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vendredi 17 avril 2015

Marcel Dalio

Marcel Benoît Blauschild voit le jour à Paris, le 23 novembre 1899, dans une famille juive originaire d’Europe Centrale. Son père tient commerce dans un Paris cosmopolite. Le petit Marcel, en vrai titi parisien s’instruit autant sur les bancs de l’école que dans la rue. Il monte sur les planches encore adolescent en faisant des spectacles musicaux et des revues mais aussi du théâtre. Marcel Dalio commence sa carrière cinématographique en tournant, en 1931, deux cours métrages de Marc Allégret, aux côtés d’un grand «second rôle» du cinéma français de l’époque: Julien Carette. Mais c’est vraiment 1936, l’année du Front Populaire, qui va lui apporter la célébrité. Certes il n’interprète qu’un infâme bonhomme de la casbah d’Alger, face à Jean Gabin «Pépé le moko», truand magnifique qu’un destin fatal enchaîne à Mireille Balin, mais c’est un rôle qu’on n’oublie pas. La même année suivent cinq autres films dont «Le Golem» et «Un grand amour de Beethoven» avec Harry Baur, ainsi que «Naples au baiser de feu» de Augusto Genina, avec Tino Rossi. En 1937, grâce à «La grande illusion» de Jean Renoir, il rentre dans la légende du cinéma. Ce magnifique film qui se passe dans un camp de prisonniers de la Grande Guerre et qui met en scène l’aristocratique officier, Pierre Fresnay, son alter ego prussien, Erich von Stroheim et les lieutenants Gabin et Dalio dans le rôle du riche Rosenthal, est un magnifique hymne à la paix. 1938 n’est pas mal non plus: «L’alibi» de Pierre Chenal, «La maison du Maltais» avec Viviane Romance et «Entrée des artistes» avec Louis Jouvet. En 1939, Dalio tourne encore un très beau film de Jean Renoir «La Règle du jeu» avant d’être mobilisé. Quand les troupes allemandes rentrent dans Paris, il est à l’affiche de «Tempête sur Paris» auprès de Arletty et von Stroheim.



                 

L’acteur qui a épousé en 1936 Jany Holt, vient de se remarier à la jeune actrice Madeleine Lebeau. Marcel Dalio comprend qu’il ne peut rester en France. Il va d’ailleurs être inscrit sur la liste noire de la gestapo. Le couple participe à l’exode et après un voyage plein de péripéties par le Portugal, le Mexique et le Canada, il arrive finalement à Hollywood où il reprend le chemin des studios. Dalio qui divorce de nouveau en 1943, va jouer des rôles plus ou moins exotiques dans des films à succès. Il donne la réplique aux plus grands acteurs hollywoodiens, parmi lesquels: Humphrey Bogart et Ingrid Bergman pour «Casablanca» (1942), Barbara Stanwyck et Charles Boyer pour «Obsessions» (1943), Hedy Lamarr pour «Les conspirateurs» (1944), etc. Mais dès la fin de la guerre, il s’empresse de retrouver son pays. Il découvre alors qu’il a disparu dans les versions «aryanisées» de certains de ses films. En 1947 il est dans «Les Maudits» de René Clément et dans «Dédé d’Anvers» avec Simone Signoret. Il va poursuivre sa carrière des deux côtés de l’Atlantique au cinéma comme à la télévision. Il apparaît notamment en Juge pour «Les hommes préfèrent les blondes» (1953) avec Jane Russell et Marilyn MonroeSa filmographie prestigieuse est particulièrement dense et variée. Son humour, son talent et sa gentillesse en font un acteur inoubliable. On ne peut manquer de le citer en Rabbi Jacob (1973) avec Louis de Funès et Claude Giraud. Marcel Dalio participe à un dernier film à quatre-vingts ans. Souvent seul dans les dernières années de sa vie, il s’éteint dans son cher Paris, en novembre 1983. Sa mort n’est découverte qu’un à deux jours après le décès. © Caroline HANOTTE


