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dimanche 17 mai 2015

Laurel et Hardy

En 1926, Stan Laurel et Oliver Hardy appartiennent tous deux à l'écurie d'Hal Roach, propriétaire d'un studio produisant essentiellement de courtes bandes comiques du genre burlesque. Stan, délaissant progressivement le jeu, y est devenu réalisateur. Cette année, là le studio développe une série "All Stars Movies" à laquelle tout le monde doit participer. Nos deux comiques prennent peu à peu l'habitude de jouer ensemble et découvrent qu'ils se complètent. Peu à peu, ils mettent en place quelques-uns des gimmicks qui les rendront célèbres (se gratter le crâne, jeter un double regard ou tripoter son noeud de cravate pour Laurel, secouer la sienne, hocher la tête de manière assurée ou regarder la caméra d'un air désespéré pour Hardy, etc). Mais les spécialistes considèrent qu'il faut attendre 1927 et «Les deux détectives» pour parler de la naissance d'un véritable tandem Laurel et Hardy.


   

Pendant quatre années, ils vont dérider le public et se construire une réputation internationale au fil d'une trentaine de long métrages qui les mettront dans des situations les plus acadabrantes les unes que les autres : «Flying Elephants/A l'âge de pierre» (1927) et sa femme des cavernes, «The Battle of the Century» (1927) et sa gigantesque bataille de tartes à la crème (à prendre, cette fois, à la lettre autant que dans la figure), «Wrong Again» (1929) et le cheval juché sur un piano, etc. «The Finishing Touch» (1928) les transforme en menuisiers destructeurs, «Two Tars/V'la la flotte» (1928) en marins en vadrouille, «Habeas Corpus» (1928) en cambrioleurs maladroits, tandis que «Brats/Les bons petits diables» (1930) les place face à leurs répliques enfantines ! Ah, les jeudis après-midi de patronage ou les dimanches du comité des fêtes de l'entreprise de papa, je les ai revécus en préparant ce dossier. 


   

J'ai remis des titres sur des images, j'ai retrouvé les rires enfouis dans la mémoire d'un petit garçon en culottes courtes. Les doigts de 'Babe' coincés dans une  fenêtre, l'automobile sciée en deux, ou celle qui achève sa course dans la boue, le manteau déchiré en lambeaux, le pinceau qui se transforme en barbe, il est impossible d'oublier ces scènes là ! Conscient de leurs talents mis en commun, le tout Hollywood les honorera bientôt de l'oscar du meilleur court métrage pour «The Music Box/Livreurs, sachez livrer» (1932). Les deux compères traversent sans encombre l'épreuve de la sonorisation des films qui correspond, ou peu s'en faut à leur intrusion dans l'univers du long métrage. Le consommateur est avide de nouveautés, qu'il préfère souvent à la qualité des produits  traditionnels, et gare à ceux qui ne prennent pas le bon wagon ! Si le burlesque, essentiellement basé sur le rythme et la rapidité comme l'a imposé Mack Sennett, s'accomode mal de la longueur, Laurel et Hardy bénéficient d'une côte d'amour qu'Hal Roach, au grand désappointement de Stan, s'empresse d'exploiter.


   
           


Mettons de côté «The Devil's Brother/Fra Diavolo» (1933), «Babes in Toyland» (1934) et «The Bohemian Girl» (1936) où nos héros se vautrent dans des univers qui existaient déjà avant eux, pour nous délecter de quelques-uns de leurs premiers titres les plus célèbres : «Pardon Us/Sous les verrous» (1931) où il sont tout à fait à leur place, «Beau Hunks/Les deux légionnaires» (1931), parodie du célèbre «Beau Geste», «Sons of the Desert/Les compagnons de la nouba» qu'ils mènent à l'insu de leurs épouses respectives, «Swiss Miss/Les montagnards sont là» et la scène hilarante de Stan organisant une tempête de neige avec des plumes pour obtenir le tonnelet accroché au coup d'un Saint-Bernard récalcitrant ("A l'éééde, à l'éééde !"). Leur dernier film pour Hal Roach«Les as d'Oxford»(1940) les met aux prises avec toute une série d'étudiants-fantômes, nous gratifiant de la séquence de la pipe tenue par plusieurs mains !


   
          


Par la suite, libérés de leurs contrats (indépendants) avec Hal Roach, ils accepteront les offres avantageuses de la 20th Century Fox ou de la Metro-Goldwyn-Mayer pour des films pré-confectionnés sur lesquels ils auront de moins en moins de contrôle : «Great Guns/Quel Pétard» (1941) où ils participent à l'effort de guerre, «Tête de pioche» (1942), en l'occurrence celle de Stan, et «Le grand boum» (1944) à l'issue duquel, de gaffe en gaffe, ils finissent tout aussi involontairement que patriotiquement par faire sauter un sous-marin japonais ! En 1951, ils n'ont plus tourné depuis six ans lorsque, lors d'une tournée européenne, on leur offre l'opportunité d'apparaître dans une co-production franco-italienne de basse condition, «Atoll K». Malgré la maladie de Stan qui s'y montre d'une maigeur inquiétante, le duo fonctionne encore, retrouvant par moments quelques unes de leurs célèbres attitudes, mais le tout nous laisse un goût amer dans la bouche, nous rappelant s'il le fallait que l'enfance n'est pas éternelle. 
Bonus :


                           

Source : http://encinematheque.fr/rire/R01/index.asp?page=bio.asp

1 commentaire:

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