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samedi 25 avril 2015

Salaire et Convoi

Le Salaire de la peur est un film franco-italien réalisé par Henri-Georges Clouzot, adapté du roman éponyme de Georges Arnaud et sorti en salles en 1953. C'est l'un des seuls films de l'histoire du cinéma à avoir remporté la même année la Palme d'or du Festival de Cannes et l'Ours d'or au Festival de BerlinDu film de Clouzot, on retient toujours la partie thriller, où quatre « morts qui marchent » convoient deux camions chargés de nitroglycérine. Mais, avant, Clouzot se paie le luxe d'une introduction d'une heure à Las Piedras, bled putride d'Amérique du Sud où croupissent des épaves de toutes nationalités. Son implacable réalisme noir est dans ce premier enfer, cette prison à ciel ouvert et plombé. Dire que c'est en Camargue que Clouzot a réussi à créer de toutes pièces cette atmosphère viciée de bout du monde... Pour une poignée de dollars, Mario, Jo, Luigi et Bimba acceptent donc la mission suicide proposée par une cynique compagnie pétrolière. Sur la route, Clouzot se délecte de l'inversion des rapports entre Mario (Montand) et Jo (Vanel), son aîné. Plus le caïd se ­dégonfle, plus le jeunot le maltraite, l'humilie. Sado-masochisme cher au réalisateur des Diaboliques. En Mario, personnage bestial et complexe, Yves Montand trouvait son premier grand rôle. En face de lui, en vieil animal blessé, Charles Vanel est époustouflant. On pense à Camus, à sa vision de l'homme : un condamné à mort lucide qui trouve dans le défi une raison d'avancer, d'exister. Guillemette Odicino.
Film psychologique puis road movie dans sa seconde partie, le film étudie les rapports de domination entre Mario et Jo. Le premier admire d'abord le second qu'il prend pour un dur avant de le voir s'effondrer durant le voyage.
Le fin du film est un constitué d'un des plus célèbres montages alternés entre la danse de Linda à Las Piedras attendant Mario qui revient vers elle, et celui-ci qui écoute la même valse du Beau danube bleu de Johann Strauss dans son camion. Les deux fois treize segments alternés sont de plus en plus brefs et les axes de caméra de plus en plus desaxés.



   

"Le Salaire de la peur" fut à l'èpoque l'un des films les plus chers du cinèma français! Grand Prix international du festival de Cannes 1953 et prix d'interprètation masculine pour Charles Vanel, ce terrible suspense retrace le pèriple infernal de quatre aventuriers à bord de deux camions remplis de nitroglycèrine! C'est aussi une rèflexion sur la dignitè du travail humain où Yves Montand et Charles Vanel se montrent extraordinaires d'un bout à l'autre! A la base, un roman qui a fait le tour du monde, celui de Georges Arnaud! Un livre de sang, de sueur et de mort...A l'arrivèe un film humain et intense des annèes 50 avec 500 kilomètres de routes chaotiques, d'incidents de parcours et de bain empli de pètrôle! La mise en scène d'Henri-Georges Clouzot maintient une atmosphère poisseuse avec une histoire qui nous prend aux tripes immèdiatement! Entre les virages à nègocier et un crescendo d'atmosphère terriblement lourde, le film est traversè par des paysages âpre et sauvage! Chef d'oeuvre de duretè et de moiteur, personne n'oubliera la scène èprouvante, dans une mare de pètrole, d'un Vanel noir et visqueux! Telle est la poètique du risque salariè... 



                

Dernièrement j'ai eu envie de redécouvrir « Le salaire de la peur ». Je me souvenais l'avoir vu tout gosse et avoir été très marqué par ce film d'aventure pour le moins explosif. Bien sûr, j'étais conscient qu'il aurait sans doute beaucoup vieilli, plus de 60 ans après sa sortie ! Tant pis, je me lance et la première demi-heure confirme mes craintes. C'est un peu long et on peine à rentrer dans l'histoire jusqu'au moment où les 4 protagonistes entrent dans leur camion et là... La magie opère, la tension monte rapidement et ne cesse qu'avec le mot FIN. Ce monument d'angoisse qui a donné le ton à tous les films de suspense qui ont suivi a bien prit des rides mais il n'en est que plus beau. On tremble avec les deux équipages dans ces paysages moites et oppressants. La scène culte dans la mare de pétrole restera sans doute comme une des plus angoissantes jamais tournée. Les acteurs sont incroyables de talent et de justesse et participent largement à la réussite de l'ensemble. Au final, la palme d'or 1953 à vraiment de beaux restes, les amateurs de films à haute tension devraient se rapprocher du rayon « grands classiques » de leur vidéothèque préférée. 


                 

Dans de magnifiques paysages, le réalisateur film un combat épique entre quatre hommes pour qui le résultat final sera la liberté...Ou la mort!!! A partir d'une trame assez simple, t parvient à tenir en haleine le spectateur et maintient une tension palpable du début à la fin. Impossible de quitter son fauteuil tant le stress est a son comble et qu'à tout moment un rebondissement peut survenir. Les acteurs sont au diapason d'un scénario qui donne la part belle aux hommes et à l'amitié virile; Et nous ressentons en même temps que ces hommes, la chaleur du soleil, l'odeur du cambouis, le sable qui brule les yeux et les bouteilles de nitro qui s'entrechoquent...Alors on vit, on souffre et on meurt avec eux!!! Source :http://www.allocine.fr/film/fichefilm-2513/critiques/spectateurs/recentes/?page=4


   


