.

.

mercredi 25 mars 2015

Walter Huston

Acteur de genre américain d'origine canadienne, Walter Huston – Houghston de son vrai nom – se partagea entre le théâtre et le cinéma.
Né le 6 avril 1884 à Toronto, Walter Huston se forme au métier d'ingénieur avant de faire ses débuts au théâtre dans sa ville natale en 1902. Il se produit pour la première fois sur une scène new-yorkaise trois ans plus tard. Huston travaille pendant quatre ans comme ingénieur, puis revient au théâtre en 1909 au côté de Bayonne Whipple (sa deuxième femme) ; le couple présentera un numéro de chansons et de danse jusqu'en 1924.
Huston se fait remarquer à Broadway lorsqu'il incarne l'officier Pitt dans Mr Pitt (1924). Il interprète ensuite Ephraim Cabot dans la pièce Desire Under the Elms (1924, Désir sous les ormes) d'Eugene O'Neill, prestation applaudie par la critique. La même année, il épouse l'actrice Nan Sunderland. Il reçoit le prix d'interprétation masculine décerné par le New York Drama Critics Circle pour Dodsworth (1934), avant d'être sélectionné pour l'oscar du meilleur acteur lorsqu'il reprend ce rôle au cinéma deux ans plus tard, sous la direction de William Wyler.



                               


Après l'arrivée du cinéma parlant, Huston consacre l'essentiel de sa carrière à Hollywood, mais sans jamais abandonner complètement la scène. Il joue ainsi Peter Stuyvesant dans la comédie musicale Knickerbocker Holiday (1938), et son enregistrement du titre September Song, de Kurt Weill et Maxwell Anderson, devint très populaire peu après sa mort, lorsqu'il fit partie de la bande-son de September Affair, de William Dieterle.
Walter Huston figure à l'affiche de plus de cinquante films. Il interprète notamment le rôle-titre d'Abraham Lincoln (1930) de D. W. Griffith, incarne Frame Johnson dans Law and Order (1932) de Edward L. Cahn et donne une interprétation de M. Scratch applaudie par la critique dans All That Money Can Buy (1941, Tous les biens de la terre) de William Dieterle. Sa performance d'acteur dans The Treasure of the Sierra Madre (1948, Le Trésor de la sierra Madre), réalisé par son fils John Huston, est saluée par l'oscar du meilleur second rôle masculin. L'acteur fera d'autres apparitions dans les films de son fils avant de s'éteindre, le 7 avril 1950 à Beverly Hills, en Californie. Universalis



                                


En 1940, le milliardaire Howard Hughes décide de produire un western mettant en scène pas moins de trois légendes de l’Ouest : Doc Holiday (l’ami de Wyatt Earp avec qui il participera au fameux règlement de comptes à OK Corral), ainsi que Pat Garret et Billy The Kid. Bien que le film ait été commencé en 1940, Le Banni ne sort sur quelques écrans américains qu’en février 1943 après un tournage épique, bien plus palpitant que son intrigue. Prévu d’avoir pour titre "Billy The Kid" mais devancé par David Miller à la MGM, il deviendra The Outlaw. Cela aurait dû être le premier véritable western de Howard Hawks mais finalement il lui faudra attendre Red River cinq ans plus tard. Ne supportant pas la folie des grandeurs de son producteur, ses excentriques exigences et sa mainmise permanente sur tous les aspects du tournage, le réalisateur de Scarface, L’Impossible Mr Bébé (Bringing Up Baby) ou Seuls les anges ont des ailes (Only Angels Have Wings) quitte le plateau au bout de dix jours, débauchant avec lui son chef opérateur Lucien Ballard qui sera remplacé par Gregg Toland. Certains affirment que les deux hommes se sont fait virer par Howard Hughes qui leur reprochait de ne pas assez mettre en valeur les magnifiques paysages de Flagstaff en Arizona ni les impressionnants attributs mammaires de sa jeune découverte de 19 ans, la pulpeuse Jane Russel. Démission ou licenciement ? Quoi qu’il en soit, Howard Hawks est parti mettre en scène les exploits du Sergent York alors que Hughes lui-même s’est attelé à reprendre les rênes de son western atypique et iconoclaste.D’un film censé être peu onéreux avec un budget initial estimé à 440 000 dollars, le coût total de production sera presque multiplié par dix et s’élèvera finalement à 3 400 000 dollars. 


