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mardi 31 mars 2015

Speak Like a Child

Speak Like a Child est le sixième album du jazzman Herbie Hancock sorti en 1968 sur le label Blue Note.
La photographie de la pochette, prise par David Bythewood, figure les silhouettes d'Herbie et de sa petite amie de l'époque, Gigi Meixner.
Herbie Hancock cherchait à l'époque une « musique entre le jazz et le rock. » En 1966, il avait enregistré un album de funk qui n'a jamais vu le jour parce que le résultat n'était pas concluant : « j'essayais de faire un album de funk sans rien connaître du funk. »
Sur cet album, le pianiste voulait se rapprocher de l'enfance sans être infantile. Il sentait que sa musique n'était pas en phase avec les évènements de l'époque (émeutes à Chicago ou à Baltimore à la suite de l'assassinat de Martin Luther King, crise économique), parce qu'il voulait tourner « un regard vers ce que pourrait être un futur joyeux. » Il cherchait à retrouver certaines qualités enfantines, telle la pureté, la spontanéité. Il faut entendre le titre de l'album (« Speak like a child », « parle comme un enfant ») comme « pense et ressent en terme d'espoir pour faire advenir un futur moins impur. »


                 


Pour Herbie Hancok, cet album poursuit le travail entamé sur Maiden Voyage dans l'utilisation de mélodies simples et « chantables ». La différence réside dans le travail harmonique : « Pour la plupart, les accords de ces morceaux sont plus « free » dans le sens où ils ne sont pas facilement identifiables de manière conventionnelle. » Son travail, plus porté sur les sons et les couleurs instrumentales que sur la définition d'accords, est influencé notamment par Gil Evans, Oliver Nelson ou Thad Jones.
Les morceaux Riot et The Sorcerer avaient d'abord été enregistré avec le Miles Davis quintet sur Nefertiti en 1967. Le quintet a voulu enregistrer Speak Like a Child sans parvenir à une prise aboutie.
First trip est le seul morceau qu'Hancock n'a pas composé sur cet album. Il est dû au bassiste Ron Carter qui l'a dédié à son fil Ron Jr. Hancock a modifié quelque peu la mélodie pour la faire sonner plus librement, « hors des contraintes structurelles et harmoniques. »


                                

Cet avant-dernier opus Blue Note est considéré comme son chef-d'oeuvre. Herbie Hancock se plait à brouiller les cartes et les morceaux interprétés ne se rattachent à aucun style jazzistique précis. "Riot" tire néanmoins vers le swing, "Speak Like A Child " et "Goodbye To Chilhood" vers la ballade et "First Trip" est un hard bop mélodieux.
Hancock reste cependant un musicien accessible pour l'auditeur moyen tout en développant une musique originale et extrêmement sophistiquée, permettant à chacun de ses sidemen de faire la preuve de leurs talents (et ils en ont). Tout d'abord l'approche est original: le trio d'Herbie, composé de l'excellent Ron Carter et de Mickey Roker, est complété par une mini-section de cuivre (trompette, trombonne basse et flûte!!), mené par Thad Jones. Il n'y a que des solos de pianos, et des riffs de cuivres interviennent sur quelques passages; les arrangements, faits par Herbie et Thad Jones pour les cuivres, sont superbement pensés et interprétés.

Tout l'album est superbe, mais "Riot", "First Trip" et surtout le sublime "Speak like a child" sont vraiment des sommets. Le titre "Speak like a child", cette version surtout, reste pour moi le sommet de tout ce qu'a pu faire Herbie, à la fois en composition, interprétation et arrangements. A posséder absolument pour tout les fans d'Herbie, et plus généralement pour les amateurs de Hard-Bop et de jazz modal. Source : Oliv' 

lundi 30 mars 2015

Charles Tyner

Charles Tyner est un acteur Américain né le 8 juin 1925 (89 ans) à Danville, Virginie, États-Unis.
Il fait ses débuts à Broadway en 1957 dans la pièce Oprheus Descending. Deux ans plus tard, il apparaît avec Paul Newman dans Sweet Bird of Youth. Il fait ses débuts au Cinéma en 1959 dans That Kind of Woman. Il retrouve Newman en 1967 dans Luke la main froide dans lequel il incarne Boss Higgins, un gardien de prison sadique .Un de ses plus belles interprétations est aux cotés de Bert Reynolds dans la comédie The Longest Yard (1974). Tyner retourne au Théâtre en 1977, apparaissant occasionnellement sur le petit écran dans Hamburger: The Motion Picture (1985) et Planes, Trains and Automobiles (1987).


                 
             

Jeremiah Johnson s’inspire d’une partie de la vie de John Johnson, un « mountain man » américain devenu légendaire pour des raisons que je ne dévoilerai pas ici, afin de ne rien révéler du film.
Même si le personnage interprété par Redford semble moins « dur » que l’homme dont il est inspiré, Jeremiah Johnson procure une véritable impression d’authenticité, due à la justesse et à la sobriété du scénario ainsi qu’à des décors magnifiques (le film fut entièrement tourné dans l’Utah) dont le réalisateur Sydney Pollack a su tirer le meilleur parti, composant des images remarquables. Le scénario a été écrit par John Milius et Edward Anhalt. John Milius – réalisateur entre autres du célèbre Conan le Barbare, et de Dillinger, avec Warren Oates – a également travaillé sur le scénario de plusieurs films, outre Jeremiah Jonhson ; il écrivit notamment en collaboration avec Francis Ford Coppola et Michael Herr le superbe Apocalypse Now (d’après le roman de Joseph Conrad). En 1972, soit la même année que Jeremiah Johnson, fut porté à l’écran un autre de ses scénarios inspiré par un personnage américain légendaire, le juge autoproclamé Roy Bean, que Paul Newman incarna dans le film de John Huston The Life and Times of Judge Roy Bean. Ce qui est intéressant, c’est la différence entre les approches que Milius adopta pour chacun de ces films, tous deux inspirés de faits authentiques : très (trop?) fantaisiste, voire volontairement grotesque, en ce qui concerne le film de Huston – l’un des moins bons du réalisateur des Gens de Dublin et de Reflets dans un œil d’or – et beaucoup plus sobre et réaliste pour Jeremiah Jonhson. Edward Anhalt, quant à lui, travailla notamment sur L’Étrangleur de Boston, brillant film de Richard Fleischer.


