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lundi 2 février 2015

Viviane Romance

Viviane Romance naît le 4 juillet 1912, à Roubaix, grande ville manufacturière du Nord de la France. Elle commence très jeune à travailler en usine. Puis à peine sortie de l’adolescente, mais déjà très belle femme, elle se retrouve comme danseuse au Moulin Rouge où elle aurait, exaspérée, tiré les cheveux de la meneuse de revue, une certaine Mistinguett. Ce qui est sûr, c’est que Viviane perd son travail. Elle fait alors de la figuration dans un film muet «Paris-girls» (1929), réalisé par Henry Roussell.
Mère célibataire, Viviane Romance donne naissance à une petite fille puis reprend le chemin des studios. Elle est sur le plateau de «Il est charmant» (1931) avec Henri Garat. Elle est figurante avec Ginette Leclerc dans «La dame de chez Maxim’s» (1932) de Alexander Korda. Elle côtoie, mais de loin, Pierre Richard-Willm dans «L’épervier» (1933)de Marcel L’Herbier. Ses talents de danseuse lui sont fort utiles face à Josephine Baker dans «Zouzou» (1934). Elle joue une Catalane qui encourage de quelques mots, Jean Gabin, traîne-misère sur les Ramblas de Barcelone, avant qu’il ne s’engage dans la légion étrangère espagnole et rallie «La Bandera» (1935) de Julien Duvivier. 


                                       


Ce réalisateur lui donne de nouveau sa chance et lui fait jouer Gina, celle qui désunit «La belle équipe» (1936) avec Charles Vanel, Jean Gabin et Raymond Aimos. Ce film la catalogue dans le registre des femmes fatales mais elle accède à la position de deuxième vedette féminine. Elle donne ainsi la réplique à Dita Parlo, l’espionne de «Mademoiselle Docteur» (1936), et à Tino Rossi et Mireille Balin pour «Naples au baiser de feu» (1937). Elle s’amourache alors d’un certain Georges Flamant, qui semble venir plus ou moins du «milieu», mais qu’elle impose dans ses films comme comédien pendant cinq ans. En 1938, elle tourne l’un des titres qui ont fait sa légende «La maison du Maltais» aux côtés de Louis Jouvet, Pierre Renoir et Marcel Dalio. Pendant la guerre Viviane «incarne le mal» comme sud-Américaine ou d’Espagnole: «Angélica» (1940) d’après un roman de Pierre Benoît, la gitane «Cartacalha» (1942) dans le film homonyme de Léon Mathot, et «Carmen» (1942) de Christian-Jaque, auprès de Jean Marais. Elle est adorée par les uns et honnis par les autres. En 1943, elle se fait aussi scénariste pour «La boîte aux rêves» tourné à Nice par Yves Allégret, avec Gérard Philipe et Simone Signoret, débutants.Femme toute de passions, indépendante et courageuse, Viviane Romance s’éteint à l’hôpital de Nice, après avoir longtemps lutté contre le cancer, le 25 septembre 1991. Caroline HANOTTE 


                              


Le Puritain est un film français de Jeff Musso, inspiré du roman de Liam O'Flaherty, et sorti au cinéma en 1938.
En apparence au nom du fanatisme catholique, un journaliste dublinois (Jean Louis Barrault) assassine une femme aux mœurs légères ; en vérité, il s'agit d'un crime passionnel motivé par un sentiment de dépit. Le meurtrier avoue son homicide avant de sombrer dans un état de démence. Il s'agit d'un film policier très sombre. Francis est journaliste mais c'est surtout un redresseur de tort. Il fait partie de la société de vigilance qui dénonce tous les comportements contraires à la morale.
Il est amoureux d'une jeune femme mais celle-ci est une femme facile et dans une crise de jalousie, il la tue. Le commissaire Lavan mène l'enquête. Très vite il soupçonne Francis qui nie être le coupable. Le principal atout du film est la qualité de l'interprétation. L'interprétation de Jean Louis Barrault dans le rôle de Francis est fameuse. Il est complètement possédé par son personnage, parvenant parfaitement à restituer sa folie. Pierre Fresnay également très bon dans le rôle du commissaire réalise une interprétation plus conventionnelle, très posée. La copie du film n'est malheureusement pas de bonne qualité. La bande son est très médiocre. La mise en scène est simple.



