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samedi 21 mars 2015

Joshua Logan

Joshua Logan (5 octobre 1908 - 12 juillet 1988) est un scénariste et un metteur en scène de théâtre et de cinéma à Broadway et à Hollywood. Citons parmi ses succès Mister Roberts, Picnic, et South PacificJoshua Lockwood Logan III est né à Texarkana au Texas. Il suit les cours de la Culver Military Academy dans l'Indiana avant d'entrer à l'université de Princeton. Alors qu'il est étudiant, Logan participe à la création d'une troupe de théâtre au sein de l'université avec, entre autres acteurs, Henry Fonda et James Stewart. Avant d'obtenir son diplôme en 1931, il se rend à Moscou pour y poursuivre son apprentissage auprès de Constantin Stanislavski et y étudier la MéthodeEn 1932, Logan commence sa carrière d'acteur à Broadway. Il collabore avec le producteur David O. Selznick à Hollywood en 1936. Quand il retourne à Broadway, il écrit et met en scène deux spectacles à succès : On Borrowed Time et I Married an Angel. Après la guerre, à laquelle il participe en tant qu'aviateur en Angleterre, il épouse l'actrice Nedda Harrigan en 1945Logan dirige des spectacles à Broadway : Annie Get Your Gun, John Loves Mary, Mister Roberts, South Pacific et Fanny. Il obtient en 1950 le Pullitzer Prize for Drama avec Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II pour South Pacific. Le spectacle lui permet d'obtenir également un Tony Award du meilleur metteur en scène. Quand le réalisateur John Ford tombe malade en 1955, Logan retourne définitivement à Hollywood pour terminer Mister Roberts. S'ensuivent : Picnic, Bus Stop en 1956, Sayonara en 1957 et l'adaptation cinématographique de South Pacific en 1958. Il reçoit un oscar pour Picnic puis un autre pour SayonaraSes dernières comédies musicales Camelot en 1967 et La Kermesse de l'ouest (Paint Your Wagon) en 1969 sont des échecs qui sonnent le glas d'un style, voire d'un genre.



                 

Permission jusqu'à l'aube (titre original : Mister Roberts) est un film américain réalisé par John Ford, Mervyn LeRoy et Joshua Logan, sorti en 1955. La pièce avait été jouée à Broadway par Henry Fonda sept ans d'affilée ! L'acteur et le producteur Leland Hayward firent appel à John Ford et s'en mordirent vite les doigts. Le cinéaste, ancien de l'US Navy, souhaitait rapprocher l'action de ses propres idées sur le devoir, l'héroïsme et la fraternité, alors que Fonda s'attendait à une mise en images du spectacle. Ford fut viré, et on fit appel à Mervyn LeRoy, puis à l'académique Joshua Logan. De cette genèse est née une oeuvre qui multiplie les changements de ton : comique volontiers loufoque, parfois laborieux, sentimentalisme facile mais efficace, patriotisme revendiqué... En dépit d'une certaine platitude visuelle, les comédiens, tous excellents, sauvent l'affaire. C'est Jack Lemmon qui chipa l'oscar à Henry Fonda ! Aurélien Ferenczi
Déjà touché par quelques problèmes de santés, l’état de John Ford s’aggrava au milieu des années 1950 et notamment à cause de l’alcool… Souvent saoul, il se battra souvent avec Henry Fonda (notamment car Ford fera réécrire le scénario qui était à la base une pièce de théâtre dans laquelle Fonda jouait déjà son rôle) sur le plateau de « Permission jusqu’à l’aube » et sera remplacé pour certaines séquences par Mervyn LeRoy… Ils nous emmènent au large du pacifique durant la guerre suivre la vie de l’équipage d’un cargo éloigné des batailles.
Il nous livre une sympathique comédie avec une galerie de personnages plutôt plaisante à suivre. 


   

On a le lieutenant Roberts (Henry Fonda) qui ne souhaite qu’une chose, partir de ce bateau pour aller sur le front, il est apprécier de ses soldats, notamment car il tient tête au capitaine du bateau (James Cagney) détesté et surnommé « Le Pacha » par son équipage. Il y a aussi le second Pulver (Jack Lemmon) feignant, désordonné ou encore coureur de jupons qui ne souhaite que se faire respecter et montrer que sa réputation est fausse ainsi que le docteur (William Powell). Il nous fait suivre les aventures de tout ce petit monde sans ennuie et bien interprétés. Si l’ensemble est parfois inégal, il y a quand même quelques séquences qui font mouche à l’image de cette préparation de wiskhy ou les face à face entre Fonda et Lemmon.
Un peu décevant si on considère que c’est Ford derrière la caméra et Fonda, Lemmon (qui obtiendra l’oscar du meilleur second rôle) ou Cagney devant mais l’ensemble reste captivant, sympathique et avec de bons numéros d’acteurs. Il fera néanmoins beaucoup mieux avec son prochain film « La prisonnière du désert ».



