.

.

mardi 7 avril 2015

Dany Robin

Danielle Robin, bien vite rebaptisée Dany, naît le 14 avril 1927 à Clamart dans la banlieue ouest de Paris. Elle y habite jusqu'à ses 17 ans, effectuant une partie de ses études secondaires au Cours privé Maillard. Le papa, originaire du bas-Berry, doté d'un sens particulièrement inventif, est ingénieur en tout. Quant à la maman, de souche périgourdine, elle veille, zélée, sur l'éducation de ses deux filles, Dany et Colette, l'aînée de trois ans qui sera tout aussi prévenante en suivant attentivement la carrière de sa benjamine (plus tard, elle s'orientera à son tour vers le septième art, devenant une excellente script-girl).
Du haut de ses neuf ans, Dany accompagne en chaussons de danse les musiques diffusées par Radio-Paris. De passage à la maison et discernant chez la jeune fille des dons évidents, sa tante convainc ses parents de l'inscrire aux cours de danse dispensés par Madame Chasle.
Deux ans plus tard, Dany fréquente assidûment les cours de Jeanne Schwarz, une célèbre danseuse étoile qui croit tout autant en son avenir de ballerine. Elle la présente au concours du Conservatoire National de Paris d'où son élève sort avec un deuxième prix. Mieux : au second concours, le jury lui décerne le premier prix, lui permettant d'entrer comme coryphée à l'Opéra National. Par la suite, le petit rat rejoint un court moment la troupe des "Ballets de Paris" de Roland Petit. Les “jetés battus” s'arrêteront là.


              

Dany, à 16 ans, se produit devant Maurice Escande, alors sociétaire de la Comédie Française. Celui-ci, surpris par la déclamation toute de naturel et d'ingénuité dont elle fait preuve dans l'inévitable tirade d'Agnès («L'école des femmes»), l'encourage avec insistance à suivre des cours d'art dramatique et à se présenter au concours d'entrée du Conservatoire. Octobre 1943, l'adolescente est reçue première en compagnie d'un jeune garçon de quatre ans son aîné : Gérard Philipe.
De plus, cette distinction lui gagne l'immortalité grâce à «Premier Prix du Conservatoire», un court métrage de René Guy-Grand précieusement conservé aux Archives du Film. Ce parcours l'autorise à entrer au cours très prisé d'André Brunot, puis à celui de Béatrix Dussane.
La même année, Marc Allégret la repère et lui offre un rôle dans son film «Lunegarde» (1944), tiré d'un roman de Pierre Benoît. Il se limite à une seule (et mémorable) réplique qu'elle adresse à Gabrielle Fontan : "Les carottes sont cuites !". Un rôle pour le moins discret, d'autant qu'il ne figure pas dans le texte de l'académicien !



                           



Un acte d'amour est un film franco-américain réalisé par Anatole Litvak et sorti en 1953.
Mon premier Litvak et une belle surprise. Une réalisation pas loin d'être impeccable. Et la version un peu trop médiocre que j'ai vue n'altérera en rien ma joie. Je ne sais si le terme est adéquat pour un mélodrame aussi poignant. La direction d'acteurs n'est pas aussi exceptionnelle que la mise en image mais comporte quelques belles séquences. Kirk Douglas en impose comme à son habitude. Il offre là encore une excellente interprétation. Le jeune Reggiani dans un tout petit rôle n'est pas mal non plus le saligaud. La prestation de Dany Robin, je ne l'évoque qu'à peine, la pauvre soutient un personnage effacé, peu vaillant et hostile au monde qui l'entoure... c'est justement tout le sens du film et n'a par conséquent qu'une présence en demi-teinte, difficile finalement pour moi de la jauger, je ne la connais pas suffisamment. J'ai bien aimé celle de Fernand Ledoux qui porte bien son nom en papy tranquille, gentil, du sur-mesure, une trogne bienveillante. Au delà de ce que les acteurs amènent à travers leurs personnages, c'est la thématique explorée par Litvak qui m'a particulièrement intéréssé. Le poids et la souffrance d'être femme dans ce Paris tout juste libéré, bref, toujours aux prises à une guerre qui n'en finit pas de durer, l'oppression des jugements moraux qui lient ou délient les amours aussi facilement que cruellement dans ce contexte cahotique, ces écorchures que la guerre ne montre pas directement mais qui font aussi mal que celles du front. "Si nous nous étions connus avant la guerre" ne cessent de se dire ces amoureux. Plus qu'un acte d'amour le film nous raconte une tentative de deuil. Le deuil d'un amour entre deux êtres, le deuil d'une guerre qui a tué une époque, des moeurs, des illusions, des rêves de petits garçons ou de jeunes filles. C'est un moment émouvant certes mais il s'en faut de peu pour que l'histoire des mentalités s'engouffre dans ce mélodrame. Litvak reste en marge de l'évènement pour mieux nous faire sentir les affres souterrains, les malédictions inexorables. C'est une belle oeuvre, romanesque sans être pompeuse, mélodramatique sans être larmoyante, bien filmée sans être trop voyante.


