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mercredi 22 avril 2015

James Westerfield

James Westerfield est un acteur américain, né le 22 mars 1913 à Nashville dans le Tennessee aux États-Unis et mort le 20 septembre 1971 à Woodland Hills en Californie.
L’année 1955 aux USA débute à la Columbia en matière de western avec le deuxième signé Rudolph Maté, cinq ans après son premier essai dans le genre, le plaisant Marqué au fer (Branded) dont le rôle principal était tenu par Alan Ladd. Comme ce dernier film, même si une fois encore les amateurs d’action n’ont pas été oubliés (incendies en cascades, fusillades, Stampede...), Le Souffle de la violence est avant tout un western psychologique et mélodramatique, cependant nettement moins naïf (cette naïveté participant néanmoins du charme de Branded) et aussi beaucoup plus violent que son prédécesseur comme l’indique son titre tout à fait justifié. Il s’agit une nouvelle fois d’un western distrayant mais, au vu du casting prestigieux et de la richesse des personnages décrits au sein d’un scénario pourtant bien conventionnel, on pouvait raisonnablement s’attendre à beaucoup mieux ; en effet, à cause principalement du réalisateur, le film n’arrive jamais vraiment à décoller, à trouver son souffle. Pour autant, il ne nous procure pas la moindre seconde d’ennui ; et c’est déjà beaucoup ! 


                


Un grand propriétaire tyrannique aidé par un shérif véreux contre une poignée de modestes ranchers et les sanglants combats qui s’ensuivent : on a déjà rencontré ce type de situation à de multiples reprises. Dans le déroulement de son intrigue, le scénario n’a effectivement rien de très original mais c’est dans le portrait qui nous est tracé de tous les personnages, leur évolution, que résident les principaux intérêts du film de Rudolph Maté. Comme King Vidor pour Duel au soleil (Duel in the Sun) et Anthony Mann pour The Furies (qui demeurent toujours à ce jour les deux références en la matière), The Violent Men met en scène une famille de grands propriétaires terriens qui n’aurait pas dépareillé dans une tragédie de Shakespeare. On y trouve Lew (Edward G. Robinson), un patriarche despote, amoindri par le fait d’avoir quasiment perdu l’usage de ses jambes mais continuant à vouloir régner en maître sur la vallée, n’envisageant pas une seule seconde que ce soit son épouse Martha qui, sous ses allures de femme douce, aimante, loyale et attentionnée, mène désormais la barque ; Martha (Barbara Stanwyck), encore plus cupide que son mari, n’hésite pas non plus à le cocufier avec... Cole, son jeune beau-frère ; Cole (Brian Keith), que son frère avait appelé à l’aide suite à son accident, peu loquace, est en fait celui qui dirige en sous-main toutes les viles opérations destinées à intimider les éleveurs récalcitrant à vendre leurs terres, et qui, tout en ayant une liaison avec sa belle-sœur, en entretient une autre avec une jeune et fringante Mexicaine ; enfin, Judith (Dianne Foster), la fille du couple, témoin de l’adultère de sa mère, n’ayant de ce fait plus aucun respect pour elle mais n’osant pas en informer son père de peur de le blesser. Dégoûtée par l’ambiance délétère de la maison, elle encourage même les ennemis de la famille à ne pas se laisser faire par ses parents ; et en l’occurrence, elle essaie même de décourager Parrish de leur vendre ses terres.

 
           
       
De l’autre côté de la barrière, nous trouvons les modestes éleveurs dont le scénariste Harry Kleiner (dont le premier scénario était celui de Fallen Angel - Crime passionnel d'Otto Preminger) nous dépeint également des portraits assez éloignés de ce que l’on pouvait attendre, et à vrai dire guère plus reluisants ; plus que les ranchers qui ne représentent en fait qu’un groupe indistinct, c’est au personnage au départ moralement ambigu interprété par Glenn Ford auquel je faisais allusion ainsi qu’au couple qu’il forme avec sa fiancée. Cette dernière tout d’abord qui ne voit en son amoureux qu’une porte de sortie vers l’Est ; elle se serait accrochée à n’importe qui d’autre lui ayant offert cette possibilité de quitter cette région qu’elle exècre : "I want to get out of here - and nothing is going to stop me." Guère fréquentable la donzelle ! Quant au héros de l’histoire, la plus grande originalité lui est donc due. Pendant 45 minutes (soit pile la moitié du film), il se fiche de ce qui se passe dans la vallée du moment qu’on ne vienne pas lui chercher des noises : "What happens in this valley is no concern of mine !