                                

Henry Fonda, James Cagney, Jack Lemmon, William Powell et bien sûr John Ford derrière la caméra, rien qu'un seul de ces noms de grands justifie la vision d'un film. Alors le quatrième en médecin pince-sans-rire montre une fois de plus qu'il a le sens de la réplique bien affuté et toujours la grande classe, le cinquième filme le tout sans génie mais correctement avec parfois son sens indéniable de la belle image. Quand aux trois premiers, ils se livrent à un véritable duel de cabotinage. James Cagney, en commandant stupide et autoritaire, est désavantagé dans ce duel puisqu'il n'apparaît que de temps en temps. Donc le véritable duel se joue entre Henry Fonda, qui est aussi à l'aise dans la sobriété qu'il ne l'est pas dans l'exubérance dans le rôle d'un officier très humain et sympatoche, et Jack Lemmon, en officier véritable Oblomov obsédé en plus de la Chose et dont le jeu qui n'est pas radin en mimiques est pas franchement très subtil (Oscar pas mérité selon moi!). Lemmon gagne d'un courte tête. L'ensemble arrive quand même à se faire très drôle avec en plus un fond critique assez efficace et étonnant de l'autoritarisme militaire. On ne s'ennuie pas une seconde, et c'est là grandement l'essentiel, devant ce Ford mineur mais plaisant.  


                              


Sayonara est un film américain de 1957 réalisé par Joshua Logan d'après l'œuvre de James A. Michener.
Au Japon, pendant la guerre de Corée. Le commandant Lloyd, as de l'aviation américaine, désapprouve Kelly, son subordonné, qui désire épouser une Japonaise. Lui meme est fiancé à Ellen, la fille du Général Webster. Pourtant, après bien des hésitations il accepte d'etre le témoin de Kelly et lorsqu' il rencontre Hana-Ogi, une très belle danseuse japonaise, il tombe amoureux. Les deux jeunes gens se heurtent dès lors à la rigueur des lois américaines et à l'ostracisme des Japonais...
Un seul mot: magnifique. Pour moi, l'un des meilleurs films de Brando grâce à sa prestation mais aussi au sujet du film. De magnifiques scènes, des musiques fabuleuses et une histoire dramatique. Un film à voir et à voir, pour l'histoire, les acteurs, les paysages. Que j’aime ces vieilleries d’Hollywood technicolorisées ! Et que j’aime ces représentations d’un Japon de carte postale, très cliché mais en même temps avec un effort pour restituer un Japon un peu plus populaire et réaliste.  Je suis sûr que la séance de cinoche à la maison va plus que bien se passer. J’avais bien aimé John Wayne dans le Barbare et la Geisha, je dois dire que Marlon Brando dans Sayonara, après m’avoir laissé dubitatif devant une diction donnant l’impression que Don Corléone parle à travers la bouche d’un pilote de trente ans, m’a pleinement convaincu. 



            
Et au-delà de sa performance, Sayonara est un film parfaitement recommandable. Mais fait dans l’écrin d’un Japon japonisant et surtout dans un contexte social et historique particulier, cette histoire d’amour entre un pilote de chasse et une artiste de revue se laisse regarder sans déplaisir (ladite artiste aussi d’ailleurs), à tel point qu’au bout d’une heure on s’aperçoit qu’on reprendrait volontiers une bonne dose de coulis de bons sentiments. Evidemment, la splendide photographie n’est pas étrangère à cela mais il est vrai aussi que le sujet permet d’avaler plus facilement la pilule. Pour faire simple, il s’agit en fait du problème du mariage pour tous, problème qui décidément semble avoir pour vocation de faire braire les pires buses qui soient. Ici la Frigide Barjot et ses sbires, là des officiers américains interdisant à leurs soldats de se marier (ou en tout cas les dissuadant fortement). 


              

On comprend toute la douleur du personnage à l’idée de laisser dans son pays ce magnifique petit lot. Perso, je ne m’en serai pas remis. C’est pourtant l’épreuve, le dilemme auquel notre héros va devoir faire face : épouser sa bijin et faire une croix sur sa carrière, ou rentrer au pays mais dans ce cas laisser derrière lui la femme de sa vie. Choix cornélien accentué par la pression que le couple subit chacun dans son « clan ». D’un côté ce sont les huiles de l’armée américaine qui ne voient pas d’un bon œil tous ces mariages de leurs boys avec ces sauvageonnes (Buck Danny eût dit « faces de lune »). De l’autre c’est le gros de la population locale qui trouve décidément bien déplacées, limite écœurantes, ces histoires d’amour avec des gaijins poilus. Et comme si cela ne suffisait pas, ajoutons que le personnage de Marlon est sur le point de se marier à une jolie fille dont le papa n’est autre qu’un des supérieurs d’Ace, et que celui de Miiko Taka s’avère être le joyau d’une troupe théâtrale composée uniquement de femmes, la Shochiku Kagekidan Girls Revue (revue qui a réellement existé et qui était la principale rivale à la fameuse revue de Takarazuka). Evidemment, la pression s’accroît d’autant plus pour elle qu’elle se doit d’être un exemple (surtout qu’il est interdit aux femmes de cette troupe d’avoir une liaison)... Source et suite : http://bullesdejapon.fr/2013/05/18/sayonara/

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