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vendredi 20 février 2015

John Russell

John (Lawrence) Russsell est un acteur américain, né le 3 janvier 1921 à Los Angeles (Californie), ville où il est mort le 19 janvier 1991Au cinéma, le plus souvent comme second rôle de caractère, John Russell contribue à cinquante-trois films (dont des westerns), majoritairement américains. Le premier est Monsieur Smith au Sénat de Frank Capra (avec James Stewart et Jean Arthur), sorti en 1939. Après une interruption due à la Seconde Guerre mondiale (il sert au sein du 6e régiment de Marines), son deuxième film — un petit rôle non crédité — est Scandale à la cour d'Ernst Lubitsch et Otto Preminger (1945, avec Tallulah Bankhead et Charles Coburn).
Par la suite, il apparaît notamment dans Ambre d'Otto Preminger (1947, avec Linda Darnell et Cornel Wilde), Le soleil brille pour tout le monde de John Ford (1953, avec Charles Winninger et Arleen Whelan), Rio Bravo d'Howard Hawks (1959, avec John Wayne et Dean Martin), ou encore Les Canons de Cordoba de Paul Wendkos (1970, avec George Peppard et Giovanna Ralli). Son dernier film sort en 1988Fait particulier, vers la fin de sa carrière, il joue dans trois films de (et avec) Clint Eastwood, Josey Wales hors-la-loi (1976, avec Chief Dan George et Sondra Locke), Honkytonk Man (1982, avec Kyle Eastwood et John McIntire) et Pale Rider, le cavalier solitaire (son avant-dernier film, 1985, de et avec Clint Eastwood, Michael Moriarty et Carrie Snodgress). Pour la télévision, à partir de 1955, John Russell collabore à dix-huit séries, dont Lawman (en) (intégrale, 1958-1962, où il tient le rôle principal du marshal Dan Troop) et Opération vol (cinq épisodes, 1969). Son ultime série est L'Homme qui tombe à pic, dans un épisode diffusé en 1984, où il incarne à nouveau le marshal Dan Troop (qu'il personnifie également dans un épisode de Maverick, diffusé en 1960).



                             


Concernant l’apparition de nouveaux talents au sein du western, la fin de l’année 1948 aura été faste ; après Alan Ladd dans Whispering Smith, elle nous aura permis de découvrir un autre grand acteur du genre, le génial Richard Widmark. On se rend alors compte que son interprétation fulgurante dans Le Carrefour de la mort (Kiss of Death) de Henry Hathaway n’aura pas été un "one shot". D’ailleurs, entre les deux films, il fut également remarqué dans La Dernière rafale (The Street With no Name) de William Keighley et dans La Femme aux cigarettes (Road House) de Jean Negulesco. Quatre films et déjà un sans faute annonçant l’une des filmographies les plus riches du cinéma américain. Quant à William Wellman, après nous avoir laissé sur notre faim avec son Buffalo Bill, il revient ici à des sommets grâce aussi à son scénariste, celui qui avait déjà écrit pour lui en 1943 le très courageux L’Etrange Incident (The Ox-Bow Incident) d’heureuse mémoire. Si l’intrigue de Yellow Sky est moins ambitieuse, son scénario est tout aussi remarquable, tout aussi tendu, tout aussi efficace et rempli de fines notations psychologiques : un modèle du genre !
Sorti en France également sous le titre de Nevada, Yellow Sky est probablement le western plus âpre et le plus rude vu jusqu’ici ; on sent un net changement de ton en regard de tout ce qui s’était fait auparavant. On aurait d’ailleurs aussi pu dire la même chose du Trésor de la Sierra Madre, western moderne de John Huston se déroulant dans les années 30, sorti quelques mois auparavant et qui narrait déjà les effets désastreux de la cupidité sur un groupe d’amis aventuriers. 



             

On ne dira jamais assez tout le bien qu’il faut penser du scénariste Lamar Trotti, auteur entre autres des plus beaux films de Henry King dans sa collaboration avec Tyrone Power et qui avait déjà été aussi à l’origine, dans le domaine du western, des très beaux scénarios de Sur la piste des Mohawks (Drums Along the Mohawk) de John Ford et de Brigham Young de Henry Hathaway. Trotti est un homme pétri d’humanité, mais dont le travail ne sombre jamais (ou rarement) dans le sentimentalisme ; ici, en association avec le non moins talentueux W.R. Burnett (auteur du roman), il signe un script noir, resserré et d’une grande intensité auquel la Writers Guild of America décerna le prix du meilleur scénario de western l’année de sa sortie. Il y avait de quoi ; rarement nous n’avions ressenti une tension aussi constante à la vue d’un western. L’intrigue a beau ne pas briller par son originalité, elle n’en est pas moins assez nouvelle pour l’époque et elle a le mérite d’être écrite à la perfection (avec des dialogues restreints mais finement ciselés) ; les rebondissements ne prennent jamais le pas sur la riche description de tous les personnages, l’évolution de chacun s’avérant plus complexe qu’attendue et du coup passionnante, et les affrontements psychologiques se révélant aussi puissants que les heurts physiques.


