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lundi 9 mars 2015

André Berthomieu

André Berthomieu commence par être assistant auprès de Marcel Vandal, Julien Duvivier, Maurice Gleize et René Hervil. Metteur en scène très prolixe, il réalise près de soixante-dix films des années trente à la fin des années cinquante. Pas si bête (1927), avec René Lefèvre, est son premier. Il fait une nouvelle version de Pas si bête en 1946, cette fois-ci avec Bourvil. Au cours de sa carrière, André Berthomieu a réalisé à plusieurs reprises des remakes de ses propres films. Durant ses trente années de carrière, il est l'image du metteur en scène professionnel, considérant que le cinéma est un métier avant d'être une forme d'expression artistique. Ses prises de position concernant le droit social du métier le conduisent à devenir président du Syndicat des techniciens ainsi que de l'Association des Auteurs de films de 1945 à 1955. En 1946, il publie Essai de grammaire cinématographique, ouvrage prônant l'interdiction de tout exercice artistique ou révolutionnaire du cinéma.
Membre de la CGT, il milite pour une organisation corporatiste du métier de cinéaste, souhaitant appliquer au septième art les modes de fonctionnement du secteur public. Ses doctrines prônent un cinéma lucratif pour le cinéaste comme pour le producteur. Mon ami Victor (1931) avec Pierre Brasseur et Le mort en fuite (1936) sont les deux films de Berthomieu qui émergent d'une oeuvre qui reste quasiment méconnue de tous. 



                                     

Le Mort en fuite est un film français réalisé par André Berthomieu, sorti en 1936.
Deux acteurs ratés, Trignol et Baluchet, élaborent une mise en scène afin d'être connus du grand public : Baluchet fait semblant de tuer son ami, qui réapparaitra comme par magie au moment du procès. Tout se complique lorsque "le mort" disparait pour de bon, laissant le faux coupable dans une bien mauvaise posture...
Très sympathique duo Michel Simon / Jules Berry ! Une comédie fort sympathique et une idée de départ assez saugrenue en font un agréable divertissement. Les dialogues sont savoureux et drôles, et les compositions de ces acteurs monumentaux qui jouent les comédiens râtés sont parfaites ! On se marre à voir Michel Simon adopter des attitudes patibulaires pour jouer les criminels et la grandiloquence ridicule du personnage campé par Jules Berry est fabuleuse ! Niveau réalisation... c'est propre et c'est déjà ça. De toute façon le film est totalement porté par le duo d'acteurs et l'originalité du scénario. Un bon moment à passer !


 
   

Trignol et Baluchet, donc, deux comédiens de second ordre, imaginent une très vraisemblable histoire de meurtre pour attirer l'attention sur eux. Leur stratagème va dépasser toutes leurs espérances. Trignol, «assassiné» par son compère, s'évanouit effectivement dans la nature, conformément aux plans qu'il avait élaborés, mais c'est pour être confondu avec un général révolutionnaire recherché par la police. Aussitôt arrêté, il est jeté en prison. Son absence finit par déclencher une rapide enquête de police, au terme de laquelle les soupçons se portent tout naturellement sur Baluchet. Le malheureux cabotin ne risque pas moins que les assises...     Jules Berry, Michel Simon : un duo détonnant ! Les deux lascars s'en donnent à coeur joie, ils cabotinent un max pour notre plus grand plaisir. Aucune mise en scène (Berthomieu est un vulgaire tâcheron) mais pas besoin avec deux monstres sacrés de cet acabit. Quelle fête !


   

Le Secret de Polichinelle est un film français réalisé par André Berthomieu, sorti en 1936.
Le Secret de Polichinelle : Un couple de braves gens apprend un jour que leur fils a une maîtresse et un enfant. Chacun d'eux s'imagine être seul dans la confidence et à l'insu de l'autre, ils vont quotidiennement passer quelques instants auprès de leur petit-fils. Arrive un jour où le secret de Polichinelle est dévoilé, un sourire d'enfant est venu révéler le bonheur.



                               


Les Duraton est un film français réalisé par André Berthomieu, sorti en 1956.
Duraton, un principal de collège provincial, sa femme est ses enfants, sont tournés en ridicule dans une émission de radio. Celui-ci porte alors plainte. " Radio-Monde ", responsable de l'émission, prend un avocat, jeune premier au Barreau de Paris, et Duraton quant à lui confie sa cause à l'avocat de son pays : Maître Robinot...
 Ah ! Ces Duraton-là, de 1955, sont beaucoup moins bien que leurs prédécesseurs, les Duraton de 1940 ! Et non pas seulement parce qu'il leur manque Jules Berry et Noël-Noël, dont la présence suffit, de toute façon, à masquer l'insignifiance de n'importe quel film, mais parce qu'on ne retrouve rien, dans cette exploitation du succès radiophonique invraisemblable de la famille-type du Français moyen, de la malice du film initial.
Succès radiophonique invraisemblable ? je comprends ! Car même en défalquant les années de guerre (dont j'ignore si elles ont été gratifiées du feuilleton), et même en prenant la mesure des choses et la relativité des époques, il faut tout de même savoir que ce petit quart d'heure quotidien a été diffusé de 1937 à 1966 et que deux générations se sont intoxiquées à ce robinet d'eau tiède, ancêtre des soap opéras et des Feux de l'amour de la télévision…
Le film de 1940 (La famille Duraton, donc) retraçait drôlatiquement l'origine présumée de l'émission et n'était pas mal du tout dans le genre. En 1955, Les Duraton se sont installés, et au delà !, dans le paysage des soirées françaises, une France où la télévision n'existe qu'à peine et où des millions de gens, leur dîner ingurgité et la vaisselle faite s'asseyent, l'un avec sa pipe, l'autre avec son tricot, devant un poste massif où le réglage parfait s'obtient en actionnant des gros boutons qui permettent d'obtenir, dans une petite lucarne, une jolie couleur verte. Le film survole à peine l'émission, les quatre ou cinq comédiens qui, chaque soir, enfoncent des portes ouvertes et mettent à la fois les ronchons et les rieurs de leur côté. 


 
   

L'argument est simplement que, le réseau venant de s'étendre à des départements oubliés, un brave homme (Ded Rysel), nommé lui aussi Duraton, devient l'objet de la risée publique, dans le collège dont il est Principal, mais également dans tout le bourg. Sa femme, ses enfants sont eux aussi touchés par la mésaventure. Ils en demandent donc réparation, et veulent faire interdire l'émission. On le voit, c'est assez mince, d'autant que se greffe là-dessus une histoire sentimentale nunuche entre l'avocat de la Radio (Roland Alexandre) et la fille de la maison, Solange (ravissante Danik Patisson, dont la carrière fut, hélas, bien médiocre). Darry Cowl, aussi fatigant et prévisible que d'habitude, n'a même pas les quelques fulgurances qui, rarement il est vrai, pouvaient le rendre deux minutes irrésistible. Jean Carmet était encore bien loin d'avoir atteint la densité humaine qu'il toucha si fort à la fin de sa carrière et se contentait, de film en film, de reproduire un personnage de balourd insupportable. Jane Sourza avait de la fougue, mais rien d'autre… Mais bon ! C'était encore le règne incontesté de Radio Luxembourg, qui n'avait guère changé depuis l'Avant-Guerre. Et pourtant, en cette même année 1955 naissait Europe n°1 : Pour ceux qui aiment le jazz, Signé Furax…bientôt Salut les copainsDéjà on changeait d'époque…  Source :  http://dvdtoile.com/Thread.php?56431

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