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vendredi 6 février 2015

Julie Christie

Etudiante à la London's Central School of Music and Drama, Julie Christie débute sa carrière sur les planches londonienne dans les années 50. En 1962, elle apparaît pour la première fois au cinéma dans la comédie policière Crooks anonymous de Ken Annakin, puis enchaîne avec le même réalisateur sur la comédie La Merveilleuse anglaise.
C'est cependant John Schlesinger qui révèle la comédienne, dans Billy le menteur (1963) puis Darling (1965), qui lui vaut l'Oscar de la meilleure actrice. Entre temps, Julie Christie interprète son premier rôle dramatique dans Le Jeune Cassidy de Jack Cardiff (1965). La même année, elle partage avec Omar Sharif l'affiche du mythique Docteur Jivago, adaptation de l'oeuvre de Boris Pasternak par David Lean, avant de tourner sous la direction de François Truffaut dans Fahrenheit 451 en 1966. Héroïne romantique de Loin de la foule déchaînée, qui lui permet de retrouver John Schlesinger en 1967, de Petulia de Richard Lester (1968) et du Messager de Joseph Losey, Julie Christie traverse l'Atlantique en 1971 pour jouer dans John McCabe, sous la direction de Robert Altman. 




                 

Elle y rencontre Warren Beatty et y gagne une nouvelle nomination à l'Oscar de la meilleure actrice.
Après un détour par le thriller horrifique avec Ne vous retournez pas en 1973, l'actrice retrouve les Etats-Unis et Warren Beatty pour Shampoo en 1975, puis la caméra de Robert Altman pour Nashville (1975). En 1978, c'est cette fois sous la direction de Warren Beatty que Julie Christie tourne Le Ciel peut attendre. Quatre ans plus tard, elle retrouve le cinéma français et joue dans Les Quarantièmes rugissants de Christian de Chalonge et La Mémoire tatouée (1986), après être retournée en Angleterre pour Chaleur et poussiere de James Ivory (1982). 
A partir des Coulisses du pouvoir de Sidney Lumet, en 1986, Julie Christie se fait plus rare. Elle apparaît toutefois dans Coeur de dragon et Hamlet en 1996, ou encore dans Neverland (2004), en grand-mère revêche des enfants Llewelyn Davies, qui fournirent au dramaturge J.M. Barrie une bonne partie de la matière de son Peter Pan.


                                

McCabe est un ex-tueur à gages, un joueur et un proxénète, reconverti en petit entrepreneur qui tente sa chance en faisant fructifier un bordel dans une bourgade minière perdue dans les montagnes du Nord-Ouest en 1902. Il s’associe à une prostituée ambitieuse, Mrs. Miller. Leur commerce prend de l’ampleur, au point d’attirer l’attention des capitalistes de la région…
John McCabe appartient à son époque, les années 70, propices aux remises en question. Altman attaque l’Amérique par ses fondations et ses mythes : celui du spectacle (Nashville, Buffalo Bill et les Indiens), du progrès (Le Privé), de la famille et du melting-pot (Un mariage). Dans John McCabe, il s’agit de la libre entreprise. Nous ne sommes pas éloignés thématiquement de certains John Huston, des westerns élégiaques de Sam Peckinpah et de La Porte du paradis de Michael Cimino, clôture de cette veine autocritique.
L’originalité du film est ailleurs : dans la méthode d’Altman, filmeur acharné qui enchaîne les tournages et aime à s’entourer d’une équipe technique et artistique régulière, que viennent ici rejoindre deux stars (le couple Beatty-Christie) capables de jouer avec leur image proprette. Le cinéaste ne respecte qu’en apparence les règles du western : un étranger arrive dans une ville, il lutte seul contre une organisation, jusqu’au règlement de comptes final. Mais nous sommes loin du Train sifflera trois fois. Altman réorganise ces éléments narratifs pour offrir une nouvelle forme de spectacle, plus adulte et plus ironique. Le héros du film est un ancien tueur et un maquereau sans envergure, le village prospère autour du bordel et non de l’église, le récit se déroule imperturbablement comme un incident sans importance dans l’histoire de l’avancée du progrès. John McCabe, vestige du passé, mort en sursis, ne laissera aucune trace dans les mémoires. Pas même dans celle de sa maîtresse, Mrs. Miller, arriviste brisée qui se réfugie dans les volutes de l’opium.



           

John McCabe est un film mortuaire, nimbé du début à la fin dans un linceul de neige et de boue, bercé par les sublimes chansons de Leonard Cohen dont on ne sait si elles commentent les images ou l’inverse. La façon de filmer d’Altman, en longs plans mobiles qui captent plusieurs actions simultanées, accueillent l’improvisation et gèrent les imprévus, frappe encore aujourd’hui par sa modernité. L’utilisation de la musique, ainsi que la photographie du grand chef op Vilmos Zsigmond, une fois de plus très audacieuse, sont révolutionnaires.  Pas encore prisonnier de sa misanthropie, Altman osait nous émouvoir avec deux personnages de losers et leur histoire d’amour, fut-elle mal partagée, monnayée et sans avenir. Humain, nuancé, sensible, avec ses défauts et ses faiblesses, McCabe incarne cependant une figure américaine mythique, celle de l’entrepreneur indépendant menacé par les riches et le pouvoir. Il n’est pas le stéréotype de cette figure, car c’est un personnage complexe et crédible (et qu’il tient un bordel…), mais il en porte d’une certaine façon les valeurs et les combats, ce pourquoi le qualificatif d’anti-héros serait partiellement inexact.


