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dimanche 31 mai 2015

Marsha Hunt

Marsha Hunt est une actrice américaine, née Marcia Virginia Hunt le à Chicago (Illinois). Marsha Hunt débute au cinéma en 1935 et tourne régulièrement jusqu'au tournant des années 1950, période où elle est victime du maccarthysme et mise sur « liste noire ». Après encore quelques films jusqu'en 1960, elle ne réapparaît au cinéma que trois fois, en 1971 (avec Johnny s'en va-t-en guerre de Dalton Trumbo, autre « blacklisté »), en 2006 et enfin en 2008 (un court métrage).
À partir de 1949, elle s'oriente vers la télévision (échappatoire bienvenue après sa mise à l'index par les studios hollywoodiens) et participe à de nombreuses séries (la dernière en 1988), ainsi qu'à quelques téléfilms (le dernier en 2008).
Entre 1948 et 1967, Marsha Hunt joue au théâtre à Broadway, dans six pièces ; elle y retrouve notamment (à la mise en scène) Jules Dassin — qu'elle avait déjà croisé au cinéma — en 1948 et Sam Wanamaker en 1950, eux-aussi victimes du maccarthysme.
Une étoile lui est dédiée sur le Walk of Fame d'Hollywood Boulevard, au titre de sa contribution à la télévision.(Wiki)



                                 


Une vie perdue (Smash-Up, The Story of a Woman) est un film américain réalisé par Stuart Heisler, sorti en 1947.
Une artiste, mariée à un chanteur, se dépense sans compter pour que son mari devienne célèbre. A ce moment la jalousie fait son œuvre, elle se met à boire pour oublier ses soucis imaginaires.
Une chanteuse de cabaret épouse un jeune chanteur sans succès et abandonne sa carrière. Elle se sacrifie pour lui et son partenaire qui finissent par devenir célèbres. Le couple fonde une famille, mais l'homme donne priorité à sa carrière et s'absente très souvent. Elle se réfugie dans l'alcool. Angie a mis fin a sa carrière de chanteuse pour épouser le compositeur Ken. Celui-ci, tout a son succès, la délaisse. Elle se met a boire et provoque des scandales. Il divorce. Elle kidnappe sa propre fille dont elle n'a pas la garde et manque de la tuer accidentellement dans un incendie. A son réveil a l'hopital, Ken est auprès d'elle.


   
   

Un film intéressant sur la chute d'une femme , sacrifiant sa carrière à son mari.
Angie est une chanteuse talentueuse et reconnue. Lorsque son mari , crooner ,
perce à son tour , elle décide de laisser la place , et de se consacrer à leur fille.
Mais la vie luxueuse , dépourvue de sens , le fait de voir son mari chanteur courtisé
par maintes femmes ,et totalement absorbé par son image médiatique , vont la plonger dans
la dépression , où elle trouvera un dérivé en buvant. Progressivement , nous suivons la
descente aux enfers de cette femme sensible et déçue. L'alcoolisme est bien traité , d'une
manière pudique , mais réaliste ( flous , dédoublement de personnalité, jeu d'actrice réussi , éclairages ). Psychologiquement ,
c'est un film plutôt fort. Même si , hélas , on sent derrière ce mélo , le besoin de moralisme
inhérent à l'époque (ce n'est pas bien de boire , bouh!) , et surtout la fin , où , évidemment ,
la femme retrouve son mari , tout miel . Très Hollywoodien...
Source : http://www.amazon.fr/Smash-up-story-woman-une-perdue/dp/B000BTQGR6/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1432805741&sr=8-1&keywords=Une+Vie+perdue


                           


Pendant la guerre de Corée. Au retour d'une mission, le capitaine Jim Herlihy effectue un atterrissage forcé. Alors qu'une attaque de l'ennemi est imminente, il exige du sergent mécanicien Chuck Brennan et de son équipe qu'ils révisent immédiatement son appareil car il a une importante mission à accomplir à Tokyo. Tous le soupçonnent d'avoir simplement un rendez-vous galant. Ils obéissent toutefois mais au cours du raid, l'un des hommes est tué. Six ans plus tard, Jim Herlihy, promu lieutenant-colonel, est affecté à la base aérienne de Castle, en Californie, et retrouve Chuck. Celui-ci, qui n'a jamais pardonné à son supérieur sa légèreté, offre sa démission lorsqu'il découvre que sa fille Lois est amoureuse de Jim...
Sorti en 1957, Bombardier B-52 réunit Natalie Wood et Karl Malden sous la direction de Gordon Douglas pour nous faire suivre un chef mécanicien de l'armée qui doit faire face à plusieurs problèmes, que ce soit avec le nouveau sergent, ses proches qui veulent le voir quitter son boulot, sa fille et ce nouveau puissant avion, le bombardier B-52. Bien qu'elle soit en haut de l'affiche, Natalie Wood est celle qui a la plus petite part du gâteau parmi le triangle principal qui voit un père honnête, travailleur et surprotecteur, entrer en conflit avec son commandant qui lui n'a de yeux que pour sa fille. Difficile de trouver beaucoup d'intérêt dans ce très léger film de propagande, qui pêche notamment par son écriture et sa mise en scène malgré un minimum d'efficacité et une Natalie Wood, comme toujours, pétillante à souhait. 


