son patron Fredric March, self made man qui a tout sacrifié pour réussir mais qui avec l'âge comprend comme il a délaissé sa famille désormais disloquée. On a une vision assez glaciale de la course à la réussite en cours à l'époque, que ce soit au niveau domestique avec les attentes d'une Jennifer Jones aux ambitions pressantes ou dans l'entreprise où la franchise n'a plus cours au profit des obséquiosités et hypocrisie diverses pour se faire bien voir. Gregory Peck est comme souvent parfait en type normal poussé malgré lui à un destin qu'il ne convoite pas et le reflet de son futur renvoyé par Fredrich March est là pour le confirmer. 


                 

Ce dernier en vieil homme perdant pied est formidable, dégageant autorité et fragilité à la fois avec ce personnage inspiré de Roy Larsen, patron de Sloan Wilson à Time Inc. Jennifer Jones apporte un vraie humanité et sensibilité à un personnage qui aurait facilement pu paraître détestable et hormis un de ses légendaires accès de furie le temps d'une scène (celle de la découverte de l'enfant illégitime et de l'infidélité de son époux) elle offre une interprétation nuancée et sobre pour ses retrouvailles avec Peck après le mythique Duel au soleil.Le film est donc plutôt visionnaire dans son illustration des nouveaux maux affectant la cellule familiale (dont la tout puissante télévision hypnotisant les enfants qui n'échangent plus avec leur parents) et les efforts consentis par les acteurs déshumanisés de ce capitalisme qui empiète sur leur vie. L'interprétation et la toile de fond sont passionnants, la forme un peu moins. Le film est donc plutôt visionnaire dans son illustration des nouveaux maux affectant la cellule familiale (dont la tout puissante télévision hypnotisant les enfants qui n'échangent plus avec leur parents) et les efforts consentis par les acteurs déshumanisés de ce capitalisme qui empiète sur leur vie. L'interprétation et la toile de fond sont passionnants, la forme un peu moins...Source : http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2011/07/lhomme-au-complet-gris-man-in-gray.html

L'Homme au complet marron (titre original : The Man in the Brown Suit) est le quatrième roman écrit par Agatha Christie publié en au Royaume-Uni, mettant en scène, aux côtés d'autres personnages situés au premier plan, le colonel Race, intervenant comme personnage secondaire. Sa thématique le rattache à la fois au roman policier, au roman d'espionnage et au roman d'aventures. En France, il est publié en 1930.
L'aéroport du Caire. En attendant l'avion qui doit la ramener aux Etats-Unis, Anne, une touriste, est témoin d'un accident mortel : Léo Carton, un homme dont elle avait remarqué la nervosité, est renversé par une voiture. La touriste tente de sauver le malheureux mais elle est arrêtée par la police locale. Au commissariat, Anne aperçoit le cadavre d'Anita, une chanteuse de cabaret dont elle a vu la photo dans le portefeuille de Carton... Finalement, l'Américaine n'est libérée que grâce à l'intervention d'un employé de son ambassade, Gordon Race, qui lui conseille de quitter le pays au plus vite. Mais la jeune femme n'est pas du genre à se laisser impressionner. De plus, elle a trouvé dans les affaires de Carton un étrange message codé dont elle veut percer le secret
Un soir, dans une boîte de nuit, deux hommes sont arrêtés sous l'inculpation de vol de diamants. Le lendemain, le cadavre d'une certaine Anita est retrouvé dans une villa. Au même moment, à l'aéroport du Caire, un homme est renversé par un taxi, sous les yeux d'une jeune touriste américaine, Anne Beddingfield.



 

Un homme habillé d'un complet marron, qui se prétend médecin, fouille les poches du mort et y dérobe un morceau de papier. Poussée par son goût de l'aventure, Anne intervient et réussit à lire le message sur le billet. Elle y découvre un nom, «Kilmorden Castle» et trois chiffres : 7 11 22. La jeune femme décide de mener une enquête... Sans argent, Anne Beddingfield vient tenter sa chance à Londres. Elle assiste à la chute d'un homme sur une voie ferrée du métro londonien, effrayé par la présence d'un homme mystérieux. Anne finit par retrouver la trace du mystérieux inconnu grâce à un papier qui était tombé de sa poche lors du drame. Espérant résoudre le mystère et être embauchée comme reporter au Daily Budget, elle décide de mener sa petite enquête. Son seul indice : l'homme à un complet marron...
Une gentille adaptation d'Agatha Christie qui fait très téléfilm d'un après-midi de semaine pour vieille dame ; l'intrigue se suit avec un certain intérêt mais L'homme au complet marron vaut surtout pour la présence de la charmante Stephanie Zimbalist en attachante touriste américaine trouvant enfin l'aventure et l'amour qu'elle avait tant désiré. Plaisant sans plus. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-184934/critiques/spectateurs/

1 commentaire:

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