   

          

Le producteur/réalisateur mégalomane fera tourner quelques séquences une centaine de fois, prendra un retard considérable, grèvera son budget publicitaire par des campagnes tapageuses destinées à lancer sa plantureuse trouvaille (il lui fait créer sur mesure un soutien-gorge mettant encore plus en valeur ses formes avantageuses), fera sauter par avance au plafond les ligues de vertus et les organismes de censure… Tout ce bruit fait autour du Banni avant sa sortie et la rumeur de scandale parfaitement orchestrée assureront finalement son immense succès. Howard Hughes rembourse sa mise peu de temps après la sortie de son western puisqu’il récolte pas moins de 5 millions de dollars dans les semaines qui suivent le lancement du film dans quelques Etats seulement. En commercial roublard et plein de ressources, Hughes ne s’arrêtera pas en si bon chemin puisque la véritable distribution du film à l’échelon national n’aura lieu qu’en 1950 après que tout le monde aura entendu parler de son statut sulfureux.


                             

Si Le Banni est passé à la postérité et demeure encore aujourd’hui si célèbre, c’est avant tout, bien plus que pour ses qualités, grâce aux nombreuses et différentes controverses qui eurent lieu avant même sa sortie sur les écrans : l’exigence de 108 coupes par le Code Hayes, la colère des organismes de censure offusqués, les quelques affiches scandaleuses reposant sur la poitrine de l’actrice…Ceux qui ne jurent que par la véracité historique ou l’analyse des motivations psychologiques des personnages ont très certainement compris à la lecture du pitch qu’il ne fallait pas y compter avec The Outlaw ; Hollywood est habituée à violer l’histoire mais en l’occurrence il ne s’agit ici que de pure fantaisie. Qu’à cela ne tienne, ce western à moitié raté a au moins le mérite de posséder un ton unique à défaut d’un style. Se jouant des clichés du western, Howard Hughes signe une œuvre d’une misogynie ahurissante (la femme est ici bien moins considéré que le cheval) et d’une ironie constante à vrai dire assez jouissive. Le scénario de Jules Furthman est d’une hardiesse stupéfiante, mais malheureusement l’intrigue n’a absolument aucun intérêt puisqu’elle tourne principalement autour du "suspense" qui consiste à savoir qui de Doc ou de Billy finira par avoir le cheval et jusqu’où iront les deux hommes dans le fait de se moquer comme d’une guigne de la pourtant  désirable Jane Russel. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/le-banni-hughes




                              


