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dimanche 1 mars 2015

Beulah Bondi et Fuzzy Knight

Beulah Bondi est une actrice américaine, née Beulah Bondy le 3 mai 1888 à Valparaiso (Indiana), morte le 11 janvier 1981 à Los Angeles (Californie).
Beulah Bondi se produit d'abord au théâtre, la première fois à huit ans, en 1896, dans sa ville natale (rôle du Petit Lord Fauntleroy), plus tard à Broadway, entre 1925 et 1953, exclusivement dans des piècesAu cinéma, elle débute en 1931, avec l'adaptation d'une pièce qu'elle venait de jouer à Broadway, Street Scene, et un film de John Ford, Arrowsmith. Fait particulier, elle sera la mère de James Stewart dans quatre films, dont Monsieur Smith au Sénat (1939) et La vie est belle (1946). Elle participe à un dernier film en 1963.
De 1952 à 1976, elle apparaît à la télévision, dans plusieurs séries et un unique téléfilm (en 1972). Son ultime prestation en 1976, dans un épisode de la série télévisée La Famille des collines (elle en avait déjà tourné un en 1974), lui vaudra en 1977 un Emmy Award de la "meilleure actrice pour un rôle unique dans une série". Précédemment, elle avait eu deux nominations à l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, en 1937 (pour L'Enchanteresse) et 1939 (pour Of Human Hearts). Pour sa contribution au cinéma, une étoile lui est dédiée sur le Walk of Fame d'Hollywood Boulevard.


                                

Fuzzy Knight naquit le 9 mai 1901 à Fairmont, West Virginie, le troisième enfant de James A. et Olive Knight, et fit ses études dans une université proche de West Virginia où il étudia le droit. Il écrivit une chanson entraînante, "Fight Mountaineers," qui est au repertoire du Mountaineer Marching Band, 90 ans après. Il écrivit aussi une mélodie pour l’université de West Virginia intitule "To Thee Our Alma Mater," sur des paroles d’un autre breveté de l’université, David A. Christopher. Il forma son propre band à l’université et y joua de la batterie, quittant parfois l’établissement pour interpréter du vaudeville et apparaître dans des bands plus conséquents comme ceux d’Irving Aaronson et George Olsen. De temps en temps, ses aptitudes à jouer la comédie et de la musique l’amenèrent à New York, où il apparut dans les Earl Carroll’s Vanities de 1927 et sur Broadway dans Here's Howe et Ned Wayburn's Gambols. Il y fut employé sous le pseudonyme de Fuzzy (qui lui fut donné à cause de la spécificité de sa douce voix).
Alors qu’il était en tournée avec des bands, Fuzzy Knight se rendit à Hollywood et apparut dans plusiuers courts métrages musicaux pour la MGM et la Paramount entre 1929 et 1932. Mae West lui fournit son premier rôle notable dans Lady Lou (1933) et il devait par la suite jouer dans des centaines de films pour les 30 années suivantes. Durant les années 1940, il fut principalement employé dans des westerns et figura parmi les 10 stars du western les plus rentables en 1940.



                                