                               

Portrait d'un assassin est un film français réalisé par Bernard-Roland, sorti en 1949.
Passion ? jalousie ? vengeance ? On ne tire pas sur quelqu'un sans raison! Grand Prix du film d'art français, "Portrait d'un assassin" attise notre curiositè d'un bout à l'autre, avec, en point d'orgue, un acrobate qui doit exècuter le saut de la mort (en automobile). Ce qui est dangereux ce n'est pas la moto, c'est la peur! Une histoire d’une noirceur profonde (èvidente dans les premières minutes), souvent menaçante et captivante, d'autant plus que le casting est à la hauteur, à commencer par l'immense Erich Von Stroheim qui s'est rèservè le plus beau rôle, un amant boiteux sur fond de tragèdie personnelle! Les autres comèdiens sont aussi bien servis et tout aussi convaincants: Arletty (très grande jusqu’à ses derniers mots), Maria Montez (quelle garce !) et Pierre Brasseur en acrobate casse-cou qui flingue sur tout ce qui bouge! Saluons aussi les frères Desprez pour leurs prouesses techniques qui vous donne le vertige avec le double looping en moto! En piste pour ce classique où la photo, les dècors, le dècoupage donnent au moindre intèrieur une intensitè suffocante digne d’un film noir...
 Je suis content d'avoir réussi à tomber sur la 11 258ème diffusion sur les 58961 prévues sur Ciné Polar... Enfin bref "Portrait d'un assassin", en plus d'avoir un casting très costaud (Pierre Brasseur, Erich Von Stroheim, Arletty, Maria Montez, Jules Berry, Marcel Dalio,...!!!) niveau variété des talents et des charismes, prend un malin plaisir à surprendre le spectateur ; en lisant le synopsis on croit deviner le déroulement du scénario à l'avance et ben pas du tout... L'intrigue aime bien se faire surprenante et on garde le clou du spectacle avec une fin qui montre que la fatalité peut préférer l'ironie comme cheval de bataille à la convention. 


 


L'atmosphère de la première demi-heure est très réussie, après on se perd dans quelques sérieux coups de mou mais l'histoire et l'interprétation font qu'on arrive à passer dessus. L'excellent Pierre Brasseur et la belle Maria Montez forment ici un duo bien macabre. Tout va mal dans ce film dramatique. Pierre Brasseur, en bon cascadeur, fonce inexorablement vers sa fin. Par amour ? Par fierté ? On ne le sait pas vraiment. Mais rien ne se passera comme prévu. Un film angoissant et incontrôlable où rien ne se passe comme il se devrait. Un film impétueux qui ressemble au sujet qu'il traite : la cascade. Le sujet n'a pas vieilli, les cascades un peu plus mais ce n'est pas le plus important, le suspense est plus psychologique et les acteurs savent y faire, particulièrement Pierre Brasseur. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-2067/critiques/spectateurs/



                              