   
   

Malheureusement pour Bombardier B-52, les premiers problèmes viennent de l'écriture avec des personnages légèrement caricaturaux, manquant parfois de consistances ainsi qu'une intrigue un peu trop prévisible et qui manque d'un brin de folie, comme la mise en scène d'ailleurs. C'est aussi dommage que la seconde partie du film soit un peu trop axé sur le nouveau bombardier alors que la première partie présentait plutôt bien le contexte et les personnages. Malgré tous ces défauts, empêchant ainsi au film de faire ressortir une quelconque dimension dramatique, ce n'est pas non plus désagréable et ça reste un minimum efficace, notamment grâce à sa première partie instaurant bien le triangle de personnages. Les enjeux reste intéressants, tout comme les personnages et le film réserve quelques séquences, notamment dans les airs, plutôt bien foutues. S'il y a ce regret de voir Natalie Wood avec un rôle finalement assez maigre. Karl Malden lui est très bon dans celui de l'honnête travailleur, tout comme l'ensemble du casting. Un film qui pèche par son manque d'ambition globale, notamment au vu de l'écriture et de sa mise en scène mais qui s'avère plutôt sympathique à regarder, porté par le charme de Natalie Wood malgré qu'elle soit un peu sous-exploitée... Source : http://www.allocine.fr/membre-Z20140301172409253584857/movie/177260

vendredi 29 mai 2015

Ralph Richardson

Sir Ralph Richardson, né le à Cheltenham et mort le à Marylebone, est un acteur britannique. Il a été fait chevalier en 1947.À l'instar de celui des comédiens de sa génération (Laurence Olivier ou John Gielgud), l'itinéraire de l'acteur Ralph Richardson est passé tout naturellement de Shakespeare à Pinter. Après avoir servi pendant plus de quarante ans les grands textes classiques et avoir fait ressortir l'ambiguïté, la fureur et l'humilité propres au théâtre élisabéthain, l'acteur a su élever les lieux communs et les inquiétantes « banalités » du théâtre de Pinter au rang des beaux-arts. Qu'il interprète Falstaff, en 1945 (un de ses plus grands succès à la scène) ou ce pensionnaire d'un asile dans Home, de David Storey, ou encore le personnage de No Man's Land, sir Ralph Richardson aura donné une dimension tragique à l'individu le plus démuni et accentué l'aspect le plus dérisoire du monarque le plus absolu. 
Très jeune, il découvre la magie du son au théâtre – le bruissement d'une cape, le cliquetis d'une arme – et c'est cette forme de cérémonial, plus que la magie du verbe, qui est à l'origine de sa vocation. 
Il ne vint au cinéma qu'au début des années 1930, dans The Ghoul, mais interpréta de multiples rôles jusqu'en 1980. Il fut d'abord le partenaire de grandes vedettes féminines : Merle Oberon dans Le Divorce de Lady X (1938), Rosalind Russell dans La Citadelle de King Vidor (également en 1938), et, en 1948, Vivien Leigh dans Anna Karénine de Julien Duvivier et Michèle Morgan dans Première Désillusion de Carol Reed. Source : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ralph-richardson/



                             


Quatrième et réputée meilleure des sept adaptations du roman d’A.E.W. Mason, Four Feathers est une des plus célèbres et spectaculaires productions Korda. C'est aussi l'un des plus fameux odes à l'armée et l'impérialisme britannique dont l’exploitation arrive à un moment clé pour le pays. Les tensions sont alors déjà grandes en Europe avec une Allemagne qui avance ses pions, indifférente à la molle désapprobation de ses voisins. Le 12 mars 1938, c’est l’Anschluss avec l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie bientôt suivie par les invasions de la Bohême, de la Moravie et de la Pologne le 3 septembre 1939, provoquant le début de la Deuxième Guerre mondiale. Les Quatre plumes blanches sort le 20 avril 1939, soit au croisement de ces divers évènements majeurs. Lancer une adaptation du roman de Mason permet ainsi de redorer le blason d’une Angleterre incapable de freiner les ambitions allemandes, et de célébrer le courage d’une armée britannique qui saura répondre présent au moment d’une guerre qui se profile inexorablement.
Si la production cinématographique n’a pas encore été reprise en main par le département d’Etat, Korda anticipe la démarche qui aura cours durant les années 40 avec les films de propagandes anglais qui fleuriront à ce moment-là, dont son propre Lady Hamilton usant du cadre des guerres napoléoniennes pour inciter les Etats-Unis à s’impliquer dans le conflit. Il faut pourtant se souvenir que ce cinéma anglais des années 40 représente à ce jour le seul exemple de production de propagande qui réussit à délivrer des œuvres artistiquement brillantes, car exprimant leur message avec intelligence (notamment en passant par le mélodrame, plus susceptible d’éveiller l’empathie qu’un simple message belliqueux), et surtout par une subtilité n’hésitant pas à égratigner cette identité anglaise pour mieux l’encenser. 