                             


Il a beau assister à des meurtres exécutés de sang-froid comme dans le préambule, il ne fait pas un geste pour se rebeller ; faisant mine du contraire, il est prêt à accepter n’importe quelle offre pour sa propriété. Malgré les reproches de ses hommes, il refuse de contrer le despote de la région... Un homme a priori égoïste et faible mais dont on se rend finalement compte qu’il s’agit avant tout d’une grande lucidité : "J’ai vu des tas d’hommes fiers mourir pendant la guerre ; seuls les très forts et les très riches peuvent se permettre d’avoir du tempérament. " Mais un homme tenant de tels discours, reculant devant l’adversité, fuyant les "histoires", peut-il être crédible en véritable héros de western ? Assez troublant en tout cas ! Que l’on se rassure, la morale sera sauve et le héros sera blanchi ; à mi-parcours, ayant assisté à un trop plein de violence, il décide de prendre les armes et, fort de son expérience militaire, de la dispenser à son tour jusqu’à faire capituler l’ennemi. Dommage alors que les scénaristes n’aient pas insisté sur une autre sombre facette du personnage : sa violence justement ! Dans tout les cas, il s'agit dun personnage non idéaliste qui tranche avec les héros habituels.


                              

On constate de nombreuses pistes intéressantes au niveau de la description des personnages mais le scénario étant par ailleurs assez dense au niveau de l’intrigue, l’auteur oublie de les enrichir d’autant qu’il n’a eu à sa disposition que 90 trop courtes minutes pour mener le tout à son terme, là où il lui aurait sans doute fallu au minimum une demi-heure de plus. A ce propos, il n’y a qu’à voir le happy-end totalement bâclé, voire même ridicule. Et puis, Rudolph Maté n’est décidément pas un grand directeur d’acteurs : que ce soient Barbara Stanwyck, Edward G. Robinson ou Glenn Ford, s’ils sont loin d’être mauvais, on les a néanmoins souvent connus plus inspirés, faute peut-être à ce manque d’approfondissement de leurs personnages. Quant aux comédiens moins chevronnés, ils se révèlent fades, voire même pour certains assez mauvais, notamment les deux autres actrices principales, Dianne Foster et la totalement transparente May Wynn. C’est peut-être finalement Brian Keith qui tire le mieux son épingle du jeu, le fait de paraissant "sous-jouer" le rend encore plus menaçant.(dvdclassik)


                 

Un homme accompagné par son fils devenu muet suite à un traumatisme et qui cherche à lui faire retrouver la parole. Un chien fidèle, non seulement brave et affectueux, mais également très habile dans le "maniement" des ovins. Une veuve belle, douce et attendrissante. Un conflit pour un petit lopin de terre. Le film de Michael Curtiz ne tient que sur ces quelques éléments assez peu originaux et l’histoire reste effectivement tout du long très simple mais jamais simpliste ; le résultat se révèle bigrement attachant. Sorti en 1954, L’Homme des plaines (The Boy from Oklahoma), le précédent western de Michael Curtiz, bénéficiait d’une histoire a priori cocasse, celle d’un cow-boy sachant parfaitement maîtriser le lasso alors qu’il était incapable de tenir un revolver, ayant préféré étudier le droit par correspondance plutôt que le maniement des armes et se retrouvant néanmoins nommé shérif d’une petite bourgade du Nouveau-Mexique alors qu’il n’avait rien demandé. Seulement, le résultat assez terne n’était guère enthousiasmant et ne nous avait pas laissé d’impérissables souvenirs ; il apportait de l’eau au moulin de ceux qui décrétaient que Michael Curtiz avait perdu son savoir-faire dès les années 50. S’il est évident que les oeuvres réalisées par le cinéaste d’origine hongroise durant cette décennie ne sauraient rivaliser avec sa production des deux précédentes, elles ne sont cependant en rien honteuses : des films tels que le célèbre et jubilatoire Noël blanc (White Christmas), L’Égyptien, l’un des péplums hollywoodiens les plus intelligents, ou encore ce Fier rebelle sont là pour nous le prouver même si la critique française fut également impitoyable à leur encontre, reprochant les bons sentiments mis en avant ici et là, confondant souvent charme et guimauve. Ces trois films, tout comme ses comédies musicales avec Doris Day en toute fin des années 40, sont à mon avis au contraire dépourvus de mièvrerie. En effet, il n'existe aucune règle qui avance que parce que l’on se trouve devant une histoire toute simple avec de beaux sentiments et de nobles personnages, on devrait lui accoler automatiquement ce qualificatif péjoratif. 