   


       
Les décors sont réduits au minimum. Il n'y a aucun détail permettant d'orienter une enquête dont on connait l'issue dès le début. Tout est basé sur l'étude de la psychologie de Francis. Le film dénonce également les mouvements fanatiques qui utilisent l'intégrisme pour manipuler des gens en détresse. C'est très intéressant de voir Francis essayer de justifier son acte : j'ai tué Thérèse car je l'aimais ... j'ai voulu étonner l'humanité .... je voulais savoir si Dieu existait ... lui qui dénonçait tous les actes immoraux se trouve des circonstances atténuantes ! Source : http://www.senscritique.com/film/Le_Puritain/critique/36643712


                                   


Premier film réalisé en France durant l'après-guerre par Julien Duvivier, Panique s'avéra un retour compliqué pour le réalisateur avec un cuisant échec publique et critique. Tous les éléments du réalisme poétique qui firent le succès de Duvivier avant-guerre sont pourtant là avec ce cadre populaire gouailleur, une certaine dimension féérique dans l'usage du décor réaliste et factice à la fois avec cette fête foraine avoisinante et le magnifique personnage maudit qu'est Monsieur Hire. Alors que malgré ses élans de noirceur (ou de positivisme pour la période du Front Populaire) le genre exaltait des valeurs nobles et un certains romantisme, Duvivier inverse ici le propos avec ce film incroyablement âpre et désabusé sur la nature humaine où il adapte très librement Les Fiançailles de M. Hire de Georges Simenon.
Dès la scène d'ouverture et par un zoom bien senti alors que la caméra balaie le paysage urbain de ce petit quartier, Duvivier isole son étrange Monsieur Hire (Michel Simon) du reste de la population. La symbolique sera plus lourdement appuyée quelques scènes plus tard le temps d'une partie d'auto-tamponneuses où l'ensemble des participants s'acharnent sans raison. Que reproche-t-on exactement à Monsieur Hire ?
Comme on l'apprendra durant l'histoire, une suite de déceptions l'ont rendu quelque peu misanthrope et amené à nourrir bien peu d'attente quant à son prochain. Duvivier a une idée de génie en confiant le rôle à Michel Simon qui s'il confère certes une certaine étrangeté au personnage, l'isole des autres plus par son détachement presque hautain que d'une vraie excentricité .







Conscient d'être entouré de médiocres, Monsieur Hire entretient le strict minimum d'échanges avec son entourage qui ainsi méprisé entretient une méfiance, une rancœur puis une haine aveugle à cet homme qui ignore avec eux les civilités banales qu'ils ne méritent pas. Le background du Hire incarné par Simon bien plus flamboyant et romanesque que chez Simenon accentue cette supériorité. Omniscient, mystérieux et bienveillant avec les âmes innocentes (ses seuls élans de gentillesse iront vers une petite fille voisine de palier occasionnant d'autres accusation douteuses à son égard) et ayant besoin de protection.


                


C'est ironiquement en descendant de sa tour et en cédant à ses sentiments que Hire causera sa perte. Lorsqu'un meurtre est commis dans le quartier et que tous les soupçons se tournent tout naturellement vers lui, Hire ne pense qu'à sauve Alice (Viviane Romance) jeune fille perdue et amoureuse du voyou et vrai assassin Alfred (Paul Bernard) pour lequel elle a déjà fait de la prison. Michel Simon humanise magnifique ce personnage si détaché par sa passion inattendue alterne avec brio les registres de de protecteur charismatique, silhouette taciturne et amoureux éperdu émerveillé de recevoir enfin une même affection en retour. Vivian Romance inoubliable graine de discorde de La Belle Équipe est-elle parfaite de sensualité et d'ambiguïté.

Son regard lors des échanges avec Simon trahit une constante hésitation entre réelle manipulation et affection naissante pour ce drôle de bonhomme mais entre l'amour innocent du monde plus vaste qu'est prêt à lui offrir Monsieur Hire et les étreintes plus brutales et la fange de la rue incarné par Alfred, elle fera constamment les mauvais choix. La vision du monde des films du réalisme poétique en prend un coup (ironiquement c'est ceux incarnant l'image d'un certains romantisme typique au départ qui seront les éléments négatifs) et ce sera d'autant plus significatif lorsque Duvivier montrera les bas-instincts et l'effet de groupe aboutir au drame final.



                


Là on voit la haine ordinaire et l'effervescence de la violence s'étendre comme une traînée de poudre, d'abord insidieusement par le poids de la rumeur (et la lâcheté des individus isolé incapable de tenir tête à Hire) puis ayant trouvé un feu où se nourrir avec de fausses preuve par des scènes surréalistes la distraction de la foule vient de l'attente puis du lynchage d'un innocent, où la hardiesse des lâches s'exprime en brutalisant à plusieurs un homme seul. Toute la sophistication mise en place auparavant pour exprimer ce sentiment explose lors d'un impressionnant morceau de bravoure sur les toits, théâtre des regards furtifs entre Hire et Alice par fenêtre interposées et synonyme de danger et de mort en conclusion. Le constat final est d'un pessimisme terrible, Duvivier enfonçant le clou après la tragédie finale en ne nous montrant même pas à l'écran la justice rétablie. A la place, une tonitruante fête foraine tandis qu'on distingue une ambulance dont on connaît le malheureux occupant s'éloigner au loin.
Source : chroniqueducinephilestakhanoviste

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