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dimanche 29 mars 2015

Hal Ashby

Hal Ashby est un réalisateur, monteur, acteur et producteur américain né le 2 septembre 1929 à Ogden, Utah (États-Unis), décédé le 27 décembre 1988 à Malibu (Californie). Hal Ashby est né à Ogden, dans l’Utah. Il est le dernier de quatre enfants. Sa jeunesse est marquée par le divorce de ses parents et le suicide de son père. À l'âge de 17 ans, il quitte la maison familiale pour se rendre en Californie. Il commence à travailler à Hollywood dans les années 1950 en tant qu'assistant-monteur, sur des films de William Wyler, George Stevens et Franklin Schaffner. Au cours des années 1960, Ashby devient monteur pour Tony Richardson et surtout pour Norman Jewison avec qui il travaille pour la première fois en 1965 comme monteur sur le film Le Kid de Cincinnati. Son travail avec Jewison vaut à Ashby d'avoir une nomination aux Oscars pour le montage du film Les Russes arrivent avant de remporter le trophée l'année suivante pour Dans la chaleur de la nuit. La collaboration entre Ashby et Jewison se poursuit alors que ce dernier produit le premier film réalisé par Ashby, une comédie dramatique intitulée Le Propriétaire. Malgré une critique favorable, le film ne connait qu'un succès limité. Les films suivants d’Ashby sont tous, à des degrés divers, considérés comme des œuvres marquantes du cinéma américain des années 1970. 


                        

                             Ou : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=749822#

Ainsi Harold et Maude, une comédie d'humour noir qui passe d'abord inaperçue lors de sa sortie en 1972, atteint au fil des années le statut de film culte. En route pour la gloire est une biographie du chanteur Woody Guthrie. Le Retour est un drame sur la réinsertion de deux vétérans du Viet-nam et vaut à Ashby sa seule nomination à l’Oscar de la mise en scène. Bienvenue, Mister Chance, satire politique adaptée par Jerzy Kosinski d’un de ses propres romans, fournit à Peter Sellers l’occasion d’un dernier grand rôle. Bienvenue, Mister Chance est aussi la dernière vraie réussite de Ashby. En 1982, son film Lookin' to Get Out est très mal reçu par la critique et ne connaît pas le succès. Rolling Stones est une simple captation d'un concert de la tournée américaine du groupe. La comédie Match à deux et le film noir Huit millions de façons de mourir ne reçoivent au mieux qu'un accueil tiède tant du public que de la critique. Ashby est d'ailleurs congédié lors du dernier jour de tournage de Huit millions de façons de mourir et ne participe pas au montage du film. Ashby termine sa carrière à la télévision en dirigeant l'émission pilote de la série Beverly Hills Buntz (en) et le télé-film Jake's Journey (en). À ce moment, la santé de Hal Ashby est déjà déclinante. Il meurt d'un cancer, à l'âge de 59 ans, le 27 décembre 1988.


                             


Il existe des films dont les titres parlent souvent à tout un chacun, ou du moins évoquent quelque chose liée à l'histoire du cinéma ou à des références culturelles plus ou moins assimilées, sans que leur maître d'œuvre connaissent une renommée équivalente. Des films tels que Harold et Maude, Shampoo, Retour ou surtout Bienvenue Mister Chance sont devenus avec les années - et quelle que soit leur qualité respective - des jalons au sein de ce cinéma américain des années 70 tant célébré par la cinéphile actuelle. Mais s'il s'agit de s'attacher à leur réalisateur, bien peu de gens sauront que ces productions doivent une très grande partie de leur réussite au regretté Hal Ashby (1929 - 1986). L'une des raisons de cette relative méconnaissance est certainement due au fait que ce cinéaste avait du mal à initier ses propres projets et dut s'en remettre à accepter les propositions des autres. Ashby fut un personnage hors norme, né dans l'Utah au sein d'une famille mormone, enfants de divorcés, orphelin de père au début de l'adolescence, ayant fui la maison familiale avant sa majorité pour vivre des années de galère dans le Los Angeles des années 1950. Il parvient néanmoins à mettre un pied à Hollywood en devenant apprenti puis assistant monteur, mais c'est la rencontre avec le réalisateur Norman Jewison qui changera sa vie en profondeur. Monteur de cinq films pour ce dernier - dont les fameux Dans la chaleur de la nuit (avec un Oscar à la clé) et L'Affaire Thomas Crown -, Hal Ashby a aussi la chance de voir la société américaine connaître des bouleversements moraux et sociaux considérables qui correspondent à son tempérament rebelle et allergique à toutes formes de privation de liberté. 


   

Hippie, ressemblant à un clochard débraillé, amateur d'alcool puis fumeur invétéré de marijuana, adorable mais volontiers caractériel (chaleureux à ses débuts sur un plateau de tournage, explosif dans une salle de montage), Hal Ashby vécut totalement à l'écart du système hollywoodien dont il exécrait la nature hiérarchique et autoritaire. Son privilège fut de pouvoir devenir cinéaste au moment même où cette industrie du spectacle allait connaître une période dorée pour les créateurs de tous genres (et surtout des personnalités rebelles à la normalisation et à la censure) ; alors que quelques jeunes producteurs et scénaristes allaient acquérir une indépendance et un pouvoir tels qu'une nouvelle catégorie de longs métrages pouvait voir le jour, tous en prise avec l'évolution des mœurs et portant un regard frondeur et très critique sur la société. 


