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dimanche 3 mai 2015

Donald Pleasence

L’acteur britannique Donald Pleasence est la parfaite illustration d’une carrière brillante dont la richesse même ne pouvait que lui causer des dérapages réguliers sur les chemins sinueux du nanar. Donald Pleasence, fils d’un chef de gare, est né le 5 octobre 1919 à Worksop, Royaume-Uni. Rêvant depuis l’enfance de devenir comédien, le jeune Donald réussit, encore adolescent, l’examen d’entrée à la Royal Academy of Dramatic Arts, équivalent français du Conservatoire. Mais, n’ayant pas obtenu la bourse d’étude nécessaire à financer ses études, il doit renoncer à intégrer l’école. Travaillant aux chemins de fer pour vivre, il ne renonce pas à son rêve et trouve finalement un travail d’assistant régisseur dans un théâtre de Jersey, où il parvient enfin, à partir de 1939, à devenir comédien. Donald débute dans « Les Hauts de Hurlevent » et remporte d’emblée le succès. Au bout de trois ans, il monte sur les planches à Londres. Mais la guerre va interrompre sa carrière : Pleasence, d’abord objecteur de conscience, se ravise et devient pilote dans la British Royal Air Force. Au cours d’une mission, son avion est abattu par la DCA nazie au-dessus du territoire français. Donald Pleasence est fait prisonnier et torturé. Une fois libéré par l’avance des troupes alliées, et remis de ses épreuves, il regagne l’Angleterre en 1946. Pour oublier les horreurs de la guerre et les sévices subis, Pleasence se jette à corps perdu dans son travail d’acteur. La suractivité sera d’ailleurs l’un des signes majeurs de son impressionnante carrière. Il remporte triomphe après triomphe sur les planches, partageant même l’affiche avec ses idoles Vivien Leigh et Laurence Olivier.


                               

Mais, malgré son succès public et critique, il se montre insatisfait de sa carrière sur les planches, qui ne lui procure pas assez de bons rôles ni d’argent à son goût. A partir du milieu des années 50, Donald Pleasence se tourne vers la télévision. Très présent dans les dramatiques de la BBC, il devient familier du grand public et se voit qualifier par la critique d’« homme au regard hypnotique ». Il est notamment très apprécié pour son interprétation du Prince Jean dans une série télévisée consacrée aux exploits de Robin des bois. En 1960, son interprétation au théâtre de la pièce « Le Gardien », d’Harold Pinter, lui vaut un véritable triomphe, ainsi qu’un rôle dans l’adaptation au cinéma . En 1964, il obtient son premier grand succès au cinéma en tenant un rôle de prisonnier de guerre dans « La Grande évasion », avec Steve McQueen. Ce hit mondial va lui ouvrir une voie royale au cinéma, où il va multiplier les rôles dans des productions de prestige, souvent dans des rôles de méchant, de traître ou de fou : « Le Voyage fantastique », « On ne vit que deux fois » (où il est le premier acteur à prêter son visage à Blofeld, le chef du SPECTRE, ennemi juré de James Bond), ou « Cul-de-sac » de Roman Polanski, où il est le mari bafoué de Françoise Dorléac. Source : http://www.nanarland.com/acteurs/acteur-donaldpleasence-donald-pleasence.html


                