On pense bien sûr au Colonel Blimp où la commande à la gloire d’un officier anglais est habilement détournée par Powell et Pressburger, ou encore le Went the Day Well de Calvacanti où l’invasion allemande d’un village anglais est causée par une indolence toute britannique. Les Quatre plumes blanches annonce donc cette démarche. Sous l'exaltation, la fierté du drapeau s'avère plus subtile qu'il n'y parait par l'entremise de son héros. Harry Faversham (John Clements) est le dernier descendant d'une famille à la longue lignée militaire et héroïque. Baigné depuis sa plus tendre enfance dans les récits des haut faits guerriers de ses ancêtres, il n’en aura pas été positivement marqué, comme va le souligner la remarquable scène d'ouverture. Notre héros assiste adolescent à une réunion d’anciens camarades de régiment, entre son père et ses amis ; et celui-ci pour fortifier son fils qu'il juge trop mou (le malheureux aime lire de la poésie, sacrilège) exhorte ses amis à le terroriser avec de tragiques histoires sur le sort dramatique des lâches au combat. 



                                


Faversham en restera traumatisé et plus effrayé par l'idée de sa possible lâcheté (et de ne pas être à la hauteur) que de la réalité du front. Le film souffle ainsi le chaud et le froid dans ses velléités de patriotisme. La veille du départ de son unité pour l'Afrique et la reprise de Khartoum (perdue 10 ans plus tôt), Faversham démissionne car il n'estime pas croire en ce culte belliqueux. Humilié par ses amis qui lui envoient quatre plumes blanches (symboles de lâcheté) et abandonné par sa fiancée, il décide finalement de partir affronter ses peurs et rejoindre ses camarades. On peut donc autant voir un cheminement personnel qu'une célébration de l'armée à travers Faversham. D'ailleurs l'aspect nationaliste n'est pas sans ambiguïté (même si l'on est loin de la finesse d'un Colonel Blimp, c'est tout de même l'aventure qui prime). Que dire de cette fiancée en apparence progressiste mais qui se détourne de son homme dès qu'il renonce à l'uniforme ? Source : http://www.dvdclassik.com/critique/les-quatre-plumes-blanches-korda


                


La Bataille des Thermopyles est pour un bon moment désormais dans l’inconscient collectif associé à la vision discutable et réactionnaire du comics de Frank Miller 300 et de l’adaptation à succès qu’en tira Zack Snyder. Hollywood alors en pleine vague péplum proposa pourtant une assez remarquable et différente version au début des années 60 avec le film de Rudolph Maté. Si la bataille en elle-même fut peu abordé au cinéma , d'autres oeuvres s'attachèrent à dépeindre cette période des Guerres Médiques comme La Bataille de Marathon (1959) de Jacques Tourneur. Ici, Maté prend le temps de dépeindre le contexte géopolitique, d'exposer les forces en présence (Grèce en infériorité, armée Perses monstrueuse) et les conflits qui les déchirent (Grèce difficilement unie, notable de Sparte préférant l'isolationnisme) tout en esquissant l'aura mythique qui entourent les spartiates. Considérés comme des dieux de la guerre dans toute la Grèce, respecté et craint de tous, ils s'avèrent la seule solution possible à une victoire ou du moins une résistance crédible. Cet aspect politique se croisant à une dimension plus mythologique est parfaitement incarné par les acteurs, Ralph Richardson en politicien calculateur contrebalançant avec la prestation habitée dAnna Synodinou en Reine de Sparte. Dans cet équilibre idéal en grandeur et ambition bien humaine, la sous intrigue qui voit le parcours d'un jeune spartiate déchu laver son honneur au combat aidé de son amour semble déplacée et niaise, constituant la seule lourdeur du film, et la seule privilégiant un destin individuel.


   

En effet, le film tend plutôt à sublimer le symbole d'unité que constitue l'armée spartiate face au division diverse, la seule capable de faire face à l'ennemi. Spectaculaires, stratégiques les impressionnantes scènes de batailles où les troupes perses en surnombres sont décimées par les 300 spartiates définit clairement ceux-ci comme de véritable surhommes, génies de l'art de la guerre. Les différentes astuces pour gérer la manœuvre et vaincre malgré leur infériorité numérique sont excellentes et constamment inventives.
La réalisation de Maté (brillant directeur photo reconverti avec une certaine réussite à la mise en scène) illustre de manière idéale les batailles en privilégiant l'aspect d’entité collective de l'armée spartiate parfaitement coordonnées, regroupée et solidaire. Le brio à dépeindre cet aspect revient aux choix intelligents de la production. 


                               


Tourné en Grèce sur l'impressionnant site de Marathon, l'armée grecque est sollicitée à la figuration mais également le Major grec Cléanthis Damianos parfaitement érudit sur les manoeuvres de combats de spartiates et qui s'avéra un conseiller précieux pour un résultat brillant à l'écran.
Le fait que Richard Egan manque un peu de charisme en Leonidas (on est loin du Gerard Butler hurleur et débordant de testostérone de 300) s'avère donc idéal puisque malgré son statut de chef, il ne s’impose pas et se fond parfaitement dans cette notion de collectif. Une notion qui prend tout son sens lors du final où une fois mort ses troupes défendent sa dépouille avec une hargne légendaire, protégeant leur chef dans leur impénétrable phalange. Le souffle épique est tel que même en connaissant l’issue, l'assaut final désespéré laisse croire un instant qu'ils ont une chance, la fin tragique sous les flèches ennemies constituant un sommet d'héroïsme pour cet Alamo antique. Source : http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2012/04/la-bataille-des-thermopyles-300.html