                                

Après avoir pu tourner son premier long métrage grâce à Norman Jewison, Le Propriétaire (The Landlord, 1970), Ashby est emballé par le scénario de Harold et Maude et signe l'année suivante, avec cette romance d'une incroyable originalité pour l'époque (entre un adolescent suicidaire et une femme âgée pleine de vie), un film aujourd'hui célèbre et très apprécié mais qui connut hélas un véritable échec critique et public lors de sa sortie. C'est alors que survient le projet La Dernière corvée (The Last Detail), que le producteur et ami Gerry Ayres propose au cinéaste. Le script adapté d'un livre est écrit par Robert Towne, un scénariste formé chez Roger Corman, de même qu'un script-doctor très recherché, et surtout un personnalité emblématique de la période du Nouvel Hollywood qui a signé les scénarios, remarquables, de Chinatown, Shampoo ou encore Yakusa


                              

Malgré les manœuvres de Columbia Pictures pour faire réécrire le script (marqué par un langage ordurier très réaliste) et modifier le casting - alors que le film a été expressément conçu pour jack Nicholson, Towne et le producteur tiennent bon et conservent la mainmise sur le projet, bientôt rejoint par Hal Ashby. Après une première hésitation, ce dernier voit dans ce nouveau film le véhicule idéal pour exploiter ses thèmes de prédilection. Plus encore que Harold et Maude, La Dernière corvée s'inscrit naturellement dans le nouveau courant de pensée qui règne à Hollywood ; il sera d'ailleurs considéré bien plus tard comme l'un des films phares de cette vague cinématographique. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/la-derniere-corvee-ashby


            


Alors qu’avec Le Lauréat (1968) et Un été 42 (1970), le cinéma post-flower power semblait avoir réglé son complexe d’Œdipe, Harold et Maude pousse le bouchon encore plus loin en imaginant une relation amoureuse entre un jeune garçon neurasthénique et une octogénaire excentrique, digne parente politisée de la Folle de Chaillot ou de la Madame Madrigal des Chroniques de San Francisco. Libertaire et trop dérangeant pour l’Amérique de Richard Nixon (pour se prévaloir de toute tôlée, la Paramount n’accepta pas qu’une scène d’amour entre les deux protagonistes soit tournée), le film fut d’abord un échec critique et public cuisant avant de voir sa carrière relancée grâce au très bon bouche-à-oreille sur les campus américains. Le réalisateur Hal Ashby, avant tout connu pour son excellent travail de monteur (il a été oscarisé pour le film Dans la chaleur de la nuit de Norman Jewinson) se rattrapera heureusement quelques années plus tard en rencontrant le succès avec Retour (1978), considéré comme l’un des meilleurs films sur la guerre du Viêt-Nam. Le public français, lui, fut beaucoup plus réceptif à cette histoire atypique qui sortit sur nos écrans fin 1972. À tel point qu’une adaptation théâtrale est montée par Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault. Colin Higgins qui venait juste d’adapter Harold et Maude participa également à cette transposition scénique en collaboration avec Jean-Claude Carrière, qui devint une pièce fétiche de Renaud-Barrault, reprise il y a dix ans par Danielle Darrieux.







La réussite de Harold et Maude, c’est son parfait équilibre entre un humour macabre et une grande légèreté, sa faculté désinvolte à renverser les tonalités dans une même scène (comme ce passage bouleversant où Maude revient, les larmes aux yeux, sur la mort de son mari avant de proposer une danse à Harold, avec l’allégresse d’une petite fille) et à raconter avec une pudeur exemplaire une histoire d’amour qui n’a d’extraordinaire que son extrême évidence. Les séquences les plus réussies sont évidemment celles qui exploitent jusqu’au bout ces décalages sans avoir peur de flirter avec un surréalisme pince sans rire, quitte à devenir un ovni entre Tueurs pour dames et Six Feet Under. Les faux suicides d’Harold, hilarants dans leur absurdité, en sont les meilleurs exemples. 


                             

Imaginez un peu la scène : le garçon noyé le corps en croix tel le héros de Sunset Boulevard, et sa bourgeoise de mère qui nage à ses côtés avec un calme olympien ; ou encore cette scène où la marâtre remplit pour son fils un questionnaire d’agence matrimonial et ce dernier qui se fait sauter la cervelle… sans susciter la moindre réaction. Il fallait oser, également, entourer l’histoire d’amour entre Harold et Maude d’une poésie funèbre. Tous deux adeptes des enterrements et de morbidité, ils se rencontrent en effet lors de diverses oraisons comme d’autres pique-assiettes auraient fait connaissance dans des soirées mondaines. Et c’est avec un malin plaisir qu’ils se permettent de voler les corbillards à la barbe de la police.


               

Il est évident que Harold et Maude ne serait rien sans son duo d’acteurs impeccables. Protégé de Robert Altman avec qui il venait de tourner Mash, Bud Cort a d’abord hésité (de peur d’être ensuite catalogué dans ce genre de rôles) à jouer le rôle d’Harold. Bien mal lui en a pris puisque avec son teint gothique, sa bouille de gamin et ses grands yeux bleus, il apporte un trouble burtonien à son personnage. Dans le rôle de Maude, la pétillante Ruth Gordon s’impose comme une évidence, elle qui, dans sa longue carrière, a joué aussi bien les scénaristes féministes (elle a notamment signé pour Cukor les scénarios de Madame porte la culotte et de Mademoiselle Gagne-Tout) que les actrices maléfiques (la voisine diabolique du non moins fantastique Rosemary’s Baby de Roman Polanski). Source : http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/harold-et-maude.html

2 commentaires:

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    https://tv9oh9.1fichier.com/
    http://uptobox.com/31k0bwvy01ut

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  2. merci Corto pour ces films de mon cinéaste hippie favori.
    amour et paix
    radisnoir.

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