S’il est des films pour lesquels le mot "entertainment" prend toute sa mesure et grâce auxquels Hollywood est devenu un Empire, ce sont certainement ceux qui traitent de l’aventure. Parmi les grands artisans du genre nous pouvons retenir quelques figures de proue tels Raoul Walsh, Howard Hawks, Michael Curtiz, Cecil B De Mille, Steven Spielberg ou très récemment Peter Weir avec le sublime Master and Commander.
Mais s’il existe un cinéaste maître du genre, un artiste qui a su non seulement mettre en scène des aventures trépidantes mais surtout y apporter un regard introspectif, c’est certainement John Huston. De Moby Dick à African Queen, en passant par Key Largo ou The man who would be king, Huston s’est toujours présenté comme le cinéaste de l’aventure, celui qui en a analysé les fondements et aboutissants avec la plus profonde introspection. De sa filmographie, on retient les titres cités précédemment auxquels il faut ajouter l’un des plus grands chefs d’œuvres du genre et l’objet de cette critique : Le trésor de la Sierra Madre.
En dehors de son amour pour l’Aventure, Huston se distingue également en tant que formidable adaptateur de romans. De Dashiel Hammett à James Joyce, en passant par Carson McCullers, Romain Gary, Tennesse Williams, Herman Melville ou encore Rudyard Kipling, Huston a pris un plaisir vital à créer une collusion entre la littérature et le septième art. Lorsqu’en 1947, la Warner lui propose de réaliser l’adaptation de l’ouvrage culte de l’écrivain allemand Traven, Huston accepte immédiatement. Ce roman, intitulé Le trésor de la Sierra Madre, est lui-même inspiré d’un poème germanique du 18ème siècle et raconte l’histoire de trois Américains à la recherche d’un trésor, trois hommes dont les destinées sont bouleversées par cette quête de l’idéal, trois visions de l’aventure …


               
Fred C.Dobbs est le personnage central du film. Interprété par Bogart, il est celui dont la caractérisation est la plus complexe. Tiraillé par une soif maladive de l’or, il part à l’aventure dans le seul but de s’enrichir. Il est cet aventurier sans grand projet, celui pour lequel l’argent est une fin. Au fond Dobbs est un personnage en fuite : rejeté par une ville qui ne l’accepte pas, il n’a d’autre choix que de partir dans la Sierra Madre. Son périple prend source dans les rues de la cité de Tampico. Il y traîne ses semelles en quête d’une aumône et, tel un sans abri, ne suscite pas le moindre intérêt de la part des citadins. Lorsqu’on lui propose un emploi, le patron ne le paye pas, lorsqu’il fait la manche on ne lui accorde pas le moindre regard. A quoi bon rester dans cet environnement hostile ?

Le hasard vient alors chambouler son destin : après avoir acheté un ticket de loterie il gagne quelques dollars qui vont lui permettre de monter une expédition pour trouver un filon d’or, ce trésor libérateur qui l’obsède tant. Les trois hommes partent et l’aventure peut alors démarrer…
Mais la Sierra Madre est un décor âpre, la vie en est quasiment absente : en dehors de sordides lézards et de bandits sans foi ni loi, rien ne résiste à cet environnement. Le moral des hommes est mis à rude épreuve. Dobbs réalise que sa fuite en avant n’est pas synonyme de libération et perd peu à peu patience. Finalement c’est grâce à l’expérience et l’abnégation du vieil Howard que le filon aurifère est enfin découvert. L’extraction du métal précieux peut commencer et, tandis que chacun s’acharne à la tâche, les tensions apparaissent au sein du groupe. Le responsable de cette atmosphère n’est autre que Dobbs : pour lui, il n’est nullement question de faire confiance à ses partenaires. Il va donc falloir partager l’or et cacher sa part. Dès lors, la moindre parole déplacée entretient la paranoïa de Dobbs et exacerbe la méfiance de chacun. Au fond, Dobbs semble avoir atteint l’objectif de son aventure : le trésor est trouvé. Il doit alors faire face à la question de son existence : que va t’il faire de cet or ? Confronté à sa stupidité mercantile, il ne sait pas faire le moindre projet et entre inexorablement dans une spirale autodestructrice.


   


Devant ce vide, il décide de s’enrichir d’avantage quitte à écraser les autres. Ici, il est question de conscience : Dobbs voit la sienne s’évanouir et le mener à la violence la plus extrême. Dans un délire paranoïaque, il s’engage dans des monologues préfigurants sa folie jusqu’à cette phrase absolument symptomatique : "Si on croit avoir une conscience, elle gâche la vie. Mais si on croit ne pas en avoir, quel problème y a t’il ?".
Huston résume ainsi le personnage de Dobbs : il est l’aventurier dénué de morale, celui qui ne vit que dans l’obsession futile du gain. L’aventure selon Dobbs est une chute vertigineuse vers les profondeurs de l’absurdité humaine. Le final de Dobbs est mis en scène dans une ville en ruines symbolisant sa propre existence. La boucle est bouclée : Dobbs est de retour en ville, son trésor est perdu, ses espoirs anéantis et sa vie détruite. Le message de Huston est clair : l’aventure selon cette voie est dénuée d’espoir.


Pour incarner Dobbs, John Huston fait encore une fois confiance à son ami Bogart. Quelques mois avant de jouer ce rôle, Bogey déclarait à un journaliste du NY Times : "Attends un peu de me voir dans mon prochain film, je joue le pire salaud que tu aies jamais vu !!" . Il est vrai qu’avec ce rôle Bogart incarne un héros sombre et déploie toutes les facettes de son jeu d’acteur : tantôt séducteur ou blagueur, il lui suffit d’une fraction de seconde pour se transformer en monstre de cruauté. Bogey impressionne encore une fois la pellicule de son charisme hors norme et réussit l’exploit de rendre son personnage attachant malgré l’ignominie de ses actes. Ainsi, dans la scène qui le voit pris à partie par les trois Mexicains, les spectateurs ne peuvent s’empêcher de trembler et de souhaiter sa grâce. Mais Huston est un ancien boxeur, l’issue de ses films ne se jouera pas aux points. Les vaincus sont KO et les rares vainqueurs trop faibles pour lever les bras…


                                


Lorsque Howard apparaît à l’écran il n’est qu’un vieil homme sur le déclin. Il ressasse ses souvenirs de prospections mais personne ne semble lui porter la moindre attention. Le seul qui l’écoute est Dobbs : assoiffé d’or, le pauvre diable est prêt à avaler n’importe quelle histoire du moment qu’elle le mène à la richesse… Tout comme Dobbs, Howard est un exclu de la cité. Il vit à travers son passé d’aventurier et lorsqu’on lui propose l’expédition, il n’hésite pas une seconde. Il veut saisir cette dernière chance. Et si Dobbs pensait devoir attendre le vieil Howard pendant leur marche, il réalise rapidement que ce dernier est bien plus à son aise dans les montagnes désertiques de la Sierra Madre que ses deux camarades. A la recherche du filon d’or, Howard reprend goût à la vie. Il court dans les rochers, rit de chaque événements et fait preuve d’un grand professionnalisme.

L’aventure selon Howard est synonyme de vitalité, il s’en nourrit, y puise une énergie dynamisante. Avec ce personnage, Huston montre que l’homme n’existe qu’en relation avec l’adversité et peu importe la chute, l’important est de s’y confronter et d’aller de l’avant. A la différence de Dobbs, Howard ne subit pas l’expédition, le plaisir n’est pas de rentrer et d’échanger son or contre des dollars ; il jouit d’être là, tout simplement. Lorsqu’il rencontre les Indiens et sauve un des enfants de la tribu, il devient un roi pour les indigènes et nous rappelle ainsi un autre récit de John Huston : L’homme qui voulut être roi. Au sein de ce village indien, Howard est nourri, les femmes le regardent avec envie et il peut se laisser aller à tous les plaisirs de la vie. Au final, l’or est perdu, mais Howard a trouvé un lieu où finir sa vie. Un paradis avant l’heure où tout l’or du monde ne vaut pas la vie d’un enfant ou le sourire d’une femme. Avec Howard on retrouve l’essence même de la thématique de John Huston pour lequel l’aventure n’est positive que dans sa construction et l’objectif (trouver un filon d’or, un faucon maltais ou une baleine géante) n’est qu’un prétexte. Howard est un aventurier épicurien et certainement le plus Hustonien des trois personnages.


                               


Est-ce un hasard si John Huston offrit ce rôle à son père ? Certainement pas !! En interprétant ce héros, Walter Huston signe ici une prestation remarquable. Tout en énergie et en joie de vivre (il suffit de le voir danser lorsqu’il a trouvé le filon), il insuffle une force époustouflante à son personnage. L’Académie des Oscars tomba sous le charme de ce rôle et lui attribua la statuette du meilleur comédien.
Initialement le rôle du jeune Curtin était destiné à Ronald Reagan. Mais après avoir vu la performance de Tim Holt dans La splendeur des Amberson (Orson Welles, 1942), Huston lui propose d’interpréter le troisième aventurier de la Sierra Madre.


Curtin est un jeune homme assez candide. Sa vision du monde est idéaliste. Il n’a ni l’expérience du vieil Howard, ni même celle de Dobbs. C’est un être en devenir qui puise dans l’expérience et l’énergie de ses compagnons pour se construire. S’il part dans la Sierra c’est évidemment pour trouver de l’or, mais l’aventure ne s’arrête pas là. Les dollars accumulés dans la mine d’or lui serviront à construire son futur. Ses projets sont multiples : il veut un ranch, une femme et une famille... Des trois héros, il est sans doute le plus moderne et le moins romanesque. Il reflète la réalité d’une génération en devenir, celle qui construira l’Amérique après-guerre (le film est tourné en 1947). Pour Curtin, les objectifs doivent être envisagés à long terme et le trésor qu’il espère accumuler dans la Sierra Madre n’est qu’un moyen d’y parvenir. D’abord proche de Dobbs, il réalise à ses dépends qu’il a eu tort de lui faire confiance et se rapproche d’Howard auprès duquel il puise une certaine sagesse.


                               


Au final, Curtin n’a peut-être pas amassé d’or, mais il a enfin réalisé que sa jeunesse est une force qu’il va pouvoir utiliser à bon escient. Dans le fantastique éclat de rire qu’il partage avec Howard avant le clap de fin, il affiche une confiance qu’il n’avait pas au départ. A l’inverse de Dobbs, Curtin a pris "conscience" de ses capacités et décide de partir à la recherche d’un autre trésor : après la mort de Cody (l’intrus qui vient tenter de faire un chantage auprès de nos trois héros), il réalise que cet homme avait une épouse et un avenir. Il décide de partir à la rencontre de cette femme auprès de laquelle il espère construire "son" avenir. Ses prétentions ne reposent sur rien de concret, mais l’énergie qu’il semble avoir acquis le portera sûrement dans cette nouvelle grande aventure…

Finalement, les trois compagnons de la Sierra Madre offrent chacun une approche de l’aventure bien différente. Pour Dobbs c’est une fuite en avant, pour Howard une raison de vivre et pour Curtin un moyen d’arriver à ses fins. En décrivant le destin de ces personnages, John Huston démontre ici qu’il n’est pas le cinéaste de l’échec comme certains critiques réducteurs le laissent trop simplement entendre. Il est d’avantage le cinéaste de l’aventure avec un grand A, celui pour lequel l’objectif n’est pas l’objet de la quête mais l’expérience qui y mène. Il est donc temps d’oublier la critique désobligeante de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon dans "50 ans de cinéma américain", Le trésor de la Sierra Madre se présente comme un film pivot dans la filmographie de John Huston. A la fois analyse de la notion d’aventure et spectacle de tous les instants, un film total, porté par trois comédiens au firmament de leur art, un chef d’œuvre tout simplement ! Source : http://www.dvdclassik.com/critique/le-tresor-de-la-sierra-madre-huston

2 commentaires:

  1. merci Corto pour ce mythique the outlaw/le banni que je ne pense pas avoir vu .
    le tresor de la sierra madre est un pur chef d'oeuvre indispensable.
    radisnoir

    RépondreSupprimer
  2. https://a69vpnbddi.1fichier.com/
    https://271h4x.1fichier.com/

    RépondreSupprimer