                


Cette dimension de l’histoire du film – l’homme, ce qu’il est en tant qu’individu et ce qu’il représente dans la culture américaine – est particulièrement intéressante. 
On retrouvera dans l’excellent polar Tuez Charley Varrick, de Don Siegel, sorti deux ans après John McCabe (en 1973), une autre illustration cinématographique du combat entre l’individu et les organisations puissantes qui l’entourent, cette fois dans l’Amérique des années 70. C’est ce rapport assez saisissant qu’entretenaient de nombreux metteurs en scène (souvent contestataires) des années 60-70 avec certains idéaux américains, qui donnent à leurs œuvres une tonalité à la fois virulente, critique, pessimiste et profondément mélancolique, où l’amour pour une certaine idée de leur pays et de son histoire se conjugue avec un rejet total de ses dérives passées et actuelles. John McCabe est très largement imprégné de cette mélancolie et de cet aspect critique, et son regard désabusé sur l’ouest américain et son évolution le place donc directement dans la lignée des westerns réalisés notamment par Sam Peckinpah, Arthur Penn, Michael Cimino, même si bien entendu la personnalité et le style propres à Robert Altman le rendent totalement unique.


                              


Altman prend le parti du réalisme et nous dépeint un ouest américain particulièrement crédible, à l’image des rares scènes d’action du film, comme le gunfight final au cours duquel McCabe agit non pas comme un héros classique de western, mais comme le ferait n’importe quel homme confronté à trois tueurs professionnels : il se cache et tente de les abattre par surprise.Des décors et des personnages émanent une admirable authenticité ; le scénario, d’une grande sobriété, évite toute forme de spectaculaire et de dramatisation, privilégiant la qualité de la reconstitution, le discours politique et la psychologie des personnages, tandis que Altman et le directeur de la photographie Vilmos Zsigmond (grand chef opérateur qui travailla notamment sur Blow Out, Images, La Porte du paradis) composent des images picturales dont la dimension mélancolique est soulignée par les chansons de Leonard Cohen, très souvent utilisées dans le film, et qui ont probablement influencé son montage. Source : http://www.citizenpoulpe.com/john-mccabe-robert-altman/


               

Ah le fabuleux mythe de la machine qui se révolte contre son créateur... un thème maintes et maintes fois porté sur grand écran : de 2001 à Terminator en passant par Mondwest, ils sont nombreux les films dont le scénario reposait sur le comportement d'un ordinateur, d'une créature artificielle ou d'une machine, qui se rebelle et remet en cause ceux qui lui ont donné vie (le premier qui fait allusion à Maximum Overdrive prend une tarte !).
Dans les années 70, les films de SF étaient assez réguliers sur les écrans et bénéficiaient d'un large public. Et la thématique évoquée précédemment y a connu ses plus belles heures : c'était en effet l'époque des super-ordinateurs, des super-calculateurs, l'époque où dans l'inconscient collectif, un ordinateur ressemblait à une énorme machine avec deux bandes magnétiques tournant de façon saccadée derrière un homme en blouse blanche. Bref, l'informatique était un domaine scientifique qui n'était pas prêt de se démocratiser et qui par définition pouvait servir les meilleurs scénaristes. C'est dans ce contexte que débarque en 1977 ce Generation Proteus (titre abominable au regard du titre original : the demon seed - la semence du démon) adapté d'une nouvelle de Dean Koontz de 1973.


                                                                   
Si l'on regarde aujourd'hui, près de 30 ans après, ce qui frappe vraiment dans ce film c'est l'incroyable modernité de son discours. En d'autres termes, c'était de la SF en 1977, mais de nos jours, c'est presque devenu du quotidien : le concept d'un ordinateur qui pense et qui développe sa propre méhode de raisonnement s'est bien concrétisé avec le Deep Blue d'IBM qui fut capable de battre un champion du monde d'échecs; l'intelligence artificielle s'est infiltrée dans notre quotidien, la domotique a investi nos maisons, Internet est devenu un vaste torrent d'informations et tous les ordinateurs sont virtuellement connectables entre eux; bref il serait impensable aujourd'hui d'imaginer notre vie de tous les jours sans quelque chose qui de près ou de loin pourrait s'apparenter à de la technologie informatique. Dans cette optique le film de Donald Cammel est à la fois un film de science-fiction et un film d'horreur. 



