.

.

vendredi 3 avril 2015

Barbara Stanwyck

Elle naît dans la pauvreté à Brooklyn le 16 juillet 1907. Sa mère meurt et son père l'abandonne à l'âge de deux ans. Orpheline très jeune, cadette de cinq enfants, son frère Malcolm la protège pendant son enfance. Elle est élevée par sa sœur aînée Mildred mais aussi et surtout dans des familles d'accueil : elle n'oubliera jamais la morosité des logements et la dure vie de la rue lorsqu'elle connaîtra la célébrité...
A 16 ans, elle chante dans des spectacles de boîtes de nuit. Elle débute dans des bars clandestins comme le Texas Guinan, un passé qu'elle ne reniera jamais.
En 1922, elle obtient un engagement à Broadway comme chorus girl dans les Ziegfiled Follies. En 1924, elle joue une jolie jeune fille à la tête froide et utilise toujours son vrai nom : Ruby Stevens. Elle obtient son premier rôle dans The Noose. Willard Mack crée le nom qui la fera connaître en s'inspirant d'un ancien programme. Le nom de Barbara Stanwyck la rend célèbre en 1927 dans la pièce Burlesque. Elle y rencontre Frank Fay, chanteur de music-hall, acteur comique, une personnalité forte à l'écran et en coulisses. Ils se marient en 1928. Fay décroche un contrat pour un film : il est l'un des premiers acteurs de films parlants. Elle le suit alors à Hollywood et joue dans un film quasi autobiographique. Elle adore la Californie mais son métier l'épuise ; les mauvais rôles se succèdent. Fay l'aide à se faire des relations ; en effet, les studios ne voient pas son bel avenir mais son passé difficile. Hollywood la condamne à jouer dans des films à petits budgets...   Néanmoins, en 1933, Baby Face (Liliane) est un film surprenant. Ici, son personne gravit les échelons grâce aux promotions canapés. Le très jeune John Wayne est l'une des victimes de son ascension. Personne n'est à l'abri de son ambition sans pitié : elle brise des carrières, provoque des meurtres, des suicides. Elle obtient finalement les faveurs du directeur de la banque...


                              


Quoi qu'elle fasse, quelque soient ses rôles, elle est mal considérée. Comme dans Shopworn (1932). Pauvre mais respectable, sa faute est d'aimer un garçon riche... Les stéréotypes la rendent folle. Barbara est même qualifiée de "porc-épic" par un réalisateur. Mais ce jeune réalisateur qui n'est autre que le futur célèbre Frank Capra est préoccupé par le succès. Après avoir vu un bout d'essai, il change d'avis. Malgré l'avis du studio, il choisit Barbara pour Ladies of Leisure (1930). Stanwyck a une chose que même Capra n'a pu lui apprendre : "Elle s'empare de votre cœur et le réduit en miettes" dit-il et tombe amoureux d'elle, professionnellement parlant. Elle le remerciera plus tard d'avoir été le guide dont elle avait besoin. Ses émotions, à fleur de peau, se dégagent dès la première prise. Capra utilise jusqu'à quatre caméras : elles révèlent une vulnérabilité que personne n'avait vue en elle. Ils tournent ensemble quatre films en trois ans, changeant son image et sa carrière. Son image tout d'abord : Capra la montre douce et délicate. Réalisateur idéaliste, il embellit sa nouvelle star. Il ôte les apparats, la fausse rudesse et en fait une actrice que le public peut chérir. Ses nouveaux rôles ouvrent son horizon à Barbara et lui redonnent confiance.
Sa carrière prospère mais celle de Fay décline. Il se met à boire. Ils adoptent un fils, Dion, peut-être pour sauver leur couple mais rien ne s'arrange. Au moment de divorcer, ils s'en disputent la garde. Barbara gagne mais Dion se détache d'eux.
Barbara mène un combat similaire dans Stella Dallas (1937) : Stella a bon cœur mais ignore les bonnes manières... Sam Goldwyn est convaincu lorsqu'il voit un bout d'essai. Pour ce rôle, elle obtient sa première nomination aux Oscars. Ce succès et l'estime qui en résulte lui ouvrent de nouvelles voies. Alors que le film se termine, son avenir s'annonce riche en promesses...   Source et suite : http://cinemaclassic.free.fr/stanwyck/biographie_barbara.htm


                               


