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vendredi 13 mars 2015

Donald Crisp

Donald Crisp est un acteur, réalisateur, producteur et scénariste britannique né le 27 juillet 1882 à Bow à Londres (Angleterre), et décédé le 25 mai 1974 à Van Nuys en Californie.
Oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 1941 pour Qu'elle était verte ma vallée (How Green Was My Valley) dans le rôle de Gwilym Morgan.
Robert Parrish n’a jamais vu Libre comme le vent. Non qu’il pensait qu’il s’agissait d’un de ses mauvais films mais il en gardait des souvenirs mitigés, notamment parce que la MGM avait fait supprimer quelques séquences entre John Cassavetes et Dick Erdman et demandé à John Sturges de rajouter quelques plans de coupe qui renforceraient l’aspect héroïque de Robert Taylor. Or, s’il y a bien une chose qui force l’enthousiasme à la découverte de ce western de 1958, c’est bien son interprétation, sa direction d’acteurs et son traitement subtile de personnages peu manichéens. Le film se montre parfois si surprenant sur ce terrain qu’il interroge vraiment la place du réalisateur de L'Aventurier du Rio Grande et également celle de ce film plutôt méconnu.



                               


Parrish est presque un oublié parmi les derniers classiques hollywoodiens. Ayant débuté comme très jeune acteur chez Chaplin (Les Lumières de la ville), il a longtemps joué chez Ford des petits rôles, notamment dans Le Mouchard et Je n’ai pas tué Lincoln. Jugé par le vieux Sean médiocre comédien, il se consacre au montage d’abord en tant qu’assistant Sur la Piste des Mohawks et Les Raisins de la colère, puis comme monteur officiel de ses documentaires pendant la Seconde Guerre mondiale. Il participe également au montage des archives nécessaires au procès de Nuremberg. Il gagne l’Oscar pour Body and Soul de Robert Rossen puis assiste Max Ophuls sur Caught avec James Mason qu’il considérait comme le meilleur acteur du monde. C’est grâce à Dick Powell qu’il débute à la mise en scène en 1951, son rêve depuis toujours. John Ford lui avait dit le jour où il lui avait fait part de ses velléités de mise en scène qu’il devait savoir manier des poings pour pouvoir imposer ses volontés. Peut-être peut-on y voir une raison pour laquelle il aima durant les années 50 s’entourer de comédiens anarchistes, à forte personnalité comme John Cassavetes ou Robert Mitchum qu’il tenait comme le dernier héros romantique.  Dans Libre Comme le vent, il confie ainsi le personnage le plus fort, le plus intéressant du film et donc le plus complexe au jeune Cassavetes avec qui il s’entendra d’ailleurs très bien. Le futur réalisateur de Faces emploiera à son tour Parrish pour réaliser deux épisodes de sa fameuse série jazzy de la fin des années 50 Johnny StaccatoLibre comme le vent effectue des variations originales sur un sujet on ne peut plus classique : le duel entre deux frères, l’affrontement entre un vieux bandit repenti (Robert Taylor) et un jeune loup, rebelle sans cause, plein de fureur de vivre, de violence et de colère (John Cassavetes). Ecrit par un certain Rod Serling, futur auteur créateur vedette de la Quatrième dimension, le script de Libre comme le vent compile déjà quelques qualités et marques de fabrique de la fameuse série fantastique : une manière parfois un peu bavarde de poser des dilemmes moraux insoutenables et inextricables, d’inscrire des personnages en apparence stéréotypés à l’intérieur d’une démonstration aussi théorique qu’instructive. 


   

