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mercredi 11 février 2015

Raymond Pellegrin

Raymond Pellegrin fut  le benjamin et le dernier survivant de la bande à Marcel Pagnol.
Sa carrière, très féconde, commencée il y a 66 ans, traverse toute une période éminemment intéressante du cinéma français.
Néanmoins, comme beaucoup de ses camarades, Raymond Pellegrin a connu les bonheurs de la gloire et les affres de l'oubli. En 1943, alors qu'il se produit au Théâtre de Monaco dans C'était en juillet, une pièce en quatre actes, dont chacun lui permet de multiples transformations, Marcel Pagnol qui est dans la salle le découvre et subodore en ce jeune passionné un talent infiniment prometteur. En 1945, il l'engage pour une reprise de son Topaze au Théâtre Pigalle à Paris, puis pour la création le 14 décembre 1946, toujours à Paris, de César au Théâtre des Variétés.  Il interprète un convaincant Césariot auprès de Henri Vilbert en César (Raimu étant décédé trois mois plus tôt), Arius en Panisse et Orane Demazis en Fanny. Dès cet instant, pièces et films s'enchaînent sans discontinuer. Impossible de citer tout l'actif théâtral de Raymond Pellegrin. 


                         
               
                                      
Retenons et sans que cela soit dans l'ordre chronologique : Etienne de Jacques Deval; Savez-vous planter les choux ? de Marcel Achard; La première légion d'Emmet Lavery; Jupiter de Robert Boissy; Shéhérazade de Jules Supervielle; Evangeline de Henry Bernstein, avec Danielle Darrieux; Les petits renards de Lilian Ellman, adaptée en français par Simone Signoret qui se réserve le premier rôle féminin (Théâtre Sarah-Bernhardt); L'engrenage de Jean-Paul Sartre; Le zéro et l'infini d'Arthur Koestler; Leocadia de Jean Anouilh et Boulevard Feydeau, les deux avec à nouveau Danielle Darrieux, Adorable Julia de Marc-Gilbert Sauvajon, avec Madeleine Robinson; etc ..Il accompagne souvent les tournées, notamment les Karsenty pour : Histoire de rire d'Armand Salacrou, avec Odette Joyeux; Liberté provisoire de Michel Duran, avec Giselle Pascal; Quadrille de Sacha Guitry; Topaze, etc. Le 7 octobre 1955, il crée Judas de Marcel Pagnol au Théâtre de Paris avec Jean Chevrier en Ponce Pilate, Léonce Corne et Daxely.  Malheureusement, la carrière de cette pièce n'est guère brillante et est, en outre, émaillée de nombreux accidents.


                             


Marcel Pagnol adapte ici une nouvelle peu connue d’Emile Zola, Naïs Micoulin. Ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est la proximité entre les thèmes abordés par l’écrivain et ceux que Pagnol n’a cessé de creuser d’œuvre en œuvre. On y retrouve des figures archétypales de ses films et de ses romans : la paysanne simple et fière, l’opposition entre le monde rural et citadin, le père attentionné mais bourru, le jeune homme venu de la ville, fat et arrogant. Et enfin le naïf, amoureux éconduit car hors norme, ici un bossu auquel Fernandel prête de nouveau ses traits après avoir joué sous la caméra de Pagnol ses cousins de drame que sont Saturnin d’Angèle et Felipe dans La Fille du puisatier, deux films dont Naïs pourrait être une forme de synthèse. Le père de Naïs ressemble comme deux gouttes d’eau à Clarius, celui d’Angèle ; Frédéric rappelle Jacques Mazel, l’amant de Patricia la fille du puisatier… les intrigues se répondent, le décor est le même. Cependant, Naïs se différencie par une noirceur plus appuyée que celle qui sous-tendait ces deux autres films où humour et mélodrame se complétaient si harmonieusement, rappelant les grandes pièces de Shakespeare. Seul Manon des sources, que Pagnol mettra en scène huit ans plus tard, possède ce ton sombre à peine éclairé par les dialogues savoureux de leur auteur. Pagnol a toujours vécu entre l’ombre et la lumière, que ce soit dans ses œuvres ou dans sa vie. C’était une personnalité pleine de vitalité et d’humour mais qui pouvait sombrer en un instant dans la mélancolie et l’angoisse. L’un des thèmes de Naïs est la relation conflictuelle entre un père et sa fille. Un père dur, possessif, qui peine à laisser son enfant vivre sa vie. Ce thème, on le retrouve dans Angèle, dans La Fille du puisatier et également, un garçon pour une fille, dans la trilogie marseillaise. Ce refus de laisser un enfant quitter le foyer, le village, l’entreprise familiale, trouve sa source dans un monde rural qui tend à disparaître, un monde que les aînés s’efforcent de faire perdurer tant qu’ils peuvent, par tous les moyens. Ces tourments familiaux sont l’émanation d’une société en constant progrès, en mutation, où les anciens n’ont plus leurs places. 