             


Durant la première demie heure, le groupe de hors-la-loi est soudé et aucun de ses membres ne semble vouloir prendre un quelconque ascendant sur les autres, pas plus le chef que ceux qui ressembleraient à de fortes têtes. Puis, alors qu'ils sont arrivés à Yellow Sky, jalousies et antagonismes font que l’on voit la bande se disloquer petit à petit et l’humanité de chacun de ses membres ressortir (sur un plan positif comme  négatif), les uns se découvrant une âme chevaleresque et romantique alors que d’autres ne font qu’une fixation sur l’appât du gain ou bien ne pensent qu’à se vautrer avec une avidité malsaine dans la luxure. Dans ce contexte d’hostilité et de rivalité grandissantes, William Wellman nous délivre des séquences d’une violence alors inhabituelle, comme celle au cours de laquelle Gregory Peck envoie un rude coup de pied au visage de John Russell avant quasiment de le noyer. Scène étonnante qui nous ferait presque tourner de l’œil tellement elle est nerveuse avant de s’éterniser plus que de coutume dans l’asphyxiante tentative de noyade. Dans un autre style, les deux moments "d’intimité" entre Gregory Peck et Anne Baxter procurent une sensation de tension sexuelle intense, les formidables gros plans sur le visage de l’actrice préfigurant ceux sur celui de Jean Peters filmés par Samuel Fuller dans Le Port de la drogue ; autant dire des images d’une extrême sensualité !


                             

Concernant la forme, on relève une mise en scène dépouillée mais fortement stylisée, rigoureuse et d’une grande maîtrise, un noir et blanc dur et vivement contrasté aux noirs charbonneux comme jamais photographié par un Joe MacDonald en pleine possession de ses moyens en cette deuxième moitié de décennie (il était déjà à l’origine de la somptueuse photographie de My Darling Clementine). Enfin, aucune musique ne vient inutilement nous distraire si ce n’est lors des génériques de début et de fin, des mélodies et des orchestrations qui d’ailleurs ne cadrent pas du tout avec l’ambiance et le ton général du film et qui sont à l’origine du seul petit loupé de ce grand western. Le culot de William Wellman contraste aussi parfois avec la sobriété de l’ensemble et renforce la modernité de ce Yellow Sky atypique pour l’époque ; à titre d'exemple, le plan en caméra subjective sur Gregory Peck vu de l’intérieur du fusil tenu par Anne Baxter a dû grandement marquer Samuel Fuller puisque, contrairement à ce que beaucoup pensaient, ce n’est donc pas lui qui l’aura inventé pour son futur 40 Tueurs (Forty Guns). Les deux cinéastes possèdent en tout cas en commun une grande rudesse de ton. Egalement sur le plan de l'audace, il fallait oser faire se dérouler le combat final hors champ ! Alors même si l’action est distillée avec parcimonie, même si Wellman refuse au maximum les scènes spectaculaires, quelques séquences mouvementées sont là pour nous rappeler le talent de baroudeur du cinéaste : quelques plans fulgurants au départ lors de la poursuite par la cavalerie, des duels dans la montagne parfaitement montés et chorégraphiés, des coups de poing qui font mal et des scènes de violence qui ont dû sembler paroxystiques pour les spectateurs de ces années-là. Source et suite : http://www.dvdclassik.com/critique/la-ville-abandonnee-wellman


                               


Une bonne surprise que « LE GÉANT DU GRAND NORD », un western de plein-air qui au départ cherche visiblement à capitaliser sur la popularité TV de Clint Walker qui y tient à peu près le même rôle que dans sa série « CHEYENNE », mais bénéficie ici de beaux extérieurs et de la couleur.

L’atout du film est d’abord son scénario, signé Burt Kennedy, qui concocte une captivante histoire autour d’une ‘squaw’ aux yeux bleus qui rend tous les hommes cinglés et provoque involontairement le malheur où qu'elle aille. Sioux et « visages pâles » gravitent autour d'elle, tentent de la tuer, de la violer, de la faire évader et tous – hormis un ou deux veinards – y laissent leur peau.
Plus à l’aise que d’habitude, Walker fait un « homme des bois » plausible : taiseux, peu souriant, pragmatique, il assure avec une belle autorité et parvient à s’attirer la sympathie sans donner aucune profondeur à son personnage. Face à lui, le pâle Edd Byrnes avec sa tête brillantinée de surfer californien est le gros point faible du casting. Andra Martin est plutôt sexy malgré un maquillage un peu excessif. Et l’amateur de western reconnaîtra avec toujours le même plaisir le vétéran Claude Akins en sergent bourru et bagarreur (il assure d'ailleurs une belle baston sans doublure avec Walker) et le débutant Warren Oates dans un tout petit rôle quasi-muet de caporal. Une mention à John Russell étonnamment crédible en chef indien noble et juste.



   


La mise en scène un peu trop anonyme de Gordon Douglas empêche le film de s’élever au-dessus de son statut de produit manufacturé standard, mais on ne s’ennuie pas une seconde, les Indiens sont traités sans manichéisme idiot dans un sens comme dans l’autre et les séquences d’action sont tout à fait satisfaisantes. Autrement dit, pourquoi s’en priver ?
Série B de bonne facture, certes, elle reprend des thèmes déjà vu, mais l'ensemble reste bien mené par un Gordon Douglas efficace. Clint Walker est parfait de ce rôle, il dégage une impression de puissance qui passe vraiment bien à l'écran. Cette histoire de trappeurs qui sauvent et receuillent une indienne convoitée par les chefs d'une autre tribue, ce qui a pour conséquence évidement de troubler la paix qui régner entre tout ce gentil petit monde. Source : http://wild-wild-western.over-blog.com/article-le-geant-du-grand-nord-1959-115558651.html

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