   
             

Le film s’attache donc – et y parvient parfaitement – à rendre compte de la vie d’un trappeur dans les montagnes de l’Utah, à la moitié du 19ème siècle. De nombreuses séquences montrent simplement le quotidien de Johnson : on le voit chasser, pêcher, faire du feu, se déplacer dans un environnement aussi superbe que difficile, éprouvant et dangereux, et faire quelques rencontres avec d’autres trappeurs et des indiens. Ces derniers sont d’ailleurs très intelligemment traités ; si de nombreux westerns américains de l’époque avaient déjà renoncé à une approche manichéenne (voir Josey Wales hors-la-loi, de Clint Eastwood), Jeremiah Johnson va plus loin en évoquant les mentalités, la culture et les coutumes propres aux différentes tribus qui vivent sur le même territoire que Johnson. La peinture est des plus nuancée ; tantôt accueillants, tantôt dangereux, souvent les deux à la fois, ils sont représentés d’une manière très réaliste et c’est l’une des qualités du film. Johnson (Robert Redford) redécouvre les charmes de la femme après plusieurs mois de solitude dans les montagnes.



                  

Mais plus généralement, la grande réussite de Jeremiah Johnson est de faire vivre à l’écran ces montagnes sauvages ; leur climat, leur atmosphère, leurs paysages, leur dimension en un sens mystique, ainsi que les animaux et les hommes solitaires qui la peuplent, tous habités par l’environnement dans lequel ils évoluent. Le film évite toute forme d’idéalisation : si la vie dans les montagnes a quelque chose de beau et de noble, elle est également parfois âpre et pénible ; elle n’échappe pas à la violence des hommes et la mort ne semble jamais très loin.
La réalisation de Sydney Pollack et la présence de Robert Redford contribuent largement à la qualité de ce beau film authentique. Les deux hommes se retrouveront d’ailleurs par la suite dans deux autres très bons films, Les Trois jours du Condor et Out of Africa, dans lequel Pollack démontrera à nouveau son indéniable talent pour filmer les paysages. Collaboration réussie entre trois grandes figures du cinéma américain – John Milius, Sydney Pollack et Robert Redford – Jeremiah Johnson est un film à la beauté et à l’authenticité profondes, à la vision duquel plus d’un citadin se prendra à rêver de calme, de solitude et d’étendues majestueuses… Même si l’on n’envie pas toujours la vie souvent rude des « hommes des montagnes », si bien dépeinte dans le film. Source : http://www.citizenpoulpe.com/jeremiah-johnson-sydney-pollack/


                


Très librement inspiré du roman de Jack London The Road (transposé ici du début su 20e siècle à la période de la Grande Dépression des années 30) Emperor of the North déroule sur la trame des plus simple un véritable affrontement de titans. D'un côté N°1, "l'empereur du nord" incarné par Lee Marvin, véritable prince du voyage clandestin qui va lancer un défi à Shack (Ernest Borgnine) contrôleur de train des plus zélé dont les méthodes violentes à base de marteau, chaînes et gourdin ont rendus son train 19 jusque là inviolé par les fraudeurs. Le contexte économique des années 30 apporte un véritable côté "cour des miracles" ultra solidaire à la communauté pauvre, faisant du personnage de Lee Marvin un véritable étendard des laissés pour compte et du défi à l'autorité. Dès lors, l'aspect social et mythologique apporté au duel transcende totalement un récit qui pourrait apparaitre comme faussement basique et/ou simpliste. Les protagonistes sont autant des symboles que de vrais personnages, Ernest Borgnine représentant la bras armé des nantis, riches propriétaires de compagnie ferroviaire comme voyageurs aisés capable de se payer un périple en train. Borgnine (acteur fétiche de Aldrich) est absolument extraordinaire de cruauté et de sadisme en contrôleur de train zélé, il faut voir ce sourire de délectation lorsqu'il fracasse le crane des fraudeurs au marteau, le scénario se montrant des plus inventifs pour illustrer ses techniques bien cruelles (la corde accroché à un gourdin qui passe sous le train énorme!) pour déloger les resquilleurs. 


   

L'empathie pour Lee Marvin (grand habitué de Aldrich également) n'en est que plus grande, ce dernier apportant un charisme et une belle noblesse à ce vulgaire "hobo". Entre Marvin et Borgnine se glisse un jeune chien fou incarné par Keith Carradine souhaitant devenir le nouvel "Empereur du Nord". Cet aspect filiation à travers la relation mentor/élève rejoint la grande thématique du film lors l'aspirant s'avéra indigne du maître car plus préoccupé par sa notoriété propre que par la communauté, ce qui causera sa perte. Le film se nourrit en effet dans ses côtés les plus humoristiques cinglant (excellente scène où un policier un totalement ridiculisé par les pauvres) comme dans sa facette dramatique d'une vrai tendresse et compassion pour les opprimés et les hobos, ultimes aventuriers de ses temps troublés. Ce n'est donc plus la seule fraude d'un train qui se joue, mais la possible petite victoire pour un court instant du faible sur le puissant, du pauvre sur le riche...



