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jeudi 12 mars 2015

Françoise Arnoul

Ayant peu de goût pour les études, Françoise Arnoul quitte sa classe de seconde et déclare à sa mère : « Je veux faire du cinéma. » Sa mère l’inscrit aux cours dramatiques dispensés dans le 9e arrondissement par l’une de ses connaissances, madame Bauer-Thérond. Ses camarades s’appellent Michel Drach, Roger Carel et Roger Hanin. Lors d’une audition au théâtre de la Potinière, elle signe un contrat avec l’agence artistique Besnard, qui compte déjà parmi ses jeunes acteurs Magali Noël et Renée Cosima. Pressentie par Robert Dhéry qui auditionne pour la comédie théâtrale qu’il est en train de monter avec Bourvil en vedette, Le Bouillant Achille de Paul Nivoix (1948), le rôle est finalement confié à une autre débutante, Nicole Courcel. Françoise fait une première figuration en 1948 dans Rendez-vous de juillet de Jacques Becker où Nicole Courcel tient l'un des rôles principaux. Elle va sur ses 18 ans et elle est engagée, après des essais concluants, par Willy Rozier qui lui confie son premier grand rôle dans L'Épave (1949). Elle est « Perrucha », une belle garce qui, avec quelques scènes déshabillées, lance le personnage de Françoise Arnoul. Elle va incarner, à l’écran, des personnages peu conventionnels, souvent pervers. Françoise Arnoul, même si elle a quelquefois des rôles légers, comme dans Nous irons à Paris (1950) ou de midinette comme dans French Cancan (1954), joue souvent des personnages troubles et destructeurs : Le Fruit défendu (1952), La Rage au corps (1954), et la série des films d’Henri Decoin, La Chatte (1958 - 1960), où son visage félin d’espionne perdue séduit les spectateurs. Plus que Brigitte Bardot à laquelle on a voulu quelquefois l’opposer, elle incarne des personnages souvent énigmatiques chez qui apparaît une sensualité pernicieuse



                 


Elle dit à Vadim sur le plateau de Sait-on jamais... (1957) : « Si tu cherches Brigitte à travers moi, tu ne la trouveras pas. Elle n’est pas moi, je ne suis pas elle ! » Avec ce film et avec celui de Pierre Kast, La Morte-Saison des amours (1960), elle a l’occasion de montrer l’étendue de ses talents pour allier intellectualisation des sentiments et passion charnelle. Dans les années 1950, elle travaille sous la direction de Carlo Rim, Henri Decoin, Henri Verneuil, Pierre Billon, Georges Lacombe, Pierre Chenal et figure dans un Guitry (Si Paris nous était conté (la scène qu'elle a tournée pour son Napoléon a été coupée au montage). À partir de 1955, elle connaît ses premiers vrais triomphes d'actrice face à Jean Gabin dans Des gens sans importance de Verneuil et French Cancan de Jean Renoir. Elle fait un caméo dans En effeuillant la marguerite de Marc Allégret (dont Brigitte Bardot, à la veille de son explosion mondiale, est la vedette) et trouve un de ses plus beaux rôles dans Sait-on jamais... de Roger Vadim, avec Robert Hossein en co-star, dont l'action se déroule à Venise, sous la neige, au son du Modern Jazz Quartet. Elle s'épanouit pareillement, entre Bernard Blier et Roger Hanin dans le diptyque La Chatte et La Chatte sort ses griffes, mis en scène par Decoin, et son imper noir entre dans la mythologie du cinéma de cette époque. Cette décennie brillante s'achève avec Le Chemin des écoliers de Michel Boisrond, adaptation de Marcel Aymé par Jean Aurenche et Pierre Bost, où elle joue la maîtresse d'Alain Delon, star naissante.



                               


Les Compagnes de la nuit est un film français réalisé par Ralph Habib, sorti en 1953.
« Il y a quelques mois, un certain mercredi 16, nous étions informé de la découverte dans le Canal de l'Ourcq, d'un corps de femme, nu et vitriolé. Deux jours plus tard, à la sortis de usines Renault, une ouvrière dépendant de l'atelier 47 était écrasée par un mystérieux taxi. Elle décédait pendant son transport à l'hôpital... » C'est ainsi que débute, en voix off, Les compagnes de la nuit, film noir à la française qui se déroule dans les coulisses d'un réseau de prostitution basé dans un bistrot de Montmartre. 
Si la censure obligeait les auteurs américains de films noirs à aborder ce sujet avec beaucoup de précautions, la parole était beaucoup plus libre en France. Le réalisateur Ralph Habib avait pour habitude d'en faire usage, avec des titres aussi évocateurs que La loi des rues (premier grand rôle de Jean-Louis Trintignant) ou La rage au corps (ou Françoise Arnoul subit un traitement médical contre la nymphomanie !).
Dans Les Compagnes de la nuit, l'excellente et ravissante Françoise Arnoul incarne Olga, fille mère, qui monte à Paris après avoir refusé un emploi de bonne à Bordeaux. Le gentil camionneur Paul (Pierre Cressoy) la dépose devant le bistrot où le complice d'un souteneur (Noel Roquevert) plante tout de suite le décor en réprimandant une péripatéticienne frigorifiée  « Quand on est fragile des bronches, on fait La Madeleine et l'Haussmann, mais pas la Cour du Havre qui est pleine de courants d'air ». Bientôt, Olga est prise en charge par le réseau de prostitution de Jo (Raymond Pellegrin) qui s'occupe de tout... 