Vous prenez Fenêtre sur Cour, vous remplacez James Stewart par Barbara Stanwyck (malade, elle stagne au lit) et la fenêtre par le téléphone, et vous obtenez ce fabuleux petit film noir : ça commence par une étrange discussion que Barbara capte par hasard sur la ligne (il est question d'un meurtre qui doit avoir lieu à 23h15) et, de coups de fil en aiguilles (celles de la pendule), on parvient à l'une des séquences finales les plus hystériques du genre... Raccrochez-vous, pardon, accrochez-vous au siège, la tension monte jusqu'à devenir insoutenable...
Ce que j'adore dans les films noirs, en particulier, c'est la complexité terriblement énervante du scénar : on nous livre progressivement des bribes d'infos, et, même mises en relation les unes avec les autres, on se demande franchement quel est le rapport avec la choucroute... Et puis dans les cinq dernières minutes, oh putain, tout commence à prendre sens... Auparavant, on nous a juste baladés comme un chihuahua en laisse incapable de comprendre pourquoi le monde autour de lui est si grand. Sorry, wrong Number est un must du genre, les fils s'embrouillant tout du long jusqu'à faire un gros noeud, noeud qui se démêle pratiquement à la dernière seconde... Pourtant au départ, on se dit qu'un polar avec une héroïne, seule, alitée, n'ayant à portée de main qu'un téléphone, ça s'annonce relativement plan-plan... Elle n'arrive point à rentrer en contact avec son mari, bon, elle ne cesse de relancer l'opératrice qui se trompe dans la connexion, surprend une conversation qui fait froid dans le dos, alerte l'opératrice, la police... Tout le monde s'en branle. Elle continue à passer deux trois coups de fil - son père, la secrétaire de son mari -: histoire de ne pas trop nous endormir la caméra fait le tour de chaque pièce avant de se fixer sur l'interlocuteur - pourquoi pas, mais le procédé s'annonce lassant à la longue et puis... 


   


Litvak lâche les chevaux, l'échevau même, au niveau de la construction narrative : les différents interlocuteurs de la Barbara se mettent à raconter une histoire - tiens, un flash back - histoire au cours de laquelle ils ont rencontré quelqu'un qui leur a raconté une histoire - ah flash-back dans le flash-back, bien -, histoire qui peut, le cas échéant, se révéler plus longue que prévue - second flash-back dans le flash-back, ou... flash-forward après le flash-back dans le flash-back... oh putain... 
Plus Barbara (Mrs Stevenson) avance dans sa petite enquête pour savoir ce que fout son mari, plus la pauvrette se demande bien dans quoi elle est tombée : elle rentre en contact avec une ancienne amante de son homme, dont le mari travaille avec la police, qui enquête justement sur Mr Stevenson, aaah... De plus en plus effrayée, suant sa mère (...), elle prend contact avec son docteur qui lui en apprend de belles... sur elle-même (ah ben non, elle ne souffre pas du coeur, elle est juste un peu hypocondriaque, mais...?) puis avec un certain Evans qui travaille dans le labo du père de Barbara (richissime) et qui semble avoir magouillé des choses avec la gars Stevenson... ouhlàlà...


                              

On comprend pas toujours tout, mais on voit bien que cela commence à sentir le pâté. Ok, notre héroïne est un peu possessive, elle a sûrement fait tourner un peu en bourrique son mari, qui, frustré de travailler pour son père le richard, a tenté de trouver sa propre voie, mais de là à... Nan... Diable, y'a de la friture sur la ligne, ça commence à sentir dangereusement le roussi... Barbara Stanwyck, constamment pendue au téléphone, est de plus en plus livide à chaque coup de fil : chaque révélation est comme un véritable coup de poignard dans son dos, et on se demande si elle va tenir jusqu'à 23h15 (ben ouais, il y a un crime sur le feu quand même)... Ah tiens elle parvient enfin à avoir son mari en ligne, pas trop tôt... Coupez !... Magnifique petit polar en chambre signé Litvak, qui nous tient méchamment "occupé" d'un bout à l'autre. En prime, la musique tonitruante de l'incontournable Franz Waxman qui participe pleinement à faire monter la pression. Joli numéro ma foi.  Source : http://shangols.canalblog.com/archives/2010/12/13/19862584.html


                              

Quarante tueurs a la réputation d’être autant une œuvre symbole du genre auquel il appartient (le western) qu’un nouveau départ, une sorte de remise à plat de certaines idées de cinéma qui semblaient en cette fin de décennie 1950 irréfutables. Comme il est bien mis en lumière dans le documentaire accompagnant le DVD (Fuller et les 40 tueurs), le concept (si l’on ose dire) sous-jacent au septième art, à cette époque, est le petit écran alors en pleine croissance d’influence et de popularité. Ces deux médias se mènent une guerre sans merci pour gagner la bataille de celui qui saura le mieux divertir. A l’instar des artistes d’aujourd’hui luttant contre l’avènement quasi sans failles du piratage, l’industrie du cinéma se devait à l’époque d’être plus rusée que celle de la télévision en apportant une valeur ajoutée, le "‘plus marketing" qui fait la différence. C’est ainsi qu’émergeait à l’époque l’ère des doubles programmes, soit deux films proposés pour le prix d’un ; un cadre dans lequel fut certainement projeté le film qui nous occupe. Si cette pratique possède un logique potentiel commercial, elle offre en outre le moyen de découvrir autant des films à petit budget en marge de la conformité que des films à grand spectacle, ou encore des œuvres utilisant les majors pour laisser libre cours à leurs idées neuves. Quarante tueurs est une parfaite illustration de cette dernière catégorie de films ; il fait parti de ce type d’œuvres permettant aux cinéastes de tous genres de laisser libre cours à leurs ambitions et à leur volonté d’exprimer sur la toile leur personnalité. Cela, Fuller s’est toujours efforcé de le faire ; avec plus ou moins de bonheur il est vrai (la première partie de sa carrière), avec plus ou moins de facilité également hélas (rejet en bloc de ses idées par les grandes sociétés de production au début des années soixante).Quarante tueurs (Forty Guns) est un film résolument sexuel. Sexuel dans tout ce que ce terme peut évoquer : amour physique, passion entre deux êtres, relation destructrice, exacerbation des sentiments au détriment de la raison ou émotion jaillissant de façon incontrôlée ; le film de Samuel Fuller ne parle peu ou prou que de cela durant les très intenses 75 minutes que dure son singulier onzième film. Même s'il a été tourné plus de dix ans après la fin du deuxième grand conflit international, Forty Guns porte en lui de nombreux symptômes de la principale seconde obsession du cinéaste : la guerre, et en l’occurrence la Seconde Guerre mondiale. 


   

Membre de la Première Division d’Infanterie américaine, Fuller part en Afrique du Nord et en Europe durant presque toute la guerre avant de participer au débarquement de 1944 et d’être décoré. Car s’il a commencé auteur et scénariste dès les années 30, sa carrière cinématographique ne serait pas celle que nous connaissons sans sa douloureuse expérience de la violence. Le cinéma de Fuller sera donc pour toujours marqué du sceau de la brutalité sous toutes ses coutures, psychologique autant que corporelle. Même si dans Quarante tueurs, cette même brutalité prend une nouvelle tournure puisqu’elle concernerait plutôt celle inhérente à la guerre des sexes. De sexe, il en est donc beaucoup question dans ce film, surtout par la place que prend l’héroïne par rapport aux autres protagonistes du film.


                               

« Une femme que tous les hommes désirent » nous dit l’un des dialogues du film, faisant écho à un autre encore plus révélateur de ses enjeux sous-jacents : « Mais aucun ne peut la dompter. » A la vue de l’époustouflante scène d’ouverture du film, l’on se dit qu’effectivement cette femme est au-dessus de tout et que son ombre et sa présence planeront au-dessus de nous pendant tout le reste du long métrage. Il suffit Fuller d’un travelling plongeant, de quelques chevaux, de trois hommes et de sa rigueur dans l'exercice du montage pour nous montrer que le sujet de son film et tout ce qui gravite autour, c’est elle et rien d’autre. Fuller place, dès cette séquence, la femme au cœur de Quarante tueurs, une scène qui renvoie plus ou moins directement à un autre film très cher au cinéaste, un de ses plus personnels (si ce n’est le plus), The Big Red One. On y voit le personnage de Stéphane Audran se retrouver au milieu d’une débâcle militaire, et où tout ce qui se déroule sous nos yeux est interprété à travers le point de vue féminin.


                                


Ce qui est à même de troubler particulièrement le spectateur dans ce Quarante tueurs (plus que dans d’autres films de l’époque et du cinéaste) est la prépondérance de la rivalité frontale homme(s) / femme(s). Cette rivalité est illustrée tantôt de manière mélancolique (la scène finale ou celle du repas, romantique en diable) tantôt fulgurante (la scène de viol d’une jeune femme par Brocky). Même si beaucoup de films de Samuel Fuller sont animés et régis par deux mouvements aussi opposés que la violence et l’amour, Forty Guns révèle un caractère inédit de la forme où l’on trouve à la fois cruauté et passion. La grandeur des sentiments et le sang qui en (dé)coule se révèlent être les deux plus grands protagonistes du film. La noirceur de la violence "urbaine" de ses précédentes œuvres, et de certaines à venir, laisse en effet place à la l’impitoyable souffrance relative aux sentiments amoureux. Violence et souffrance plus sourdes et cachées, mais infiniment plus douloureuses. Source et suite : http://www.dvdclassik.com/critique/quarante-tueurs-fuller

1 commentaire:

  1. http://uploadhero.com/dl/4cff5d02
    http://uploadhero.com/dl/ba929038
    https://zcgty8.1fichier.com/

    RépondreSupprimer