                        

        aperçu ici :      http://www.zm8.ru/video/akt-lyubvi-un-acte-d-amour-act-of-love-1953-742             
Un excellent suspens, de très bons acteurs, une Bardot toute débutante, une Dany Robin très jolie. un très bon film. Ma foi, c'est une très bonne surprise. Je l'ai surtout vu pour Kirk Douglas, sans trop savoir de quoi parlait le film, et j'ai passé un très très bon moment. C'est un joli mélodrame qui se déroule à Paris à la Libération. L'aspect romantique du film m'a bien évidemment conquis (relation habituelle mais bien tournée), et le sort qui s'acharne sur le couple est particulièrement prenant.
De plus, le film est agrémenté d'une peinture sociale de cette époque troublée, certains aspects sont traités ici avec pertinence. Notamment le statut du militaire avec la population libérée, à la fois conquérant et sauveur, et donc avec tout l'aspect de "soumission", de dévouement, et de pouvoir que cela entraine (cadeaux, nourriture gratuite, sexe en contrepartie, etc.). 


                             


Je pense, entre autres, à la condition des femmes seules à l'époque, et le regard de la population vis à vis de celles qui fricotent avec les soldats US. Un parallèle pertinent, donc, avec ces femmes dont on rasait les cheveux à la libération parce qu'elles avaient entretenu des laisons avec les soldats allemands. Une scène en particulier rappelle cela, avec Serge Reggiani dans un accès de fureur.
Petit bémol, histoire de...: dommage que la fin soit si vite expédiée. J'aurais certainement voulu que cela se termine mieux. Source : http://www.dvdclassik.com/forum/viewtopic.php?f=2&t=26350&p=1608393&hilit=anatole+litvak



                 


Malgré l'échec du "Rideau Déchiré", Alfred Hitchcock a persévéré dans l'espionnage avec ce film qui est probablement le moins réussi de sa carrière. Difficile de savoir ce qui a pu le motiver à s'intéresser à cette adaptation d'un gros best seller de Léon Uris... Après le traumatisme du tournage de "Marnie" et l'échec en salle de ce dernier, Hitchcock qui est pourtant devenu l'un des principals actionnaires de Universal ne parvient pas à monter ses projets audacieux: "Mary Rose", "Kaléidoscope"...
L'intrigue improbable nous transporte des Etats-Unis en France en passant par Cuba, avec un ratissage des thèmes d'actualité lié à la guerre froide. Cette affaire d'agents infiltrés dans le gouvernement De Gaulle ne parvient jamais à décoller, engonçé dans une pesanteur assez remarquable. Les acteurs principaux, Frederic Stafford et John Forsythe ont un charisme proche du zéro et Maurice Jarre nous impose son barouf. Le sommeil guetterait si... Hitchcock n'était pas dérrière la caméra.
"Topaz" est un film qui n'a aucune caractéristique Hitchcockienne, que ce soit dans le récit et les personnages mais se trouve composé de scènes qui elles sont le sont éminemment, jouant sur la géométrie et la composition et créant parfois une impression d'étrangeté très vives, car fonctionnant par isolement et pur exercice. Engonçé dans un appareil littéraire pesant, ce programme fonctionne beaucoup moins bien que dans "Turn Curntain" mais se révèle bourré de scènes sublimes: le passage à l'ouest du cadre soviétique et de sa famille et les scènes à Cuba proposent quelques unes des plus belles idées du maîtres (la robe de Karin Dor, la scène d'amour avec les gadgets, le chuchotage post-torture)... 


  

La partie française est également amusante puisqu'elle voit Hitchcock se frotter au pays qui l'a acclamé sur le plan critique. Il prend visiblement un certain plaisir avec Piccolli et Noiret, comme avec une Claude Jade empruntée à Truffaut, montrant que dans sa fin de carrière et depuis Tippi Hedren, Hitch est incapable de s'intéresser à la notion de "star", mais préfère mettre en valeur les personnages secondaires.
"Topaz" est resté célèbre pour ses trois fins différentes. Celle du "Duel" ayant provoquée les rires de projections tests, celle de la fuite en avion de Piccolli n'ayant pas été retenu, il lui fut préférée un simple effet de post production assez triste et batard. Sans aucun point de vue ce film improbable ne parvient même pas à se terminer. Notons enfin que le tout dernier plan avec le journal sur le banc a été réalisé par Claude Chabrol. Je trouve que le film offre un contraste passionnant entre le réalisme du contexte de l’intrigue et la stylisation de la mise en scène qui semble insensible au passage du temps et aux modes. 


              


Hitchcock fait notamment un travail audacieux sur la bande-son en rendant inaudible le dialogue dans les séquences où celui-ci joue un rôle clef. Par ailleurs, il n’est pas moins inventif sur la forme et parsème son film de plans saisissants – celui extraordinaire des deux torturés cubains figés dans une pose de pietà.
Une œuvre à réévaluer qui ne craint pas de frustrer le spectateur. Elle souffre essentiellement de la faiblesse de l’interprétation de Frederick Stafford et Karin Dor, fort heureusement suppléés dans l’épisode cubain par la musique de Maurice Jarre. Source : http://www.dvdclassik.com/forum/viewtopic.php?f=2&t=12786

1 commentaire: