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lundi 13 avril 2015

Mayerling


"Mayerling" est un film d'Anatole Litvak et avec pour vedettes Charles Boyer et Danielle Darrieux. Litvak est un espèce de globe-trotters du cinéma, originaire de Kiev, il commence par assister différents réalisateurs sur des tournages en Russie. L’apprenti réalisateur rejoint  Berlin où il tourne quelques films, avant d’être contraint de partir pour Paris. Alors qu’il exerce comme réalisateur à Paris dans les années 1930, le succès de son film Mayerling (1936) lui vaut d’être invité à Hollywood. Il s’expatrie et réalise alors "The Woman I Love" (1937), une version américaine avec Paul Muni d’un de ses films français, "L’Équipag"e (1934). Litvak réalise ensuite "The Sisters" en 1938, une superproduction de la Warner avec Bette Davis et Errol Flynn qui séduit les critiques et le public. En 1940, "All This, and Heaven Too", toujours avec Bette Davis, est nommé aux Oscars. Le reste de sa carrière est plutôt positive, avec quelques succès publics et critiques "Anastasia" (1956). Le fim repose quasi essentiellement sur le couple Boyer/Darrieux. Darrieux sera ici le soleil resplendissant, la vie et Boyer la mort et la nuit. De cette frappante opposition les scénaristes (Marcel Achard, Joseph Kessel et Irma von Cube d'après le roman de Claude Anet) créent une chronique amoureuse à la conclusion dramatique, mais toujours marquante.




  

 Ainsi, si le film n'atteint pas les sommets d'un autre film de Charles Boyer "Marie Walewska" (1937), et reste comme une ultime répétition de ce dernier, il arrive largement à laisser de belles émotions aux spectateurs. Mais ici c'est bien les ténèbres qui entourent le film tant au niveau de l'esthétique : noirceur de la fête forraine de nuit, noirceur des salles de bal. Dans "Marie Waleswka", Clarence Brown fera le contraire et placera son film sous le signe de la lumière avec des salles de bal tout en blanc. Daniele Darrieux est alors âgée de seulement 19 ans. Elle fera sensation. Le film permettra donc à Charles Boyer et Danielle Darrieux, de partir à la conquête d'Hollywood, et à Anatole de Litvak de commencer lui aussi, une carrière à Hollywood. On notera que le personnage de l'Archiduc Rodolphe se suicide dans cette version du film, comme Charles Boyer lui même en 1978, deux jours après la mort de sa femme et 13 ans après le suicide de son fils. Etrange destin filmé, qui donne au film une étrange résonnance. A noter enfin que le drame de Mayerling devait inspirer le cinéma avec en tout 8 versions ...




                                

Mayerling (1919) ;
Mayerling (1936) d'Anatole Litvak, avec Danielle Darrieux et Charles Boyer ;
De Mayerling à Sarajevo (1940) de Max Ophüls
Le Secret de Mayerling (1948) de Jean Delannoy, avec Jean Marais ;
Kronprinz Rudolfs letzte Liebe (Autriche, 1955) de Rudolf Jugert, avec Rudolf Prack, Christiane Hörbiger, Winnie Markus, Lil Dagover, Erik Frey ;
Mayerling (1968) de Terence Young, avec Catherine Deneuve et Omar Sharif ;
Vices privés, vertus publiques (1975) de Miklós Jancsó, avec Lajos Balázsovits, Pamela Villoresi, Teresa Ann Savoy ;
Prince Rodolphe : l'héritier de Sissi (2006) de Robert Dornhelm avec Max von Thun (Rodolphe)et Vittoria Puccini (Mary Vetsera).


 


                             

Mayerling est la seconde adaptation du roman éponyme de Claude Anet après celle d'Anatole Litvak en 1936 avec Charles Boyer et Danielle Darrieux. Les amours du prince Rodolphe et de Maria Vetsera par son issue tragique nourriront nombre de mystère et une aura romanesque que saura exploiter le livre et donc forcément les films se prêtant idéalement au mélo flamboyant. C'est bien sûr le cas dans cette version signée Terence Young, prestigieuse coproduction franco-britannique aux moyen conséquents et au casting imposant : Omar Sharif, Catherine Deneuve, James Mason en Archiduc et la grande Ava Gardner jouant une vieillissante Sissi. Le film se fait donc le portrait de la nature sombre et dépressive de Rodolphe (Omar Sharif), la manière dont l'amour de Maria Vetsera l'en fera émerger avant d'être brisé par les conventions dues aux enjeux de pouvoir de la noblesse et du paraitre. La longue première partie nous montre donc un prince héritier dont le vrai sens de la vie est suspendu à l'attente du pouvoir encore solidement tenu par son père l'empereur François-Joseph (James Mason parfait d'autorité et de hauteur) qui l'éloigne de toute décision. Pour satisfaire cette frustration, Rodolphe se réfugie dans la défiance et l'excès que ce soit par son train de vie dissolu ou ses accointances avec des ennemis du régime comme ces comploteurs souhaitant rendre la Hongrie autonome face à l'Empire. Rien n'importe réellement pour Rodolphe blasé de tout si ce n'est tromper son ennui et le film montre bien que orgie comme réunion secrète ne sont qu'une manière d'égayer (Rodolphe évitant les espions de son père pour dans la foulée s'afficher au grand jour) un quotidien fait de célébration, bal et devoirs ennuyeux divers. Omar Sharif déjà fort à son aise en héros slave dans Docteur Jivago trouve encore matière à s'occidentaliser (et éloigner l'image de Lawrence d'Arabie) avec cette belle interprétation de l'héritier des Habsbourg dont il exprime magnifique le tempérament dépressif.





Malgré les moyens conséquents le film s'avère étonnamment peu flamboyant. Les décors et costumes en imposent par le sens du détail et l'ampleur de l'ensemble mais si on ne peut qu'apprécier la débauche de cette reconstitution on est rarement vraiment éblouit par rapport au canon hollywoodien. Terence Young réserve en fait la lumière aux passages romantiques entre Rodolphe et Maria tous somptueux et de plus en plus grandioses : la première rencontre sautillante dans une fête foraine, le premier rendez-vous nocturne dans les appartements de Rodolphe, les retrouvailles à Venise, la retraite à Mayerling, le bal et le tragique final....


                              
             
Tous les autres moments semblent écrasés par une chape de plomb quant à l'imagerie (la photo blafarde d’Henri Alekan), l'interprétation (magnifique Ava Gardner en souveraine détachée et mélancolique qui a apaisée ses souffrances dans la fuite) ou l'arrière-plan où il est largement suggéré que les malheurs sont issus d'une malédiction pesant sur les Wittelsbach de Bavière (les références à Ludwig). Le destin funeste est donc en marche et il s'agit donc de profiter de cette romance avant que tout ne s'arrête. C'est là que Terence Young se montre le plus inspiré avec des séquences visuellement splendide où le réalisateur instaure des motifs répétitifs se répondant à différent moments du film (le cadrage dans l'embrasure d'une porte au sortir du bal identique à celui de la rencontre nocturne, le mouvement de caméra final dans la chambre répondant à celui d'une scène d'amour). Source : http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2012/06/mayerling-terence-young-1968.html

1 commentaire:

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