jeudi 28 mai 2015

Stacy Keach

Fils de la comédienne Mary Cain et de l’acteur Walter Stacy Keach, le jeune Stacy Keach Jr baigne dès son plus jeune âge dans le milieu artistique. Afin de suivre les pas de ses géniteurs, le futur comédien entame des études d'art dramatique à l’Université de Berkeley et à la prestigieuse université de Yale, dont il sort titulaire d’un Master of Fine Art. C’est sur les planches new-yorkaises, avec la pièce satirique MacBird! (1967)que Stacy Keach prononce ses premières répliques. Le spectacle est un tel succès qu’il réitérera l’expérience l’année suivante, avec The Niggerslovers, une comédie où il donne la réplique à Morgan Freeman alors à ses débuts. Vont suivre les classiques shakespeariens Le Roi Lear et Macbeth, qu’il défendra à de nombreuses reprises, et qui lui apporteront succès et récompenses.  Côté cinéma, le natif de Savannah (Géorgie) ne démérite pas non plus. Avec à son actif une filmographie de plus cinquante films, il témoigne à chacun de ses passages d’un charisme et d’une prestance qui contribuent fortement à sa singularité. C’est en 1968 qu’il décroche son premier rôle au cinéma, dans Le Cœur est un chasseur solitaire de Robert Ellis Miller



                  


Deux ans plus tard, on l’aperçoit dans Brewster McCloud, sous la direction de Robert Altman, puis dans le sublime La Dernière chance (1972), où il livre une prestation remarquée, en boxeur déchu, qui tente par tous les moyens de retrouver la gloire. Il apparaît également dans le drame Les Flics ne dorment pas la nuit (id), et dans le très violent Ordure de flic, qui donnera plus tard lieu à un remake tout aussi brutal, avec le jeune Casey Affleck dans le rôle principal. L'année suivante, l’acteur se voit proposer le rôle principal dans le terrifiant L’Exorciste, mais refuse de prendre part au projet. Avec sa moustache soigneusement taillée (il la garde pour tous ses rôles, afin de dissimiler les stigmates d’une opération chirurgicale), Stacy Keach ne passe pas inaperçu. Il multiplie les apparitions et participe à des nombreuses productions, le plus souvent dans des rôles secondaires. En 1980, il rejoint son frère James Keach, lui-même acteur, dans le western Le Gang des frères James. Il joue également dans le film de science-fiction de John Carpenter Los Angeles 2013 (1996), et quelques années plus tard dans le troublant American History X, où on le découvre en impitoyable et détestable chef néo-nazi.   Marc-Emmanuel Adjou


                               


Doc Holliday est un western américain de Frank Perry sorti en 1971. La démystification des mythes d’un Ouest glorieux avait déjà été entamée par Sam Peckinpah dans les années 60 avec des chefs-d’œuvre crépusculaires, nihilistes, mais profondément romantiques malgré tout dans leur manière d’être filmés, par l’utilisation d’une musique ample ou de couleurs automnales de la photographie et enfin par la sympathie que nous éprouvions pour des ‘héros’ pourtant fatigués et peu fréquentables. Cela eut pour résultats Coups de feu dans la Sierra (1962) ou La horde sauvage (1969). Le western italien enfonça le clou, montrant un Ouest désormais sale, violent, dominé par le cynisme, en totale opposition avec la vision hollywoodienne assez idéalisée des décennies précédentes. Les Américains poursuivirent, en ce début des années 70, la mode du déboulonnage en règle de personnages vus peu de temps auparavant sous un angle totalement différent : Custer dans Little Big Man d’Arthur Penn, John McCabe dans le film homonyme de Robert Altman, le juge Roy Bean dans Juge et hors-la-loi de John Huston. Frank Perry (qui avait fait ses classes auprès de Lee Strasberg à l’Actor’s studio avant de passer à la réalisation avec David & Lisa en 1962, recevant du même coup le prix de la meilleure première œuvre au Festival de Venise) s’attaque, quant à lui en 1971, à Doc Holliday. Le véritable John H. Holliday est né en 1852. Il fait des études de dentiste et vient se fixer à Dallas, ville dont l’air lui est recommandé pour ses problèmes de santé (il est tuberculeux). Après avoir pratiqué le métier qui lui avait été inculqué (d’où son surnom de Doc), il préfère devenir joueur professionnel. Lors d’une rixe, il abat un homme et doit fuir à Denver. 


   
   
En 1877, il fait la connaissance de Wyatt Earp tandis que Kate Elder devient sa maîtresse. Il sauve la vie de Earp et, peu de temps après, se rend à Tombstone pour aider ce dernier à assainir la ville. Il meurt de tuberculose en 1887 après avoir encore écumé quelques villes au jeu pendant une dizaine d’années. Ce personnage mythique peut se vanter d’avoir eu, en à peine 50 ans, de nombreux interprètes d’exception pour le faire revivre à l’écran. Dès 1939, c’est Cesar Romero dans Frontier Marshall de Allan Dwan (1939) ; puis Walter Huston dans Le Banni de Howard Hughes (1941), Victor Mature dans My Darling Clementine de John Ford (1946), Kirk Douglas dans Règlements de comptes à OK Corral de John Sturges (1957), Jason Robards dans Sept secondes en enfer du même John Sturges (1967), Val Kilmer dans Tombstone de George Pan Cosmatos (1993) et Dennis Quaid dans le Wyatt Earp de Lawrence Kasdan (1994). L’idée de Frank Perry et de son scénariste, le journaliste new-yorkais Pete Hamill, était très intéressante sur le papier : prendre le contre-pied des films précédents narrant le fameux Gunfight et les faits qui l’ont déclenché en ne montrant de cette histoire que le côté non glorieux. 