   
        
Paul, le gentil camionneur la repère un jour sur un trottoir, alerté par un ami (Pierre Mondy). Olga rêve désormais de fonder un foyer avec lui. Hélas, Jo, d'une brutalité inouïe, terrorise les femmes qui revendiquent leur indépendance. Il provoque un accident dont Paul est victime. Mais Olga n'est pas femme à se laisser faire...  Ce film permet de voir de belles images du Paris des années 1950, mais aussi des anciennes usines Renault de Billancourt – à proximité des studios où furent tournés les intérieurs du film. On y retrouve aussi Jane Marken, la patronne de l'Hôtel du Nord de Carné, en « mère maquerelle », et... Louis de Funès, en client anonyme du bistrot. Le film est co-produit par Ray Ventura, célèbre pour les joyeuses et familiales chansons de son orchestre, aux antipodes de la sombre et sulfureuse ambiance des Compagnes de la nuit...  Antoine Sire


                 


Des gens sans importance est un film français d'Henri Verneuil sorti en 1956.
Jean Viard (Jean Gabin), marié trois enfants, rencontre Clothilde (Françoise Arnoul) dans un « routier » où il fait souvent escale. Ils s’aiment… Verneuil réalise ici un nouveau mélo, totalement typés, et centré sur le couple illégitime. Scénario très banal donc. Le milieu des chauffeurs-routiers est au cœur du développement, et, tout comme dans « Gas-oil » tourné la même année et dans le même milieu professionnel, Gabin fait merveille dans un rôle de héros cachant de grandes qualités humaines sous des dehors bourrus. Bien dirigé, il ne cabotine pas, et sait même émouvoir. Les scènes de famille et les tribulations des chauffeurs sonnent juste, les dialogues ont de l’intérêt, la photographie est souvent soignée. Le talent de Verneuil est, ici, d’avoir su éviter le sentimentalisme dans les scènes importantes de l’œuvre, quitte à le laisser déborder à d’autres moments. A ce propos, la longue séquence finale est remarquable par sa sobriété et son absence de support musical : quelques phrases, le braillement des animaux enfermés dans la bétaillère, le lancinant rugissement du moteur du camion, la campagne plongée dans la nuit et le brouillard, et le drame qui se joue, inexorablement…On abuse souvent de terme pompeux, mais dans le cas de ce film, il faut reconnaître un vrai chez d'œuvre. On s'attend à un petit film, et pourtant quel gifle. Tout est maîtrisé : jeu des acteurs, scénario, dénouement, décor, froideur du film. On fait ici l'apologie des petites gens. De leur labeur, métier hors norme et pénible que le gens bien comme il faut dénigre (le boutiquier qui lance à Gabin et à Mondy "Alcooliques !"). 



   

Des familles d'ouvriers de la banlieue parisienne dépeintes avec finesse et grandeur. Gabin y joue sa meilleur prestation, pas de cabotinage ni de "sur jeu" tout est juste. Gabin qui sort du "bahut" les yeux petits, la barbe naissante et fatigué, c'est un plan magnifique. Il est formidable. La musique, glauque et tragique, joue aussi pour beaucoup dans la qualité de la réalisation, on pense à une rêverie, pour ces gens qui ne peuvent pas rêver, faute e temps, de vie trop laborieuse. Les second rôle, Pierre Mondy en tête, frais émoulue de la Comédie Française et surtout Françoise Arnoul, magnifique de tristesse. Il n'y a pas de lourdeur, de longueur tout s'enchaîne avec élégance. La morale peut paraître pleine de controverse, mais si le personnage principale mène presque une double vie, c'est que sa vie s'y prête; entre un foyer qui ne le comprend pas et un métier difficile, on finit par soutenir cette situation parce que sa vie est dur, on lui autorise ces quelques minutes de rêves. La fin est superbe, un grand moment de cinéma.Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-37187/critiques/spectateurs/

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