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mercredi 11 février 2015

Peter Graves

Il est né le 18 mars 1926 à Minneapolis, dans le Minnesota. Il est aussi le jeune frère de James Arness (voir topic avec photos de ce jour sur la série La conquête de l'Ouest), vedette de la série Gunsmoke.Peter Graves est speaker à la radio dès l'âge de 16 ans à Minneapolis. Après avoir passé deux ans dans l'US Air Force, il étudie l'art dramatique à l'Université du Minnesota. Il commence à apparaître au cinéma et à la télévision au début des années cinquante : il tient notamment des rôles secondaires dans Stalag 17 de Billy Wilder (1953) et dans le film-culte La nuit du chasseur de Charles Laughton (1955) où il interprète le compagnon de cellule de Robert Mitchum. Après être déjà apparu dans plusieurs séries télévisées, Peter Graves devient une vedette populaire avec le rôle de Jim Phelps qui dirige l'équipe de Mission impossible. Il tiendra le rôle dans cent quarante-trois épisodes jusqu'à la fin de la série, en 1973. La suite de sa carrière ne lui offre pourtant pas de rôles mémorables, jusqu'au personnage délirant du commandant de bord de Y a-t-il un pilote dans l'avion ? en 1980 et la suite deux ans plus tard. 


                  

Combien de pépites du western méritent-elles encore d'être sorties de l’oubli, voire même carrément d'intégrer sans tarder les classiques du genre ? En tout cas assurément celles d’un cinéaste que l’on a trop souvent, encore récemment, cantonné à son statut un génie du cinéma fantastique. Il ne faudrait pas oublier que Jacques Tourneur a également signé des merveilles dans le domaine du film d’aventures (comme La Flèche et le flambeau), du film noir (Nightfall), mais aussi de très grandes réussites dans le genre qui nous intéresse ici ; outre Wichita, on pouvait déjà dix ans auparavant s’émerveiller devant le sublime et novateur Passage du canyon (Canyon Passage) avec Dana Andrews et Susan Hayward. En 1950, Tourneur signait aussi une magnifique tranche d’Americana qui fait partie de ses plus belles œuvres, Stars in My Crown avec déjà Joel McCrea, un acteur discret que l’on retrouve dans la peau du célèbre Marshall Wyatt Earp dans cet excellent Un jeu risqué, l’un des westerns les plus dépouillés et épurés qui soit ! Si j'évoque en début de paragraphe une souhaitable réhabilitation, c’est pour la simple raison qu’on ne peut pas dire que Wichita soit encore de nos jours bien représenté dans les différentes anthologies du genre. Le film est ainsi encore bien trop méconnu par le public français, considéré trop souvent avec un peu de condescendance comme étant une "simple série B", ce qui ne devrait pourtant plus être péjoratif, cette notion portant avant tout sur les budgets alloués aux films.
Avec Stars in My Crown et Stranger on Horseback, Un Jeu risqué constitue en quelque sorte le troisième film d’une trilogie basée sur la volonté de non-violence, sur l’intégrité et l’honnêteté jusqu’au-boutistes de chacun de ses personnages principaux, tous interprétés par le même comédien, à savoir Joel McCrea, tour à tour pasteur, juge et shérif. 


       
          

Le pasteur Gray faisait le bien autour de lui sans avoir recours à autre chose qu’à son bon sens et à sa parole dans le touchant et attachant Stars in My Crown ; le juge Thorne de Stranger on Horseback pouvait s'apparenter à un double de ce dernier personnage, les textes de loi remplaçant les préceptes moraux et religieux pour un résultat final équivalent : même probité, même détermination et, ce qui le rendait plus humain encore par le fait de n’être pas exempté de défauts, même intransigeance. C’était un homme flegmatique qui, malgré les menaces des dirigeants et l’inertie des habitants, fonçait tête baissée sans jamais faire un pas en arrière. Cette assiduité, ce courage et cette opiniâtreté qui le faisaient respecter feront aussi partie de la personnalité du Wyatt Earp filmé par Tourneur. Comme le juge Thorne, avant d’être estimé à sa juste valeur par les citoyens de Wichita, il aura été rejeté à cause de son trop grand rigorisme qui allait à l’encontre du but lucratif que les notables rêvaient pour leur cité. 


                             


Une Cattle Town en plein expansion qu’arrive d’ailleurs à rendre remarquablement vivante Tourneur avec la description de ses rues grouillantes, de ses saloons bondés, et à l’aide d’une multitude de petites touches et de petits détails bien observés (c’était déjà le cas dans ses précédents westerns). La civilisation est en marche, ce qu'on ressent très clairement au travers de l’atmosphère qu’a réussi à créer le cinéaste pour son film.En à peine 77 minutes, le film, avec une sobriété exemplaire, une rigueur, une douceur et une intelligence de tous les instants, nous fait avant tout nous questionner sur le fameux "Law and Order". Comment doit-on faire appliquer la loi pour faire retrouver l’ordre ? Jusqu’à quel point doit-on se montrer intransigeant ? Doit-on accorder des passe-droits, octroyer des privilèges à certaines personnes ? Comment concilier la liberté accordée aux cow-boys avec la sécurité des habitants ? Est-ce seulement possible ? Comment concilier l’expansion d’une ville avec sa tranquillité ? Un journal doit-il façonner l’opinion et chercher à avoir une certaine influence ?