                  
                
Ce qui a pour résultat à l’écran un Wyatt Earp cupide, démagogue, obsédé par le pouvoir et sans scrupules (« s’il n’y avait pas de salauds, tu serais au chômage Marshall »), un Doc Holliday avare de paroles, un peu vulgaire, assoiffé de reconnaissance et malade (« il n’a peur de rien car il n’a rien à perdre »), une Kate Elder putain jusqu’au bout des ongles, aucunement glamour et même affublée d’un vilain plombage… Mais en voulant aller trop loin dans la noirceur, le scénariste fait du Gunfight final un meurtre collectif prémédité par Wyatt Earp, ce qui est tout aussi abusif historiquement que celui, long et plein de suspense représenté par John Sturges dans son chef-d’œuvre de 1957. Comme on peut le constater, même Frank Perry n’a pas tout à fait respecté la vérité historique malgré ce qui nous avait été laissé entendre (de plus, Kate et Doc se connaissaient bien avant ; Virgil Earp était devenu Marshall et non son frère Wyatt…) et malgré sa volonté d’un plus grand réalisme. Mais enfin, pourquoi pas cette vision plutôt que celles de Ford ou de Sturges puisque ni les unes ni les autres ne correspondent pas plus à la réalité même s’il est vraisemblable que Frank Perry s’en rapproche d’un peu plus près ? Certes, rien à redire là dessus ! Source : http://www.dvdclassik.com/critique/doc-holliday-perry
Bonus :
   


Un film qui est sans aucun doute l'ancêtre de toutes les séries policières à tendances réaliste apparue ces dernières années de la plus ancienne Hill Street Blues ou à la récente et acclamée The Wire . Le film adapte un classique de la littérature policière The New Centurions de l'ancien policier passé écrivain Joseph Waimbaugh. L'expérience de ce dernier donnait à ces écrits une véracité crue et un style direct qui nous faisait vivre la réalité du terrain comme rarement. La transposition de Richard Fleischer suit fidèlement cette voie en nous faisant suivre le quotidien d'une patrouille de flics en uniformes dans les quartier chaud de LA. L'accent étant mis sur Roy, un jeune bleu joué par Stacy Keach et Kilvinsky, un vétéran chargé de le former incarné par le grand Georges C. Scott. Pas de vraie intrigue directrice si ce n'est le cheminement psychologique de Roy qui sous la houlette du charismatique Kilvinsky, se fait la main jusqu'à devenir littéralement "accro" à la rue et à son ambiance. Demandeur en sensation forte au point de délaisser sa famille, il faudra une blessure pour provoquer un premier traumatisme. Fleischer trouve le ton juste pour aborder tout ces thèmes, sans appuyer outre mesure et maintenant constamment le côté routinier de la vie de ses flics. Point d'héroïsme à attendre dans l'authenticité dégagé par les deux personnage principaux. Keach est excellent en flic perdant pied progressivement et Scott en vieux briscard comme chez lui dans la rue perd grandement de sa superbe quand la retraite venue il s'avère totalement inadapté à la vie de tout les jours.


   


L'ambiance urbaine sent bon l'asphalte et le bitume avec un Fleischer qui nous offre toutes les situations possibles auxquels peuvent être confronté ses flics de proximité : du plus sordide avec un bébé maltraité au comique pur avec un hilarant alpaguage de prostituée, en passant par la bavure policière où les opérations peu glorieuses comme la fouille de poubelles de bookmaker. Le livre de Joseph Waimbaugh (au passage à quand une vraie bonne réédition seule une poignée de ses oeuvres sont disponibles en France) offre un cadre narratif restreint laissant la part belle à la psychologie dans ce film en avance sur son temps et constamment passionnant. C'est cet aspect qui rend le film si singulier par rapport à d'autres polar "réalistes" de l'époque comme Serpico ou French Connection qui cédaient malgré tout à un certain spectaculaire ou à une dramaturgie plus marquée.


                             


Au rayon des rares défauts on reprochera peut être le côté elliptique qui ne fonctionne pas toujours (Keach sur le terrain en un clin d'oeil après avoir été grièvement blessé, l'échange entre Scott et la femme de Roy qui suppose qu'ils se sont déjà rencontré mais nous n'y avons pas assisté ) et que le tout s'avère un poil moins prenant passé le la disparition de Kilvinski. De plus le début du film laissaient à supposer à une trajectoire parallèle entre le perso de Keach et les deux autres bleu joués par Erik Estrada (futur héros de la série Chips ) et Scott Wilson et finalement cette idée ne sera reprise qu'à la toute fin en revenant sur la situation de chacun. Hormis ces broutilles, du très bon Fleischer, carré et efficace, et le final inattendu s'avère aussi bref que poignant. Source : http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2010/12/les-flics-ne-dorment-pas-la-nuit-new.html

