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dimanche 5 avril 2015

Stewart et Jean

Adam and Evelyn est un film qu'on retient surtout pour être celui de la rencontre (même s'ils s'étaient croisé sur le César et Cléopâtre de Gabriel Pascal) et du coup de foudre entre Stewart Granger et Jean Simmons. Leur liaison demeurera un temps secrète Granger étant marié mais ils s'uniront dès l'année suivante pour former un des couples les plus emblématique du cinéma des 50's. Adam and Evelyn mérite cependant bien plus d'intérêt que ces seuls éléments annexes et constitue une assez charmante et inventive comédie romantique. 
L'intrigue joue habilement sur la différence d'âge entre les deux stars. Stewart Granger est un séduisant célibataire gagnant sa vie par le jeu clandestin lors de parties organisées chez lui ou ses partenaires. Lorsqu'un de ses amis jockey meurt accidentellement, ce dernier lui demande de s'occuper de sa fille Evelyn (Jean Simmons) qu'il n'a jamais vue mais avec qui il correspondait dans l'espoir de la faire quitter l'orphelinat. Il omet cependant un détail avant de mourir, c'est d'avouer qu'il a emprunté le nom et envoyé la photo de Granger pour apparaître sous un jour plus avantageux à sa fille. Ce dernier a donc droit à une sacrée surprise lorsque cette dernière le prend pour son père lors de sa visite, il n'aura pas le cœur de lui avouer et l'emmènera vivre avec lui maintenant ainsi le quiproquo.
Le film s'avère très distrayant dans la confrontation entre ce viveur oisif à l'ironie constante et cette jeune fille jamais sortie de son orphelinat. L'alchimie entre le distancié Granger et une Jean Simmons charmante d'innocence est parfaite et les situations amusante (Simmons habituée aux horaires d'orphelinat qui réveille Granger aux aurores, une promenade dans Londres filmée du point de vu des pieds où Granger exténué a la marche de moins en moins assurée face aux pas alerte de Simmons) alternent à d'autres plus sensible par le regard toujours émerveillé de la jeune fille. Jean Simmons qui malgré son jeune âge avait déjà amorcé un virage vers des personnages plus féminin et séduisant (Le Narcisse Noir, la première version du Lagon Bleu voire même Les Grandes Espérances) joue pourtant à plein de ce côté très enfantin par ses attitudes, son allure timorée, ses couettes et candeur charmante.


       
   


Ce choix ne rend ainsi que plus grand le contraste de la seconde partie où on retrouve Evelyn deux ans plus tard, désormais femme, sûre d'elle et attirante. Nombre d’autres productions aurait tenues un film entier sur la simple idée du pitch de départ mais il en va différemment ici. Après le début si enlevé, French instaure un climat plus feutré et teinté de non-dit où se devinent progressivement l'attirance entre Evelyn et son tuteur. Les acteurs sont à nouveaux formidable notamment Granger lors de sa réaction face une Evelyn transformée après une longue absence, sa jalousie contenue face à la séduction de son frère fourbe Roddy (Raymond Young) et les efforts qu'il fait pour nier une attirance coupable. Le script inverse d'ailleurs remarquablement les positions de chacun. 


                               

Après avoir involontairement fait d'une fille innocente une femme capable de le séduire, c'est au tour de Granger de se plier malgré lui à l'image respectable que Jean Simmons se fait de l'homme qu'elle aime. Tout cela se fait sans rebondissements spectaculaire (et même celui qui conclut est traité plutôt sobrement) au détour de séquences en apparences anodines mais chargée de sens. Les seconds rôles contribuent largement à cette finesse notamment Helen Cherry en amante de Granger tiraillée par la jalousie.
Harold French déploie une mise en scène plutôt fonctionnelle entièrement au service des acteurs mais sait conférer un rythme soutenu à son film dont les 88 minutes filent à toute vitesse. Une bien plaisante romance donc qui sans être leur meilleur film en commun témoignait déjà du bel attrait de Jean Simmons et Stewart Granger réunis à l'écran.
Source : http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2011/11/adam-and-evelyn-harold-french-1949.html




Des pas dans le brouillard (Footsteps in the Fog) est un film britannique réalisé par Arthur Lubin, sorti en 1955.
Un redoutable thriller remarquablement équilibré dans toutes les directions qu'il prend. La première scène donne le ton avec une scène d'enterrement où le veuf joué par Stewart Granger semble terriblement accablé. Rentrant péniblement sous une pluie battante dans la vaste demeure désormais vide nous le voyons de dos contempler le portrait de la défunte, avant qu'un plan sur son visage ne nous dévoile un triomphal sourire de satisfaction. Le récit (adapté d'une nouvelle de W. W. Jacobs) tourne autour de la relation amour/haine entre le veuf assassin et sa servante jouée par Jean Simmons qui après avoir démasqué son maître le soumet à un odieux chantage. Les motifs des deux personnages à leur actes répréhensibles semble les même, l'argent et la réussite sociale. Granger s'est marié pour la fortune de sa femme et l'a tué pour en profiter seul tandis que Simmons soustrait différent avantages matériels et de statut en échange de son silence. Les échanges entre les deux sont d'ailleurs très mordant dans un premier temps avec un festival de dialogue à double sens et d'allusions macabres. La servante a pourtant comme seul but de rester proche de son maître dont elle est amoureuse et qu'elle va sauver du désastre à plusieurs reprise lorsque la suspicion se fera ressentir. 




Jean Simmons délivre une prestation brillante avec son personnage froid et déterminé, usant de tout les moyen pour ne pas être séparé de Granger mais qui s'avère touchant de naïveté et de soumission dans l'adoration qu'elle lui porte. Au contraire ce dernier semblant incarner l'insensibilité des classe aisée s'avère un redoutable manipulateur, impulsif et froid. L'alchimie entre Granger et Simmons (mari et femme à l'époque) fait merveille dans cette relation aux multiples contradictions mêlée de lutte des classes. C'est aussi un remarquable thriller, tendu à souhait  notamment la séquence justifiant le titre qui délivre un meurtre saisissant et brutal dans la brume londonienne. 


                 


Derrière chaque sourire où geste tendre se dissimule le calcul et les arrières pensées même si sa dualité Jean Simmons s'avère une nouvelle fois la plus émouvante comme le montre la conclusion redoutable et tragique à la fois. Un vrai plaisir pour les yeux aussi, avec des intérieurs splendide (notamment la demeure de Granger qui renforce le côté Cluedo du film) et une photo magnifique de Christopher Challis bien connu pour son travail sur certains des plus somptueux Powell/Pressburger. Source : http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2010/07/des-pas-dans-le-brouillard-footstep-in.html

1 commentaire:

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