                 


Ces idées et concepts s'intègrent parfaitement dans ce qui est un très original et palpitant film d'aventure. Aldrich délivre une réalisation qui sait se faire ample (splendide paysages de l'Oregon en toile de fond) et nerveuse à la fois par la violence brut de décoffrage typique de son style. L'ultime affrontement entre Marvin et Borgnine tout en sueur, sang et os brisés est un moment d'anthologie où toute la portée du film se retrouve soudain réduite à deux hommes en furie cherchant s'annihiler l'un l'autre. Il est rare que les grands réalisateurs égalent leurs chef d'oeuvre des débuts en fin de carrière, c'est pourtant le cas de Aldrich qui entre celui ci et quelques autres pépités 70's (comme Pas d'orchidée pour Miss Blandish dont on recause prochainement par ici) tenait une forme exceptionnelle. Grand film. Source : http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2010/10/lempereur-du-nord-emperor-of-north.html

dimanche 29 mars 2015

Hal Ashby

Hal Ashby est un réalisateur, monteur, acteur et producteur américain né le 2 septembre 1929 à Ogden, Utah (États-Unis), décédé le 27 décembre 1988 à Malibu (Californie). Hal Ashby est né à Ogden, dans l’Utah. Il est le dernier de quatre enfants. Sa jeunesse est marquée par le divorce de ses parents et le suicide de son père. À l'âge de 17 ans, il quitte la maison familiale pour se rendre en Californie. Il commence à travailler à Hollywood dans les années 1950 en tant qu'assistant-monteur, sur des films de William Wyler, George Stevens et Franklin Schaffner. Au cours des années 1960, Ashby devient monteur pour Tony Richardson et surtout pour Norman Jewison avec qui il travaille pour la première fois en 1965 comme monteur sur le film Le Kid de Cincinnati. Son travail avec Jewison vaut à Ashby d'avoir une nomination aux Oscars pour le montage du film Les Russes arrivent avant de remporter le trophée l'année suivante pour Dans la chaleur de la nuit. La collaboration entre Ashby et Jewison se poursuit alors que ce dernier produit le premier film réalisé par Ashby, une comédie dramatique intitulée Le Propriétaire. Malgré une critique favorable, le film ne connait qu'un succès limité. Les films suivants d’Ashby sont tous, à des degrés divers, considérés comme des œuvres marquantes du cinéma américain des années 1970. 


                        

                             Ou : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=749822#

Ainsi Harold et Maude, une comédie d'humour noir qui passe d'abord inaperçue lors de sa sortie en 1972, atteint au fil des années le statut de film culte. En route pour la gloire est une biographie du chanteur Woody Guthrie. Le Retour est un drame sur la réinsertion de deux vétérans du Viet-nam et vaut à Ashby sa seule nomination à l’Oscar de la mise en scène. Bienvenue, Mister Chance, satire politique adaptée par Jerzy Kosinski d’un de ses propres romans, fournit à Peter Sellers l’occasion d’un dernier grand rôle. Bienvenue, Mister Chance est aussi la dernière vraie réussite de Ashby. En 1982, son film Lookin' to Get Out est très mal reçu par la critique et ne connaît pas le succès. Rolling Stones est une simple captation d'un concert de la tournée américaine du groupe. La comédie Match à deux et le film noir Huit millions de façons de mourir ne reçoivent au mieux qu'un accueil tiède tant du public que de la critique. Ashby est d'ailleurs congédié lors du dernier jour de tournage de Huit millions de façons de mourir et ne participe pas au montage du film. Ashby termine sa carrière à la télévision en dirigeant l'émission pilote de la série Beverly Hills Buntz (en) et le télé-film Jake's Journey (en). À ce moment, la santé de Hal Ashby est déjà déclinante. Il meurt d'un cancer, à l'âge de 59 ans, le 27 décembre 1988.


                             


Il existe des films dont les titres parlent souvent à tout un chacun, ou du moins évoquent quelque chose liée à l'histoire du cinéma ou à des références culturelles plus ou moins assimilées, sans que leur maître d'œuvre connaissent une renommée équivalente. Des films tels que Harold et Maude, Shampoo, Retour ou surtout Bienvenue Mister Chance sont devenus avec les années - et quelle que soit leur qualité respective - des jalons au sein de ce cinéma américain des années 70 tant célébré par la cinéphile actuelle. Mais s'il s'agit de s'attacher à leur réalisateur, bien peu de gens sauront que ces productions doivent une très grande partie de leur réussite au regretté Hal Ashby (1929 - 1986). L'une des raisons de cette relative méconnaissance est certainement due au fait que ce cinéaste avait du mal à initier ses propres projets et dut s'en remettre à accepter les propositions des autres. Ashby fut un personnage hors norme, né dans l'Utah au sein d'une famille mormone, enfants de divorcés, orphelin de père au début de l'adolescence, ayant fui la maison familiale avant sa majorité pour vivre des années de galère dans le Los Angeles des années 1950. Il parvient néanmoins à mettre un pied à Hollywood en devenant apprenti puis assistant monteur, mais c'est la rencontre avec le réalisateur Norman Jewison qui changera sa vie en profondeur. Monteur de cinq films pour ce dernier - dont les fameux Dans la chaleur de la nuit (avec un Oscar à la clé) et L'Affaire Thomas Crown -, Hal Ashby a aussi la chance de voir la société américaine connaître des bouleversements moraux et sociaux considérables qui correspondent à son tempérament rebelle et allergique à toutes formes de privation de liberté. 


   

Hippie, ressemblant à un clochard débraillé, amateur d'alcool puis fumeur invétéré de marijuana, adorable mais volontiers caractériel (chaleureux à ses débuts sur un plateau de tournage, explosif dans une salle de montage), Hal Ashby vécut totalement à l'écart du système hollywoodien dont il exécrait la nature hiérarchique et autoritaire. Son privilège fut de pouvoir devenir cinéaste au moment même où cette industrie du spectacle allait connaître une période dorée pour les créateurs de tous genres (et surtout des personnalités rebelles à la normalisation et à la censure) ; alors que quelques jeunes producteurs et scénaristes allaient acquérir une indépendance et un pouvoir tels qu'une nouvelle catégorie de longs métrages pouvait voir le jour, tous en prise avec l'évolution des mœurs et portant un regard frondeur et très critique sur la société. 