   
   
Pagnol, en prenant fait et cause pour ces enfants et leur émancipation, s’inscrit dans la marche en avant du monde. On le sait amoureux des sciences, des nouvelles techniques, des découvertes. Cependant, son cœur reste attaché à ces anciens laissés sur le bord du chemin, à leurs coutumes, leurs patois, leurs manières de travailler la terre, de chercher de l’eau. C’est à l’aune du drame social qui tiraille le monde rural, que Pagnol nous permet de comprendre les colères de Micoulin, qui ne sont que des peurs mal exprimées. Naïs partant pour la ville, c’est le monde paysan qui disparaît, l’héritage de plusieurs générations qui se perd, des villages qui tombent en ruine, des langues qui s’éteignent. Par opposition, les riches parents de Frédéric ne s’intéressent à aucun moment au monde rural, dont ils ne sont que de lointains propriétaires. Ces marchands, Pagnol peine à leur donner de l’épaisseur, lui que l’on sait pourtant si proche de tous ses personnages.


                  

C’est Raymond Leboursier, monteur notamment de nombreux films de Jean Dreville, qui convainc Marcel Pagnol d’adapter la nouvelle et qui en assure la mise en scène. Producteur, c’est cependant Pagnol qui choisit les acteurs parmi ses proches : Jacqueline Pagnol, Fernandel, Blavette, Poupon, Raymond Pellegrin. Pendant le tournage, Pagnol est constamment sur le plateau, il dirige les acteurs par-dessus l’épaule de Leboursier : « Il voulait tout contrôler, et il ne cessait de houspiller Leboursier. Je l’ai vu très dur avec lui, acerbe, exigeant » témoigne Jacqueline Pagnol. Toine est un nouveau rôle magnifique offert à Fernandel, un rôle lui permettant d’exprimer pleinement son talent dramatique. On ne répètera jamais assez que, à l’instar de Raimu, c’est sous la caméra de Pagnol que son génie de comédien a pu s’épanouir. Lorsqu’il tourne pour la première fois pour Pagnol, Fernandel a déjà une quinzaine d’années de carrière cinématographique derrière lui. Renoir, Guitry, Maurice Tourneur, Christian-Jaque ou encore Duvivier l’ont dirigé, mais ce sont bien ses rôles dans Angèle, Le Schpountz, La Fille du puisatier et Naïs qui marquent les mémoires. « Pourquoi fait-on souvent de Fernand un ridicule ou un minable dont on se moque ? » disait Pagnol. Comme pour réparer une injustice, il lui écrit des personnages d’amoureux secrets, de naïfs qui ont le pouvoir de révéler les mesquineries de chacun.