mercredi 27 mai 2015

Gene Nelson

Gene Nelson est un acteur, réalisateur et danseur (occasionnellement chanteur) américain, né Eugene Leander Berg le à Astoria (Oregon), mort le à Los Angeles (Californie).Sous le nom de scène de Gene Nelson, il est acteur (voire danseur ou chanteur) dans vingt-quatre films américains — principalement au cours des années 1950 —, le premier étant La Fille du nord de Sidney Lanfield (avec Sonja Henie et Tyrone Power), sorti en 1939, comme figurant. Par la suite, mentionnons Escale à Broadway de David Butler (1951, avec Doris Day et S. Z. Sakall), Chasse au gang d'André De Toth (1954, avec Phyllis Kirk et Sterling Hayden) et Oklahoma ! de Fred Zinnemann (1955, avec Gordon MacRae et Gloria Grahame). Évoquons aussi le film britannique Timeslip (en) de Ken Hughes (1955, avec Faith Domergue). Son dernier film comme acteur est S.O.B. de Blake Edwards (avec Richard Mulligan et Julie Andrews), sorti en 1981. Toujours pour le grand écran, il est le réalisateur de six films américains sortis dans les années 1960, dont deux avec Elvis Presley, Salut, les cousins (en) (1964) et C'est la fête au Harem (en) (1965). Pour la télévision, il est acteur dans trente-huit séries à partir de 1954, la dernière étant Arabesque, avec un épisode diffusé en 1987


                   

Entretemps, il apparaît notamment dans Gunsmoke (trois épisodes, 1959-1960), L'Homme à la Rolls (deux épisodes, 1963-1964) et L'Île fantastique (un épisode, 1982). S'y ajoutent trois téléfilms, diffusés respectivement en 1960, 1972 et 1973. En outre, il est réalisateur sur quarante-huit séries, depuis L'Homme à la carabine (huit épisodes, 1961-1962) jusqu'à L'Île fantastique (un épisode, 1979). Citons également Jinny de mes rêves (huit épisodes, 1965) et La Nouvelle Équipe (dix-huit épisodes, 1968-1971). De plus, il réalise six téléfilms disséminés de 1964 à 1980, dont Wake Me When the War Is Over (1969, avec Ken Berry et Eva Gabor). Enfin, au théâtre, Gene Nelson joue à Broadway dans deux revues, la première étant This Is the Army en 1942, sur une musique d'Irving Berlin (avec Burl Ives et Gary Merrill). Notons sa participation à l'adaptation au cinéma sortie en 1943, sous le même titre original, de cette revue (réalisation de Michael Curtiz, avec George Murphy et Joan Leslie). Suit une seconde revue représentée de à , Lend an Ear (en) (avec Carol Channing et William Eythe). Puis il revient à Broadway pour la création de la comédie musicale dramatique Follies, sur une musique de Stephen Sondheim, jouée d' à , avec Alexis Smith et John McMartin. Enfin, il contribue à la reprise d'une seconde comédie musicale en 1974-1975, Good News (en)2 (avec Alice Faye et Stubby Kaye). Pour sa contribution au cinéma, une étoile lui est dédiée sur le Walk of Fame d'Hollywood Boulevard.



                             


Chasse au gang (Crime Wave ou The City is Dark) est un film policier américain réalisé par André De Toth, sorti en 1954
André De Toth suit, dans ce film, une voie proche du documentarisme, expurgée cependant de commentaires en voix-off. "Non seulement la photo, mais le jeu des acteurs, l'agencement des péripéties (...) concourent à communiquer cette impression de reportage que recherche l'auteur et pour laquelle il est prêt à dissimuler soigneusement son métier et son art." (Jacques Lourcelles, in "Dictionnaire du cinéma", Robert Laffont "Bouquins")
André De Toth illustre sa morale artistique en affirmant : "Je n'ai jamais voulu faire des films ; j'ai toujours cherché à présenter la vie. La vie dans une scène (...), la vie dans un personnage (ce qui le rend crédible ou mémorable). Et aussi j'avais des idées très arrêtées sur le casting. C'est d'ailleurs comme ça que j'ai donné leurs premiers rôles conséquents à des inconnus qui ont fait carrière après : Buchinsky (Charles Bronson) dans mes westerns et Crime Wave, Raymond Burr dans Pitfall, ou Walter Matthau dans The Indian Fighter". Les films noirs des années 40-50 ne déçoivent pas en règle générale. "Chasse au gang" fait partie de ces petits films policiers des années sombres que l'on redécouvre avec plaisir. André de Toth est connu pour la réalisation soignée de ses films, pour la plupart des séries B de bonne facture dont plusieurs westerns (Le cavalier traqué, La trahison du Capitaine Porter, La mission du commandant Lex…). Dans la cas présent, il met en scène un policier aux allures rogues (Sterling Hayden) mais efficace, qui se sert d'un ancien détenu affranchi (Gene Nelson) pour traquer une bande responsable de plusieurs méfaits et meurtres dans la région. On retrouve dans un petit rôle de malfrat un certain Charles Buchinsky (Bronson) qui fera par la suite une brillante carrière. Un film intéressant à découvrir ou à revoir. Sorti en 1954, "Crime Wave" d'Andrè De Toth est une petite rèussite et a fortement influencè un certain Jean-Pierre Melville! 