                                

Après avoir pu tourner son premier long métrage grâce à Norman Jewison, Le Propriétaire (The Landlord, 1970), Ashby est emballé par le scénario de Harold et Maude et signe l'année suivante, avec cette romance d'une incroyable originalité pour l'époque (entre un adolescent suicidaire et une femme âgée pleine de vie), un film aujourd'hui célèbre et très apprécié mais qui connut hélas un véritable échec critique et public lors de sa sortie. C'est alors que survient le projet La Dernière corvée (The Last Detail), que le producteur et ami Gerry Ayres propose au cinéaste. Le script adapté d'un livre est écrit par Robert Towne, un scénariste formé chez Roger Corman, de même qu'un script-doctor très recherché, et surtout un personnalité emblématique de la période du Nouvel Hollywood qui a signé les scénarios, remarquables, de Chinatown, Shampoo ou encore Yakusa


                              

Malgré les manœuvres de Columbia Pictures pour faire réécrire le script (marqué par un langage ordurier très réaliste) et modifier le casting - alors que le film a été expressément conçu pour jack Nicholson, Towne et le producteur tiennent bon et conservent la mainmise sur le projet, bientôt rejoint par Hal Ashby. Après une première hésitation, ce dernier voit dans ce nouveau film le véhicule idéal pour exploiter ses thèmes de prédilection. Plus encore que Harold et Maude, La Dernière corvée s'inscrit naturellement dans le nouveau courant de pensée qui règne à Hollywood ; il sera d'ailleurs considéré bien plus tard comme l'un des films phares de cette vague cinématographique. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/la-derniere-corvee-ashby


            


Alors qu’avec Le Lauréat (1968) et Un été 42 (1970), le cinéma post-flower power semblait avoir réglé son complexe d’Œdipe, Harold et Maude pousse le bouchon encore plus loin en imaginant une relation amoureuse entre un jeune garçon neurasthénique et une octogénaire excentrique, digne parente politisée de la Folle de Chaillot ou de la Madame Madrigal des Chroniques de San Francisco. Libertaire et trop dérangeant pour l’Amérique de Richard Nixon (pour se prévaloir de toute tôlée, la Paramount n’accepta pas qu’une scène d’amour entre les deux protagonistes soit tournée), le film fut d’abord un échec critique et public cuisant avant de voir sa carrière relancée grâce au très bon bouche-à-oreille sur les campus américains. Le réalisateur Hal Ashby, avant tout connu pour son excellent travail de monteur (il a été oscarisé pour le film Dans la chaleur de la nuit de Norman Jewinson) se rattrapera heureusement quelques années plus tard en rencontrant le succès avec Retour (1978), considéré comme l’un des meilleurs films sur la guerre du Viêt-Nam. Le public français, lui, fut beaucoup plus réceptif à cette histoire atypique qui sortit sur nos écrans fin 1972. À tel point qu’une adaptation théâtrale est montée par Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault. Colin Higgins qui venait juste d’adapter Harold et Maude participa également à cette transposition scénique en collaboration avec Jean-Claude Carrière, qui devint une pièce fétiche de Renaud-Barrault, reprise il y a dix ans par Danielle Darrieux.







La réussite de Harold et Maude, c’est son parfait équilibre entre un humour macabre et une grande légèreté, sa faculté désinvolte à renverser les tonalités dans une même scène (comme ce passage bouleversant où Maude revient, les larmes aux yeux, sur la mort de son mari avant de proposer une danse à Harold, avec l’allégresse d’une petite fille) et à raconter avec une pudeur exemplaire une histoire d’amour qui n’a d’extraordinaire que son extrême évidence. Les séquences les plus réussies sont évidemment celles qui exploitent jusqu’au bout ces décalages sans avoir peur de flirter avec un surréalisme pince sans rire, quitte à devenir un ovni entre Tueurs pour dames et Six Feet Under. Les faux suicides d’Harold, hilarants dans leur absurdité, en sont les meilleurs exemples. 


                             

Imaginez un peu la scène : le garçon noyé le corps en croix tel le héros de Sunset Boulevard, et sa bourgeoise de mère qui nage à ses côtés avec un calme olympien ; ou encore cette scène où la marâtre remplit pour son fils un questionnaire d’agence matrimonial et ce dernier qui se fait sauter la cervelle… sans susciter la moindre réaction. Il fallait oser, également, entourer l’histoire d’amour entre Harold et Maude d’une poésie funèbre. Tous deux adeptes des enterrements et de morbidité, ils se rencontrent en effet lors de diverses oraisons comme d’autres pique-assiettes auraient fait connaissance dans des soirées mondaines. Et c’est avec un malin plaisir qu’ils se permettent de voler les corbillards à la barbe de la police.


               

Il est évident que Harold et Maude ne serait rien sans son duo d’acteurs impeccables. Protégé de Robert Altman avec qui il venait de tourner Mash, Bud Cort a d’abord hésité (de peur d’être ensuite catalogué dans ce genre de rôles) à jouer le rôle d’Harold. Bien mal lui en a pris puisque avec son teint gothique, sa bouille de gamin et ses grands yeux bleus, il apporte un trouble burtonien à son personnage. Dans le rôle de Maude, la pétillante Ruth Gordon s’impose comme une évidence, elle qui, dans sa longue carrière, a joué aussi bien les scénaristes féministes (elle a notamment signé pour Cukor les scénarios de Madame porte la culotte et de Mademoiselle Gagne-Tout) que les actrices maléfiques (la voisine diabolique du non moins fantastique Rosemary’s Baby de Roman Polanski). Source : http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/harold-et-maude.html

