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dimanche 3 mai 2015

Harcourt


Le Studio Harcourt est créé en 1934 par les frères Lacroix, patrons de presse, et par Robert Ricci, fils de la couturière Nina Ricci, et Cosette Harcourt. L'objectif est de répondre au besoin d'images des deux frères pour leurs publications, les revues. Cosette Harcourt, née Germaine Hirschefeld, riche de son expérience dans le studio des frères Manuel spécialisé dans le portrait et la photographie industrielle, devient rapidement la cheville ouvrière du projet. Ils mettent en place une stratégie bien définie qui permet, en peu de temps, de séduire la clientèle sur laquelle se fondera la renommée du studio. Utilisant les éclairages du cinéma, celui-ci développe rapidement une esthétique nouvelle. Chacun de ses tirages est repérable entre tous grâce à la griffe Harcourt qui évoluera au fil des années. Installé à partir de 1938 dans un luxueux hôtel particulier au 49, avenue d'Iéna à Paris, le Studio Harcourt devient le lieu de passage des personnalités qui font le « Tout-Paris ».




                            



Dans Paris occupé, après juin 1940, le studio accroit son activité et, modernisant ses installations, il devient rapidement le premier studio de portrait de la capitale suite à la fermeture de ses principaux concurrents, les frères Manuel. Jean Lacroix, après avoir négocié avec l'occupant la fourniture des matières premières nécessaires (pellicules et produits chimiques), nécessaires avec l'occupant, lance un nouveau magazine grand public : Vedette. L'illustration sera largement assurée par le studio. En première page s'affiche alors immanquablement le portrait d'un acteur ou d'un chanteur de variété siglé de la griffe Harcourt. Rejoint par des photographes de plateau reconnus comme Raymond Voinquel ou Roger Foster, Harcourt«  fixe dans les plus modernes studios du monde des visages aussi attentivement scrutés par les artistes qui les photographieront, que l'étaient, par leurs peintres favoris, les belles dames du siècle dernier »



                             



En 1944, les Américains succèdent aux soldats allemands. C'est pour le Studio la période de son apogée. En 1947, pour attirer une clientèle étrangère, il publie une petite brochure (Portrait of the to-day ) en anglais dans laquelle est décrit le parcours d'un client dans l'hôtel particulier décoré par Claude Schurr. Après avoir choisi la pose qui le met en valeur, le modèle passe ensuite entre les mains d'une maquilleuse qui « soulignant ou accentuant un regard […] rend possible un rendu plus fidèle du visage que les anciens procédés de retouche ». Il rejoint alors le studio où va officier l'un des huit photographes employés par l'entreprise dans ces années fastes. Après la séance, les négatifs sont développés sur place et confiés à la retouche. Une fois les épreuves griffées du sigle Harcourt, elles sont remises au client dans l'un des salons.





                             


Écrivains, artistes de variétés, comédiens, hommes politiques, danseurs ou peintres s'y font photographier. Formidable entreprise photographique, le Studio Harcourt fait travailler jusqu'à quatre-vingts personnes : maquilleuses, éclairagistes, photographes, tireurs et retoucheuses. Les photographies des acteurs diffusées dans la presse et les salles de cinéma de l'époque attirent la bourgeoisie parisienne, assurant ainsi le succès économique de l'atelier dans les années 1950-1960. Le studio réalise, entre 1934 et 1979, plus de quatre cent mille commandes.
Sources :  Roland Barthes, L'acteur d'Harcourt, in Les Mythologies, Paris, Editions du Seuil, 1957.
Le vrai visage du temps : Photographies du Studio Harcourt, Paris, Imprimerie Draeger, 1943.
Portrait of the to-day, Paris, Studio Harcourt, 1947.
Gordon Parks, « Speaking of pictures, Harcourts portrait studio », Life Magazine, 4 février 1952.

1 commentaire:

  1. http://www.priceminister.com/s/studio+harcourt#xtatc=INT-601
    http://www.leboncoin.fr/annonces/offres/basse_normandie/occasions/?f=a&th=1&q=studio+harcourt

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