Comme l’expliquera le vieux Denis Deneen (Robert Crisp), propriétaire terrien droit et juste, hanté par la mort de son fils : faut-il mieux préférer les barbelés qui défigurent la prairie à la violence ? La réponse de Serling et Parrish est évidente pour eux puisqu’il faudra à tout prix couper le cercle de la violence qui sans cela n’en finira jamais de se perpétuer indéfiniment. Parrish est ainsi économe de scènes brutales dans son film et filmera toujours les quelques morts en insistant sur la douleur ressentie par les victimes qui agonisent bruyamment. Le cinéaste s’en expliquait d’ailleurs à son ami Bertrand Tavernier en disant qu’il n’avait jamais aimé la violence qu’il considérait comme un élément moral
Sur ce motif du cercle, d’un enchaînement infini dans le temps de morts brutales, le film lorgne vers la psychanalyse au travers des thèmes de la filiation et du passé qui empoisonne le présent. Tony (John Cassavetes) admire son frère ainé comme un père, lequel tente en vain de l’éduquer le mieux qu’il peut. Seul exemple autour de lui quand il était jeune, Tony reproduit d’une certaine manière la violence à laquelle il a été très jeune confronté quand Steve (Robert Taylor) était encore un bandit et un assassin. Steve en a parfaitement conscience et culpabilise à propos de son cadet, expliquant que la gamin, âgé de douze ans, a vu six hommes se faire abattre devant lui. 

Le vieux Deneen considère Steve comme un fils de substitution et cherche à arrêter coûte que coûte Tony pour ne pas enterrer un fils de plus. Joan Blake (Julie London), seul personnage féminin, est elle-même épuisée par son existence passée, sa vie dans les cabarets, et aspire à bâtir un foyer. Elle a au moins trouvé en Tony un homme à materner. C’est ce que suggère la très émouvante séquence chantée lorsque l’interprète Julie London berce Tony de la magnifique chanson de Jay Livingston et Ray Evans alors qu’il la regarde sur ses genoux. Vieillie, fatiguée, douce, elle tente elle aussi en vain de maîtriser les passions de Tony, qui la regarde tantôt comme une mère (qu’il n’a sans doute jamais eue) tantôt comme une femme. Le tueur (Charles McGraw), qui arrive au début du film, au cours d’une séquence d’une grande sécheresse qui évoque irrésistiblement la première scène des Tueurs de Robert Siodmak, et cherche à assassiner Steve en vengeant la mort de son frère, représente bien entendu cette réminiscence, ce fantôme d’hier qui n’a pas encore disparu et qui irradie le présent. D’ailleurs Parrish ne fait pas de cet homme un hystérique de la gâchette, comme Tony, mais plutôt un vieux bandit aussi épuisé que Steve et qui aurait une dernière mission à accomplir avant de se retirer. Ainsi le cercle de la violence, dont cherche sans cesse à s’exclure Joan, est réactivé dès l’ouverture et Steve comme Tony payeront les erreurs de jadis du frère ainé.


                 

Aux fantômes du passé de Steve s’ajoute le cortège de cadavres tombés au cours de la guerre de Sécession. Tony et Steve acceptent mal la présence des squatters autant par instinct de propriété que parce que le chef d’entre eux, Clay Ellison (Royal Dano), est un ancien yankee alors qu’ils ont tous deux combattu dans l’armée des Confédérés. Ainsi, tout du long, par quelque angle qu’on le regarde, le passé égratigne le présent comme s’il était impossible, à la manière d’un film noir, de racheter ses fautes, de trouver la paix. Cette question temporelle est également illustrée par les thèmes de la propriété et des barbelés, invention qui permet aux squatters de s’installer sur une prairie privée mais dont une parcelle leur revient de droit. A ce propos, Serling et Parrish restent ambigus : autant les barbelés découpent le paysage et défigurent la vallée, autant ils permettent à certains exploitants de se protéger en conservant ce qui leur appartient dans une Nation menacée par des fous de la gâchette comme Tony. Suite et source : http://www.dvdclassik.com/critique/libre-comme-le-vent-parrish


                                