vendredi 27 mars 2015

Edwige Feuillère

Photogénique sans être vraiment belle, dotée d'un port de tête altier et capable des émotions les plus intenses, Edwige Feuillère est un monstre sacré du cinéma d'après-guerre. C'est pourtant dans des rôles de femme légère et court vêtue (Une petite femme dans le train, 1932, de Karl Anton ; Les Aventures du roi Pausole, 1933, d'Alexis Granowsky) qu'elle débute au cinéma. Si elle est une vamp dans Topaze (1932) de Louis Gasnier, c'est Lucrèce Borgia (1935) d'Abel Gance, où elle s'expose dans le plus simple appareil lors d'une séquence, qui la transforme en vedette commerciale. Remarquée par ailleurs pour ses talents de comédienne sur scène, Edwige Feuillère se partage vite entre comédie hollywoodienne (J'étais une aventurière, 1938, de Raymond Bernard) et le grand film romanesque (L'Emigrante, 1939, de Léo Joannon). Mais sous l'Occupation, elle devient la " Grande Dame du cinéma français " avec La Duchesse de Langeais (1941) de Jacques de Baroncelli, où, théâtrale à souhait, elle impose un personnage de stature. Dans un style sensiblement proche, Max Ophüls lui fait tourner De Mayerling à Sarajevo (1939), un film à costumes dont l'ambiance internationale constitue son meilleur souvenir de tournage. 


                                     

Un autre drame, L'Idiot (1945) de Georges Lampin, lui donne un éclat magistral grâce au talent de l'opérateur Christian Matras. Puis on la retrouve ivre et débridée dans L'Honorable Catherine (1942) de Marcel L'Herbier. L'Aigle à deux têtes (1947) de Jean Cocteau crée la légende d'Edwige Feuillère : selon Cocteau, elle incarne à jamais " la reine des neiges, du sang, de la volupté et de la mort ". A ses côtés, Jean Marais, dans le rôle de son amant jeune anarchiste, est le seul partenaire au cinéma qu'elle dit connaître réellement. Davantage férue de théâtre, vite oubliée des metteurs en scène, Edwige Feuillère se retire progressivement des écrans. En cas de malheur (1957) de Claude Autant-Lara l'oppose à un vieux souvenir de jeunesse : Brigitte Bardot, vedette sexy comme elle-même le fut à ses débuts. Mais le grand art d'Edwige Feuillère l'emporte ici sur les mérites de la beauté. De rares coups de coeur la font réapparaître sur la pellicule tantôt pour un rôle de méchante qui la passionne (La Chair de l'orchidée, 1974, de Patrice Chéreau), tantôt pour être la " dame en blanc ", inventée par Colette (Le Blé en herbe, 1953, de Claude Autant-Lara). Source : http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=31653


                               


La Dame de Malacca est un film français de Marc Allégret, qui a également cosigné avec Alfred Stöger la version en allemand de ce film, Andere Welt. Les deux versions sont sorties en 1937.
Pour fuir sa triste vie d'enseignante de province, Audrey Greenwood épouse sans amour le major Carter, avec qui elle part en Malaisie, où cohabitent une colonie britannique et le sultanat local d'Udaïgor. Durant la traversée, Audrey rencontre le prince Sélim, héritier du trône.
À Malacca, la jeune femme supporte mal l'ambiance coloniale et ses mesquineries. À la faveur d'un incident, elle photographie des indigènes sans savoir que leur religion l'interdit, Audrey revoit le prince, qui est attiré par sa beauté et son intelligence.
Ils s'affichent plusieurs fois ensemble. Comme Sélim a par ailleurs des projets d'alliance avec les Japonais, contre les intérêts britanniques, leur relation fait un scandale chez les Européens.
Quand le prince lui déclare son amour, Audrey, qui l'aime également, est d'abord sur la défensive mais, après avoir été humiliée publiquement par lady Brandmore, la femme du gouverneur, elle rompt avec son mari, qui se révèle un arriviste sans scrupules.
Désemparée, elle s'isole et tombe malade. Sélim vient à son secours. Autour d'eux, des tractations ont lieu, chaque camp défend au mieux ses intérêts; le prince se révèle un habile politique et la coopération anglo-malaise est sauvegardée. Le sultan épousera Audrey, qui a obtenu le divorce. Lady Brandmore sera même contrainte d'honorer la sultane d'Udaïgor, première dame de Malacca !



           

Olivia est un film français de Jacqueline Audry sorti en 1951. Il s'agit de l'adaptation du seul roman de Dorothy Bussy, Olivia, paru l'année précédente.  Victoire, la cuisinière d'une institution de jeunes filles, est chargée d'aller accueillir à la gare la nouvelle arrivée, Olivia, une jeune Anglaise fraîchement débarquée.  À peine arrivée, celle-ci est initiée aux secrets de la maison par ses condisciples.  La direction de l'établissement est assurée par Mlle Julie et Mlle Cara, deux femmes aux personnalités différentes, liées par des intérêts communs et des sentiments troubles, dont la rivalité a coupé l'école en deux camps, les "Julistes" et les "Caristes". Séductrice, Mlle Julie partage son temps entre ses élèves et les salons mondains.  Quant à Mlle Cara, confinée dans sa chambre, elle prétend souffrir de tous les maux afin de mieux attirer la compassion des enseignantes et des élèves.  Proie d'autant plus facile qu'innocente, Olivia subit les tentatives de séduction des deux camps.  Outre son allocution de bienvenue et le rappel des liens qui l'unissent à sa famille, Mlle Julie réserve à Olivia un régime de faveur en la logeant dans une chambre luxueuse, au même étage que la direction.  Quant à Mlle Cara, elle la reçoit "comme une dame" et lui offre le privilège de feuilleter l'album-souvenir du pensionnat.  Olivia ne tarde pas à devenir ouvertement "Juliste". À partir de ce jour, elle devient la préférée de sa directrice et professeur de français qui, tour à tour, s'amuse à la valoriser ou à l'humilier publiquement. 