            


La scène d'ouverture dans la pompe à essence donne le ton: ce sera un film noir qui se tourne vers une trame plus structurèe et plus audacieuse, avec un tournage en extèrieurs et un vif intèrêt pour le crime organisè et sa lutte fèroce contre les autoritès! Avec des gueules (Ted de Corsia, Charles Buchinsky alias Charles Bronson...) dont Sterling Hayden, ce gèant qui suce un cure-dents a un visage aussi tragique que celui de Robert Ryan! Tout comme lui, il a le physique d'un idèaliste meurtri! Avec sa photo en noir et blanc rèaliste qui joue pas mal avec les ombres et les lumières, le rèalisateur relate avec brio une histoire tout ce qu'il y a de plus normale et brutale d'une guerre quasi permanente entre policiers et gangsters! Le film est court mais De Toth va à l'essentiel! C'est bien là le principal... 



               


Les films noirs des années 40-50 ne déçoivent pas en règle générale. "Chasse au gang" fait partie de ces petits films policiers des années sombres que l'on redécouvre avec plaisir. André de Toth est connu pour la réalisation soignée de ses films, pour la plupart des séries B de bonne facture dont plusieurs westerns (Le cavalier traqué, La trahison du Capitaine Porter, La mission du commandant Lex…). Dans la cas présent, il met en scène un policier aux allures rogues (Sterling Hayden) mais efficace, qui se sert d'un ancien détenu affranchi (Gene Nelson) pour traquer une bande responsable de plusieurs méfaits et meurtres dans la région. On retrouve dans un petit rôle de malfrat un certain Charles Buchinsky (Bronson) qui fera par la suite une brillante carrière. Un film intéressant à découvrir ou à revoir. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-8511/critiques/spectateurs/
Bonus en V.O.


                  


Dans le domaine du "Broadway Musical", Oklahoma fut la première collaboration entre le compositeur Richard Rodgers et le librettiste Oscar Hammerstein II. A cette occasion, le duo entama une carrière pas spécialement prolifique mais d’une rentabilité ahurissante. Les autres titres de gloire de leur coopération - tous adaptés ensuite au cinéma - furent State Fair (La Foire aux Illusions), South Pacific, Carousel et surtout, plus connus dans nos contrées, Le Roi et moi - The King and I (rendu célèbre par l’interprétation de Yul Brynner sur grand écran) ainsi que La Mélodie du bonheur (The Sound of Music) somptueusement mis en scène au cinéma par Robert Wise avec dans le rôle principal Julie Andrews. Ces six comédies musicales rapportèrent aux deux homme une fortune ; elles sont toujours constamment jouées, Oklahoma demeurant la plus appréciée du public américain. La première du spectacle sur Broadway eut lieu le 31 mars 1943 ; il fut ensuite joué 2 243 fois sans interruption cinq années durant dans la même salle jusqu’au 29 mai 1948 ! Il faudra attendre My Fair Lady en 1956 pour que ce record soit battu. En 1944, le duo obtint un prix Pulitzer spécial pour son œuvre. La comédie musicale d’origine, sur les planches, eut pour metteur en scène non moins que Rouben Mamoulian et pour interprètes Alfred Drake, Howard Da Silva et Celeste Holm. Devant ce succès retentissant, la plupart des grands studios hollywoodiens essayèrent d’acquérir les droits pour l’adaptation cinématographique mais même la toute-puissante MGM (la reine en la matière) n’y réussit point.




S’inquiétant de plus en plus de l’émergence grandissante de la petite lucarne dans les foyers américains, le producteurs de film ne chôment pas pour trouver des idées afin de continuer à attirer un public toujours plus nombreux dans les salles. Après la 3D et le Cinémascope, ils voient encore plus grand et, parallèlement au Cinérama, c’est le Todd-AO qui fait son apparition. Oklahoma est le premier film à avoir été tourné à l’aide de cette technique exploitant un format de pellicule de 70 mm. Ce sera également un des seuls avec aussi Le Tour de monde en 80 jours de Michael Anderson, car non seulement le procédé était couteux mais il fallait également que toutes les salles soient rééquipées à neuf avec projecteurs 70mm, optiques adaptées et écrans incurvés. Ce système au rendu parait-il impeccable (aussi bien de l’image que du son) ne fut donc que très peu exploité. 

                  


Techniquement, alors que le Cinérama nécessitait trois caméras et trois projecteurs (avec deux bandes verticales trop visibles en projection, on se souvient de La Conquête de l’Ouest par exemple), le Todd-AO n’utilisait qu’une seule caméra équipée d’un unique objectif. Son format de projection est moins large que le 2.35 et que le 2.55 du Cinémascope d'origine, à savoir 2.20, une partie plus importante que la moyenne (en l’occurrence 5 mm) étant dévolue aux pistes sonores qui pouvaient s’élever au nombre de six. Comme les deux premiers films qui ont bénéficié de cette nouvelle technique (ceux évoqués ci-dessus) devaient être projetés à la vitesse de 30 images par seconde et que le parc de salles pour les accueillir était très restreint (seulement une quarantaine étaient équipées), ils ont nécessité d'être tournés en parallèle en Cinémascope afin de pouvoir être massivement distribués. Quoi qu’il en soit, la première projection en Todd-AO fut donc celle d'Oklahoma et elle eut lieu le 11 octobre 1955 au cinéma Rivoli de New York. Le succès fut au rendez-vous et ne s’est jamais démenti depuis (aux USA). Source : http://www.dvdclassik.com/critique/oklahoma-zinnemann