            


Le Fier rebelle en est une jolie démonstration, une sorte de croisement réussi entre L’Homme des vallées perdues (Shane) de George Stevens et Jody et le faon (The Yearling) de Clarence Brown, un film qui pour ma part se suit sans ennui et qui pourrait plaire à toutes les générations confondues ainsi qu'à ceux qui n’apprécient guère de prime abord le western. Malgré le titre ("rebelle’ étant synonyme, durant la période à laquelle se déroule l’intrigue du film, de Sudiste), le scénariste intelligemment, décide de ne pas trop s’appesantir sur le fait que le personnage principal soit un ex-Confédéré et n’en profite pas pour faire de la propagande idéologique en décrivant les vilains Nordistes profiteurs contre les pauvres Sudistes ruinés. Certains diront que c’était pour rendre le film inoffensif et les critiques de l’époque ne se sont pas gênés pour y aller de leurs piques acerbes à ce propos ; je pense au contraire qu'il s'agissait d'éviter un manichéisme déjà jusque-là bien trop souvent présent au sein de ce genre d’histoire.


                               

Car rappelons que la période de l’après-guerre de Sécession avec la difficile réintégration des vaincus fit les choux gras du western pendant presque une quinzaine d’années, ce thème ayant été peut-être le plus souvent traité dans le genre avec celui des conflits éleveurs / fermiers. Toujours en ne s’en arrêtant qu’au titre, John Chandler est un homme droit et fier mais parfois aussi dans le mauvais sens du terme, soit bêtement entêté. Tout cela pour dire que, par ce simple petit exemple, la preuve est faite que les protagonistes ne sont pas faits tout d’un bloc et sont même assez richement décrits malgré le fait qu’il s’agisse avant tout d’un spectacle familial et qu’il est effectivement aisé d’éprouver de l’empathie pour les "gentils" et de la haine pour les "méchants", dont le chef n’est autre que l’excellent Dean Jagger que nous n’avions pas l’habitude de trouver dans ce camp, habituellement dévolu à interpréter les personnages honorables y compris en dehors du western - pour en rester avec Michael Curtiz, c’est déjà lui qui jouait le touchant vieux militaire reconverti dans l’hôtellerie dans le superbe Noël blanc.


                               

Il n'y a rien de spécialement remarquable ni de nouveau dans ce western familial, mais un charme indéfinissable nous cueille dès le départ et ne nous lâche plus jusqu’au duel final, un happy-end aussi attendu que le reste. Pour que la réussite soit au rendez-vous avec une intrigue aussi banale, il fallait tout le talent de conteur de James Edward Grant, scénariste surtout associé à John Wayne (avec l’acteur, il se trouvera même d’ailleurs une fois derrière la caméra pour le tendre Ange et le mauvais garçon), et l’efficacité toujours d’actualité de Michael Curtiz qui prouvait à l’occasion, contrairement aux mauvaises langues, qu'il n'avait pas perdu la main, son film s'avérant superbement cadré, monté et photographié. Le grand chef opérateur Ted D. McCord nous offre des images de toute beauté et nous démontrait en pleine période de l’écran large, comme John Ford quelques années plus tôt, que l’on pouvait donner de la grandeur aux paysages même par l’intermédiaire du format "carré" dont Michael Curtiz a dû se contenter au vu du faible budget alloué à son film. La science du cadrage du cinéaste ainsi que sa capacité à sublimer les paysages, mixés avec le talent de McCord font déjà de The Proud Rebel un régal pour les yeux, jouant également avec une étonnante et apparente facilité sur les éclairages parfois expressionnistes qui rappellent l’époque muette du cinéaste, sur les ombres et les reflets (splendide plan du couple se promenant au dessus d’un ruisseau avec leurs ombres se reflétant dans l’eau ; tout aussi beau plan du même couple dans les champs au coucher de soleil). Du très beau travail esthétiquement parlant, rehaussé par un accompagnement musical constamment inspiré et plein de panache du compositeur Jerome Moross, qui signera quelques semaines plus tard une partition non moins réussie pour Les Grands espaces (The Big Country) de William Wyler. Sources : DVDClassik

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