    

Laura, une ancienne élève, regagne l'établissement et retrouve sa place de favorite auprès de Mlle Julie. Olivia, aussitôt évincée, trouve naturellement refuge auprès de Mlle Cara, dévorée de jalousie.  Lors d'un bal costumé, Mlle Julie provoque ouvertement Mlle Cara en embrassant une élève, puis en promettant à Olivia de la retrouver plus tard dans sa chambre. C'est en vain qu'Olivia l'attendra en pleurant à chaudes larmes.  Mais bientôt, Mlle Julie annonce son départ définitif à ses élèves attristées.  Peu après, Mlle Cara est retrouvée morte dans sa chambre; elle a succombé à une trop forte dose de chloral.  À l'ouverture du testament, on découvre que Mlle Cara lègue tous ses biens à Frau Reisener, la dévouée enseignante d'allemand.  Julie, qui a tout perdu, reçoit ses élèves une à une dans son bureau et leur offre un objet personnel. Victoire raccompagne Olivia à la gare. Comme toutes les élèves, elle s'en va pour les vacances, mais ne reviendra plus. Source : http://www.cinema-francais.fr/les_films/films_a/films_audry_jacqueline/olivia.htm

jeudi 26 mars 2015

Sara Allgood

Actrice américaine d'origine irlandaise, née le 15 octobre 1879, à Dublin (Irlande). Décédée le 13 septembre 1950, à Woodland Hills, Californie.
Cette Irlandaise, née au XIXème siècle, arriva au cinéma par hasard. Issue de la calsse ouvrière de Dublin, elle rejoint, à l'aube du XXème siècle, la Irish National Theatre Society, puis intègre la troupe de l'Abbey Theatre. Sara Allgood  apparaît pour la première fois sur les planches en 1903, dans «King's Threshold».
En 1916, elle épouse son partenaire Gerald Henson. Alors que le couple effectue une tournée théâtrale en Australie, 'Sally' est engagée pour tenir le rôle-titre d'un film local, «Just Peggy». Entre novembre 1917 et janvier 1918, elle perd successivement son mari et leur fille, qu'elle venait de mettre au monde.
Se consacrant exclusivement à son métier, elle connut au moins deux succès “historiques” dans les pièces «Juno and the Paycock» et «The Plough and the Stars».
Elle a une douzaine d'années d'expérience lorsqu'elle fait ses premiers pas devant une caméra dans «Chantage» (1929) d'Alfred Hitchcock : actrice de théâtre, il lui fallait attendre que le cinéma parlât. 


                
               

Le même réalisateur lui confie le rôle principal de «Juno and the Paycock» (1930), qui marque également les débuts de  sa soeur, l'actrice Maire O'Neill.
A une époque où, envahi par les productions hollywoodiennes, le cinéma britannique est au creux de la vague, elle traverse les années trente sans laisser de souvenir impérissables. Citons tout de même sa troisième et dernière participation à l'univers de ce brave Alfred (période "espionnage"), «Sabotage/Agent secret» (1936), sa composition de celle par qui le scandale arrive, une vieille vendeuse de glace séparée de son gentil toutou, dans «Storm in a Tea Cup» (1937), et «Lady Hamilton» (1941) du très peu “british” Alexander Korda.
En 1940, Sally présente une nouvelle fois Juno en tournée aux Etats-Unis. Soupçonnant des perspectives enrichissantes, elle décide de s'installer à Hollywood, comme bon nombre de ses concitoyens britanniques (David Niven, Laurence Olivier, Vivien Leigh, George Sanders …) et finira par adopter la nationalité américaine (1945). Bien lui en prend, car son incarnation de la mère des quatre fils Morgan dans l'adaptation que fait John Ford du roman irlandais de Richard Llewellyn, «Qu'elle était verte ma vallée» (1941), reste encore dans toutes les mémoires de cinéphiles.


                

Junon Et le Paon, réalisé en 1930, ne figure pas parmi les plus connus d'Hitchcock et pour cause, puisqu'à l'époque, le metteur en scène en profite surtout pour exploiter la technologie, alors naissante, du cinéma parlant, dont Junon Et Le Paon constitue le premier long métrage du metteur en scène dans ce format : Hormis pour les complétistes et les obsessionnels, les premiers films d’Alfred Hitchcock ne servent que pour les différentes innovations technique que l’Anglais parvient à créer dans chacun de ses films.
Alfred Hitchcock y adapte une pièce d'un écrivain Irlandais nommé Sean O'Casey, et à vrai dire, se contente surtout de la transposer le plus fidèlement possible à l'image.Autant le dire, Junon Et le Paon ne constitue pas le meilleur film d'Alfred Hitchcock tant celui ci illustre sans éclat une pièce de théâtre, en la restituer si fidèlement que le cinéaste s'efface totalement derrière son histoire.
Difficile de reconnaître le style du cinéaste derrière cette production qui ressemble beaucoup plus à du théâtre filmé avec ses long bavardages qu'à un véritable long métrage.
Encore une fois, la principale préoccupation d'Hitchcock était de mettre en avant le cinéma parlant. Pour le reste, Junon Et Le Paon demeure surtout une véritable curiosité dans la filmographie du maître, une rareté à découvrir si on est un peu curieux en matière de cinéma, mais c'est très loin d'être une oeuvre inoubliable. Pour l'anecdote, Hitchcock lui même n'aimait pas l'oeuvre comme en témoigne ces quelques extraits d'interview fait avec Truffaut :


                              
 

"Je dois dire que je n'avais aucune envie de tourner ce film car, j'avais beau lire et relire la pièce, je n'y trouvais aucune possibilité de la raconter sous l'angle cinématographique. Pourtant la pièce est excellente et j'aime beaucoup, l'histoire, le ton, les personnages et ce mélange d'humour et de tragédie "
[...]
"Le film a obtenu de très bonnes critiques mais je vous assure que j'avais réellement honte parce que tout cela n'avait aucun rapport avec el cinéma. les critiques louaient ce film et j'avais l'impression que j'étais malhonnête que je volais quelque chose"

