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jeudi 30 avril 2015

Let them swing !

Pour évoquer la musique américaine des années 1950, Continent musiques mixe morceaux choisis et anecdotes. Une époque swing... pas toujours facile.
New York, années 1950, à bord d'une vieille Bentley. Thelonious Monk dormait sur le siège passager, tandis que Nica, sa muse aux 122 chats, conduisait en fumant... La semaine du 21 juillet, sur France Culture, Amaury Chardeau proposait dans Continent musiques cinq balades sonores d'une heure. On entendait Louis Armstrong s'envoler pour Paris dans un grondement de trompette, Charles Mingus pleurer sur le divan de son psy, Miles Davis déplorer la paralysie de sa main droite, ou encore Art Pepper désespérer de son addiction à l'héroïne... La voix du producteur accrochait, les morceaux choisis (Round midnight, Someday my prince will come, Cornet chop suey...) envoûtaient, et l'écriture, volontiers argotique, épousait au plus près le sujet en mêlant fiction et réalité, anecdotes et grande Histoire. Donnant à sentir à hauteur d'hommes la ségrégation raciale, le zèle des policiers, l'empreinte du swing et du be-bop, les vapeurs d'alcool et de cannabis, les jupes retroussées en coulisses... Tout ce qui a inspiré le jazz. 


                          

Le rêve de Monk ;Géniaux marginaux, inspirations divines, jupes retroussées backstage, élégances cravatées ou déchéances le garrot autour du bras, mécènes fantasques, sessions mythiques, démences, volutes et fulgurances : le jazz contient dans l’odyssée qui l’a vu naître tous les ingrédients qui font les dramaturgies bien balancées. Ici, on explorera donc ce que le jazz américain a, depuis ses origines, à nous raconter au creux de l’oreille, sous formes de mini fictions inspirées d’histoires absolument authentiques.Amaury Chardeau est producteur de documentaires à France Culture depuis 2006, passionné de photographie (Mon œil ! diffusion France Culture été 2012, collaborateur à la revue The Eyes…) et d’histoires bancales si possible mâtinées de fiction.Emission consacrée à l'inclassable maitre du piano bebop, Thelonius Monk (1917-1982) et à ses relations avec la baronne du jazz Pannonica de Koenigswarter...  


                    


1946. Tournage à Hollywood du premier film où Louis Armstrong tient un rôle majeur: New Orleans, d'Arthur Lubin. Encore qu'il ne soit qu'un chef d'orchestre et que l'inoubliable Billie Holiday tienne le rôle d'une femme de chambre. Conclusion de Louis Armstrong: "Ce que nous font faire les gens de Hollywood, c'est toujours bidon!" Il sera quand même la vedette du festival de Nice avec Earl Hines. Le président Vincent Auriol lui offre un vase de Sèvres qui lui sera remis par Yves Montand. Concert à Paris en mars. Autres films: Courtin' Trouble, de Ford Beebe, et A Song is Born (Si bémol et fa dièse), de Howard Hawks. 
Selon la tradition, Armstrong est couronné roi des Zoulous à La Nouvelle-Orléans, en 1949. Hugues Panassié et Leonard Feather participent aux festivités. Time lui consacre une couverture. Désormais, Louis viendra en tournée tous les ans en Europe accompagné par un groupe de style dixieland. Plus de grands orchestres. A Rome, Lucille (sa nouvelle épouse) et lui sont reçus par le pape Pie XII: "Nous n'avons pas d'enfants, ce n'est pas faute d'essayer!" 
Puis l'enregistrement de La Vie en rose et de C'est si bon, succès d'Edith Piaf, accroît sa popularité auprès du grand public européen. Avant quelques nouveaux films, dont Glory Alley (La Ruelle du péché), de Raoul Walsh. Les lecteurs de Down Beat l'élisent "figure musicale la plus importante de tous les temps", devant Duke Ellington. Jean-Sébastien Bach est à la septième place. Emission consacrée au père du jazz moderne, Louis Armstrong (1901-1971) en partance pour un concert en France en 1952...

                            


Si par ses propos, ses actes et ses écrits, Charles Mingus a laissé le souvenir d'un personnage au caractère turbulent, irascible, voire violent, son oeuvre enregistrée met davantage en évidence d'autres qualités comme l'intensité, la spontanéité, la puissance de sa musique ainsi qu'une vision non conventionnelle du jazz tel qu'on le jouait dans les années 50 et 60. Au-delà du contrebassiste prodigieux qu'il était, l'art de Mingus réside bien plus encore dans ses capacités à composer et à diriger des pièces musicales où le passé du jazz se mélange bien souvent à son futur. Bien que Mingus laisse suffisamment d'espace aux musiciens à qui il confie l'interprétation de ses visions, ses compositions sont denses, complexes, imprévisibles par leurs brusques variations de cadence ou de tempo et, si elles contiennent parfois de belles harmonies comme aurait pu les concevoir son mentor Ellington, elles sont souvent soumises à des déstructurations sauvages, des accélérations impromptues et peuvent même se résoudre en dissonances tout à fait avant-gardistes pour l'époque. Emission consacrée au contrebassiste Charles Mingus (1922-1979) ,Invité en plateau : Yvan Amar, producteur à France Musique.

                            


Emission consacrée au saxophoniste Art Pepper (1925-1982), aux prises avec son addiction à l'héroïne...Dans les années 40, elle ne se procure pas dans des rues mal famées mais… dans des magasins: d’abord vendue librement comme pilule contre l’asthme et la diarrhée, elle s’achète en capsule pharmaceutique à 2 $ pièce. Après guerre, tous les jazzmen du bebop se refilent le filon : l’héroïne va faire des ravages chez les boppers. La liste est très longue, jusqu’aux 6o’s, pour ceux qui y arriveront. A cause de leur addiction, beaucoup passent par la case prison: Ray Charles, Gerry Mulligan, Billie Holiday, Anita O’Day.Art Pepper, Lester Young, Chet Baker, Thelonius Monk, Fats Navarro, Art Blakey, Milt Jackson, Miles Davis, etc. Charlie Parker ne fut jamais arrêté pour drogue, alors que les doses qu’il s’envoyait auraient terrassé un mammouth. Miles Davis, à qui l’on retira sa maison, se payait ses shoots en faisant bosser des filles de joie. De Keith Richards à Kurt Cobain, de Jimi Hendrix à Anton Newcombe, du Velvet Underground (Lou Reed, John Cale et Nico) à Nick Cave, de John Lennon à Johnny Thunders, en passant par Frankie Lymon, Dee Dee Ramone, Janis joplin, Sid Vicious, jim Hardin… La liste des musiciens rock’n’pop tombés sous la dépendance de l’héro n’a jamais cessé de gonfler. Comme celle des macchabées...


                            


Le nouveau sextet de Miles est présenté le 05 juillet 81 à NY.  Des plages enregistrées à cette datte seront complétées par des extraits de la tournée d’automne au japon pour constituer l’album “We Want Miles”.
Le retour est triomphal mais Miles est épuisé. Sujet à des pneumonies chroniques, il se réveille un matin avec la main droite paralysée, suite à une attaque. Sur les conseils de Cicely TYSON, il suit le traitement et le régime strict d’un médecin chinois. Il reprend la route au printemps 82, amaigri, un filet ou un bonnet rassemblant les rares cheveux qui lui restent, mais il a retrouvé l’usage de sa main et il apparaît souriant à son public, comme il ne l’a jamais été. A son intérêt pour la haute couture s’ajoutera désormais le goût des coiffures (implants, perruques) et des couvre-chefs. En août 82, commence l’enregistrement de “Star people” ; un 2me guitariste fait son apparition : John SCOFIELD. En 83, ce dernier reste le seul guitariste et Tom BARNEY puis Darryl JONES remplace Marcus MILLER.  Les plages enregistrées en juillet 83 au festival de Montréal sont complétées en août et en septembre par des prises en studio avec Brandford MARSALIS.Il en résulte “Decoy”très marqué par les claviers et les arrangements de Robert IRVING, déjà responsable de la composition de “Shout” et de l’arrangement de The Man With The Horn.   Son influence est encore déterminante dans la préparation de l’album “You’re under Arrest” . Emission consacrée au trompettiste Miles Davis, victime en 1982 d'une attaque qui paralyse sa main droite...

1 commentaire:

  1. https://podcloud.fr/ext/continent-musiques/let-them-swing-5-histoires-de-jazz-1-slash-5-le-reve-de-monk/enclosure.mp3?p=dl
    https://podcloud.fr/ext/continent-musiques/let-them-swing-5-histoires-de-jazz-2-slash-5-armstrong-le-roi-se-leurre/enclosure.mp3?p=dl
    https://podcloud.fr/ext/continent-musiques/let-them-swing-5-histoires-de-jazz-3-slash-5-charles-mingus/enclosure.mp3?p=dl
    https://podcloud.fr/ext/continent-musiques/let-them-swing-5-histoires-de-jazz-4-slash-5-art-pepper-les-fils-se-touchent/enclosure.mp3?p=dl
    https://podcloud.fr/ext/continent-musiques/let-them-swing-5-histoires-de-jazz-5-slash-5-les-mains-de-miles/enclosure.mp3?p=dl

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