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mercredi 15 avril 2015

Curtis Bernhardt

Curtis Bernhardt est un réalisateur à succès de la UFA lorsqu’il s’exile en France en 1933 puis aux États-Unis en 1939, fuyant les persécutions nazies. Célèbre en Allemagne pour avoir réalisé Die letzte Kompanie (1930), considéré comme le premier film parlant allemand, Curtis Bernhardt signe aux États-Unis plusieurs films même s’il est, aujourd’hui, un peu tombé dans l’oubli. Ses films policiers sont assurément ceux qui ont eu le plus de succès. Son premier crime (Juke Girl, 1942) témoigne du refus des producteurs hollywoodiens de faire des films « à l’européenne », Hal B. Wallis n’ayant eu de cesse, sur le tournage de Juke Girl, de contester les angles de prise de vue de Bernhardt. La Warner produit encore plusieurs crimes de Curtis Bernhardt : Conflict en 1946 et Possessed l’année suivante. Conflict est l’adaptation d’un texte intitulé The Pentacle, écrit par Robert Siodmak (qui fut l’assistant de Bernhardt à la UFA en 1928) et Alfred Neumann (qui venait de travailler sur Non Shall Escape, un war film d’André De Toth) ; le film devait être tourné en 1943, mais fut repoussé car Humphrey Bogart était déjà occupé au tournage de Passage to Marseille de Michael CurtizCes films de Curtis Bernhardt pour la Warner sont de grands succès publics et critiques et participent directement de l’import de la psychanalyse à l’écran. La Warner, particulièrement illustrée dans le crime film de façon générale, ne manque pas ici à l’appel. La carrière américaine de Curtis Bernhardt n’est pas aussi brillante qu’il l’espérait et sa carrière décline petit à petit. Il tourne un dernier film en 1964, Kisses for my President.


                              


À New York, l’ingénieur Mac Allan (Jean Gabin) expose son plan de tunnel sous l’Atlantique pour relier les Etats-Unis à la France. Soutenu par un banquier influent, le projet se concrétise et en trois ans, les travaux ont bien avancé. Seulement Mac Allan va devoir faire face à un drame familial et à de nombreux problèmes : infiltrations d’eau, grève des ouvriers, sabotage…
LE TUNNEL a été réalisé par le cinéaste allemand, Kurt Bernhardt, qui a débuté sa carrière en Allemagne en 1925. Il a signé en 1930 DIE LETZTE KOMPANIE, le tout premier film parlant allemand. Face à la montée du nazisme au pouvoir, en 1933, et craignant la censure allemande, Kurt Bernhardt a tourné LE TUNNEL à Paris, mais il a été néanmoins contraint d’en tourner une version allemande sous le titre DER TUNNEL avec une distribution différente. Expérience presque identique qu’a connu Fritz Lang, la même année, avec son TESTAMENT DU DOCTEUR MABUSE (1933), dont il existe encore aujourd’hui deux versions différentes du film. Fritz Lang fuira l’Allemagne en tournant en 1934, à Paris, LILIOM, avant de partir pour Hollywood. Pour ce qui est de Kurt Bernhardt, d’abord arrêté par la Gestapo, il réussit à fuir son pays et aboutit à Hollywood après être passé par Paris et Londres. De très nombreux autres réalisateurs allemands eurent la même démarche que Lang et Bernhardt, ce qui appauvrit considérablement le cinéma allemand qui ne devint plus guère qu’un cinéma de propagande au service du nazisme. Aperçu :


   
   
LE TUNNEL est un mélange d’expressionnisme allemand, d’anticipation et de mélodrame. Ce film est aussi le dernier film expressionniste allemand, bien que le style influença les premiers films noirs américains, comme les DRACULA (1931), FRANKENSTEIN (1931), LA MOMIE (1932) de la Universal Pictures, en raison de l’arrivée des réalisateurs allemands à Hollywood. Comme nombre de cinéastes européens, Kurt Bernhardt américanisera son nom de réalisateur en Curtis Bernhardt.
LE TUNNEL peut être vu comme un classique du cinéma fantastique français, mettant en scène les stars françaises montantes du début des années 30 comme Jean Gabin, Madeleine Renaud, Robert Le Vigan.


                               

LE TUNNEL est film méconnu malgré des scènes impressionnantes de par l’ampleur technique et les moyens humains, concernant la construction du fameux tunnel, montées à la manière d’un reportage d’actualités, un sujet qui rappelle la légende urbaine calédonienne annonçant depuis des années un tunnel devant relier Nouméa à l’Australie. LE TUNNEL est aussi une nouvelle preuve que le cinéma français regorge de pépites oubliées, méconnues et peu diffusées, et il trouvera néanmoins une place de choix sur Les Échos d’Altaïr.- TrapardFilm captivant et moderne dans une atmosphère particulière où Gabin excelle dans son rôle d'ingénieur en chef. Un film à découvrir. Source : http://morbius.unblog.fr/2013/07/30/le-tunnel-1933/


                               