D'ailleurs Truffaut n'aimait pas le film non plus. Source : http://www.senscritique.com/film/Junon_et_le_paon/critique/32152893



                                  


Le reste de la carrière de Sara Allgood ne sera pas à la hauteur de ses espérances et l'artiste regrettera d'avoir prostitué son talent. Certes, on relève de grands titres à l'énoncé de sa (trop courte) filmographie : «Dr.Jekyll et Mr. Hyde» de Victor Fleming (1941), «Jane Eyre» de Robert Stevenson (1944), ou encore «Cluny Brown/La folle ingénue» d'Ernst Lubitsch, mais elle s'y montre trop fréquemment employée dans un rôle récurrent de servante irlandaise et autoritaire.
Au mitan des années quarante, elle donne encore quelques compositions intéressantes dans deux histoires de “serial killers”, «The Lodger» (1944), une des nombreuses déclinaisons du mystère - à ce jour non élucidé - de Jack l'éventreur personnifié par un Laird Cregar des plus inquiétants, et «The Spiral Staircase/Deux mains, la nuit» (1945), du spécialiste émigré Robert Siodmak.
On ne sera pas surpris de sa présence dans «The Wild Irish Rose/Rose Irlandaise» de David Butler (1947). Engagée dans «Treize à la douzaine» pour ce qui sera son dernier film important (1949), elle écrit au critique Gabriel Fallon : "Le salaire est réduit au strict minimum, mais cela est de peu d'importance : c'est une activité et c'est le principal".
En 1950, ayant développé la "maladie de Bright" (insuffisance rénale), elle est victime d'une attaque cardiaque et décède dans la solitude et une certaine pauvreté.


                 
       

Le deuil sied à Électre (Mourning Becomes Electra) est un film américain réalisé par Dudley Nichols, sorti en 1947. Le film est une adaptation de la pièce de théâtre Le deuil sied à Électre d'Eugene O'Neill, adaptation moderne de l'Orestie d'Eschyle, transposée aux États-Unis après la guerre de Sécession.
Le film a intéressé Frantz Fanon, (Peau noire, masques blancs, points p.135-136), qui consacre une note importante au personnage d'Orin, et fait du film une belle description d'un œdipe incestueux. Le drame familial est calqué sur la pièce, Orin correspond à Oreste dans la tragédie grecque, et Vinnie à Électre.
Lavinia Mannon part en voyage pour New York avec sa mère Christine et découvre qu'elles sont toutes les deux amoureuses du même homme, Adam Brant. Le retour d'Ezra Mannon, mari et père des deux femmes, accélère les événements, car en réalité Adam n'est autre que le fils du frère d'Ezra, autrefois chassé de la maison familiale. Adam veut se venger et peut compter sur la complicité de Christine, qui déteste son mari...

Source : http://encinematheque.fr/bibli/A0/A027/index.asp

mercredi 25 mars 2015

René Dary

René Dary (de son vrai nom Anatole Antoine Clément Mary), né le 18 juillet 1905 à Paris 6e et mort le 7 octobre 1974 à Plan-de-Cuques (Bouches-du-Rhône), est un acteur et réalisateur français.
René Dary est le fils de l’artiste de café-concert Abélard, dit le Comique Idiot. Il est l'une des vedettes à avoir commencé le plus jeune sa carrière cinématographique. En effet, on le voit sur grand écran, dès l'âge de trois ans sous le nom de Bébé Abelard au temps du muet, sous la direction de Louis Feuillade. Il tourne avec lui pas loin de quatre-vingts courts-métrages en trois ans. Pourtant, le contrat est résilié en 1913, au profit d'un autre enfant plus jeune (et moins cher !) René Poyen. Dès 1916, il fait ses débuts sur les planches avec Lucien Guitry. Il abandonne assez vite ce métier pour aider son père à la gestion d’un cinéma dans le XXe arrondissement de Paris. Il retrouve le chemin du théâtre bien plus tard, interprétant en particulier, Le Temps des cerises de J.L. Roncoroni, Marius de Marcel Pagnol et Ce soir à Samarcande de Jacques Deval. Ses rôles les plus marquants au cinéma sont Nestor Burma dans 120, rue de la Gare, Riton, le complice de Jean Gabin dans Touchez pas au grisbi, et le maire du village dans Les Risques du métier avec Jacques Brel. Mais à son tout début, il faut noter ses performances dans Le Révolté en matelot anarchiste à la forte tête, et dans Le Carrefour des enfants perdus qui relatait la difficile création d'une maison de redressement pour délinquants. 


                               


Huit hommes dans un château est un film français réalisé par Richard Pottier en 1942.
Une série de meurtres a été commis. Un couple d'écrivains, spécialisé dans les romans policiers, les Paladine, intrigué et intéressé par les causes et les circonstances de ces morts, mène sa propre enquête dans le château de la comtesse de Chanceau. La nièce de la vieille dame, un jeune acteur et un juge d'instruction aident bientôt les Paladine à démêler les liens de l'intrigue et à lever le mystère sur l'identité de l'auteur, ou des auteurs, de ces crimes mystérieux...Pierre Palau : Le notaire ,Roger Champi : Firmin ,Jean Meyer : Le neveu du notaire ,Jean Daurand : L'acrobate ,André Carnège : Le juge d'instruction ,Maurice Pierrat : Le maître d'hôtel ,Charles Lemontier : Le cuisinier ,Jean Morel : Le commandant Dupuis ,Georges Vasty : L'inspecteur ,Robert Arpin : Le mousse ,Eugène Frouhins : Le jardinier ,Maxime Fabert : L'ivrogne ,Gabrielle Fontan : L'aubergiste ,Hélène de Verneuil : La dame au spectacle ,Julienne Paroli : Une autre aubergiste.