On dit parfois que la réalité dépasse la fiction et c’est encore le cas ici. Le film de John Gilling se base sur un fait divers datant de 1827 et s’étant déroulé, justement, à Edimbourg. Pendant près d’un an, William Hare, William Burke et Helen, la maîtresse de ce dernier, ont fourni des cadavres on ne peut plus frais au Docteur Knox. A l’époque, la science était un domaine en plein essor et les médecins étaient curieux de pouvoir étudier l’anatomie humaine de long en large. Mais la disponibilité des corps, essentiellement issus des exécutions, était des plus limitée. Le vrai Docteur Knox a donc fermé les yeux, de façon consciente ou pas, sur les sinistres activités de Burke et Hare afin de pouvoir continuer ses recherches mais aussi donner des cours. Les deux comparses furent jugés et Burke condamné à mort suite aux témoignages de Hare contre lui, et le bon docteur tomba en disgrâce. Pour la petite anecdote, une couverture de livre fut confectionnée avec la peau de Burke, un curieux objet encore visible au Collège Royal des Chirurgiens d’Edimbourg. Son squelette se trouve toujours à la librairie médicale de l’Université d’Edimbourg. John Gilling est un réalisateur bien connu des fans des films Hammer puisqu’il a réalisé l’excellent L’INVASION DES MORTS-VIVANTS et le sympathique LA FEMME REPTILE. Mais le réalisateur ne s’en est pas tenu qu’à ces deux métrages. Avant de s’éteindre en 1984, sa filmographie s’est enrichie de près de cinquante œuvres – il a commencé à tourner en 1948 avec THE CHALLENGE et n’a cessé son activité qu’en 1975 avec LA CRUZ DEL DIABLO. De sa carrière, on retiendra un cinéaste talentueux et certainement en avance sur son temps avec cette IMPASSE AUX VIOLENCES datant de 1959 et qui porte bien son titre français résumant en quelques mots judicieusement choisis l’ambiance glaçante et sans issue du film.


   

Dans le rôle du Docteur Knox, nous retrouvons le grand Peter Cushing qui incarne parfaitement cet homme arrogant mais d’un génie irréprochable. S’arrogeant tous les pouvoirs pour agir à sa guise, il présente néanmoins un trait d’humanité important en se conduisant un peu comme un père envers le jeune Chris Jackson (John Cairney). Cet étudiant fauché est prêt à tout pour rester dans les bonnes grâces de son professeur mais sa rencontre avec une jeune prostituée, Mary (Billie Whitelaw) va bouleverser sa vie jusqu’à l’irréparable. Gilling explore plusieurs thèmes dans son film, tels les relations père-fils, comme nous venons de le voir, mais également les difficultés amoureuses. En effet, le jeune Chris ne semble pas très à l’aise dans l’univers classe et bridé où évolue le Docteur Knox et sa relation avec Mary va lui permettre de sortir de sa coquille. Et bien qu’il voie en la prostituée une personne douce et charmante, il n’en est pas de même pour son entourage qui, au contraire, se sent plutôt mal à l’aise face à son franc-parler et ses manières peu convenables. 


                                


Les tourtereaux vivront difficilement cette infortune mais, une fois n’est pas coutume, le jeune homme restera aux côtés de sa belle au lieu de choisir la voie de la facilité et l’abandonner sans demander son reste. Un autre thème développé, et peut-être le plus important, est celui de la science contre la spiritualité. Gilling rend les positions de chacun très claires ici. Face à un groupe de chirurgiens renommés, Knox tient un discours ferme sur les progrès de la science et de l’importance de leur avancée sans se soucier de questions secondaires comme la présence d’une âme chez l’être humain. « Quelle importance puisqu’ils sont morts ? » demande-t-il, en parfait homme de science chez qui la rationalité l’emporte sur n’importe quelle question d’ordre philosophique. Cependant, il reste un gentleman jusqu’au bout des ongles et maintient ses croyances sans ciller de façon à ce que l’on ne peut qu’admirer une telle confiance en soi. Détail amusant, le bon docteur ferme les yeux sur la réelle provenance des cadavres mais n’en supporte pas l’odeur…Source : http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1576


                   


Le Dernier Nabab (The Last Tycoon, 1976): ultime long métrage d’Elia Kazan. Il s’agit d’une adaptation, par le dramaturge Harold Pinter, du roman inachevé de Francis Scott Fitzgerald publié en 1941 après la mort de l’écrivain, inspiré par sa propre expérience – malheureuse – de scénariste à Hollywood, tandis que le personnage fascinant de Monroe Stahr (interprété par Robert De Niro) emprunte de nombreux traits de caractère à Irving Thalberg, directeur de production d’abord à la Universal puis à la MGM du début des années 20 jusqu’à sa mort en 1936 à l’âge de 37 ans. Thalberg était l’incarnation du producteur visionnaire et démiurgique, bourreau de travail capable de contrôler le moindre aspect d’un film, de son écriture à sa distribution. Le Dernier Nabab (situé en 1935) décrit la vie quotidienne d’un grand producteur hollywoodien seul maître à bord : Stahr lit tous les projets et supervise plusieurs films à la fois, il peut remplacer sur le champ un metteur en scène incapable de se faire respecter par une star capricieuse, il visionne toutes les rushes et choisit lui-même les prises de chaque scène ; il est capable d’exiger la reconstruction de décors pour retourner la fin d’un film jugée peu concluante, et de faire réécrire par plusieurs nègres un scénario bancal livré par un écrivain prestigieux invité à Hollywood – cet épisode dut sans doute arriver à Fitzgerald lui-même, comme à Faulkner quelques années plus tard. Il doit aussi jouer les psychologues et résoudre les soucis conjugaux d’un cabot frappé d’impuissance. Le Dernier Nabab montre que dans les années 30 les grands producteurs étaient les véritables auteurs de films, des hommes d’affaires et des patrons impitoyables mais aussi des artistes capables de toucher le cœur et l’esprit de millions de spectateurs, car le cinéma coulait dans leurs veines. Le film de Kazan dessine à la perfection le personnage de Stahr, magistralement interprété par De Niro, à un moment où il est sur le point de perdre les pleins pouvoirs, lâché par le conseil d’administration du studio et menacé par la montée en puissance des syndicats de scénaristes qui revendiquent davantage de respect pour leur travail. 



   

Le seul bémol concerne les extraits en noir en blanc du film que Stahr est en train de produire, joué par deux vedettes vieillissantes (interprétées par Tony Curtis et Jeanne Moreau) : Thalberg produisait des chefs-d’œuvre signés Stroheim, Lubitsch ou King Vidor, les images que nous montre Kazan ressemblent plutôt à une imitation d’une médiocre série B des années 40. Qu’importe, le reste du film reconstitue avec une élégance extraordinaire l’atmosphère des studios, que ce soit les intérieurs ou les extérieurs californiens. La beauté des décors, des costumes et de la lumière renoue avec la direction artistique des grands films hollywoodiens d’antan. Mais il y a aussi une histoire d’amour dans Le Dernier Nabab, très romanesque et d’une tristesse infinie. Thalberg était mariée à l’actrice Norma Shearer, très populaire dans les années 20 et 30 et qui survécut au décès prématuré du producteur. Fitzgerald imagine au contraire Monroe Stahr veuf inconsolable d’une vedette du grand écran, qui aperçoit par hasard, sur un plateau, le sosie de son épouse adorée. Stahr va devenir désespérément amoureux de cette jeune femme mystérieuse qui s’offre à lui pour mieux se défiler. Le Dernier Nabab devient alors un grand film sur une passion obsessionnelle et morbide, et la névrose amoureuse de Stahr sera le déclencheur de sa chute professionnelle. 


               


Le Dernier Nabab est difficile à cerner dans la carrière de Kazan ; il n’a pas la valeur d’œuvre récapitulative ou testamentaire d’autres derniers films de grands cinéastes, même s’il rejoint par son pessimisme politique et sentimental plusieurs chefs-d’œuvre de Kazan comme Sur les quais ou La Fièvre dans le sang. En revanche le personnage de Monroe Stahr dialogue avec plusieurs rôles récurrents de De Niro dans les années 70 : un homme solitaire et compulsif, obsédé par une femme idéalisée ou inaccessible qui se refuse à lui ou lui échappe (Taxi Driver, New York, New York, Voyage au bout de l’enfer, Il était une fois en Amérique.) Politique des acteurs !
Notons pour conclure une distribution exceptionnelle qui réunit plusieurs générations d’acteurs, de l’ancien au nouvel Hollywood. Robert De Niro donne la réplique à Jack Nicholson, Robert Mitchum, Dana Andrews, Tony Curtis, Ray Milland, Donald Pleasence et à deux jeunes et belles actrices : Ingrid Boulting dont on n’entendra plus jamais parler, et la géniale et sexy Theresa Russell dans sa toute première apparition à l’écran. Source : http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2013/08/26/le-dernier-nabab-delia-kazan/

2 commentaires:

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