                              

Après Shotgun (Amour, fleur sauvage) et Tall Man Riding (La Furieuse chevauchée), Fort Yuma est le troisième film (et troisième film) que Lesley Selander réalise durant l’année 1955. Avoir pu visionner ces trois titres à quelques semaines d’intervalle me fait conclure que la qualité est allée en décroissant, le prolifique cinéaste (jusqu’à une quinzaine de films par an durant les années 40) semblant même s’être cruellement désintéressé de sa mise en scène, bien trop approximative ici, tout comme le montage d’ailleurs. On trouve néanmoins, comme dans de nombreux de ses westerns, pas mal de petits détails insolites, un tournage en extérieurs, quelques réflexions intéressantes et une violence assez inaccoutumée pour l’époque, celle-ci ayant d’ailleurs fait réagir la censure dont l’intervention a abouti à de sacrés coupes et fait par exemple descendre le nombre de soldats du convoi tués de vingt-quatre à une dizaine seulement. Quelques séquences sont néanmoins passées au travers telles celle de la pendaison de l’Indien, du meurtre du messager ou de la lance venant se ficher dans le dos d’un des soldats. Bien évidemment, aujourd’hui tout cela paraitra anodin mais les films de Selander étaient vraiment plus crus que la moyenne durant ces années-là, témoins aussi des personnages principaux souvent assez durs. Après celui interprété par Sterling Hayden dans Shotgun, le soldat joué par Peter Graves se révèle lui aussi loin d’être un tendre.
Fort Yuma est un western assez curieux malgré le fil directeur de l'intrigue d’une grande simplicité : le voyage à haut risque d’une colonne de la cavalerie américaine (accompagnée par deux femmes) d’un fort à l’autre à travers les territoires de tribus indiennes parties sur le sentier de la guerre sans que les soldats du détachement en aient été informés. Du même réalisateur, Fort Osage était déjà un film pro-Indien assez original, aucunement paternaliste ni manichéen. On peut en dire autant de Fort Yuma sauf que le bâclage de l’ensemble le rend bien moins réussi que son prédécesseur, bien moins puissant et attachant, quasiment anodin. Au final, il s’agit d’une série B pas spécialement ennuyeuse mais, à l’image de sa première séquence, celle de l’assassinat du chef indien, sans grande intensité dramatique - le figurant chargé de personnifier le colon qui tire sur l’Indien grimace d’une manière clownesque, rendant la scène guère convaincante voire presque risible. Il y avait pourtant un postulat de départ assez intéressant avec aussi une double romance interraciale ; mais le tout est gâché par un trop grand laisser-aller à tous les niveaux, que ce soit dans la réalisation, le scénario et même l’interprétation dans l’ensemble assez terne, à l’exception de Joan Taylor dont le personnage d’Indienne est peut-être le mieux écrit. 


           

Francesca est une squaw persuadée être plus heureuse auprès d’un homme blanc que d’un guerrier de son peuple auprès duquel elle pense ne pas trouver sa place, voire même être rabaissée. Malgré tout, sa fierté fait qu’elle ne supporte pas la pitié de la jeune missionnaire, son maladroit paternalisme et sa volonté farouche de se lier d’amitié avec elle. Une femme forte et butée qui se heurte non seulement à la respectable institutrice mais également à son frère qui voit d’un mauvais œil sa relation avec un homme blanc. Les trois autres principaux protagonistes ne sont pas inintéressants eux non plus, tout du moins sur le papier. Peter Graves (le chef de groupe dans la série Mission : Impossible) interprète un officier xénophobe et cruel qui, paradoxalement, dit détester les Indiens tout en s’étant épris de l’une d’entre eux. Il ne voudra cependant pas que sa relation soit connue, trop honteux de pouvoir éprouver des sentiments pour une Indienne, et il n’hésitera pas à lyncher un "peau-rouge" sans autre forme de procès et malgré le fait que l'institutrice le lui ait fortement déconseillé, trouvant cet acte barbare et inhumain. 


                              

Le personnage de la missionnaire était également assez bien vu ; bien que très respectable et éminemment charmante, le scénariste la rend agaçante à force de vouloir bien faire, symbole d’une Amérique paternaliste et bien-pensante. A leurs côtés encore un individu aussi cocasse qu’attachant, celui du sergent vieillissant voulant à tout prix devenir lieutenant et gentleman malgré son analphabétisme, sincèrement frustré de ne pas pouvoir récolter des galons à cause de son illettrisme. Dommage que tous ces portraits bien croqués soient aussi tièdement incarnés par des comédiens peu connus mais décidément assez peu inspirés ou alors qui se croient d’un seul coup sur une scène de théâtre, cabotinant sans raison, notamment au moment de rendre l’âme.
Sources : http://www.dvdclassik.com/

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