mardi 26 mai 2015

Jimmy Giuffre

Jimmy Giuffre est un musicien de jazz américain né le à Dallas au Texas et mort le à Pittsfield, Massachusetts. Il joue de nombreux instruments : clarinette, flûte, saxophone.
Il a joué avec Woody Herman, et il a aussi composé pour lui, notamment le morceau Four Brothers créé en 1947 par la légendaire section de saxophonistes (Sam Marowitz, Herbie Steward, Stan Getz, Cohn, Sims, Chaloff) du big band de Woody Herman. Musicien phare du mouvement West coast auquel il donne de nombreuses compositions dans les années 1950, il développe parallèlement des expérimentations en petites formations, quartettes ou trios sans piano. Giuffre enregistre sous son nom de 1956 à 1958 chez Atlantic et de 1959 à 1961 chez Verve.
En 1961, il forme un trio avec le pianiste Paul Bley et le bassiste Steve Swallow et surprend son public en basculant sans transition dans un free jazz très personnel. Très peu d'enregistrements de cette période sont disponibles. Malgré le peu d'impact et de succès à l'époque, ce trio a eu une influence considérable sur les musiciens de jazz contemporains, en particulier européens, qui le citent comme une référence, par exemple Evan Parker. 



                             

C'est en particulier l'un des premiers trio sans batterie, ce qui renouvelle complètement l'esthétique, en ouvrant l'espace sonore au lyrisme, aux harmonies étalées, et aux interactions entre musiciens, la mélodie et l'harmonie deviennent ainsi prédominantes sur le rythme. Bien qu'influencée par Lennie Tristano ou George Russell, la musique du trio de Jimmy Giuffre est sans commune mesure avec la musique de l'époque, loin des fureurs d'Ornette Coleman, John Coltrane ou de Cecil Taylor, l'exploration que fait le trio de l'harmonie, la mélodie et le rythme pave la voie vers les développements futurs des Musiques improvisées, et du jazz européen, et en particulier un « jazz de chambre » proche de l'esthétique ECM, notamment dans les albums Fusion et Thesis.



                             

Avec l'album Free Fall, le trio de Giuffre bascule vers l'improvisation totale. Bien que l'une des premières expérimentations en la matière, la musique est restée fraiche et radicale. Steve Swallow rapporte toutefois que le trio s'est dissous une nuit où ils gagnèrent chacun 35 cents, dans le café New Yorkais où ils jouaient… Cette anecdote illustre les difficultés de compréhension de la part du public auxquelles ils durent faire face.
Il s'ouvre ensuite dans les années 1970 aux influences de la musique orientale puis de la musique électronique sous des labels indépendants (Choice, Crazy Heart Star, Soul Note). Reformant en 1989 le trio légendaire de 1960, il donne de nombreux concerts en France au début des années 1990 avant de s'arrêter, atteint de la maladie de Parkinson, en 1996.


                             

Ce sont les albums "Fusion" et "Thesis" du trio de Jimmy Giuffre avec Paul Bley et Steve Swallow en 1961 qui déclenchèrent la passion pour le jazz de Manfred Eicher, le patron du label ECM. Et sa vocation de producteur en approchant le jazz en petite formation exactement comme une musique de chambre…
Que Jimmy Giuffre ait ainsi pu être involontairement à la source d'une multitude de chefs d'œuvres depuis les années 70 témoigne bien de son statut : un musicien à contre-courant, largement sous-estimé (sauf par tous les clarinettistes de la planète jazz) et constamment en recherche d'expérimentation. Dilatation de compositions  embryonnaires, prééminence de l'échange dans le discours collectif, audace dans les traits d'improvisation, dans les timbres sollicités, liberté rythmique en s'affranchissant souvent de la présence d'un batteur…


                                    


Jimmy Giuffre fut un précurseur sans discours théorique. Né à Dallas (en 1921), mais issu de la West Coast, il mena dans les années 50 et 60 une sorte de révolution de velours vis à vis des codes dominants du jazz. Faisant dans la dentelle en pleine hégémonie hard bop et dans le clair obscur lors de la tonitruante vague free. L'élégante douceur et la fluidité de ses inventions ont su convaincre Shorty Rodgers, Shelly Manne, Bob Brookmeyer, Jim Hall, Paul Bley ou Steve Swallow de converser avec lui et ont fini par apparaitre comme intemporelles.
Entre 1963 et 72, il n'enregistre aucun disque, se consacre à l'enseignement et donne quelques rares apparitions en club. Avec ces deux concerts inédits de 1965 à New York, agrémentés d'un livret de 28 pages, c'est donc un document de premier plan que dévoilera le 10 juin Elemental Music (dist. Distrijazz) sous la houlette de Zev Feldman (qui avait déjà participé à l'édition des inédits de Bill Evans ou Wes Montgomery chez Resonance Records). Source : 
http://www.francemusique.fr/emission/open-jazz/2013-2014/jimmy-giuffre-joue-frais-les-inedits-de-1965-05-23-2014-18-02