Le remake du Salaire de la peur  par un William Friedkin à l'époque auréolé de succès (les cinq Oscars de French Connection, L'Exorciste), des acteurs incroyablement bons dans leur rôle, des scènes à couper le souffle... Sur le papier, tout aurait dû faire du Convoi de la peur une claque esthétique dont le public ne se serait pas remis. Oui mais voilà, le sort en a décidé autrement et le film, pourtant magistral, a été une longue descente aux enfers pour l'équipe. Récit d'un tournage pour le moins chaotique, avant la diffusion du film ce soir sur Arte. En 1975, alors qu'on lui demande quels films l'ont inspiré, William Friedkin cite spontanément deux réalisations d'Henri-Georges Clouzot : Les Diaboliques et Le Salaire de la peur. "J’ai commencé à réfléchir à une nouvelle version du Salaire de la peur, pas un remake, mais un film basé sur les prémisses : quatre hommes, des fugitifs, complètement fauchés et désespérés, étrangers dans un pays lointain, sont embauchés pour conduire deux camions contenant des caisses remplies de nitroglycérine qui doivent servir à éteindre un incendie dans des puits de pétrole situés à plus de trois cents kilomètres et, pour ce faire, doivent traverser des paysages impitoyables. Mon film aurait des personnages totalement différents de ceux du film de Clouzot. Il serait aussi plus réaliste, avec “l’approche documentaire” qui avait fait ma renommée", décrit-il dans son autobiographie, Friedkin Connection.  Les droits rachetés et Clouzot prévenu d'une nouvelle version de son film, Friedkin, accompagné du scénariste Wally Green, ébauche les premières lignes du script. Influencés par l'univers mystique du roman Cent Ans de Solitude, les deux compères imaginent quatre prologues pour le film - un pour chaque personnage - et font leurs premiers repérages en Equateur. La production est réticente. "Tu vas te faire tuer là-bas ! On ne pourra jamais avoir d'assurance couvrant un tournage dans un endroit pareil !" Evidemment, ce n'est pas ce qui va arrêter l'intrépide Friedkin.


           



“Avant d’avoir un script, j’ai présenté le projet à Steve McQueen, qui m’encouragea à l’écrire pour lui. Armé de son accord de principe, j’ai envoyé le script à la plus grande star italienne, dont les films étaient populaires partout. Marcello Mastroianni accepta le rôle de Nilo, le tueur à gages. Ensuite, j’ai pris contact avec Lino Ventura, une des plus grandes vedettes du cinéma français, pour lui proposer le rôle de Victor, l’agent de change/escroc.” A ce casting quatre étoiles s'ajoute un acteur marocain, Amidou, vu dans les films de Lelouch. A la lecture du scénario, McQueen, enthousiaste (la légende veut qu'il n'ait jamais lu de script aussi bon), veut que Friedkin écrive un rôle pour sa nouvelle conquête, l'actrice Ali MacGraw. Mais Friedkin ne démord pas : il n'y aura pas de femme dans son film. "Comme un imbécile, j’ai refusé. Je ne savais pas, à l’époque, ce que j’ai compris ensuite : un gros plan de Steve McQueen vaut plus que les plus beaux paysages de la planète. Il se retira du projet à contrecoeur.” 




                             


McQueen out, c'est Lino Ventura qui freine le pas. Jamais deux sans trois : Marcello Mastroianni, récemment divorcé de Catherine Deneuve, sait qu'il ne verra pas sa fille Chiarapendant de longs mois s'il signe. Le choix est vite fait, il refuse également. Même Robert Mitchum, approché, ironise sur la situation : "Pourquoi diable voudrais-je aller en Equateur pendant deux ou trois mois pour tomber d'un camion ?"
"Les présages étaient clairs mais j'ai continué de m'enfoncer". Malgré tout, le casting finit par prendre forme. C'est Roy Scheider, révélé dans French Connection et Les Dents de la Mer, qui aura le premier rôle, bien qu'il garde un goût très amer de ses précédents échanges avec Friedkin (qui lui refusa le rôle du père Karras dans L'Exorciste). Bruno Crémer (futur Maigret) prendra la place de Ventura, et Francisco Rabal (qu'il voulait initialement dans French Connection), celle de Mastroinanni.




                            


Finalement, le film sera tourné essentiellemet en République Dominicaine, avec des prologues à Paris, Jérusalem et dans le New Jersey. "Le film devint une obsession." Evidemment, les emmerdes continuent. L'un des prologues met en scène le braquage d'une église. “C’était un plan spectaculaire dans le film, mais il nous fit prendre du retard sur notre planning ; c’était le premier d’une longue série de pépins du même genre." Les pellicules sont envoyées à Los Angeles pour être dérushées, retardant l'heure des premiers retours. Ils sont sans appel : l'image est trop sombre, il faut changer de chef opérateur et retourner des scènes. Intoxications alimentaires, gangrène, malaria terrassent l'équipe technique. Le tournage annonce celui, deux ans plus tard, d'Apocalypse Now de son ami Francis Coppola.
Et puis il y a LA scène. Celle sur laquelle repose tout le film et qui résume bien l'enfer qu'il représente. “La scène la plus importante du film et la plus difficile que j’ai jamais entrepris de tourner est la séquence du passage du pont, dans laquelle les deux camions doivent, l’un après l’autre, traverser un vieux pont suspendu en bois qui s’avère être complètement instable. (...) Chaque camion, quand il effectuait sa traversée, était attaché au pont par des filins invisibles, ce qui faisait qu’il tanguait mais ne pouvait pas chavirer. Cela, c’était en théorie. Bâti pour un million de dollars, le pont mit trois mois avant d’être fini et était totalement réaliste, mais sa construction était une entreprise folle et dangereuse.”  Source : http://www.programme-tv.net/news/cinema/61718-convoi-de-la-peur-chef-oeuvre-maudit-friedkin-arte/

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