                            


Un soir, en sortant de scène à la fin du second acte, Raymond Pellegrin tombe en syncope et doit être remplacé au pied levé par Roger Rudel.
Celui-ci se défend fort bien, mais s'effondre au bout d'une semaine : crise d'appendicite foudroyante. Elvire Popesco, directrice du Théâtre, prie tous les saints de sa Roumanie natale, mais cela n'empêche pas le pauvre Judas de s'arrêter au bout de dix semaines.  Elvire est contrainte de reprogrammer son grand succès Ma cousine de Varsovie de Louis Verneuil qu'elle défend avec Lucien Baroux et Jacqueline Porel. La filmographie de Raymond Pellegrin comporte près de cent titres parmi lesquels il faut, bien sûr, élaguer. Les producteurs lui découvrent, tel Janus, un double profil et lui font jouer les "bons" et  - plus souvent - les "méchants". Des rôles de durs, de proxénètes, de flics ou de truands. Il possède une voix reconnaissable entre toutes, somptueuse, soyeuse, qui n'est pas sans rappeler celle de Charles Boyer, un physique et surtout un talent qui s'affirme de film en film. Citons le puisant réquisitoire de Cayatte Nous sommes tous des assassins dans lequel il incarne Gino, le jeune Corse condamné à mort pour avoir vengé l'honneur de sa famille.  Ce film est le catalyseur de sa carrière cinématographique et son interprétation est récompensée par le "Prix du Meilleur acteur français".


                             


Un excellent polar du début des années 1980. Le film marque les début à l'écran de 2 stars françaises: Christophe Lambert et Richard Anconina. Lambert est vraiment bon et charismatique dans son rôle de loubard meneur de bande. Les autres acteurs s'en sortent tous à merveille, on peut noter la prestation de 2 grands du cinéma français ajourd'hui disparus à savoir François Perrier et Georges Wilson. Le film s'inspire d'un épisode de la guerre des gangs qui a défrayé la chronique à Paris dans les années 70. La réalisation nerveuse de Barrois fait la part belle au réalisme et à une violence très sèche. On peut noter en point d'orgue du film le massacre dans le bar vraiment choquant pour l'époque. Un film qui fête ses 30 ans cette année et qui est tout à fait recommandable aux amateurs. 
Le Bar du Téléphone de Claude Barrois, auteur de la comédie Alors Heureux ? avec Pierre et Marc Jolivet et futur réalisateur de la série policière Van Loc, s’inscrit dans la lignée des solides œuvres du genre qui vont trouver leur apothéose dans des eighties où la violence va exploser dans des films âpres et rugueux sur le « milieu ».
Claude Barrois essaie de développer une intrigue rappelant les grandes œuvres du cinéma français dépeignant l’univers des truands de grande ampleur (style les films de Verneuil) en opposant d’un côté, un ambitieux solitaire et de l’autre, une famille puissante et implacable. Au programme, affrontement et règlements de compte où vient s’adjoindre une seconde intrigue parallèle qui va finir par s’entrecroiser avec la principale, celle d’une petite bande de loubards rackettant des établissements, emmenée par le jeune fougueux Paul Franchi alias un Christophe Lambert qui trouvait là son premier rôle au cinéma et son ami surnommé Boum-Boum, un Richard Anconina alors bien jeune lui aussi.



   


On ne s’étendra pas trop sur la performance de Lambert qui montrait déjà les prémices d’un jeu très limité  malgré sa ressemblance dans le style, avec le Bébel d’il y a soixante ans. Le Bar du Téléphone oscille quelque part entre le film honorable à quelques brefs moments, doté de quelques scènes bien fichues à la mise en scène accrocheuse laissant exploser une violence sèche et d’un scénario tenant la route, et un sous-produit d’un genre qui aura connu de bien meilleurs représentants. Un peu trop simple, pas toujours bien structuré et manquant surtout d’étoffe et d’ambition..Super film policier des années 80 qui reflete le banditisme en sa juste valeur DANIEL DUVAL exceptionnel comme a son habitude petite dedicasse pour lui qui est decede trop tot... Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-29600/critiques/spectateurs/star-5/

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