Ramrod est le premier western du cinéaste André De Toth ; au vu de cet essai pourtant très intéressant sur le papier, les spectateurs de l’époque ont du avoir du mal à imaginer que le cinéaste allait devenir un des représentants les plus enthousiasmants du genre quelques années plus tard. Il faudra d’ailleurs ensuite attendre quatre ans avant qu’il en réalise un deuxième, le très remuant Le Cavalier de la mort (Man in the Saddle), qui marquait dans le même temps le début de son excellente collaboration avec Randolph Scott. Né en Hongrie en 1912, fils d’un officier des Hussards, André De Toth entre dans l’industrie cinématographique en 1931. Touche-à-tout, il sera tour à tour scénariste, monteur, acteur puis assistant réalisateur. En 1939, expatrié en Angleterre après avoir assisté à l’invasion de la Pologne, on le voit au générique d’œuvres de Zoltan Korda telles que Le Voleur de Bagdad. Il gagne ensuite les USA,où il débute en conduisant des camions avant d’être de nouveau engagé par un autre réfugié, le même Korda, qui le place réalisateur de seconde équipe sur Le Livre de la jungle. Il devient cinéaste attitré dès l’année suivante en se spécialisant dans les films de genre, aussi à l’aise dans l’aventure, les thrillers ou les films d’espionnage. En 1943, il réalise un film remarquable et sacrément courageux pour l’époque, un des plus puissants pamphlets antinazi qui ait été tourné, None Shall Escape, d’une lucidité telle qu’il prévoyait le procès de Nuremberg.En 1947, celui que l’on allait appeler "le 4ème borgne de Hollywood", réalisait un vieux rêve, celui de tourner un western en décors naturels (ici l’Utah) au sein duquel une femme serait le moteur de l’intrigue. C’est John Ford qui devait se charger de mettre en scène cette histoire de Luke Short - plus tard, auteur adapté avec plus de réussite au travers d’autres westerns tels Coroner Creek (Ton heure a sonné) de Ray Enright, Station West (La Cité de la peur) de Sidney Lanfield, Blood on the Moon (Ciel rouge) de Robert Wise ou Ambush (Embuscade) de Sam Wood.Mais préoccupé par le tournage de La Poursuite infernale (My Darling Clementine), Ford suggère à la production (un nouveau studio nommé Enterprise) le nom d’André de Toth à qui il cède la place en lui faisant entièrement confiance ; le jeune cinéaste hérita du casting prévu au départ et d'une intrigue complexe. 


   


Il eut aussi la chance de pouvoir faire tourner son épouse d’alors, Veronica Lake, qui n’aura plus d’autres occasions par la suite de jouer dans un western. Comme bon nombre de westerns tournés à partir du milieu des années 40, Ramrod a tendance à loucher du côté du film noir en reprenant quelques uns de ses codes, son atmosphère et, tout à fait logiquement, sa noirceur. L'histoire de départ contenait de très nombreux éléments intéressants notamment dans les relations entre les personnages, et surtout l'amitié liant Dom DeFore et Joel McCrea. Et l'on sent beaucoup d'autres très bonnes intentions tout au long du film sans que jamais la mayonnaise n'arrive à prendre ; c'est d'autant plus rageant que l'intrigue originale (avec cette femme à la tête d'un des deux camps adverses, une ambigüité chez quasiment tous les personnages...) aurait très bien pu accoucher d'un grand et beau western si l'écriture des trois scénaristes n'avait pas été aussi catastrophique, à l'instar des dix premières minutes. Alors que nous en sommes au tout début du film, nous avons la désagréable impression d'en avoir loupé plus de la moitié tellement la mise en place s'avère inutilement obscure, complexe et, pour tout dire, quasiment incompréhensible à la première vision.


               

Les dialogues sont truffés de noms de personnages que nous n'avons pas encore eu le temps de connaître ou même de voir à l'écran ; on se perd ainsi dès le prologue dans les méandres alambiqués d'une intrigue qui est pourtant, à l'étudier de plus prêt, claire comme de l'eau de roche.Le manque de rigueur du scénario se poursuivra tout du long, le résultat étant la quasi impossibilité de s'attacher à des personnages peu étoffés et à ce qui leur arrive. Au travers de cette ronde ininterrompue de violence et de morts, il y avait pourtant matière à se retrouver devant un second Duel au soleil. Jugez plutôt ! Connie est une femme ayant assisté toute sa vie à la faiblesse d'un père dominé par celui qu'il lui destine pour époux. Quand l'homme qu'elle aime abandonne la lutte pour les terres et la vie de couple, elle ne se démonte pas et entre en guerre contre le clan de son père. « From now on, I'm going to make a life of my own. And, being a woman, I won't have to use guns. » Cela devient pour elle une obsession que de gagner ce combat quitte à faire tuer des innocents et, pour arriver à ses fins, sans avoir peur d'utiliser ses charmes auprès du plus grand nombre. Ce qui ne l'empêche pas de temps à autre d'avoir des problèmes de conscience.(http://www.dvdclassik.com/critique/femme-de-feu-de-toth)

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