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mardi 7 avril 2015

Paul Misraki

Auteur-compositeur qui collabora avec Ray Ventura et Charles Trenet, entres autres, Paul Misraki connut une longue et prolifique carrière remplie de grands succès, devenus aujourd’hui immortels.
Né à Constantinople, mais d’origine française, en 1908, Paul Misraki suit des études classiques, puis se destine aux assurances Maritimes. Parallèlement, il suit des cours de musique avec Charles Koechlin. En 1930, il entre dans l’orchestre de Ray Ventura, rencontré au lycée Janson de Sailly, en tant que pianiste et orchestrateur.
 Pour le groupe dont il fait partie, il compose ses premières chansons dont Tout va très bien, madame la marquise (1934). Ce premier succès est bientôt suivi par d’autres comme Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine (1936), Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux (1937), Sur deux notes (1938), Tiens tiens tiens (1939), Maria de Bahia (1945), Insensiblement (1946), Comme tout le monde (1948) et À la mi-août (1950).
Parallèlement, le compositeur signe Venez donc chez moi, en 1935, chanson enregistrée par Jean Sablon et Lucienne Boyer, entre autres. Le premier enregistre également Vous qui passez sans me voir (1936), chanson dont les paroles sont de Charles Trenet. D’ailleurs, le compositeur collabore également avec Charles sur Je chante et Pigeon vole (1937). En 1939, Danielle Darrieux chante Dans mon coeur. La comédienne-chanteuse récidive en chantant Au vent léger et Une charade.


                              

Pendant les années quarante, Paul Misraki est interprété par Reda Caire (Le petit souper aux chandelles, 1942, repris plus tard par Henri Salvador et Serge Lama), Rina Ketty (Rendez-moi mon coeur), Jean Lumière (Le bateau de pêche), Fernandel (Ali Baba et les quarante voleurs, Tante Laura), Pills et Tabet (Sur deux notes, 1940, chanson également chantée par Ray Ventura et Aimé Doniat), Tino Rossi (Soir espagnol), Georges Milton (Ne courez pas après les femmes, 1940) et André Dassary (Tourbillon (Un amour sans chagrin)).
Pendant l’occupation, sa famille étant d’origine juive, l’auteur-compositeur doit s’exiler en Amérique du Sud, puis à Hollywood. Là-bas, il crée plusieurs comédies musicales dont Si Eva se hubiese vestido (Si Ève avait été vêtue). Il faut dire, qu’en 1936, il avait créé avec beaucoup de succès Normandie, qui fut jouée aux Bouffes-Parisiennes.
À la libération, il revient en France où il poursuit sa carrière dans la chanson, mais aussi dans l’opérette. Il compose également des musiques de films (qui donnent souvent lieu à des chansons). Parmi les interprètes de cette époque, figurent Édith Piaf (C’est la moindre des choses, Sur une colline) et Renée Lebas (Messieurs les journalistes, 1948).
Cependant, il faut attendre les années cinquante pour que la carrière de l’auteur-compositeur connaisse un formidable renouveau. La décennie commence avec Suzy Delair qui devient presque une interprète fétiche : J’aime l’accordéon (1950), Y’a pas trois moyens (1950, aussi chanté par Joséphine Baker), Un baiser qui n’en finit plus (1953) et surtout Tu ne peux pas te figurer (1951). Cette dernière chanson sera également chantée par Lucien Jeunesse et Jacqueline François.


                               

Après avoir signé des chansons pour Miguel Amador (Sans l’amour de toi), André Claveau (Flâner tous les deux, 1951, Joue pour moi, 1955), Lucienne Delyle (La valse des orgueilleux), Henri Genès (Oasis de l’Arabie, 1954), Les Frères Jacques (Complainte mécanique, 1952, La marquise a dit), Juliette Gréco (La châtelaine du Liban, 1956, Mon cœur n‘était pas fait pour ça), Luis Mariano (C‘est l‘amour, 1956, Chiens perdus sans collier, 1956), Eddie Constantine (Dis-moi quelque chose de gentil, 1957), Colette Renard (Elle lisait Marie-Claire, Le bateau de pêche, reprise de la chanson créée par Jean Lumière) et Yves Montand (La tête à l’ombre, 1954, Flâner tous les deux, 1960),  Paul Misraki se retire de la chanson et se consacre à la littérature.
Il revient néanmoins à l’occasion à la chanson. Ainsi, Pétula Clark reprend Chez moi et Sur deux notes, en 1971. L’auteur-compositeur signe cependant de nouvelles chansons pour Les Parisiennes (J’ai besoin de vous, 1968), Hervé Vilard (Toi tu es comme les roses, 1970) et Nicoletta (Les volets clos, 1974).
En octobre 1998, Paul Misraki nous quitte laissant derrière lui des milliers de chansons, plus de 150 musiques de films, des musiques de théâtre, ainsi que quelques romans et essais. Bref, un homme aux multiples talents dont on n’a pas fini d’entendre parler tant il a marqué la chanson française du vingtième siècle.
Tout va très bien madame la Marquise est une comédie film français réalisée par Henry Wulschleger, sortie en 1936.
Quel spectacle!j'étais complètement sidéré devant autant de naïveté,de gentillesse et de bonne humeur.Nöel-Nöel est extraordinaire de décontraction et de naturel,on a l'impression qu'il ne joue pas et qu'il ne peut rien lui arriver de grave tant il prend la vie à la limite du demeuré mental.Une question:qui peut-aujourd'hui s'intéresser à ce film ,quel jeune peut-le comprendre et en parler? Décidément il n'y a que le cinéma et ses films du passé pour nous surprendre encore...La note est bien difficile à mettre tant parfois on frise le ridicule sans jamais tomber dans le burlesque.Merci une fois de plus à René Chateau. 