       
Sportif accompli, René Dary fit également de la boxe dans les années trente, sous le nom de Kid René, mais aussi du music-hall sous le pseudonyme de René Duclos. Il participa à des opérettes comme Normandie de Paul Misraki et Trois valses d'Oscar Straus. Entre 1934 et 1937, il fit partie de la troupe du théâtre des Bouffes-Parisiens. Considéré comme un probable remplaçant de Jean Gabin qui avait quitté la France pendant l'Occupation, le 19 mars 1942, il est du voyage qui mena un certain nombre de comédiens en vogue à l'époque (Suzy Delair, Junie Astor, Danielle Darrieux, Albert Préjean, Viviane Romance, etc.) à Berlin, à l'invitation du gouvernement allemand. Il participa également à des séries télévisées comme Les Cinq Dernières Minutes, dans les épisodes On a tué le mort et Les Enfants du Faubourg, mais c'est en 1965, qu'il acquiert une très grande notoriété en incarnant le commissaire Ménardier dans la célèbre série Belphégor ou le Fantôme du Louvre de Claude Barma, avec Juliette Gréco et François Chaumette. On le voit aussi comme commissaire Lefranc dans sept épisodes de la série Les Compagnons de Baal en 1968. Il écrivit aussi des romans, comme Express 407.
Il tourne une dernière fois en 1968, pour le cinéma, dans Goto, l’île d’amour de Walerian Borowczyk et pour la télévision en 1974 dans Une affaire à suivre. Second rôle durant toute sa carrière, il était l'incarnation même du Français, petit, râleur bagarreur, mais bon cœur. Il fit aussi bon nombre de doublages (Westerns, Policier, Séries T.V. (Les Incorruptibles, etc.)



   



Port d'attache est un film français réalisé par Jean Choux, sorti en 1943.
Un marin démobilisé arrive dans un petit village et propose à un vieux solitaire, le père Garda, de l'aider à remettre en état son domaine. Une entorse force le vieux à accepter. René recrute alors une bande de ch meurs parisiens pour constituer une équipe qui travaille de tout son coeur. La jalousie pousse un gars du pays à semer la discorde dans le groupe et à monter les villageois contre René. Celui-ci a le dernier mot, il corrige son rival et épouse la jolie Ginette tandis que pétillent les feux de la Saint-Jean. 



                                    


Les Risques du métier est un film dramatique français réalisé par André Cayatte, sorti en 1967. Il traite le sujet de l'accusation injuste de pédophilie.
Dans cette remarquable adaptation d'un roman de Simone et Jean Cornec, on suit le calvaire vècu par un instituteur accusè de pèdophilie (acte puni, à l'èpoque, des travaux forcès à perpètuitè) par plusieurs de ses èlèves! Un homme qui va subir l'èpreuve du petit village où il vit dont les habitants le jugent coupable avant la moindre vèrification des faits! Y compris de sa propre èpouse, troublèe par les tèmoignages prècis des diffèrentes jeunes filles (la redoutable Delphine Desyeux) et superbement incarnèe par Emmanuelle Riva! Andrè Cayatte maîtrise parfaitement son sujet puisqu'il ètait avocat avant de passer à la mise en scène! Et la plupart de ses longs-mètrages sont des films judiciaires pleins d'habiletè! A l'image de ce suspense prenant qui se rèvèle un grand film sur la diffamation! De plus, Cayatte montre le pouvoir de la foule contre l'homme seul, prèfigurant nombres de cas judiciaires similaires des annèes suivantes! Les habitants de ce petit village normand prèfèrent lyncher un homme plutôt que de prendre le risque de la prèsomption de son innocence! Portè par un Jacques Brel admirable (le film lui doit beaucoup), "Les risques du mètier" rèunira plus de 3,5 millions de spectateurs à sa sortie en 1967! Et ce n'est que justice tant l'oeuvre de Cayatte est une rèussite à tous les niveaux... Comme souvent chez Cayatte, nous voilà avec un personnage central pris dans l'engrenage de la machine judiciaire ("Justice est faite","Nous sommes tous des assassins", "Il n'y a pas de fumée sans feu"...) dans un récit à double niveau, le second éclairant le premier. Soit un récit au présent dont la réalité affirmée est démentie par de fréquents flash-back qui donnent à en découvrir une autre. Un réalisateur toujours fasciné par les jeux de miroirs, ces objets qui révèlent l'inverse des choses. Une obsession pour l'envers du décor, cet au-delà du simple reflet qui se retrouve dans nombre de ses films et fait mouche.


           


On ne peut s'empêcher de penser à Outreau en voyant ce film, vieux de presque cinquante ans, où tout se joue sur la parole sacrée de l'enfant et aucune preuve matérielle, à quoi s'ajoute l'émulation, ici de jeunes filles réprimées par l'époque, ( nous sommes avant 68 ). Cayatte continue à dénoncer les travers de la police-justice- et les hypocrisies d'une ville de province, théâtre étouffant où tout se passe en trompe-l'oeil. Le personnage de Christine Fabrega est intéressant, lui aussi, qui n'hésite pas à instrumentaliser le pseudo-calvaire de sa fille pour une célébrité éphémère dans les médias. Cayatte frappe encore une fois fort et juste.
André Cayatte est un spécialiste du film social : Mourir d'aimer en 1971 raconte la liaison d'une enseignante avec l'un de ses élèves, âgé de 16 ans, inspiré d'un fait divers. Quatre ans plus tôt, il s'attaque à un autre fait divers, sur le drame de la pédophilie, d'après un livre de Simone et Jean Cornec, un couple d'avocats. Avec Jacques Brel en instituteur accusé de pédophilie, ce film dramatique rappelle la France des années 60 : les juges avec leurs euphémismes, les jeunes filles avec leurs "oui monsieur.", "non monsieur" (ce qui ne les empêche pas de mentir, évidemment). Emmanuelle Riva s'érige en conscience du film, avec cette même voix languissante qui ponctuait Hiroshima mon amour. Mais Les Risques du métier est surtout l'un des plus beaux rôles de Jacques Brel au Cinéma. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-37067/critiques/spectateurs/