La Fille du bois maudit (The Trail of the Lonesome Pine) est un film américain réalisé par Henry Hathaway, sorti en 1936.
Ce film est le premier en technicolor tourné en extérieurs et l’on peut dire que la maîtrise qu’en a Henry Hathaway est remarquable. Cette opposition ancestrale entre deux familles démontre bien l’absurdité que peuvent atteindre parfois les rapports humains. On passe son temps à s’entretuer alors que l’on ne sait plus très bien pourquoi on en est venu là. La question est d’ailleurs tabou et c’est très vertement que Mac Murray se faire rabrouer quand il abordera le sujet avec la jeune Sylvia Sidney. Entre chaque séquence Hathaway montre de longs plans de la nature paisible qui entoure ces deux familles. Pas de doute pour lui la nature est bonne et c’est l’homme qui la pervertit de ses obsessions morbides. Le propos est sans doute quelquefois manichéen mais il nous fait bien comprendre qu’il ne faut pas s’étonner de voir naître des guerres entre nations quand deux familles qui ne manquent pas d’espace dans une cadre idyllique ne songent qu’à l’extermination de ceux d’en face. Chacun des personnages est prisonnier de cette lutte fratricide qui a conduit les deux familles à la consanguinité, la jeune Jude devant épouser son cousin. C’est l’arrivée du chemin de fer qui fera bouger les lignes de fractures sous les traits du placide Fred Mac Murray ingénieur chargé de l’ensemble des travaux. La pacification se fera au prix de la vie d’un enfant car ces querelles absurdes n’épargnent personne tout comme les guerres. Le traitement sincère du sujet par Hathaway est sans doute un peu daté mais il garde tout sa force 75 ans plus tard quand les hommes n’ont pas compris grand-chose de la vie en société. Henry Fonda aura besoin de la maturité pour que son jeu prenne du volume car il est ici un peu quelconque ce qui n’est pas le cas de la jeune Sylvia Sidney qui irradie le film de sa fraîcheur et de sa tonicité. Un bon cru dans le filmographie éclectique d’Hathaway.


   

Premier film tourné en technicolor à l'extérieur des studios d'Hollywood, le film se révèle d'une beauté à tous les égards; d'autant plus qu'il a été tourné en 1936! Tous les ingrédients pour passer un incroyable et un agréable moment sont réunis dans cette oeuvre: Un drame extraordinaire teinté d'une comédie musicale et saupoudré de quelques éléments issus du genre "western". La réalisation reste remarquable pour les techniques de l'époque où Henry Hathaway manie parfaitement le mouvement de caméra et arrive en tout point à souligner les décors alors somptueux et idyllique pour un western. Les acteurs sont somptueux (Henry Fonda, Sylvia Sydney) mais aussi toute la pléiade de rôles secondaires. Ce qu'il faut retenir dans cette oeuvre reste le mélange surprenant de l'empreinte de la civilisation sur la nature entraînant tout un tas de bouleversements (l'arrivée des lettrés, des nouvelles techniques, le triangle amoureux) ...


                               


Ce film est un remake détourné de Romeo & Juliette, sauf que les enjeux amoureux sont déplacés d'un cran avec l'introduction d'un personnage étranger aux ancestrales querelles de famille. Le procédé Technicolor utilisé ici pour la seconde fois, donne des couleurs chaleureuses alors que le thème du film tend vers le tragédie. Cette coloration donne vraiment l'impression que l'ensemble est tourné en studio alors que ce n'est pas le toujours le cas. L'histoire est portée par un trio d'acteur plutôt efficaces avec en tête Henry Fonda. Le seul bémol que je mettrais est les chansons un peu trop présente à mon goût. Ce n'est pas le meilleur Hathaway, mais j'aime ce genre de film, symbole d'une époque et d'un style du cinéma Américain. 


                