   

Remis en selle par le succès de Quai des Orfèvres après les remous provoqués par Le Corbeau, Clouzot enchaînait avec ce fort étrange film qu'est Manon. Si on devine que le contenu de Manon dû faire grincer quelques dent, on ressent grandement la différence avec Le Corbeau sorti sous l'Occupation où l'écho contemporain du propos sur la calomnie et la délation bien qu'explicite évitait les allusions directes au contexte. Clouzot transpose ici le roman L’Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut dans une France au lendemain de la Libération.L'intérêt est donc de voir en arrière-plan de la relecture du récit classique le portrait peu reluisant que le réalisateur fait du pays. Les bas-instinct et les rancœurs longtemps contenues explosent dès la sordide scène de lynchage dont réchappe Manon mais dont nous seront néanmoins témoin de la violence, à distance avec d'autres femmes du village promenée nues et tondues. Lorsque le couple Degrieux/Manon s'enfuit à Paris, le visage de la capitale semble tout aussi vicié par le passage des allemands. Les profiteurs enrichi du marché noir circulent librement et flambent au grand jour tandis que le reste de la population végète. A l'image du personnage corrompu de Serge Reggiani, les magouilleurs à la petite semaine sont également plus préoccupés par leur réussite personnelle dans des affaires douteuse que par la reconstruction du pays.Tous ses éléments se définissent à travers la tumultueuse relation entre Manon et Degrieux. Dès le départ, l'équilibre du couple semble ténu entre la candeur romantique et une vraie noirceur. Outre la rencontre déjà discutable où Degrieux sauve Manon du lynchage, la scène de coup de foudre est trop soudaine (et plus semblable à du désir qu'à de l'amour) et maladroite, Clouzot exprimant d'emblée la fragilité de cette relation par le regard inquisiteur des figures religieuse de l'église où a lieu cette première étreinte. Enfant de l'Occupation qui a connu la pauvreté et les privations (et dont il est sous-entendu qu'elle a frayée avec des soldats allemands), Manon (Cécile Aubry) veut désormais tout et tout de suite.


   

L'argent, les fêtes, les beaux appartements et la grande vie quitte à trahir plus d'une fois l'homme qu'elle aime. Degrieux représente aussi une forme de renoncement puisque ancien résistant, il reniera ses principes et tout amour propre par sa folle passion pour Manon dont il doit assurer le train de vie pour ne pas la perdre. C'est un Paris des bas-fonds, vivace avant-guerre et le seul à prospérer sans changer ses habitudes qui est montré là entre maisons closes luxueuses, séduction des uniformes au pouvoir par intérêt les officiers américain remplaçant les allemands, trafics de vin et cigarettes toujours aussi vivace. Clouzot dresse un portrait cinglant de cette population qui semble mieux accepter ce regard sans concession au vu de l'accueil critique du film, Lion d'or à Venise et lauréat du Prix Méliès en France.


                               

Si la toile de fond est passionnante, on ne peut en dire autant de la trame principale. Le scénario ménage tout ce qu'il faut d'ambiguïté, de romantisme sincère et de cruauté mais ne captive pas la faute au manque de charisme des interprètes. Michel Auclair exprime une vraie fragilité mais son jeu est trop unilatéral et monolithique pour susciter un vrai intérêt. Pour le coup Serge Reggiani parfait en grand frère escroc aurait bien mieux su pousser la nature pathétique et humiliante de Degrieux. Pour Manon il aurait également fallut une actrice captivante capable d'égale manière d'exprimer la fragilité et l'égoïsme du personnage, détestable et attrayante à la fois... Source et suite : http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2012/01/manon-henri-georges-clouzot-1949.html

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