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mercredi 4 mars 2015

Henry et Fernand

Le Fruit défendu est un film français réalisé par Henri Verneuil en 1952
J’ai lu beaucoup de bien de "Meurtres", de Richard Pottier, un des rares rôles dramatiques de Fernandel qu’on a même qualifié , dans ce film, d‘exceptionnel. Mais ce n’est pas le seul exemple.
Nous avons déjà longuement glosé sur ce talent de qualité trop souvent cantonné dans des personnages de gugusses et de comiques troupiers, nous efforçant ici et là de tracer la liste de ses apparitions maîtrisées et, évidemment, pas dans le seul registre dramatique : la plupart des Pagnol, les deux premiers "Don Camillo", "L’auberge rouge" et "Fric-Frac" d’Autant-Lara, "Crésus" de Jean Giono et quelques autres (comme "L’armoire volante" de Carlo Rim).
Mais dans le registre dramatique – il n’y a pas pléthore ! – j’ajouterais volontiers ce "Fruit défendu", qui est un des premiers films d’Henri Verneuil, et qui se laisse voir avec beaucoup de plaisir, malgré d’assez violents défauts et des insuffisances plus graves encore.
"Le fruit défendu" est une adaptation – non : une transposition – d’un roman très noir de Georges Simenon qui s’appelle "Lettre à mon juge", dans quoi le narrateur, condamné et incarcéré pour avoir assassiné sa maîtresse, conte le cheminement qui a conduit le paisible médecin qu’il était à se retrouver derrière les barreaux. Dans le film, outre que ça se passe à Arles et non à La Roche-sur-Yon (!) ça se termine plutôt bien, par le retour du mari volage dans les bras et le coeur de son épouse légitime. Ce happy end n’est pas vraiment ennuyeux, car l’atmosphère du film n’est pas poissarde et désespérée, mais marque bien clairement les limites du boulot de Verneuil. Car, évidemment, Arles et Fernandel ne sont pas des hasards.
Si l’artiste ni ne gesticule, ni ne grimace, ni ne se contorsionne, s’il fait tout ce qu’il peut pour donner de la substance à son personnage de Charles Pellegrin, médecin de campagne abandonné par sa femme avec deux petites filles et toujours flanqué de sa maman (l’impériale Sylvie, qui l’appelle "Mon poussin", alors qu’il a quarante ans déjà), ça ne suffit pas toujours.




   



Épousant – de la façon qu’on appelait jadis un peu arrangée – une charmante veuve, Armande (Claude Nollier), distinguée, raffinée, pondérée, qui lui ouvre la porte de la bourgeoisie locale et prend garde à ses sous, il rencontre très inopinément une de ces jolies filles à la cuisse légère et à la cervelle de colibri qu’a joué, avec beaucoup de charme, toute une génération de vedettes antérieures à Bardot, de Martine Carol à Nicole Courcel, de Dany Robin à Brigitte Auber. Dans "Le fruit défendu", c’est une des plus charmantes de ces diablesses qui s’y colle, c’est Françoise Arnoul. Ce qui doit arriver arrive, et tutti quanti, jusqu’à ce happy end trop évident. Mais ce n’est pas mal du tout, parce que le récit est bien mené, les situations pittoresques, la ville d’Arles extrêmement photogénique, et surtout parce que, outre le charme de Françoise Arnoul qui dévoile furtivement un sein pointu (amateurs mâteurs, ne vous laissez pas avoir par la jaquette de cet exploiteur de René Château : c’est vraiment très bref !), outre ce charme, il y a deux grandes comédiennes, donc.



                 

La grande Sylvie, bien sûr, mère aussi abusive et presque aussi féroce que dans le "Thérèse Raquin" de Carné, et surtout Claude Nollier, dont je ne me lasse pas, à chaque fois que je la vois ou la découvre, d’admirer la beauté froide. Qu’elle soit la Comtesse de Toulouse-Lautrec dans "Moulin rouge" de John Huston, la glaciale Madame Duveyrier dans "Pot-Bouille" de Duvivier, elle est absolument parfaite dans la mesure, la distinction, l’élégance.
Et Fernandel, alors ? Ah ! Voilà peut-être un peu le problème ; écrivant ceci, je n’avais pas encore vu "Meurtres", j’ignore comment je pourrais le jauger dans le film de Richard Pottier ; mais dans "Le fruit défendu", sa présence me gêne un peu pour la bonne et simple raison que l’image qu’on a de lui – en ne gardant que celle du grand acteur comique – est si forte et si prégnante qu’elle est difficile à oublier.
Je sais bien que des comédiens comme Bourvil ont su, ici et là, transcender le personnage dans quoi ils étaient confinés, du "Miroir à deux faces" au "Cercle rouge" en passant par "Les grandes gueules" ; mais c’est une performance rare ! Je n’imagine pas que, même le voulant, Louis de Funès aurait pu jouer un mari bafoué, ou même un assassin froid…
Toujours est-il que, malgré la sobriété de son jeu, Fernandel détonne un peu dans ce "Fruit défendu" ; on n’échappe pas toujours à sa caricature…



                

Carnaval est un film français réalisé par Henri Verneuil sorti en 1953.
L'architecte Dardamelle vient de refuser à sa femme Francine une robe qu'il juge trop chère. Excédée, celle-ci jette à la face qu'il est « cocu ». Très calme, Dardamelle appelle son commis pour lui apprendre la nouvelle, puis l'annonce à son entrepreneur. Enfin, il finit par l'afficher sur la bande qu'il accroche au balcon de sa maison « cocu de 1re classe ». Mais chacun croit à une plaisanterie car la date du carnaval est proche.
Excellente comédie où l'Ironie règne en maître ! Tel est pris qui croyait prendre ! Réalisation, scénario et acteurs formidables !!! Un Fernandel dont le talent n'est plus à démontrer !!! A voir et à revoir !!! 
Après le triomphe de "Don Camillo", Fernandel retrouve une dernière fois son complice Marcel Pagnol pour une énorme farce adaptée de la pièce d'Emile Mazaud. Cette histoire de cocu magnifique est une "galéjade" qui touche à des sentiments humains, amplifiés par la faconde méridionale. Cette comédie, réalisée par Henri Verneuil, a choqué certains spectateurs lors de sa sortie en 1953. Pourtant Fernandel est ici au meilleur de sa forme : "un très grand acteur qui ne laisse rien dans l'ombre et joue de son visage en maître violoniste". Saturnin Fabre, en psychanalyste moliéresque, lui donne la réplique, et la légendaire Pauline Carton n'est pas en reste. 


       
Il s'agit d'une comédie filmée en noir et blanc. Le scénario est inspirée d'une pièce de théâtre. Dardamelle est architecte à Aix. Sa femme dans un mouvement de colère lui annonce qu'il est cocu. La réaction de Dardamelle est très inattendue ... Les dialogues signés Marcel Pagnol, pleins d'esprit, de finesse et d'humour sont un point fort du film. L'autre point fort est l'excellente interprétation de Fernandel qui a un jeu relativement sobre mais très expressif. Jacqueline Pagnol, l'épouse de Marcel Pagnol, est également très bien dans le rôle de Madame Dardamelle. Il y a aussi Pauline Carton parfaite dans son éternel rôle de bonne. La mise en scène est très quelconque, c'est dommage. Il y a tout de même quelques vues d'Aix et du carnaval. Fernandel pousse la chansonnette sur le char mais le meilleur est pour la fin lors du banquet de fin de carnaval. Il n'y a pas d'action mais le film est tout de même plaisant à regarder. Source : http://www.senscritique.com/film/Carnaval/critique/41953945

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