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dimanche 5 avril 2015

Les Mains d'Orlac

Montgeron, années 1920. Deux trains entrent en collision. A leur bord, Paul Orlac, pianiste réputé, gravement blessé à la tête et aux mains. Sa femme l'emmène chez le meilleur chirurgien de Paris, qui essaie et réussit, contre tout espoir, à lui greffer les mains d'un assassin qui vient de passer à la guillotine, Vasseur. Mais rapidement, Orlac souffre d'une grave dépression nerveuse. Il trouve un mot qui lui dit que ses mains sont celles d'un assassin, et croit voit plusieurs fois la tête de cet homme lui parler, se moquer de lui. De fait, ses nouvelles mains ne savent pas jouer du piano, et son écriture est différente, grossière et pleine de pâtés. Notre artiste retrouve même le poignard marqué d'un X qui était l'arme de prédilection du meurtrier, et la cache dans son piano. Pendant ce temps, sa femme, harcelée par les créanciers, mendie en vain chez le père d'Orlac. On retrouve peu après celui-ci assassiné par le même couteau. Orlac, persuadé qu'il a dû faire le coup dans son sommeil, croise Vasseur, qui porte désormais des bras de fer et aurait été sauvé par un assistant du docteur essayant de copier son maître. Cet homme, au faciès diabolique, réclame un million de francs, sinon il dénonce Orlac comme meurtrier. Mais Orlac décide tout de même d'aller trouver le juge, qui contre toute attente l'aide à démasquer l'homme. En réalité, tout était une mise en scène de Nera, un assistant du docteur qui s'est fait passer pour Vasseur, lequel avait été accusé à tort. Tout est bien qui finit bien pour Orlac.



   

Alors j'ai vu la version américaine, qui alterne par exemple les journaux en allemand avec leur carton anglais, ce qui explique peut-être que ma version faisse plutôt 1 h 52 mn., avec une sonorisation inspirée par la musique atonale. Je retiens notamment les scènes de chaos de l'accident de train, avec notamment un plan où le brouillard devient parfois opaque à cause des rais du projecteur au sodium. De beaux effets de dégradés, par exemple du blanc au premier plan au gris-noir en fond de la scène du réveil. Concernant la veine expressionniste, c'est tout de même moins affirmé que chez Lang. Je retiens surtout l'apparition de la tête qui rit lors du réveil d'Orlac. Le cauchemar, avec cette tête géante et le lit minuscule, suivi de la première scène de "possession par les mains". Les veines surgonflées du héros quand il réalise que ses nouvelles mains ne savent pas jouer du piano. Le fondu au flou lors du flashback du meurtre via les mains de Vasseur. A un moment, Orlac prend sa tête dans ses mains et ressemble au personnage du "Cri" de Munch. Il y a une ironie antibourgeoise assez "Allemagne, années 20". Les 4 créditeurs, qui font non de la tête en même temps. Le final est une vraie bonne surprise, qui ramène tout à un niveau rationnel.


                            

Les deux soucis viennent du rythme et de la direction d'acteurs. Alexandra Sorina, qui joue la femme d'Orlac, en fait vraiment beaucoup dans le désespoir, même pour du cinéma muet. Ecroulée au pied d'un fauteuil et du docteur, elle est rayonnante la scène d'après au réveil de son mari. De manière générale, Wiene compose fort bien ses images, mais use et abuse, pour décrire les tourments de ses personnages, de gros plans où ils regardent dans le vide, les yeux écarquillés, le projecteur en pleine g.... Le jeu de Konrad Veidt, étranger à ses propres mains, est en revanche excellent. Le rythme, surtout, est incroyablement lent et affecté. Beaucoup de plans "dramatisés" sont inutilement longs : celui où Orlac retrouve son piano, désorienté ; celui où sa femme, chassée, quitte la maison... + Parmi les ressorts improbables : Cmt fait le commissaire pour voir et reconnaître à l'oeil nu des empreintes digitales ? "Les mains d'Orlac", j'ai enfin réussi à le visionner en entier. Je suis content de l'avoir vu pour le pendant visuel et pour le retournement final, mais ce fut fichtrement lent par moments. Source : http://www.senscritique.com/film/Les_Mains_d_Orlac/critique/40827761


                 