Shanghai Gesture (The Shanghai Gesture) est un film américain réalisé par Josef von Sternberg, sorti le 25 décembre 1941« Mother Gin Sling Casino never closes. » À Shanghai, le monde entier se précipite dans la salle brillamment éclairée du Casino tenu d’une main de fer par l’étrange Mother Gin Sling. Les pièces tintent, les mains glissent sur et sous les tables, les pierres qui sertissent les colliers, une à une, disparaissent. Hommes et femmes se soumettent aux lois terribles du Jeu, avant de perdre et de s’y perdre. Car l’impénétrable Mother Gin Sling fait commerce des faiblesses d’autrui. Détient-elle un pouvoir de vie et de mort, ou pire de survie sur ses clients (comme lorsqu’elle concède cinq mille dollars à un joueur en faillite pour lui permettre de rejouer) ? Un homme qui se prénomme Docteur Omar pousse la porte du casino. Plan en plongée suivi d’un travelling : Sternberg nous fait pénétrer dans la flamboyance du lieu, dans cette salle de jeux ornée de lustres brillants dans la beauté est violentée par le grouillement humain. Un panier en osier qui contient pièces et billets, suspendu par des fils dans le vide est tour à tour hissé et baissé. La verticalité des fils répond aux cercles concentriques dont est composée la salle, comme une arène. Le casino, c’est ce lieu où, tour à tour, les hommes se perdent et se rachètent, dans l’anonymat.
Dans cet univers irréel, presque mythique se meuvent des êtres de toutes nationalités et les langues se délient. Un visage attire l’attention, celui de Gene Tierney qui, les yeux mi-clos, prononce ces mots : « On sent planer l’esprit du mal. » Caricaturaux, pittoresques mais troubles, les personnages de Sternberg jouent sur leur ambiguïté, sont comme absents à eux-mêmes comme dans le très beau plan d’une Poppy soudainement volatilisée au milieu des dragons chinois du Nouvel An. Parmi ces êtres, il y a Omar le poète persan qui se dit Docteur – mais en quoi ? en rien ! – le Chinois aux regards lourds de sous-entendus, Dixie Pomeroy la chorus girl à la langue bien pendue et à l’insolente blondeur, le barman russe, le milliardaire anglais Sir Guy Charteris. Aux questions « Qui êtes-vous ? » « D’où venez-vous ? », Sternberg n’apporte pas de réponses. 




Car ce n’est pas tant l’identité de ses personnages, leurs caractéristiques propres, la logique de leurs motivations c’est-à-dire leur psychologie qui intéressent Sternberg, mais plutôt la lente dépravation, le progressif dépouillement jusqu’au vide, jusqu’à l’inanité, filmés par le cinéaste à travers un voile de fumée et les effluves de cigarettes. En d’autres termes, leur capacité à être pantin, pure marionnette, seule enveloppe corporelle vivante, matière qui se meut sur la scène de ce théâtre. Rongée par l’alcool, le jeu et la jalousie, la jeune Poppy ne sera plus qu’une puppet. Comme le lui dit ironiquement Mother Gin Sling, l’argent n’est-il rien d’autre qu’une matière, qu’un coupon de papier ? Et il s’agit bien de matière, d’étoffe et de stuc chez Sternberg. Véritable architecte de l’âme, le cinéaste peint les visages et colore le noir et blanc par les jeux d’ombre et de lumière. L’apparente simplicité de l’intrigue masque l’habileté et le raffinement dans le traitement elliptique du drame ou dans le choix d’indices (un verre renversé, la tête d’une figurine brisée, un regard de biais) annonciateurs du coup de théâtre final.


                                  

The Shanghai Gesture vaut pour la somptuosité des costumes et des décors. C’est à travers le symbolisme de cette architecture intérieure que Sternberg suggère les secrets qui se trament. Le film se déroule pour l’essentiel en intérieur ; rares sont les plans tournés en extérieur. Chaque parcelle de l’ornementation, chaque détail d’accoutrement sont présents pour dire une vérité cachée. Sternberg se débarrasse de considérations psychologiques pour élaborer une construction purement plastique, aux frontières de l’abstraction qui mêle le style art-déco et le foisonnement du baroque. Il s’agit de déceler un passé, une histoire de dettes et de revanche. Ainsi ressurgissent la mémoire inconsciente et la monstruosité du vice à travers les formes, les structures du décor, les indices, à travers la coiffe « gorgonesque » de Mother Gin Sling digne de Méduse avec ses serpents entrelacés, les gueules béantes des dragons en papier ou les figurines peintes sur les murs du salon. La mémoire, le tragique et le vide résident dans cette architecture irrégulière où l’informe, le trouble et le mystère prennent plastiquement forme et deviennent ce qu’on nomme une mise en scène. « L’esprit du mal plane, comme une réminiscence de cauchemars oubliés. » Source : http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/the-shanghai-gesture.html

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