Comme dans Trail of Lonesome Pine, avec qui il forme une sorte de diptyque sur la vie des montagnards dans les monts Ozarks, Henry Hathaway nous propose à nouveau une tragédie familiale rurale au sein d’une communauté superstitieuse aux rancunes et aux haines tenaces. Mais alors que le premier film se déroulait à l’époque du tournage, Le Retour du Proscrit semble prendre place au 19ème siècle ; le seul élément pouvant nous le faire deviner étant la séquence au cours de laquelle un commerçant refuse un billet parce qu'il s'aperçoit qu'il provient des confédérés. Autrement, les deux westerns possèdent de très nombreux points communs : un tournage en décors naturels, un Technicolor somptueux, des paysages montagneux superbement mis en valeur, un ton grave et mélodramatique assez accentué… Seulement le scénario de La Fille du bois Maudit était plus mouvementé et plus riche, moins bavard, moins sentencieux et un peu moins pesant. Il n’en reste pas moins que, même s’il reste relativement peu connu, ce premier film de John Wayne en couleurs et pour un studio de prestige est assez réussi, notamment grâce à son aspect plastique absolument splendide. Hathaway se révèle à nouveau un très grands paysagiste, les directeurs photos W. Howard Greene et Charles Lang Jr. accomplissant quant à eux des miracles aussi bien en studio qu'en extérieurs. Ces derniers, splendides ont été tournés en Californie. Et si John Wayne nous octroie une performance digne d'intérêt, ce sont Harry Carey et la jeune Betty Field qui emportent le morceau. Le premier en mystérieux "père prodigue" (dont le spectateur comprendra très vite la véritable identité grâce à de multiples et touchants détails distillés avec parcimonie par Hathaway) interprète son rôle avec une grande sobriété, conférant à son personnage une prodigieuse noblesse ; il s’agit du "bon berger" des collines du titre original (titre à résonnance biblique pour un film qui s’apparente d’ailleurs à une parabole, Hathaway filmant souvent en contre-plongée pour donner une aura à certains personnages). 


   

Mais la comédienne la plus mémorable est la jeune Betty Field dans la peau de Sally, "une jeune fille aux pieds nus" vive et touchante, pure et intelligente, qui va faire en sorte avec Danny que la communauté des montagnes retrouve la paix et la sérénité. Belle brochette de seconds rôles à leurs côtés, avec entre autres Marjorie Main dans le rôle de la tante aveugle qui recouvrira la vue, Marc Lawrence (spécialiste par la suite des rôles de gangsters) dans celui d’un demeuré devenu muet et qui est au centre de l’image la plus inoubliable du film (celle où on le voit jouer avec la poussière qui vole à travers les rayons du soleil tombant d’une fenêtre), Beulah Bondi dans la peau du personnage le plus ingrat de l’intrigue, celui de la tante devenue acariâtre et méchante, mais encore Ward Bond, John Qualen, Charles Middleton…Dommage que certaines séquences s’éternisent plus que de coutume, que d’autres s’avèrent trop bavardes, que les dialogues et les situations soient parfois trop grandiloquents, que la morale soit pontifiante (l’auteur de l’histoire était un pasteur et il nous dit naïvement que les querelles peuvent prendre fin grâce à la gentillesse et au dévouement), car autrement nous nous trouvons devant une description inhabituelle et intéressante de la vie quotidienne de familles aux pulsions et idées parfois primaires, aux superstitions bien ancrées, aux haines tenaces, arrivant pourtant in fine à trouver un terrain d’entente après que plusieurs drames se sont déroulés, et grâce à la gentillesse d’une adolescente et l’arrivée dans la vallée d’un bienfaiteur voulant réparer ce qu’il a détruit malgré lui. 


                

Difficile d’oublier certaines images comme celle de Beulah Bondi traçant un cercle de feu autour de son fils décédé, l'incendie de la maison, Marjorie Main retrouvant la vue et comprenant d’un coup tous les secrets qui polluaient la bonne entente des uns et des autres, le visage en larmes bouleversant de Betty Field (qui sait qu’elle ne pourra jamais aimer un meurtrier), la partie de pêche réunissant John Wayne et Harry Carey, le long plan fixe voyant John Wayne arriver du fond de l’écran pour accomplir la vengeance qu’il avait en tête depuis environ 20 ans et le "duel" qui s’ensuit au milieu de la prairie. Le roman de Harold Bell Wright avait déjà été adapté par deux fois au temps du muet ; il est dommage que l'adaptation de Hathaway reste toujours aujourd’hui aussi peu montrée, d’autant qu’esthétiquement il s’agit d’une pure merveille. Les amateurs d’action et d’émotions fortes seront certainement déçus, mais les amateurs de mélos et de sombres histoires familiales (avec happy-end) devraient tenter le coup. DVDClassik

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