                                          



De science-fiction d'abord parce que l'action se déroule dans un futur indéfini et met en place un professeur qui vient de créer un super-ordinateur capable d'acquérir des connaissances et de se forger son propre savoir, c'est à dire capable d'avoir une appréciation critique vis à vis de ce qu'il apprend. Cette première partie du film est bien faite en ce qu'elle fixe décors et personnages et surtout en ce qu'elle nous montre la lente mais implacable volonté de cet ordinateur. Par ailleurs le réalisateur tend à personnaliser au maximum cet appareil : les caméras qu'il contrôle sont ses yeux, sa voix est metallique mais humaine, son esprit est matérialisé par des écrans affichant des animations en couleur transformant une simple machine en personnage à part entière. De fait, à force de remettre en cause les décisions humaines qui lui sont parfois imposées, Proteus IV, à la façon du HAL 9000 de 2001, va tout simplement bugger : le seul problème c'est que le bug en question n'est rien de moins que la lente prise de conscience de la supériorité de son raisonnement et qu'à ce titre il n'a plus à être l'exécutant de décideurs humains.


Commence alors la seconde partie du film plus horrifique que SF : grâce aux multiples connexions d'ordinateurs, Proteus IV va pouvoir prendre le contrôle à distance de tous les appareils et systèmes informatiques de la maison de son créateur où habite son ex-femme. Cela peut paraître un peu surfait sur le papier mais il faut bien reconnaître que les soixantes minutes à venir sont assez angoissantes ne serait-ce que par la montée en puissance des dérèglements des machines (porte qui refuse de s'ouvrir, fauteuil roulant avec un bras articulé qui peut tirer un rayon laser...) jusqu'au point final où Proteus annoncera à cette femme les vrais motifs de sa prise de contrôle. On retiendra d'ailleurs tout particulièrement la scène où la femme demande à Proteus IV de détourner les caméras de la maison afin de pouvoir s'habiller et déjeuner tranquillement : dialogue surréaliste où un être humain avoue sa pudeur à une machine, prêtant ainsi à cette dernière un regard rempli de vice. Comme quoi une débauche d'effets spéciaux n'est pas toujours nécessaire pour créer un huis-clos à la fois dynamique et oppressant.


                  





Mais alors, quelle est la finalité de tout celà ? A quel titre et dans quel but une machine s'amuserait-elle à enfermer une femme dans une maison ? C'est peut-être la partie la plus intéressante du film car en révélant que ce super-ordinateur désire avoir une descendance, on dépasse légèrement la SF pour entrer de plein pied dans une réflexion philosophique : en effet, une machine n'ayant pas, par essence même, une conscience, sa seule façon de se reproduire est de créer d'autres machines selon un processus mécanique et structuré. Dans la dernière partie du métrage, Proteus IV n'est plus une machine : il a en fait besoin d'une matrice pouvant accueillir sa semence fabriquée artificiellement : il ne s'agit plus d'un comportement mécanique mais purement animal, la survivance de l'espèce par la reproduction étant la justification de toute forme de vie. 



Et l'on se plaît à constater que l'identification personnage/spectateur qui avait parfaitement fonctionné dans les scènes précédentes où la femme était tourmentée, fonctionne également lorsque l'on comprend la volonté de Proteus IV et l'on ne peut retenir comme une sorte de compassion à l'égard d'une chose désormais vivante et qui ne veut, au fond, qu'assurer sa perennité. Ce n'était peut-être pas la volonté du réalisateur ou de Koontz au départ (puisque le titre du film fait référence à une incarnation démoniaque), mais ce que l'on retiendra c'est que cette machine agit de façon coercitive, guidée qu'elle est par des aspirations diablement humaines : la Créature ne se retourne pas contre son Créateur, elle agit simplement comme lui.



                  


Generation Proteus n'est peut-être pas un film à inscrire au Panthéon des films de Science-Fiction. Il n'en a pas l'étoffe au niveau des moyens ni la qualité du point de vue de la stricte mise en scène (notamment dans la scène finale révélant "l'enfant" où l'on sent l'indéniable influence des poupées mécaniques de Barbarella alors que, je pense, le réalisateur voulait plutôt suggérer du "Rosemary's baby"). Mais néanmoins reconnaissons lui deux choses : d'abord il est très bien interprété : Julie Christie est très convaincante en femme terrorisée puis résignée au point que l'on en oublie les autres acteurs du film. Et puis, il ne faudrait pas oublier cette voix qu'est celle de Proteus IV, celle du comédien Robert Vaughn, dont l'intonation lancinante et la calme froideur participent entièrement à l'ambiance menacante du film. D'autre part, l'incontestable atout du film est d'aller dans une direction peu commune (le rapport charnel imposé par une machine n'est pas monnaie courante au cinéma) lui donnant un je ne sais quoi de "fallait oser" et une curieuse dimension "ovniesque" au regard de la production SF de l'époque (Saturn 3 et autres Logan's Run par ex.) Source : http://www.dvdpascher.net/dvd/dvdloupe.php?id=9116

4 commentaires:

  1. Réponses
    1. même s"il a pris un petit coup de vieux c'est un film intéressant et surtout gonflé,Julie Christie y est brillante,mais bon je l"ai déjà!

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  2. https://n7ylr8.1fichier.com/
    https://jbodje4tm9.1fichier.com/

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