La mort n'était pas au rendez-vous (1945) Ça faisait un bail qu'en enchaînant ces derniers temps les films, je n'avais point croisé la route du Père Bogart. Bogie est boiteux but is back dans ce film de Bernhardt dont la petite mécanique scénaristique est magnifiquement troussée. On passe son temps à croire qu'on a tout compris, tous les quarts d'heure on échafaude de nouveaux plans en se disant, ah ouais d'accord c'est ça, et puis on se fait méchamment moucher sur la ligne. "Ah ouais mais pourtant moi aussi, ça, je l'avais remarqué", ben ouais mais tu t'es cru comme Bogie, plus malin que tout le monde, et te voilà bien eu mon vieux, pas la peine de la ramener maintenant... Curtis Bernhardt, aidé par une musique de Hollaender qui n'a de cesse de chercher à nous influencer (la bonne vieille montée de violons quand l'instant devient dramatique et pis... ah ben nan ptête po en fait), nous mène par le petit bout du nez dans cette enquête, qui plus est, superbement interprétée.
Dès les cinq premières minutes, on comprend le pitch : Bogart et sa femme Kathryn (Rose Hobart, déjà toute revêche avant même d'avoir perdu toutes ses plumes) vont fêter leurs cinq ans de mariage. La gâte Kathryn tire la tronche et lâche une bombe : mon vieux Bogie, tu es amoureux d'Evelyn (Alexis Smith, forcément plus sexy...), ma plus jeune soeur, il ne sert à rien de le nier. Bogie la regarde et avoue en effet qu'il est amoureux d'elle - nous on sait qu'il pouvait être direct, notre héros, mais sa femme, elle a du mal à encaisser la pauvrette... Ils gardent gentiment la face pendant toute la soirée (Bogart buvant en effet les paroles d'Evelyn a un point que c'en est presque agaçant) et sur la route du retour, alors qu'ils sont tous les trois et que Bogie mate la plus jeune des soeurs dans son rétro... Boum, c'est l'accident... Qui meurt ? Ben personne, dis-donc, Bogie se fracturant juste une patte. Immobile, il a du temps pour cogiter le bougre, et va échafauder un plan de la mort pour justement tuer sa femme. Genre le crime parfait, vu que personne ne pense qu'il puisse bouger - et l'accident de sa femme est beau avec chute de bagnole dans ravin et pas moins de 28 stères de bois qui s'écrasent dessus. Bogie est fort marri de voir que sa femme a disparu (sacré Bog'), il peut heureusement compter sur l'amitié du grand ami du couple, le psychologue Mark Hamilton (excellent Sydney Greenstreet plus finaud qu'un Saint-Bernard) et sur le soutien... de la chtite Evelyn. Grâce à sa présence, en quelques jours il gambade et semble vachement moins meurtri par rapport à la disparition de sa femme (tu parles, on se fend la pêche avec lui rien que d'y penser... 



          

Avant qu'on soulève 27 des 28 stères, il y a une sacrée marge...). Seulement voilà, un truc complètement dingue, Bogie retrouve des trucs qu'elle avait sur elle lors de l'accident... Puis deux, puis trois, puis quatre... Nom de Dieu. On repense au titre français en se disant, merde, quand même 28 stères !, et puis on se dit que c'est ptêtre une fausse piste que ce serait alors un coup de... mouais, mais pourquoi ?... à moins que Bogie perde la boule à force d'être dans le déni permanent... Hum, hum... Bogie nous fait vraiment marrer au départ avec son faciès qui ne montre pas une trace de chagrin ni de remord, donnant simplement l'impression à son entourage d'une terrible morgue... Seulement son masque va s'effriter, ses nerfs vont se tendre, à mesure que les preuves de l'existence de sa femme s'accumulent. Des fêlures causées par le doute ombrent sa face, et de soudaines petites montées de colère l'assaillent, notamment lorsqu'il cherche à faire dire à Evelyn qu'elle est bien amoureuse de lui ; Bogart prend son débit de mitraillette pour la noyer sous ses paroles et l'autre de commencer à se demander s'il n'aurait pas un ptit grain... 



                              

Ben oui, et puis il y a quand même entre eux deux Kathryn, qu'elle soit morte ou vivante - Bogie est vénère, surtout après tout le mal qu'il s'est donné pour être avec elle... Il commencerait presque à craquer (la mauvaise conscience raskolnikovienne ferait-elle enfin son travail de sape ?...) et finit par voir son pote psy pour qu'il tente de le rassurer : est-ce qu'il hallucine ?... Mais qui fait le malin et fait tomber dans le ravin, ben ouais... on connaît la suite, bien qu'il s'agisse ici d'une variante... Bernhardt, dont la mise en scène est d'une très grande fluidité, nous sert quelques plans biscornus sur notre héros à mesure que le doute l'étreint. On est également à 100% dans l'ambiance noire lorsque l'on suit ces trajets sur de petites routes de montagne noyées dans la brumasse (le réveil de Bogie après son accident avec ces gros plans qui se surimpressionnent sur un tourbillon et ces ombres démesurées qui s'agitent dans la salle d'hôpital est aussi pur jus), une séquence que l'on va retrouver lors d'un final trépidant... Du solide. comme on dit. Avec un très bon Bogie en prime. Source : http://shangols.canalblog.com/archives/2011/06/09/21357269.html

3 commentaires:

  1. https://c3p8dz.1fichier.com/
    https://svin3o.1fichier.com/

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  2. Curtis Bernhardt,un bon réalisateur quelque peu oublié , et c'est bien dommage car ce monsieur avait beaucoup de talent. "Le tunnel" , ou 'la voleuse" (avec bette davis) sont des films formidables.
    merci Corto pour la découverte de "La mort n'était pas au rendez-vous" .
    radisnoir

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  3. Merci pour ces précisions !
    Petite référence à la voleuse ici : http://lazlokovaks.blogspot.fr/2014/10/jumeaux.html
    A bientot !

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