Parmi toutes les Major Compagnies s’intéressant au genre Fantastique dans les années 1930, la Universal peut compter plusieurs dangereux adversaires, dont le plus redoutable demeure assurément la MGM. Le studio rugissant se donne largement les moyens de produire des œuvres fortes, aux budgets confortables et aux équipes talentueuses. Débauchant des techniciens et des acteurs rompus aux tournages de la Universal, la firme au lion ne se refuse rien : après Boris Karloff sur The Mask of Fu Manchu, ainsi que Tod Browning et Bela Lugosi sur Mark of the Vampire, c’est au tour de Karl Freund de travailler sur Mad Love. Cependant, jamais la MGM ne se contente de coller à un style, elle le fait sien en le manipulant, en le déformant, en le recréant au sein d’un genre pourtant déjà clairement défini. On peut facilement constater qu’aucun de leurs films d’épouvante produits à cette époque ne ressemble à un film de la Universal. Bien sûr, les "canons" du genre demeurent, et l’on retrouve toujours plus ou moins le même type de personnages et d’ambiance visuelle, mais le style est toujours différent, s’écartant autant que possible des récits estampillés Universal. Par ce biais, The Mask of Fu Manchu choisit un cadre exotique unique et original, et Mark of the Vampire se permit de suivre une logique de déconstruction des codes instaurés par des films comme Dracula, démythifiant au passage le domaine de la fiction. Mad Love sera donc une œuvre à base de savant fou et d’histoire d’amour impossible, à la manière de The Raven (concurrent direct du film), mais dirigé sous un autre point de vue.

Dès le départ, Karl Freund utilise les artefacts de torture et de violence que sont la hache et le système de la roue, le plaisir sadique du bourreau et les cris infinis de la victime. Mais tout cela n’est que représentation théâtrale, les personnages ne sont pas en danger, ils ne sont qu’acteurs d’une pièce de fiction, ce qui démontre en quelque sorte le recul pris par la MGM vis-à-vis des histoires sérieuses de la Universal. Toutefois, Mad Love possède une histoire tout ce qu’il y a de plus classique en terme d’horreur destinée à effrayer le public. 


             
                                                          
Un docteur renommé voue une fascination obsessionnelle à l’actrice d’une pièce de théâtre à succès. La statue de l’actrice qu’il entrepose dans son grand appartement lui permet de l’admirer encore et encore, jusqu’au jour où il finit par désirer l’œuvre véritable, cette femme mariée qui se refuse à lui. Peu à peu, ne faisant plus aucune distinction entre ses désirs et la réalité, le docteur Gogol vit son tourment pleinement, tel un Pygmalion qui délire au point de voir sa Galatée s’animer d’elle-même. Freund maîtrise son scénario avec une maestria exemplaire, en véritable technicien de génie, concoctant une réalisation discrètement spectaculaire, toute en robustesse. Son passé de directeur de la photographie lui permet de concevoir un visuel contrasté d’une solidité inaltérable. Il suffit de voir comment, en trois plans, il rend finalement toute son horreur et sa froideur à la réalité : un meurtrier va être exécuté à l’aide de la guillotine, et jamais à cet instant précis Freund n’essaiera d’y mettre une pointe de recul. Du reste, fonctionnant en duo avec l’acteur Peter Lorre, tous deux poussés par la même culture germanique, Freund offre un oeuvre possédant de multiples similitudes artistiques avec M, réalisé par Fritz Lang en 1931. Les deux hommes ayant tous deux travaillé avec Lang par le passé, il n’est alors pas très étonnant d’en retrouver quelques similitudes.


                              


La distribution propose quelques personnages secondaires anodins, incarnés entre autres par May Beatty (en gouvernante très vite lassante, malgré de bonnes répliques) et Ted Healy (en journaliste sympathique et trouillard), ce qui laisse par ce biais aux acteurs principaux tout le loisir de pouvoir s’exprimer. En dépit d’une excellente interprétation et d’une présence sachant tirer son épingle du jeu dans Frankenstein et The Bride of Frankenstein de James Whale, Colin Clive est ici un peu décevant en pianiste de renom aux mains devenues meurtrières. Trop en retrait, il est malheureusement écrasé par les deux autres grands personnages du film. Peter Lorre livre une incarnation mémorable, tout d’abord avec réserve, puis ensuite avec une démence incroyable. La scène de la perte totale d’équilibre psychologique du docteur Gogol face aux miroirs de sa clinique, ou celle de la transformation physique du personnage (avec brassards métalliques, petites lunettes noires et harnais médical déformant le visage), ou encore celle de la tentative de meurtre finale, ne seraient pas ce qu’elles sont sans la contribution de Lorre, au crâne rasé et au physique repoussant, tour à tour hébété, maniaque, criminel, humaniste, manipulateur et fou à lier Il s’agit sans aucun doute de l’une de ses plus grandes prestations, à ranger non loin de celle qu’il donnait dans l’inoubliable M


                               

En un seul film du genre au sein des années 1930, livré corps et âme à son art, l’acteur rejoint sans difficulté les illustres Bela Lugosi et Boris Karloff. Face à lui, une belle surprise : Frances Drake est une Yvonne Orlac/Galatée de grande classe. Magnifique, fragile, douce et poignante, elle porte à elle seule toutes les scènes où n’apparait pas Peter Lorre. Engagée dans son rôle de femme éperdument amoureuse de son mari, elle culmine littéralement dans la séquence où elle remplace la statue, cette dernière ayant été brisée. Grand moment de suspense et d’horreur dans les bras d’un Lorre voyant ses hallucinations devenir réalité, ce clou dramatique fonctionne du début à la fin de la scène. En entendant le docteur fou se livrer à une confession démoniaque auprès de ce qu’il croit être encore la statue, l’actrice compose superbement son visage, entre fureur, effroi, dégoût et instinct de survie. Entre la strangulation manquée du personnage et la vision du couple s’enlassant avec amour, Gogol, poignardé par sa propre ironie tragique, voit une dernière fois encore son fantasme lui échapper. En définitive, contrairement à ce que la réputation du film laisse présager, l’histoire concernant la greffe des deux mains du meurtrier sur les avant-bras du pianiste n’est pas l’aspect diégétique le plus important. En l’état, ce postulat est bien rendu à l’écran, à la fois angoissant et original, mais il est finalement transcendé par l’histoire d’amour impossible entre le savant et l’actrice. Ainsi, le titre original du film traduit-il merveilleusement son sujet. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/les-mains-d-orlac-freund
Bonus :

                   

Les Mains d'Orlac est un film franco-britannique réalisé par Edmond T. Gréville, sorti en 1961.
Stephen Orlac est un pianiste de renom mondialement connu. Après un récital Londonien, alors qu'il rentre sur Paris pour rejoindre sa fiancée Louise, son avion s'écrase sur l'aéroport du Bourget à cause du brouillard intense qui y règne. Orlac est rapidement conduit à l'Hôpital. Ses mains sont perdues. Dans un dernier espoir, il est pris en charge par le Professeur Volcheff, un véritable spécialiste qui lui greffe à son insu les mains d'un étrangleur condamné à la guillotine le soir même; Pierre Vasseur.Six mois après l'opération, Stephen à bien du mal à retrouver ses sensations de pianiste. Il a l'impression que ses mains ne lui obéissent pas. Pris de déprime, Louise lui propose de passer quelques jours dans leur maison sur la côte d'azur. Mais les évènements conduisent le musicien à perdre la tête et il s'enfuit quelques jours à Marseille dans un petit hôtel de bas quartiers.Là, il fait la connaissance bien malgré lui d'un couple de petits magouilleurs travaillant dans le show business à la recherche de la fortune facile. Lui, Néron est prestidigitateur. Elle, Li-Ming, est danseuse de cabaret et son assistante. Néron comprends rapidement que l'homme et le célèbre richissime pianiste ne font qu'un. Il entreprend une terrible machination qui doit déstabiliser l'homme afin de le faire craquer et d'en récupérer la plus substantielle moelle.Néron met tout en oeuvre pour faire croire à Stephen que les mains qu'ils possède le trahissent et ne respirent que par la volonté de Vasseur le tueur guillotiné un an plus tôt. Pourtant alors que le musicien pense en avoir fini avec cette idée, il est à nouveau pris au piège lorsqu'il reçoit une paire de gants au nom du meurtrier. Perdant tout ses moyens et ne voyant que les mains du tueurs au bout de ses bras, il abrège son récital pourtant tant attendu depuis son absence des planches.
Jour après jours, et semaines après semaine, le couple Néron et Li-Ming va se déchaîner pour faire craquer le pianiste. La longue machination va finalement pencher en leur faveur. Stephen croit dur comme fer que Louise et son oncle, le Docteur en psychiatrie Cochrane, essayent de l'interner, le prenant pour fou...


 
                                                            
Mais heureusement Louise comprend la situation et rend visite à Li-Ming. Démasquée, celle-ci lui explique qu'elle n'a pas eu d'autre choix que d'agir ainsi. Néron étant un dangereux maniaque qui traite l'affaire avec encore plus d'engouement q'un jeu, elle risque sa vie si elle ne lui obéit pas. Louise contacte Scotland Yard afin de faire arrêter le malfrat. Malheureusement pour la pauvre saltimbanque, celle-ci sera victime de Néron qui n'hésitera pas à trafiquer son matériel de prestidigitation pour la tuer.Quand à Stephen, son amour sera finalement le plus grand, ce qui permet d'éviter le pire. Sur le point d'étrangler Louise, il l'épargne au dernier moment et part se venger de Néron. Tout fini bien lorsque la police arrête le meurtrier et annonce avec joie que Vasseur, l'étrangleur Parisien dont les mains appartiennent dorénavant à Orlac à été innocenté. L'homme condamné à tord n'était pas le meurtrier. Source : http://www.scifi-movies.com/francais/longue-0001438-les-mains-d-orlac-1960.htm

1 commentaire:

  1. http://dfiles.eu/en/files/ucw3xfo2c
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    http://www.ulozto.sk/xj7EnsjJ/les-mains-d-orlac-1960-dvdrip-xvid-avi

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